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Archives > Bulletins d'Info année 2007
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30 décembre 2007

Quoi de neuf sur le site
Mise à jour de la page violence conjugale : les chiffres, rubrique violences conjugales

Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
338. Pourquoi ne je m'en suis pas aperçu avant ? Viviane est partie vivre avec cet homme et ...
339. J'ai été violée par mon ex petit ami. Pome est en grande souffrance ...
340. Il était repoussant, vieux et malade. Lorsqu'elle était enfant, R. a été violée par un ami de ses parents.
341. J'ai été abusée sexuellement par un de mes demi frères. Les conséquences pour P. sont catastrophiques.
342. Le papa de mon fils est monté au ciel. Nouche, qui avait déjà témoigné ici, donne des nouvelles ...
343. L'après un peu plus loin est beau. A. a été victime de violences conjugales : elle s'en est sortie et raconte.
344. Reconnu coupable après 13 ans. Erika a été violée par un professeur du collègue où elle était élève.
345. Dix-neuf ans avec un homme violent. Véronique a déjà tenté de se séparer : la dernière fois est la bonne.
346. Il n'a pas tenu parole. Nina, qui a déjà témoigné, donne des (mauvaises) nouvelles.
347. C'était la cata. Victime d'un viol, Mickaella n'a pas trouvé le psychothérapeute quu lui convenait.
348. A la suite de mon témoignage à la télé. Frédérique complète son intervention à la télévision et plusieurs messages déjà publiés ici. Utile.
349. Est-ce de la violence psychologique ? F. demande conseil.

43 clients de prostituées poursuivis pour racolage à Nice
Selon le bulletin de décembre 2207 d'ARAPS-RUBIS, le procureur de la République Eric de Mongolfier a déclaré avoir été ''pressé par le maire et le préfet de lutter contre les désagréments de la prostitution''. Sur ses consignes, la police a placé en garde à vue 43 clients qui seront convoqués devant le Parquet pour se voie proposer une peine d'amende ; en cas de refus, ils seront renvoyés devant le tribunal correctionnel. Pour le procureur, il s'agit d'une mesure de bons sens : ''le client racole forcément. On ne voit pas des gens attendre une prostituée au pied d'un réverbère. Personne n'est obligé d'être client, alors qu'on peut être contraint de se prostituer. Il faut prendre le mal à la racine. Au cas où le tribunal correctionnel ne suivrait pas, le procureur envisage de faire appel. La disposition s'appuie sur la loi 2003-239 du 18 mars 2003 dite ''loi sur la sécurité intérieure'' qui a institué un délit de racolage passif. L'article 225-10-1 dispose en effet que ''le fait, par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder publiquement au racolage d'autrui en vue de l'inciter à des relations sexuelles en échange d'une rémunération ou d'une promesse de rémunération est puni de deux mois d'emprisonnement et de 3.750   d'amende.'' Le procureur de Mongolfier espère ainsi porter un coup à la prostitution de rue à Nice, qui suscite de nombreuses plaintes des riverains de la Promenade des Anglais et des rues adjacentes.

Les Françaises ont de plus en plus de difficultés à accéder à l'avortement
Selon Le Monde du 8 décembre 2007, de nombreux médecins font jouer la clause de conscience, surtout pour les interventions tardives. Chaque année, entre 3.000 et 5.000 femmes se rendent à l'étranger pour pouvoir avorter, après avoir dépassé le délai légal d'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France. Sur Internet, elles s'échangent les bons tuyaux. L'adresse du Planning familial le plus proche, les contacts avec les cliniques néerlandaises ou anglaises, une évaluation du prix qui leur en coûtera (entre 500 et 1.000 euros selon les cas). La loi du 4 juillet 2001 avait pourtant relevé le seuil de l'IVG de dix à douze semaines de grossesse, essentiellement dans le but d'éviter ces départs. Mais l'allongement du délai légal est peu voire pas respecté dans les hôpitaux, et les difficultés d'accès à l'IVG chirurgicale persistent. "La gestion de la pénurie et le bricolage militant deviennent la règle, analyse Fatima Belal, coordinatrice régionale Ile-de-France du Planning familial. Les dix-douze semaines, seuls les médecins militants acceptent de les faire. Au-delà, c'est l'étranger, et cela n'a plus rien de subversif." Plus de trente ans après la loi Veil de 1975, l'avortement reste un droit précaire. "La France a autorisé l'IVG mais n'a toujours pas organisé de politique nationale de santé publique qui conforterait et favoriserait son application", explique Marie-Laure Brival, gynécologue-obstétricienne, présidente de l'Association nationale des centres d'interruption de grossesse et de contraception (Ancic). L'application de la loi est erratique, soumise à la bonne volonté des médecins. (...) Partout en France, en dehors des centres d'interruption de grossesse, dont c'est la finalité, l'IVG continue à être considérée comme une activité peu gratifiante pour les médecins. La clause de conscience est souvent opposée, spécialement pour ne pas pratiquer les IVG entre dix et douze semaines de grossesse. Les médecins qui acceptent se retrouvent donc en première ligne, confrontés au regard réprobateur de leurs collègues. L'autre raison du désengagement des établissements est d'ordre financier. A 250 euros le forfait pour une IVG chirurgicale contre 652 euros pour une fausse couche, l'IVG est un acte sous-évalué, réalisé à perte par les hôpitaux. "Or, avec la tarification à l'activité à 100 % en 2008, qui impose une rentabilité maximum aux hôpitaux, l'IVG risque d'être encore plus en difficulté", craint Marie-Laure Brival. Pour parer cette évolution la ministre de la santé a accepté le principe d'une revalorisation de l'IVG chirurgicale, au 1er mars 2008. Roselyne Bachelot a également fait adopter, dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2008, l'extension de la pratique de l'IVG médicamenteuse aux centres de planification et d'éducation familiale. Cette avancée ne concerne cependant qu'une partie des femmes, puisque l'IVG médicamenteuse n'est pratiquée que jusqu'à sept semaines de grossesse. Le problème reste entier pour les milliers de femmes qui découvrent tardivement leur grossesse non désirée.

Sexualité et âge
Malgré le vieillissement de la population, déclare Tout prévoir (revue médicale) de décembre 2007, le comportement sexuel des sujets âgés a été un peu étudié. Il vient de faire l'objet d'une grande étude. Une étude faite chez les plus de 3.000 adultes, âgés de 57 à 85 ans, a monté que l'activité sexuelle était conservée mais diminuait avec l'âge, la moitié des sujets qui en avaient une avait des problèmes (diminution de la libido, troubles de l'érection…) Un mauvais état de santé subjectif était à l'origine d'une diminution de l'activité sexuelle. 3.000 adultes, âgés de 57 ans à 85 ans (1.550 femmes et 1.455 hommes) ont répondu à une interview faite par des professionnels, au cours de laquelle des mesures étaient effectuées. Il a été constaté que l'activité sexuelle diminuait avec l'âge, avec une diminution à 0,12 entre 75 ans et 85 ans par comparaison aux sujets de 55 à 65 ans. Elle diminuait aussi avec l'état de santé subjectif : les hommes qui se disaient en mauvaise santé avaient une diminution de l'activité sexuelle à 0,21 par comparaison à ceux qui se sentaient en bonne santé et les femmes une diminution à 0,36 %. Les femmes avaient moins de relations sexuelles que les hommes. Très peu de ces sujets avaient une relation homosexuelle (3 hommes et 2 femmes). 22% des hommes et 4% des femmes qui n'avaient pas de partenaire durable, mariés ou non, avaient été sexuellement actifs dans l'année précédente. Pour les hommes et les femmes de même âge, les hommes étaient plus souvent sexuellement actifs dans l'année (la différence s'atténue en cas de relation durable). Les sujets les plus jeunes avaient plus souvent des relations sexuelles orales (58% contre 31%). La masturbation était également plus rare à un âge avancé. Un tiers des femmes répondait que le sexe n'était pas important et 13% des hommes et le pourcentage s'élève avec l'âge, ce qui n'est p as le cas des sujets sexuellement actifs. La moitié des femmes et des hommes sexuellement actifs ont rencontré des problèmes gênants : problème d'érection, orgasme trop rapide, manque d'intérêt, de désir, absence de plaisir, douleur… et ces problèmes sont plus fréquents en cas de mauvaise santé subjective.

Des médecins défendent les formations médicales sur les violences domestiques
Selon Actualités Sociales Hebdomadaires du 2 décembre 2007, un collectif de médecins engagés de longue date contre les violences faites aux femmes (Dr Cécile Morvant, praticien hospitalier au CHU
d'Aubenas, Ardèche, Gilles Lazimi, médecin généraliste au centre de santé de Romainville, Seine-Saint-Denis, Emmanuelle Piet, médecin à la protection maternelle et infantile de Bondy, Seine-Saint-Denis, Gérard Lopez, psychiatre à Paris, et Laure Vanwassenhove, médecin généraliste à Saint-Jean-de-Boiseau, Loire-Atlantique) a dénoncé, lundi 19 novembre, la suppression en 2008 des crédits accordés aux rares séminaires de formation de leurs confrères sur le sujet. Ils en appellent au gouvernement, alors que la secrétaire d'Etat à la solidarité, Valérie Létard, vient justement de présenter un nouveau plan de lutte contre les violences faites aux femmes. Déjà initiateurs, en mars dernier, d'un appel à "lever le tabou des violences faites aux femmes", par lequel ils entendaient "sensibiliser les professionnels de santé au dépistage et à l'accompagnement des femmes" (en ligne sur différents sites tels que www.lescentresdesante.com ou www.violences.fr), ces cinq médecins protestent aujourd'hui contre la répartition des fonds de formation professionnelle conventionnelle (FPC) par son comité paritaire national (CPN-FPC). "Les violences faites aux femmes ne sont toujours manifestement pas, pour ces organismes, ni une priorité, ni un problème de santé publique", s'insurgent les signataires du communiqué, en ajoutant qu'"il est plus important pour eux de limiter les prescriptions de médicaments coûteux !" C'est là que le bât blesse, a expliqué au site des ASH Laure Vanwassenhove, médecin-enseignante en Loire-Atlantique et responsable d'un des très rares séminaires de formation existant, depuis deux ans, sur les violences conjugales. Après trois sessions organisés en 2006 et cinq en 2007, un peu partout en France (à Angoulême, Clermont-Ferrand et Rennes comme en PACA ou à La Réunion), ce séminaire a en effet disparu des formations ayant obtenu des crédits pour 2008, au même titre que d'autres qui concernaient la relation d'aide ou l'accompagnement de patients en difficulté, comme la prise en charge des adolescents à risque suicidaire ou le dépistage de la maladie d'Alzheimer, selon elle. Volontairement limitée à 20 praticiens en raison de l'engagement fort qu'elle implique, cette formation comprend des modules consacrés au dépistage des femmes victimes, au recueil de leur parole, à leur prise en charge médicale, à la rédaction du certificat médical, à leur accompagnement dans le temps ainsi qu'au travail avec les associations, les magistrats, la police et la gendarmerie. "Mais ont été privilégiées des formations expliquant comment diminuer la prescription de lits médicalisés ou d'arrêts de travail", a assuré Laure Vanwassenhove, que tout cela "met très en colère".

Des initiatives contre les violences faites aux femmes
Selon Actualités Sociales Hebdomadaires du 30 novembre 2007, à l'occasion de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes (25 novembre), le collectif national pour les droits des femmes a annoncé le dépôt d'une proposition de loi cadre sur ce sujet. Le texte a été porté le 28 novembre sur le bureau de l'assemblée national par le groupe de la Gauche démocratique et républicaine. Interrogée sur ce projet inspiré du modèle espagnol, Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la solidarité, qui a présenté un plan d'action pour la période 2008-2010, ne se déclare pas opposée à une loi-cadre, mais souhaite déjà appliquer sur le terrain les lois existantes et coordonner les moyens et les intervenants. Egalement favorable au principe de la loi globale, la Fédération Nationale Solidarité Femmes (http://www.solidaritefemmes.asso.fr/) qui gère le numéro d'appel national pour les femmes victimes de violence conjugale (le 3919) voudrait voir créer à cet égard un délit spécifique, qui prendrait en compte les comportements destructeurs, multiformes et répétés, incluant le harcèlement moral et les violences économiques. Elle souhaite y voir figurer des dispositions adaptées aux femmes d'origine étrangère, qui dépendent de leur mari pour le droit au séjour et devraient pouvoir effectuer une demande autonome, la majorité étant dans l'impossibilité de retourner dans leur pays d'origine. De son côté, le Mouvement du Nid (http://www.mouvementdunid.org/) rappelle aussi la place de la prostitution dans les violences faites aux femmes, cette violence-là étant trop souvent ''considérée comme normale par celles et ceux qui la subissent comme par la société''. Il demande à cet égard une action politique forte, à travers un manifeste qui peut être signé sur son site. Enfin, l'association Elu/es contre les violences faites aux femmes (http://ecvf.online.fr/ ) propose gratuitement deux outils pour agir. Après avoir publié, en novembre 2006, un premier recueil sur l'état actuel de la législation , en France et en Europe, les droits à conquérir, les actions à entreprendre, elle vient de sortir une seconde brochure présentant différents dispositifs départementaux, déployés tant en zone urbaine qu'en zone rurale, dans l'Hexagone et en outre mer.

 

30 novembre 2007

Quoi de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
331. Suis-je vraiment condamnée à être si désespérée ? Maud a beaucoup progressé. Elle demande conseil sur certains aspects non résolus.
332. Les "forces obscures" du lien d'attachement. Des violences au concours (réussi) d'assistante sociale : l'histoire d'Eva commence en poésie.
333. J'aimerais pouvoir échapper à son fantôme. Cette jeune femme vit désormais en Suède, loin de ses parents ...
334. Les hommes me degoûtent et je ne me sens pas normale. Enfant, Morwen a été violée et sa famille lui demande quand elle aura un fiancé ...
335. Il a l'impression que je le "prends pour une merde". E. est victime des actes de violence de son conjoint. Elle veut s'assurer qu'il ne changera pas avant de se séparer.
336. Ma fille est en danger. La fille de M. est sous l'emprise d'un homme violent. Elle demande de l'aide à d'autres parents dans le même cas.
337. Mon père. Mélanie évoque la violence de son père, son enfance.

Les bonnes pages
Lancé le 5 octobre, le site Second Sexe - par référence au livre culte Le Deuxième Sexe, de Simone de Beauvoir - n'a cependant rien de commun avec l'abondante et habituelle offre pornographique du Net, même s'il est interdit au moins de 18 ans. Ce portail se distingue par la cohérence de sa ligne éditoriale et la variété de ses angles d'approche : journalistique, esthétique, sociologique, sociétal, pratique mais aussi marchand (lingerie, accessoires,
sélection de films érotiques, livres audio à télécharger moyennant 3 euros). Le site a été conçu par Sophie Bramly, ancienne productrice à MTV Europe et créatrice, en 1999, du département Nouveaux Médias chez Universal. Et ce n'est pas chose aisée que de s'aventurer en pareil terrain miné. Difficile, en effet, de trouver le juste équilibre entre, d'un côté, la vulgate racoleuse du sexe traité comme simple performance, l'impératif catégorique de
l'épanouissement, le racolage de certains magazines et, de l'autre, l'alibi culturel comme prétexte bâclé à faire du fric. Dans Second Sexe, l'expression du désir s'affirme d'abord dans les mots, dans la gourmandise des mots pour le dire. L'actrice Karin Viard prête sa
voix à Gamiani ou Deux nuits d'excès, d'Alfred de Musset ; Tonie Marshall conte Les Mémoires de Fanny Hill, de John Cleland ; Joey Starr récite Les Onze Mille Verges, d'Apollinaire ; Valérie Lang interprète Le Roman de la luxure, d'un anonyme libertin, etc. En plus d'une partie rédactionnelle qui comprend des entretiens d'intellectuelles et d'artistes, le Club propose des forums de discussion, les conseils d'une gynécologue, une plate-forme d'échanges pour les femmes internautes. Sur Internet : www.secondsexe.com.
La sociologue Irène Théry, dans un nouvel opus, redéfinit les sexes et nous invite à réfléchir sur l'égalité. Pourquoi imaginer que le masculin et le féminin comme des propriétés intérieures des individus, alors que ce sont plutôt des manières d’agir en relation avec les autres ? Pourquoi classer les individus en femmes ou en hommes, homosexuels ou hétérosexuels, alors que nous sommes des êtres humains à part entière et qu’aucun de nous n’est enfermé dans son sexe ni dans sa sexualité…
THERY Irène, La distinction de sexe : Une nouvelle approche de l'égalité, Odile Jacob , collection "Sciences Humaines", 2007, 676 pages

Plus de 300.000 femmes vivent avec un conjoint violent
Le Monde du 12 novembre 2007 rapporte que les violences physiques ou sexuelles ont concerné près de deux millions de personnes de 18 à 60 ans en France, soit 5,6 % de la population, au cours des années 2005 et 2006. Cette estimation est le fruit d'une enquête de l'Insee, menée auprès d'un échantillon de plus de 11 200 personnes au premier trimestre 2007, pour le compte de l'Observatoire nationale de la délinquance (OND).Pour la première
fois depuis sa création en 2003, l'OND, présidé par le criminologue Alain Bauer, dispose de données récoltées directement auprès des victimes qui, mêlées aux statistiques policières, composent le rapport annuel sur la criminalité en France, présenté lundi 12 novembre. 930.000 victimes de violences physiques ont été agressées par une personne qui ne vit pas avec elles, tandis que 820.000 l'ont été à l'intérieur de leur famille. "Peu ou mal connue jusqu'à aujourd'hui, (cette) violence à l'intérieur des ménages révèle un phénomène d'une fréquence comparable à celle des autres violences physiques", souligne l'OND. Dans cette catégorie, les femmes sont majoritaires. De façon générale, elles sont de plus en plus concernées par la violence, toutes formes confondues : 1,1 million en ont été victimes en 2005-2006, contre 900 000 hommes. La courbe s'est même inversée par rapport aux années précédentes : "On observe à présent une proportion de femmes victimes de 6,1 %,
significativement plus élevée que celle des hommes (5,1 %)." Dans les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie en 2006, les atteintes volontaires à l'intégrité physique, continuent d'augmenter. Les vols avec violence ont progressé de 5,6 %, tandis
que les coups et violences volontaires d'origine non crapuleuse ont augmenté de 9,8 % par rapport à 2005. Les viols et agressions sexuelles sur mineurs, en revanche, ont diminué de 4,3 % et 9,6 %, ainsi que les atteintes aux biens non violentes (3,8 %), dont le nombre baisse depuis 2003. Le nombre de mineurs mis en cause, 201.000, a augmenté de 4,1 %. En un an, leur part dans les atteintes volontaires à l'intégrité physique (hors vols violents) a progressé de 18,5 % (contre 6,6 % pour les majeurs).
Enquête de victimation 2007 (OND), PDF, 488 Ko.

Excision : 50.000 femmes mutilées sexuellement vivent en France
50.000 femmes vivant en France ont subi des mutilations sexuelles : c'est la conclusion d'un travail mené par l'Institut national d'études démographiques (Population et sociétés nº438, octobre) rendu public, mardi 23 octobre. "Les excisions sont désormais rarement pratiquées sur le sol français, les filles étant excisées lors de séjours temporaires dans le pays d'origine de la famille ou suite à des reconduites", constatent les deux auteures, Armelle Andro et Marie Lesclingand. En 1979, la France a été le premier pays européen à intenter des procès : poursuivis pour violences, les parents et les personnes qui pratiquent les mutilations encourent vingt ans de réclusion criminelle. Cette politique pénale a été complétée par des campagnes de prévention menées par les associations. "Récemment, une étape marquante a été franchie avec la mise au point d'un protocole de chirurgie réparatrice remboursée par
l'assurance-maladie", souligne l'INED. Pratiquées en Afrique subsaharienne ainsi que dans plusieurs régions du Proche-Orient et d'Asie du Sud-Est, les excisions, qui concernent souvent des filles de moins de quinze ans, touchent de 100 à 140 millions de femmes dans le monde. "Le principal facteur du risque de mutilation est l'appartenance ethnique et non la religion", remarquent les auteures. Dans tous les pays, le risque de mutilation décroît avec l'augmentation du niveau d'instruction.

Certaines associations continuent de dénoncer les effets du délit de racolage
Demander l'abrogation de l'article 225-10-1 du code pénal qui rend le racolage public passible de 3 750 euros d'amende et de deux mois de prison, c'était l'objectif du collectif "Droits et prostitution" composé d'une quinzaine d'associations, dont Act up Paris, Les Amis du Bus des Femmes, Cabiria, Femmes de droits et Médecins du monde, qui appelait à un rassemblement le 5 Novembre devant le sénat, rapporte Actualités Sociales Hebdomadaires du 9 novembre 2007 . La création de ce nouveau délit par la loi du 18 Mars 2003 pour la sécurité intérieure avait pour but affiché de lutter contre la traite des êtres humains,
explique le collectif dans une lettre adressée le 15 octobre aux parlementaires. En pratique, alors que les arrestations de personnes prostituées se sont multipliées, aucune condamnation pour traite n'est intervenue. Pour les organisations, la loi est donc inefficace et même contre-productive et criminogène, plutôt que d'être protégées, les victimes de la traite sont éloignées du territoire en raison de leur situation administrative irrégulière ou précaire.
Fragilisées et davantage obligées de raavailler dans l'ombre, leur accès aux droits et à la santé s'en trouve amoindri.

Démission de comités locaux de Ni Putes Ni Soumises
Selon Le Monde du 10 novembre 2007, à la veille de l'université d'automne de Ni putes Ni Soumises (NPNS), qui s'est tenu les 8, 9 et 10 novembre à Dourdan (Essonne), vingt-six comités locaux du mouvement ont annoncé, mercredi 7 novembre, leur "démission en bloc". "Depuis l'entrée au gouvernement de Fadela Amara, qui avait jeté le trouble chez beaucoup d'entre nous, l'actuelle direction menée par Sihem Habchi, la présidente par intérim, n'a pas été capable de définir une ligne politique claire et indépendante", affirment-ils dans un communiqué commun. A Grenoble ou Clamart, les comités démissionnaires dénoncent le "fonctionnement non démocratique" et le "manque de transparence financière" . " En entrant au gouvernement, Fadela Amara, qui n'a toujours pas démissionné de NPNS, a emmené le mouvement avec elle, affirme la présidente du comité de Grenoble, Clémentine Masson. Depuis, il y a un gros flou au sujet de l'indépendance politique. Nous voulions un congrès pour clarifier ces questions, mais il a été repoussé sans explications. Nous avons le sentiment de ne pas être écoutés par la nouvelle direction."
Pour la plupart des démissionnaires, l'entrée de Mme Amara au gouvernement reste un casus belli. "La politique de ce gouvernement va à l'encontre de toutes les valeurs que NPNS a
portées, explique Safia Lebdi, l'une des cofondatrices du mouvement. Comment Fadela Amara a-t-elle pu laisser passer les tests ADN, les peines planchers ou la réforme de la justice des mineurs ? Quand je l'ai vue à la télé sourire derrière Christine Boutin, qui refusait toute réquisition de logement pour les familles de la rue de la Banque, je me suis dit : où sont passées ses convictions ?" La nouvelle présidente, Sihem Habchi, juge toutes ces critiques
infondées : "Je ne suis pas engagée par le choix de Fadela Amara. Elle fait son travail au gouvernement, je fais le mien ici. Pendant des années, on a accusé le mouvement d'être une courroie de transmission du PS et, maintenant, on nous dit que nous faisons le jeu de l'UMP ! Le mouvement est indépendant. Si ces comités, dont beaucoup étaient en veille depuis des mois, veulent discuter de la démocratie interne, qu'ils viennent à notre université d'automne !
La porte leur est ouverte." Mais les comités démissionnaires refusent de venir à Dourdan. "On a l'impression que tout est verrouillé", soupire Clémentine Masson. Tous affirment quitter le
mouvement à regret : dans leur communiqué commun, les comités rendent un dernier hommage à Fadela Amara, qui leur avait, écrivent-ils, "ouvert la voie avec courage et pugnacité".

 

29 octobre 2007

Quoi de neuf sur le site
Mise en ligne du guide des droits des victimes du Ministère de la Justice (sept. 2007, pdf 517 Ko), rubrique violences et viol
 Publication des comptes de l'association, rubrique tout sur SOS FA
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
328. J'ai enfin porté plainte. Reinette a été violée à l'âge de 7 ans, elle se demande si la procédure ira à son terme.
329. Le père de ma fille. P. a connu des hauts et des bas avec lui, surtout des bas ...
330. Violée à Dubaï. B. souhaite mettre en garde ...

Les bonnes pages
Evaluation des répercussions économiques des violences conjugales en France, par Jean-Pierre MARISSAL, Charly CHEVALLEY, édité par La Documentation Française. Le plan global de lutte contre les violences faites aux femmes 2005-2007 a fait apparaître la nécessité de mieux appréhender le phénomène social des violences conjugales sous l'angle économique. Une étude de faisabilité de l'évaluation des répercussions économiques des violences conjugales a donc été menée en 2006 par le Centre de recherches économiques, sociologiques et de gestion (CRESGE) de l'institut catholique de Lille. Cette étude qui évalue le coût annuel des violences conjugales à un milliard d'euros par an, démontre que ce résultat est encore sous-estimé. Prix : 18 €.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110068941/index.shtml
Philosopher ou l'art de clouer le bec aux femmes, par Frédéric Pagès, Mille et Une Nuits n° 515, 2006; 80 p., 2,50 €). "Ce texte est la version développée et actualisée d'un exposé prononcé le 2 février 2006 dans le cadre du salon Botul, sous le titre : Le botulisme expliqué aux dames." Tout démarre d'une réflexion de Jean-Baptiste Botul que Pagès date de la fin des années 1920 : "Où sont les femmes ? Où sont les femmes philosophes ? Où sont les femmes aux idées pleines de charme ? Où sont les femmes, les femmes ?" Simone Weil, Simone de Beauvoir, Hannah Arendt : voilà les trois noms qui reviennent lorsque l'on parle de femmes philosophes. "Trois noms concentrés sur un seul siècle, ce n'est pas beaucoup !" remarque Pagès, qui part de ce constat pour fouiller rapidement l'histoire de la philosophie et en rapporter les preuves de présence féminine, de l'hétaïre antique à la salonnarde de l'époque récente. Il met à mal la distinction paresseuse et tenace (on la trouve encore chez Michel Onfray) habituellement établie entre l'homme tenant de la vérité et de l'universel, et la femme placée du côté du bonheur, de la consolation et du particulier. C'est un aspect du livre. L'autre concerne Botul, dont l'étude continue de passionner un cercle de chercheurs malgré la difficulté de la tâche (rappelons que Botul fut un philosophe oral, qu'il n'a produit aucun écrit). Frédéric Pagès est au centre de ce cercle et c'est à lui que revient l'honneur de mettre au jour les dernières connaissances sur la vie de Botul : sa présence sous les traits du garçon de café dans L'Être et le Néant de Sartre, sa fréquentation du salon et de la chambre d'Émilienne de Queylard, son invention du sky writing en 1939 et sa confidence à Paul Claudel : "Je suis bisexuel, c'est-à-dire que je fais l'amour deux fois par an."
(Info empruntée au site de Philippe Didion, merci à lui)

80 avortements volontaires à la minute
Le chiffre peut paraître ahurissant, mais il est (malheureusement…) vérifiable : 9 femmes sur 10 en moyenne dans le monde ont eu, ont, ou auront recours à l’avortement, que cette interruption volontaire de grossesse (IVG) soit médicalement assistée ou non, selon The Lancet d'octobre 2007. Et ce n’est pas en la frappant d’illégalité que cette pratique diminuera. En fait, ce serait plutôt l’inverse. La majorité des IVG concerne en effet des pays qui ne l’ont pas légalisée. Dans le dernier numéro du Lancet, consacré à la santé de la femme, les Drs Gilda Sedgh du Guttmacher Institute (New York) et Iqbal Shah de l’OMS, livrent une importante méta-analyse sur le sujet. Leurs conclusions sont édifiantes. Sur les 42 millions d’avortements pratiqués chaque année dans le monde, 35 millions se déroulent dans
des pays en développement. En 2003, près de la moitié (48%) de toutes les IVG ont été menées hors de toute assistance médicale, soit une croissance de 4 points depuis 1995. Or indiquent les auteurs, "si dans les pays développés 92% des IVG sont pratiquées dans de bonnes conditions (techniques), ce n’est pas du tout le cas pour 55% de celles menées dans des pays en développement". Du coup, 97% des IVG réalisées dans les pires conditions possibles le sont dans ces pays ! Il est intéressant également, de constater à quel point avortement et contraception sont liés. Si en 2003 il y a eu 31 avortements pour 100 naissances dans le monde, le record des IVG est détenu – avec 105 IVG pour 100 naissances ! - par les anciens pays de l’Europe de l’Est. Encore ce dernier chiffre est-il en baisse de 50% sur la période 1995-2003. Un progrès que les auteurs attribuent au fait que les femmes de ces pays aient enfin accédé depuis lors, aux moyens modernes de contraception.

La fin du certificat prénuptial
Le certificat prénuptial n'est plus. Sacrifiée sur l'autel des économies budgétaires, cette vieille loi de 1942 vient d'être supprimée par les députés lors de l'examen d'une proposition de loi UMP visant à simplifier le droit en abrogeant ses textes obsolètes. Le certificat médical avait été rendu obligatoire pour le mariage civil afin de prévenir, contrôler et éduquer les couples sur l'hygiène de vie, les maladies sexuellement transmissibles, la contraception, etc. ". Aujourd'hui, la consultation consiste davantage à faire des recherches sur la rubéole et la toxoplasmose pour les femmes de moins de 50 ans, en vue d'une grossesse, et à déterminer les groupes sanguins pour dépister d'éventuels problèmes de consanguinité. Selon Le Mondedu 15 octobre 2007, Étienne Blanc, député de l'Ain et rapporteur de la loi, a déclaré que ce certificat n'a plus lieu d'être. S'il était très utile à l'époque où le mariage était la règle, ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui : 80 % des couples qui se marient vivent ensemble depuis des années, et 50 % des naissances ont lieu hors mariage. Quant aux informations sur la grossesse, elles sont devenues bien plus facilement accessibles. Surtout, le certificat prénuptial, qui a un coût élevé, permettrait de faire des économies substantielles. Pas moins de ''14 millions d'euros par an pour la Sécurité sociale'', selon le député. Du côté des médecins, la fin du certificat prénuptial engendre incompréhension et interrogations sur le rôle essentiel de la prévention. Pour le Dr Vincent Rébeillé-Borgella, vice-président de MG France, cette consultation est non seulement très souvent la seule du genre pour les femmes mais aussi pour les hommes qui, désormais, ne peuvent plus s'appuyer sur le contrôle du
service militaire. Supprimer le seul examen dédié à ces problématiques sans le remplacer me paraît une grande erreur. La médecine n'est pas seulement curative mais préventive aussi. Hélène Gaumont-Prat, professeur de droit privé à Paris-VIII, estime pour sa part que le certificat ne contient aucune indication médicale, l'examen est secret, […] mais son utilité réside dans le fait de placer chacun des époux face à ses responsabilités. Il constitue à ce titre une mesure de dépistage individuel.

Mariage et tâches ménagères
Selon Libération du 8 octobre 2007, une étude pointe l'inégalité persistante dans l'organisation des couples. Le sociologue François de Singly indique : ''La répartition reste très inégalitaire. Les femmes gèrent toujours 65 % des tâches.'' Bref, rien de bien nouveau sous le soleil domestique, dans 82 % des cas, c'est madame qui se tape le repassage, dans 72 % la cuisine, et l'aspirateur dans plus d'un cas sur deux. Sérieusement, ça ne s'arrange pas, plus sérieusement encore, l'homme ne se bonifie pas en vieillissant et, de plus en plus sérieusement, une fois marié, c'est la catastrophe. Une macroenquête menée dans 28 pays occidentaux auprès de 17.000 personnes l'affirme : l'homme une fois marié se relâche.

Les femmes violentées parlent
Selon Le Quotidien du Médecin du 26 septembre 2007, de plus en plus de femmes maltraitées acceptent de parler des violences dont elles sont victimes quand leur médecin les questionnent, souligne une étude du Dr Gilles Lazimi, présentée au 47e Congrès national des centres de santé. Spécialiste de l'aide et du suivi des victimes de violences envers les femmes, le Dr Gilles Lazimi, directeur du centre de santé municipal de Romainville, en Seine-Saint-Denis, poursuit son approche de terrain du fléau. En novembre 2004, il constate, à sa grande surprise, que sur cent de ses patientes questionnées sur la violence, 54 % confessent avoir été agressées au cours de leur vie : une sur deux ''verbalement'', une sur trois ''physiquement'' et une sur cinq (21 %) ''sexuellement''. Dans ce dernier cas, pour les trois quarts, il s'agissait d'incestes. Toutes les personnes interrogées venaient consulter pour des motifs autres qu'une violence subie. Deux ans et demi plus tard, le généraliste séquano-dionysien élargit son enquête, avec les mêmes critères, à l'échelle nationale. En mars-avril 2007, il mobilise 51 confrères. Treize libéraux, dont onze omnipraticiens et deux spécialistes, des régions de Poitiers et de Caen, sont formés aux problèmes des femmes violentées au cours d'un séminaire de deux jours organisé par MG-France. S'y ajoutent 38 praticiens de centres de santé en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, à Grenoble, à Belfort et dans le sud de la France, parmi lesquels les deux cinquièmes exercent une spécialité. Deux sages-femmes de la protection maternelle et infantile sont sollicitées également. Sur un total de 557 patientes, 63 % évoquent une agression, trois sur cinq (62,8%) ''verbale'', deux sur cinq (42,7 %) ''physique'' et une sur cinq (17,8 %) ''sexuelle''. C'est dire que les langues se délient, les témoignages se libèrent, commente en substance le Dr Lazimi. ''Entre les deux enquêtes, il y a eu en Seine-Saint-Denis une double campagne d'information sur la prévention des violences faites aux femmes, et sur les télés deux clips à l'initiative de la Fédération nationale Solidarité femmes.'' Aujourd'hui, les victimes d'atteintes à l'intégrité de la personne savent à qui se confier. A 80 %, elles affirment que si leur médecin les avait questionnées plus tôt, elles en auraient parlé, et ce en Seine-Saint-Denis comme partout ailleurs dans le pays.

Les proxénètes espagnols sortent de l'ombre
selon Le Nouvel Observateur du 3 octobre 2007, à Madrid, à Barcelone, à Valence, les tenanciers de maisons closes créent un syndicat officiel. Mieux : ils font du lobbying auprès des députés. Leur but : légaliser la prostitution. Pablo Mayo est l'un des bonnets de la ''prostitution visible'' en Espagne. A 56 ans, il préside l'Association nationale des Patrons de Maisons closes, l'Anela. Selon les chiffres officiels, la prostitution en Espagne rapporte 18 milliards d'euros par an. Environ 350 000 prostituées exerceraient le plus vieux métier du monde dans la rue, dans des appartements privés ou dans les quelque 3 000 bordels, les prostïbulos. Autant que l'Allemagne, qui compte le double de population. En Espagne, la législation est loin d'être aussi claire qu'outre-Rhin. Depuis la réforme du Code pénal de 1995, la prostitution y est à nouveau tolérée, à condition qu'elle soit ''exercée sans contrainte''. Dans les faits, en deçà des Pyrénées les prostituées n'ont pas de contrat de travail, ne paient pas d'impôts et n'ont pas droit à la sécurité sociale. Terrible hypocrisie : elles n'existent pas socialement. Une armée de fantômes. Les ''maquereaux'' se sont engouffrés dans ce flou juridique. La loi leur interdit de ''gagner de l'argent en exploitant la prostitution à 'autrui'' ? Officiellement, ils ne sont que des gérants de night-clubs. Conséquence : les eros centers version ibère se multiplient comme des petits pains à Madrid, à Barcelone, à Valence, à Séville... ''Pourquoi devrions-nous nous cacher ? fanfaronne Pablo Mayo. La prostitution est une oeuvre de bien-être social. Un million d'Espagnols y ont recours tous les jours.'' Leur modèle : l'Allemagne. Les patrons d'établissement ''sélect'' décident donc de s'unir pour défendre leur ''cause''. En 2001, sous l'impulsion de l'avocat José Luis Roberto, président du parti d'extrême droite Espana 2000, ils fondent l'Anela. L'association doit servir d'interface avec les médias, rafraîchir l'image sordide des hôtels de passe et oeuvrer auprès des élus pour la régularisation de la prostitution. Une centaine de membres en font partie. Tous ''prêts à payer plus d'impôts en échange de la tranquillité'', insiste Pablo Mayo. L'Anela exerce un véritable lobbying en direction des différents Parlements autonomes. Leur credo : nous ne sommes que de simples hôteliers. Mais en Espagne, 95% des prostituées sont
étrangères, la majorité en situation irrégulière. En 2002, Pablo Mayo n'avait pas hésité à demander au ministère du Travail un quota de 277 permis de travail pour prostituées étrangères, ''afin d'éviter que le marché ne soit dominé par les mafias de l'immigration clandestine". De quoi susciter les foudres des associations abolitionnistes. ''Les entrepreneurs du sexe exploitent les femmes en toute impunité et se présentent à la télévision, en costume-cravate, presque comme des sauveurs", avait dénoncé à l'époque Asuncion Miura, directrice générale de l'égalité des chances à la mairie de Madrid. ''Pour moi, ce sont de vrais proxénètes, aucune femme ne choisit l'exercice de la prostitution'', s'insurge une responsable de l'Association pour la Réinsertion des Femmes prostituées, l'Apramp.

La Pologne garde ses tabous
Selon Libération du 22 octobre 2007, les annonces dans les journaux, à la rubrique santé, sont discrètes mais suffisamment explicites. Des gynécologues proposent à leurs patientes "le retour garanti de leurs règles"ou "un service complet" en clinique. Pour les contacter, ils n’offrent qu’un numéro de téléphone portable, de quoi écarter les importuns. Chacun à Varsovie sait qu’il s’agit d’avortement, un acte illégal depuis 1993, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Malgré cette loi, il y aurait de 140 000 à 180 000 avortements par an, tant dans le pays qu’en dehors des frontières. "En Pologne, il est plus facile d’avorter que de parler d’avortement", relève la
philosophe Magdalena Sroda, l’ex-dissidente chargée de l’égalité entre hommes et femmes dans le dernier gouvernement de gauche. " Ce n’est pas seulement le problème des Kaczynski [Président et Premier ministre en poste]. Tous les leaders d’opposition, y compris ceux de
gauche, ont convenu de ne pas changer la loi en vigueur", explique-t-elle. Les Polonaises, comme l’ensemble de la société civile, comprennent qu’il leur faut agir à plus long terme. "Les
femmes polonaises en ont assez d’être des ventres", s’insurge l’écrivaine Manuela Gretkowska, fondatrice du tout nouveau Parti des femmes, créé en février. La blonde trentenaire n’a pas hésité à braver le conservatisme ambiant en posant nue, entourée des
candidates de son parti, tout aussi dénudées, sur une affiche électorale. Elle entend continuer à secouer le cocotier. Le Parti des femmes demandera en avril prochain, lors de son premier congrès, que la Pologne organise un référendum sur l’avortement. "Les partis
nous disent qu’ils sont contre parce qu’ils ont peur d’une bataille avec l’Eglise. Mais les femmes sont pour, même dans les villages. Je suis catholique et je n’avorterai pas, mais je pense que cela doit être le choix de la femme."Manuela Gretkowska ne désespère pas de
voir son pays suivre l’exemple du Portugal ou de l’Irlande, deux pays catholiques qui ont organisé avec succès des référendums sur cette question. La différence est pourtant de taille : les femmes polonaises ont eu le droit d’avorter pendant quarante ans et
aujourd’hui cette pratique est assimilée au communisme. "Tout comme l’est le fait de réclamer des écoles maternelles", note Magdalena Sroda. Dans les grandes classes, "l’éducation sexuelle a été remplacée par l’éducation pro-familiale. On y apprend que les préservatifs ont des trous ou que la pilule donne le cancer". La philosophe croit qu’un mouvement radical est impossible. "En Pologne, dit-elle, les lois ayant longtemps été faites par des étrangers, les gens sont habitués à leur désobéir. Ils se débrouillent et continueront de le faire."

 

30 septembre 2007

Quoi de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
320. Mon amie a été violée. Son conjoint cherche à comprendre les décisions de Sophie.
321. J'ai choisi de t'écrire pour lever ce silence. N. a décidé d'écrire à son cousin qui l'a abusée et violée enfant.
322. Je n'ai que quelques fragments de souvenirs. Cam a été abusée sexuellement lordsqu'elle érait enfant. Elle et Chantal, notre conseil, engagent une conversation à propos du processus thérapeutique.
323. Un de mes amis a été privé de ses enfants. Où il est question d'autorité parentale et de démarches auprès du juge aux affaires familiales.
324. Etre lesbienne en Algérie. Soraya témoigne ...
325. J'ai beaucoup de chance d'avoir rencontré cette thérapeute. Kenza a été violée mais elle va beaucoup grâce à une thérapie, même si elle n'est pas au bout de toutes les difficultés.
326. J'ai été manipulée par un homme de 50 ans ... rencontré sur internet. J. a 20 ans.
327. Je ne peux pas accepter de me faire insulter. George réfléchit au fonctionnement de son couple à partir des attaques de son épouse.

Les bonnes pages
L'association CICADE vient d'éditer un guide juridique consacré au droit de la famille des femmes françaises et maghrébines. Cet ouvrage s'adresse aux juristes, aux travailleurs sociaux ainsi qu'à toutes les personnes investies dans la défense des droits des femmes qui souhaitent bénéficier d'informations juridiques en matière de droit international privé et de droits de la famille des pays du Maghreb. Apporter des réponses aux professionnels sur les questions liées au droit de la famille et œuvrer pour une meilleure compréhension de la situation juridique des femmes étrangères ou binationales, telle est l'ambition de ce guide juridique. Celui-ci s'organise autour de trois grandes questions du droit de la famille à savoir, le mariage, la dissolution du lien matrimonial, la filiation. Pour chacun des thèmes abordés, sont présentées les règles du droit international privé, du droit civil français et des codes de la famille algérien, marocain et tunisien. CICADE sous la direction d'Aurélie Bédu, Droit de la famille des femmes françaises et maghrébines, CICADE Edition, 292 pages, diffusé par MFPF Paris (Tél.: 01 48 07 29 10), 20 €
(+5 € de frais de port).

Une étude sur les violences commises contre les femmes en région Bretagne
Si, en France, une femme sur dix est victime de violences au moins une fois dans sa vie, cela signifie qu'en Bretagne 150.000 femmes sont concernées. Après un premier état des lieux dressé par le Conseil pour l'égalité entre les hommes et les femmes, la Région a souhaité aller plus loin en réalisant une enquête auprès des maires, des associations et de ses agents, selon l'Agence Presse Bretagne le 13 septembre 2007. Afin d'affiner sa connaissance de
la situation bretonne et ainsi mettre en œuvre un ensemble d'actions adaptées, la Région a confié à l'association Egal'cité la réalisation d'une étude sur les violences. Gaëlle Abily,
vice-présidente de la Région en charge de l'égalité professionnelle, a présenté les résultats de cette étude aux maires qui peuvent contribuer, de par leur proximité, à une meilleure
connaissance des situations locales et constituer des partenaires privilégiés dans la mise en œuvre de solutions. Cette étude invitait les 1.268 maires de la région Bretagne, 19 associations engagées de façon spécifique dans la lutte contre les violences et 640 agents du Conseil régional à répondre à un questionnaire pour mieux percevoir leur connaissance du sujet et, dans le cas des maires et des associations, faire le point sur leurs moyens d'agir, leurs besoins et leurs souhaits… L'enquête a permis de soulever le manque de connaissance des agents de la Région et des maires sur l'étendue du fléau des violences, sous-estimé, et sur les moyens d'agir. Les maires mettent en avant leur manque de moyens financiers notamment pour proposer des solutions de logements d'urgence pour les femmes victimes de violence qui quittent le foyer conjugal. Ils soulèvent également, comme les associations – de plus en plus sollicitées par les femmes victimes qui se confient plus facilement – le manque de
personnels formés pour accueillir et aider les victimes. À l'heure où elle prépare sa deuxième Biennale de l'égalité femmes-hommes, qui aura lieu à Saint-Brieuc les 23 et 24 mai 2008, la Région s'appuie sur les résultats de cette enquête pour poursuivre ses actions et impulser de nouveaux projets, seule ou en partenariat.
http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=7929&title=Les%20r%C3%A9sultats
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Les mariages forcés, une contradiction interculturelle
Le numéro de Migrations Santé de juin 2007 rend compte des résultats d'une étude relative aux mariages forcés achevée en 2007 pour le compte de la Direction de la Population et des Migrations. Elle a été réalisée sous la responsabilité scientifique de Monsieur Gérard Neyrand, avec la collaboration de Monsieur Abdelhafid Hammouche et de Mesdames Sahra Mekboul et Nathalie Fraioli, CIMERSS du Centre Interdisciplinaire Méditerranéen d'Etudes et de Recherches en Sciences Sociales. Ce travail avait pour objet d’améliorer la connaissance du phénomène des mariages forcés, de son importance, de ses enjeux et modalités (rôle de la famille, mariage sur place ou retour au pays) et des communautés concernées ainsi que de relever les pratiques dérivant vers une instrumentalisation du mariage permettant l’accès à un
titre de séjour ou à la nationalité française. Il s’agissait par ailleurs d’identifier les difficultés rencontrées par les victimes de ces pratiques et les dispositifs de prise en charge existants.
Pour y parvenir, l’étude s’est appuyée d’une étude relative aux mariages forcés d’une part sur une enquête qualitative à Marseille, Lyon et Paris comportant la passation d’entretiens tant auprès des acteurs institutionnels concernés que des jeunes filles victimes de ces pratiques, d’autre part sur une étude juridique relative à la législation française en vigueur, aux différents droits étrangers, aux conventions bilatérales et au droit international privé. Les
mariages forcés constituent sans doute l’une des questions les plus complexes et les plus délicates à aborder pour l’étude de la dimension interculturelle en France, car elle met en jeu de multiples niveaux d’analyse tout en interpellant le système des normes et des valeurs de la société. Elle vient directement questionner l’organisation politique de cette société et son
expression juridique, quant à la position à tenir et les démarches à effectuer pour juguler une pratique qui vient contredire les principes mêmes du droit civil français contemporain de libre
détermination des individus et d’égalité entre les sexes…

Réduction des prestations sociales pour les femmes seules
Le décret n° 2007-199 du 14 février 2007 modifiant les articles R.161-3, 4 et 5 du code de la Sécurité sociale a réduit à un an (au lieu de quatre) le maintien de la couverture médicale gratuite pour plusieurs catégories de personnes : travailleurs précaires, veuves et divorcées ayants droit de leur conjoint. Selon Le Monde du 9 et 10 octobre 2007, on indique au ministère de la santé que ce décret a pour but de lutter contre la fraude, car "il n'est pas acceptable que des personnes ne résidant plus en France bénéficient du maintien de leurs droits à l'assurance-maladie sans cotisation pendant quatre ans". Mais une autre catégorie est pénalisée par ce nouveau texte : les divorcées sans activité professionnelle ainsi que les veuves n'ayant ni retraite ni pension de réversion. Après la séparation ou le décès de leur conjoint, elles avaient également droit gratuitement au maintien de leur protection sociale pendant quatre ans ; ce délai de grâce est ramené à un an. "Les personnes concernées sont des femmes, âgées pour la plupart, n'ayant jamais travaillé, ou des épouses d'artisans ou de commerçants qui ont aidé leur mari sans avoir jamais été déclarées comme salariées", explique Jean Catherine, président de l'Union française des retraités, association membre de la Confédération française des retraités (CFR), qui compte 2 millions d'adhérents. Seules les veuves qui ont eu au moins trois enfants échappent à cette mesure : leurs droits sont maintenus à vie, sans condition d'âge. Au ministère, on précise que les seuls conjoints survivants soumis à cette mesure seront ceux qui ont eu moins de trois enfants, qui ne travaillent pas, ne bénéficient d'aucune pension ou allocation (revenu minimum d'insertion, adulte handicapé, minimum vieillesse), et dont les revenus de nature non professionnelle (loyers, rentes) dépassent 7083 euros par an (soit 590,25 euros par mois). Une fois l'année écoulée, ces personnes pourront bénéficier de la couverture maladie universelle (CMU), moyennant une cotisation de 8 % sur la fraction du revenu annuel dépassant 7 083 euros en 2007. La CMU a en effet été créée pour permettre aux personnes sans protection sociale de bénéficier d'une assurance-maladie, à condition de résider sur le territoire français. Contrairement à la CMU complémentaire (mutuelle réservée aux plus démunis dont le revenu annuel est inférieur à 7 272,11 euros), elle n'est pas gratuite.

 

31 août 2007

Quoi de neuf sur le site
Mise en ligne de l'annuaire des lieux d'accueils et centres d'hébergement mis à jour, rubrique liens, contacts
Les nouveaux témoignages retenus cet été :
310. J'ai toujours cru que je pourrais le "changer". Violette a-t-elle le profil de la victime ?
311. Deux vies, deux enfers... Après avoir vécu l'enfer en Corée, Emilie est adoptée par un couple désuni dont la femme subit la maltraitance de son mari, puis elle est abusée par le grand-père pendant des années ...
312. Je n'aime pas la femme que je suis depuis le viol. Lilly souffre de tous les symptômes d'un traumatisme grave.
313. Je suis la fille d'une femme violente. Echange transatlantique.
314. Mes amis le surnomme le Ténia. M. a subi la violence et les manipulations d'un pervers narcissique.
315. Mon amie a été violée. Pierre cherche conseil.
316. A Marie, et toutes les femmes d’ici et d’ailleurs. M. a porté plainte pour les coups reçus, mais pas de nouvelles ...
317. Liberté pour le meurtrier de Marie Trintignant ? F. s'indigne.
318. Merci à Salamatou Traoré. L. a choisi de divorcer mais, au Niger, ce n'est pas sans conséquences ...
319. Je me suis donnée à des hommes. Z. explique comment, pourquoi ...

IVG pour toutes grâce à l'internet ...
Women on web est une liste d'aide aux femmes qui ont ou qui souhaitent avorter. Il est soutenu par un réseau d'individus et d'organisations (dont Women on Waves). C'est un service en ligne pour permettre aux femmes des pays où il n’y a pas de services légaux et médicalisés d’avortement d’entrer contact avec un médecin et de recevoir un médicament abortif par courrier. L’objectif est de réduire la mortalité due à des pratiques dangereuses et non sécurisées (70.000 morts par an selon Libération le 15 juin 2007) et le nombre de victimes de complications à long terme. Pour "briser le silence" et le silence autour de la question, Women on Web accueille également aussi un espace de témoignages, "J’ai avorté", composé d’une série de portraits de femmes partageant leur expérience. On trouve aussi une faq très complète sur l’avortement et sur le projet. Enfin, le site permet de faire un don pour aider une femme sans ressource financière à pouvoir bénéficier d’un avortement médicalisé. Réalisé par Mediamatic Lab, Women on web a reçu un Prix Arts Electronica 2007, dans la catégorie Digital Community.
http://www.womenonweb.org/index.php?lang=fr

Plus de femmes à l' Assemblée
Elles sont à peine 20%, et pourtant jamais l'Assemblée n'aura compté autant de femmes : 107 aujourd'hui, contre 76 seulement dans l’Assemblée sortante (13,1%). C'est dans les rangs de la gauche qu'elles sont le plus représentées : 61, contre 46 à droite. Au PS, qui compte 30 femmes parmi les 48 nouvelles venue^^s dans l'hémicycle, certaines candidates ont d'ailleurs permis de remporter quelques victoires emblématiques, comme Michèle Delaunay qui a battu Alain Juppé à Bordeaux, ou Delphine Batho, proche de Ségolène Royal, dans les Deux-Sèvres. Si ce scrutin a compté légèrement plus de candidates qu'en 2002 (41,6% contre 38,9%), elles n'étaient plus qu'un tiers en lice au deuxième tour (305 sur 933).

La maternité reste un frein pour la carrière des femmes
C'est ce que montre une étude du Centre d'Etudes et de Recherche sur les Qualifications publiée le 20 juillet 2007 et réalisée auprès de 16.000 personnes 7 ans après leur entrée sur le marché du travail. 32 % des femmes déclarent que la naissance de leur premier enfant a eu une incidence sur leur emploi, 17 % sont passées à temps partiel, 11 % ont changé de poste ou accepté une mutation. Après un deuxième enfant, l'impact est encore plus fort : 35 % des femmes réduisent leur temps de travail et 16 % prennent un congé parental. Parmi les diplômées ayant au minimum un bac + 3, seulement 49 % travaillent à temps complet lorsqu'elles ont plusieurs enfants contre 92 % quand elles n'en ont pas ...

Le 39.19 est débordé
Selon Le Monde du 26 juillet 2007, le centre national d'appel pour les femmes victimes de violences conjugales, qui a reçu la visite du ministre Xavier Bertrand et de la secrétaire d'Etat à la Solidarité, Valérie Létard, le 25 juillet 2007, a comptabilisé 7.446 appels en quatre mois, soit 80 appels par jour.

Une deuxième femme rabbin en France
Céline Surger a pris le 1er août 2007 ses fonctions dans une synagogue libérale de Paris. Selon Le Figaro du 2 août 2007, le rabbinat au féminin est courant aux Etats-Unis mais, en France, son ordination intervient 17 ans après celle de Pauline Bebe.

 

30 juin 2007

Quoi de neuf sur le site
Mise en ligne de différents rapports d'activité 2006 de l'association, rubrique tout sur SOS Femmes Accueil
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
305. J'ai été violée... et la proc a fait relâcher mon agresseur. Isabelle a besoin d'aide.
306. Nous sommes sept. Kali a été violée par son oncle mais elles sont sont au moins sept victimes.
307. Mon ange gardien m'a trahie. Mila a été violée par la personne en qui elle avait le plus confiance.
308. J'étais devenue son esclave. Bénédicte a quitté son conjoint violent et refait sa vie. Message d'espoir.
309. Je dois tout recommencer à zéro à cause de lui. Caroline s'est libéré de le violence de son conjoint.

Application du principe de laïcité dans les écoles
La Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE) rappelle, dans un communiqué de presse du mercredi 6 juin, les conditions d’application du principe de laïcité au sein des écoles. A la suite du refus opposé à des mères portant le foulard de participer à des sorties scolaires et à des activités éducatives, la Halde a considéré que la différence de traitement dont les réclamantes avaient fait l’objet du fait de leur religion présentait un caractère discriminatoire. La Halde recommande aux conseils d’école de revoir les règlements intérieurs de manière à respecter le principe de non discrimination religieuse dans la participation des parents à la vie de l’école. La Halde recommande également au ministère de l’éducation nationale de prendre les mesures nécessaires afin d’assurer le respect du principe de non discrimination. La loi du 15 mars 2004 précise que le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit dans les écoles, les collèges et les lycées publics en France.
Communiqué de presse de la HALDE du 6 juillet 2007 : http://www.halde.fr/IMG/pdf/Communique_de_Presse_ppe_de_laicite_6_juin_2007.pdf

Grossesse et congés maternité : un guide en ligne
L’assurance maladie propose depuis le 12 juin 2007 une version actualisée de son guide pratique à destination des futures mamans, des informations utiles avant et après la naissance : les examens à réaliser avant et après l’accouchement, le suivi médical à commencer dès les premiers jours du bébé (dépistages néonataux, vaccinations) mais également une présentation des prestations et des droits des futurs parents (indemnités journalières, congés maternité et congés paternité).
* Assurance maladie : "Autour de bébé" : du ventre de maman à ses premières semaines http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/DP_autour_de_bebe-mai_2007.pdf
* Service-public.fr : fiches et questions-réponses sur le thème de la maternité http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/N147.xhtml?&n=Famille&l=N10

Contraception : que savent les Français ?
En mars 2006 le Ministre en charge de la Santé annonçait à l’occasion des 50 ans du Mouvement pour le Planning Familial la reprise de la communication nationale sur la contraception. Dans ce cadre, et en se basant sur la stratégie d’action en matière de contraception rédigée par le Ministère, l’INPES a élaboré et mis en place depuis janvier 2007 un programme d’études et de communication sur la sexualité et la contraception. Selon le Baromètre Santé 2005, 71 % des personnes âgées de 15 à 54 ans, ayant eu une activité sexuelle dans les 12 derniers mois, déclarent "faire quelque chose pour éviter une grossesse" (chiffre stable par rapport à 1999). L’âge moyen du premier rapport sexuel est d’environ 17,5 ans et est également resté stable au cours de la dernière décennie mais l’âge moyen des mères à la naissance de leur premier enfant est en constante augmentation. Il est passé de 26,5 ans en 1977 à près de 30 ans en 2004. La période entre le premier rapport sexuel et la première maternité s’est donc allongée, celle-ci survenant 9,5 ans en moyenne après le premier rapport. Ceci implique la nécessité pour les couples de maintenir une contraception efficace avant le premier enfant plus longue qu’auparavant. Le taux d'utilisation et de diffusion de la contraception est l'un des plus élevés d'Europe. Ce paradoxe s’explique en partie par une difficulté à gérer sa contraception au quotidien. Les études montrent que plus de la moitié des femmes ayant eu recours à l'IVG utilisaient des contraceptifs théoriquement efficaces. Mais c’est au cours des périodes de transition contraceptive (changement de contraception, post partum …), que les femmes sont particulièrement exposées au risque d’échec de la contraception. Ce constat est corroboré par les résultats d’une étude sur "les Français et la contraception" menée par l’INPES en février 2007 auprès d’un échantillon de 2004 personnes. D’après les résultats de l’étude INPES BVA, la quasi-totalité des utilisateurs d’un moyen de contraception se déclarent satisfaits (95 %) et même très satisfaits (79 %) du moyen qu’ils utilisent. Les Français sont également nombreux à connaître une diversité de méthodes contraceptives. Sans surprise, la pilule et le préservatif masculin sont connus par plus de 97 % des Français, et le stérilet par 93 %. Presque les trois quarts des personnes interrogées connaissent également le préservatif féminin et le diaphragme. La plupart des autres moyens sont connus par environ un Français sur deux : spermicides 52 %, patch 48 %, implant 44 %, et anneau vaginal 44 %. Pourtant les niveaux de connaissances "techniques" sur le sujet demeurent extrêmement basiques. Les stéréotypes et les idées reçues restent encore nombreux et montrent de véritables lacunes sur le cycle féminin et l’utilisation des méthodes contraceptives.
http://www.inpes.sante.fr/

Personnes handicapées : le cri de colère des "naufragés de l'amour"
Un voile pudique a longtemps occulté la question de la sexualité des personnes en situation de grande dépendance physique du fait de leur handicap. Aujourd’hui, le sujet n’est plus tabou. Cependant, faute d’être assorti des moyens de l’exercer, le droit des intéressés à avoir des relations sexuelles reste très souvent virtuel. Les personnes qui sont physiquement dépendantes d’un tiers pour réaliser les actes ordinaires les plus quotidiens le sont également en ce qui concerne leur vie affective. "Il est donc plus que temps de poser publiquement la question de l’accompagnement érotique et sexuel des personnes en situation de dépendance vitale, pour trouver une réponse citoyenne adaptée à leurs attentes légitimes" affirme Marcel Nuss, président de la coordination handicap et autonomie (CHA), cité par Actualités Sociales Hebdomadaires du 1er juin 2007. Conscients de la détresse des personnes qu’ils accompagnent, des professionnels tentent, ici ou là, d’y remédier. De façon discrète, voire secrète, pour protéger, autant que faire se peut, l’intimité de la personne concernée et éviter les risques personnels encourus. Et pour l’heure, les solutions trouvées, au prix d’un important engagement des aidants, restent des cas d’espèce. Convaincu que "la légalité d’aujourd’hui est, en grande partie, l’illégalité d’hier", Jean-Charles Spigarelli, directeur d’un foyer APF de Bordeaux, est lui aussi un professionnel audacieux. En 1993, il introduit dans son institution des lits médicalisés doubles. Dix ans plus tard, il retravaille son projet d’établissement pour rendre effectif le droit des personnes accueillies au respect de leur vie privée et à la libre expression de leur sexualité, stipulé par la charte des usagers de l’APF. Nul professionnel, désormais, ne peut entrer dans les chambres sans y être conviés. Chacun d’entre eux peut recevoir les personnes de son choix – petit-e ami-e ou prostitué-e - sans en informer qui que se soit. A nous d’oser prendre des risques dans nos établissements, renchérit Pascale Ribes, de l’APF. Le changement de mentalité passe nécessairement par la formation de tous les acteurs concernés, seule capable de neutraliser les effets pervers de la subjectivité. C’est dans cet esprit que travaille Handicap International depuis 8 ans. Son service d’accompagnement à la vie affective et sexuelles des personnes handicapées organise à la fois des actions d’éducation à la vie à l’intention des intéressés (enfants, adolescents et adultes en situation de handicap), des groupes de parole destinés aux parents et des sessions de formation ainsi que des supervisions pour les personnes et responsables d’établissements.

En un an, les drogues du viol ont fait 94 victimes connues
Un total de 94 cas de personnes droguées à leur insu, victimes ensuite d'agressions sexuelles ou de vols, ont été recensés entre avril 2005 et mai 2006, selon une enquête nationale citée par l'AFP le 27 juin 2007. La soumission chimique se définit comme l'administration à des fins criminelles ou délictuelles d'un ou de plusieurs produits psychoactifs à l'insu de la victime. Les médicaments anxiolytiques et les hypnotiques sont les substances les plus utilisées par les agresseurs, ajoutées ou non à des boissons alcoolisées. Le recours à des anesthésiques, en particulier le GHB, surnommé "drogue du viol", est beaucoup plus rare. Âgées en moyenne de 33 ans, les victimes sont majoritairement des femmes (66 %), elles subissent le plus souvent des agressions sexu­el­les (43 %) ou des vols (38 %). Quelques 16 % des victimes de "soumission chimique" étaient des mineures, une proportion plus élevée que lors de la dernière enquête, datant de 1995. Outre les 94 cas de "soumission chimique"à l'insu de la victime, 98 cas de "prise de produit sous la menace ou volontairement" ont par ailleurs été recensés.

Violences conjugales : un logement pour femmes battues
La ville de Bobigny est la première municipalité de Seine-Saint-Denis à s'engager, dans le dispositif "Un toit pour elle", à réserver chaque année un appartement du parc social pour reloger définitivement une femme victime de violences conjugales. D'après Le Quotidien du Médecin du 11 juin 2007 une douzaine de cités du département devraient imiter cette démarche d'ici à la fin de l'année, dont Stains, Aulnay-sous-Bois, Montfermeil et Montreuil. Le projet "Un toit pour elle"avait été proposé par le Conseil Général en mars 2005, et sa mise en oeuvre confiée à l'Observatoire départemental des violences faites aux femmes.

Manque de droits pour les prostituées étrangères
Les prostituées étrangères qui aident la justice devraient légalement bénéficier d'une carte de séjour. Selon Le Figaro du 29 mai 2007, dans la pratique, "les préfets font du cas par cas". Trois jeunes filles, ressortissantes nigériannes, ont témoigné à Nîmes contre Isibore O, un homme qui les a forcées à se prostituer dans le Gard pendant près de trois ans, menaçant de tuer leurs proches restés au pays. Mais malgré le repentir des jeunes filles, elles ne recevront pas les papiers promis. La France possède une des lois les plus protectrices du monde à l'égard des victimes de trafic d'êtres humains, déclare Le Figaro, mais elle a évidemment du mal à mettre ses actes en conformité avec ses principes. Selon la loi française, les prostituées étrangères qui dénoncent réseaux ou proxénètes peuvent bénéficier d'une carte de séjour temporaire d'un an. Le problème est que les décrets d'application de cette loi n'ont jamais été publiés et, donc, certaines préfectures donnent des autorisations de séjour limitées à un mois, mais renouvelables. D'autres, comme à Nîmes, ne donneraient qu'une autorisation provisoire sans le droit de travailler.

Condamnation d'un ancien joueur de foot pour viol sur mineure
Ancien footballeur du Paris Saint-Germain, Godwin Okpara, 34 ans, a comparu il y a quelques semaines devant la cour d'assises des Yvelines à Versailles, rapporte l'AFP des 29 mai et 1er juin 2007. Il a été accusé d'avoir violé de 2003 à 2004 une mineure qu'il avait adoptée au Nigeria. Son épouse, Linda, a également dû comparaître devant la cour, accusée d'avoir facilité les viols et d'avoir infligé des violences sexuelles, des tortures et des brimades sur la jeune victime. Le couple a adopté officieusement la jeune fille en 2001, quand elle avait 13 ans. Elle dormait sur un matelas dans le garage, et devait s'occuper des tâches ménagères ainsi que des quatre enfants du couple. Elle a finalement réussi à dénoncer les faits aux policiers du Vésinet en août 2005. Le 1er juin dernier, Godwin Okpara a été condamné à 13 ans de réclusion criminelle, sa femme à 15 ans, et sa belle-mère à 5 ans dont 1 un ferme.

L'enfance violée
Martine Nisse, psychothérapeute familiale, analyse dans le magazine Psychologies de juin 2007 les propos d'Isabelle Demongeot, un récit dur, violent, un cri de désespoir de petite fille qui explique comment son ex-entraîneur de tennis a abusé d'elle pendant 10 ans. Des propos qui ressemblent beaucoup à tous les témoignages d'enfants qui ont été victimes d'abus sexuels. La honte, les menaces de mort, le coma émotionnel, l'impression d'être coupé en deux, de ne plus être soi même. La dissociation est un processus de protection, que met en place le psychisme pour survivre, pour ne plus ressentir la souffrance. Mais autant, certains enfants manifestent des signes : sautes d'humeur, dépression, voire tentative de suicide, la petite sportive était habituée à faire d'immenses sacrifices et prête à supporter n'importe quelle souffrance pour gagner, être la meilleure. Les enfants abusés deviennent souvent des adultes qui donnent le change, ils se marient, ont des enfants, mais un nouveau choc (décès, maladie, rupture, accouchement) fait parfois que la blessure se rouvre et que tout revienne en mémoire.
Lire ici sur le site : http://www.sosfemmes.com/violences/viol_consequences.htm

Excision : sexe et tradition
Selon David Elia, gynécologue et rédacteur en chef de Genesis (mai 2007), en France, 60.000 femmes et jeunes filles ont été excisées ou menacées de l'être. Ce sont essentiellement des familles en provenance du Sénégal, du Mali, de Côte d'Ivoire et de Mauritanie. L'excision n'est pas liée à la religion. Certes, pour certains musulmans, une femme non excisée est impure, mais le Coran ne donne aucune indication en la matière et la plupart des pays musulmans n'excisent pas les femmes. Cette pratique repose souvent sur des croyances : cela permettrait de préserver la virginité de la jeune fille, que la non ablation du clitoris pourrait gêner les relations sexuelles, qu'il pourrait ou qu'il s'agit d'un passage obligé pour la fécondité, ou encore qu'il s'agit d'un dard pouvant blesser l'homme ou le nouveau né !!! Beaucoup de familles pensent qu'il s'agit là d'un rituel de passage à l’adolescence et d’une étape incontournable. Résultat : 90 % des maliennes sont excisées. Souvent, attaquer cette pratique de front (dire que c'est un geste intolérable, évoquer la barbarie, ou invoquer les droits des femmes) est au mieux inefficace, au pire choquant pour les africains, considéré comme un interventionnisme et moralisme occidental très mal venu. Cette attitude ne peut conduire qu'à intensifier le phénomène et le faire entrer dans une clandestinité encore plus dangereuse. En revanche, informer doucement et sans répression, invoquer les conséquences médicales tragiques, les risques d’infection d’hémorragies, de contamination du tétanos, l’incontinence urinaire, les risques obstétricaux, est efficace. Ceux qui mènent croisade au Mali se sont lancés dans une campagne de sensibilisation de santé au féminin qui commence à avoir des effets et aurait permis de diminuer 5 % du phénomène en 5 ans.
Voir ici aussi : http://perso.orange.fr/..associationgams/pages/presgams.html

Le lourd défi du suivi des délinquants sexuels
Selon Le Figaro du 16 juin 2007, l'obligation de soins faite au condamné pour un crime ou un délit était marginale jusqu'à présent mais pourrait devenir quasi-systématique. Dès juillet, le Parlement devrait examiner plusieurs dispositions sur le suivi socio-judiciaire, dans le cadre du projet de loi renforçant la lutte contre la récidive des mineurs et des majeurs. La possibilité existe depuis 1998 mais n'est que rarement utilisée ce qui s'explique par "le manque de médecins coordonnateurs censés organiser cette obligation de soins." Le suivi socio-judiciaire deviendra automatique en cas de condamnation. Le juge pourra toujours décider de ne pas appliquer cette disposition mais devra justifier sa décision, et sera alors responsable en cas de récidive. Un délinquant sexuel ne pourra donc plus bénéficier d'une remise de peine ni d'une libération conditionnelle s'il refuse le traitement proposé. Le criminel sexuel non visé par un tel suivi devra cependant être soumis à une expertise médicale au moment de sa libération. Si le psychiatre le juge nécessaire il pourra ensuite faire l'objet d'une injonction de soins. La question qui se pose est de savoir si ce dispositif sera adossé à des moyens suffisants car depuis des années déjà magistrats et psychiatres dénoncent l'impossibilité d'appliquer le suivi socio-judiciaire à cause de la pénurie de personnel et de structures. De plus, "si l'enjeu est de faire porter une responsabilité encore plus lourde sur les juges sans renforcer les effectifs psychiatriques, cela présente un intérêt limité."

 

31 mai 2007

Quoi de neuf sur le site
 
Publication d'une nouvelle page à la rubrique points de vue : Les yeux de Kaa (prostitution, chiffres, presse, info, intox : comment s'y retrouver ?)
 Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
300. La seule issue était le suicide. Et, pourtant, ce n'est pas Linsay qui a été violée ...
301. Je me sens coupable de sa mort. C. a été la victime de cet homme violent.
302. Les trois histoires qui ont détruit ma vie. Françoise témoigne.
303. Je porte un secret qui me ronge. Sunnyheart a été abusée par ses frères, mais ...
304. Je suis un rayon de soleil ... mais, derrière ce soleil, il y a beaucoup de nuages. Talie cherche de l'aide.

Les bonnes pages
 BOUSSUGE Agnès et THIEBAUT Elise. - J'appelle pas ça de l'amour, La violence dans les relations amoureuses, Syros, collection " Femmes ", 2007, 128 pages, 7,5 euros. Les auteurs estiment que les violences dans les relations amoureuses sont encore souvent assimilées à la passion amoureuse. Elles sont parfois banalisées, voire encouragées par des stéréotypes sexistes, qui restent présents dans notre société, et particulièrement dans certains médias. Ainsi, dès l'adolescence, un grand nombre de jeunes filles font l'expérience de la violence dans leurs premières histoires avec les garçons. Puis, dans les couples, dans les familles, la violence gâche la vie de centaines de milliers de personnes dans notre pays. Comment identifier ces processus, y échapper ou y remédier ? Comment apprendre à aimer et régler les conflits, à exprimer ses désirs librement et en se respectant mutuellement ? C'est l'un des buts que se propose cet ouvrage, grâce à des témoignages, des entretiens et un solide dossier documentaire.

Après les Monologues du vagin, Eve Ensler dialogue avec son ventre
Sa première pièce les Monologues du vagin a fait le tour du monde et a réconcilié des millions de femmes avec leur sexe. Mais, nous dit Elle le 14 mai 2007, Eve Ensler n'en avait pas fini avec son anatomie. Elle s'attaque désormais à la dictature des apparences des régimes et de la gym. Depuis les Monologues du vagin, elle est devenue la figure de proue d'un nouveau féminisme. Traduit en 35 langues, jouée dans 76 pays, la pièce continue son tour du monde pour lutter contre les violences faites aux femmes sous la bannière de son mouvement V-Day. L'association dont elle est la directrice artistique bénévole a récolté plus de 45 millions de dollars en une petite dizaine d'années. Jamais elle n'aurait cru qu'une conversation sur la ménopause avec une amie (le point de départ des Monologues) donnerait naissance à un tel mouvement. Depuis elle a relevé un peu sa tête pour s'arrêter au niveau du nombril : elle en a fait une nouvelle pièce sur la dictature de la beauté qui fait de la femme son propre tyran. Des extraits de son journal intime et les témoignages de femmes dont elle s'est inspirée pour inventer les personnages s'entremèlent. Un manifeste pour l'imperfection plus personnel que les Monologues, mais aussi moins coup de poing. "Je pensais en avoir fini avec le corps de la femme, dit-elle, je voulais tourner la page, mais je me suis retrouvée nez à nez avec mon ventre et j'ai voulu le dompter, l'affiner, je passais mon temps à faire des régimes et des heures à la salle de gym. Moi, la féministe radicale, j'étais devenue obsédée par mon ventre. Alors j'ai commencé à dialoguer avec lui et j'ai noirci des pages entières. Mon ventre est devenu le centre chaotique de mon univers. J'ai fini par interroger les femmes que je croisais : aimez vous votre corps ? Je me suis rendu compte que toutes avaient une partie d'elles qu'elles voulaient changer. Finalement, les femmes sont de plus en plus dépossédées de leur corps".
SOS Femmes Accueil a été à deux reprises lauréates du V-Day France, voir http://www.sosfemmes.com/infos/infos_archive14_vday2003.htm et http://www.sosfemmes.com/infos/infos_archive21_vday2004.htm

Un monde de violences faites aux femmes selon Amnesty International
Une femme sur trois dans le monde subira des violences au cours de sa vie, 70 % des personnes tuées dans des conflits sont des femmes, et des dizaines de milliers de femmes et de jeunes filles sont victimes de viols depuis le début de la crise du Darfour. Dans son rapport 2007, Amnesty International dénonce toutes les violences, domestiques, policières ou militaires que subissent les femmes dans un monde de plus en plus en proie à la peur. Devant la torture et le terrorisme, la peine de mort et la justice internationale, thèmes de campagne traditionnels de l'association, ce sont les violences subies par les femmes dans le monde qui, cette année, font la une du rapport d'Amnesty International. Quelques chiffres en témoignent avec éloquence : une femme sur trois subira des violences de son compagnon au cours de sa vie, 50 % des femmes qui ont trouvé la mort par homicide ont été victimes de leur compagnon (ou ancien compagnon) ; la majorité des millions de victimes de la traite d'êtres humains sont des femmes ; 70 % des personnes qui ont été tuées dans des conflits étaient des non-combattants, pour la plupart des femmes ou des enfants. Dans ce tableau mondial, les militantes de la liberté paient un tribut sévère, arrêtées en Iran pour avoir réclamé l'égalité des sexes, assassinées en Afghanistan pour avoir défendu l'éducation des filles. Ici, en Arabie ou en Iran, les femmes sont obligées de porter le voile, là, en Turquie ou en France, la loi le leur interdit. Au Darfour, cette "blessure ouverte qui ensanglante la conscience du monde", parmi les plus de deux millions de personnes déplacées, des dizaines de milliers de femmes et de jeunes filles ont été victimes de viols et d'autres formes de violence sexuelle. Même en France, la situation est dramatique, s'émeut Amnesty, qui cite les chiffres officiels : en moyenne, une femme meurt tous les quatre jours des suites de brutalités que lui inflige son conjoint ; près d'une femme sur dix pâtit de violences sexuelles, tandis que d'autres formes de violences liées au genre persistent, notamment sous la forme du mariage forcé, de la traite des femmes ou de la prostitution.

Les nouveaux "enfants interdits"
L'état civil refuse toute filiation maternelle aux femmes ayant recours à des mères porteuses. Selon Libération du 10 mai 2007, chaque année, 300 à 400 couples français ont recours à la gestation pour autrui : l'enfant à naître est porté par une autre femme que la mère. Une pratique interdite en France, mais légale dans de nombreux pays, dont le Canada, certains états des Etats-Unis, ou encore l'Angleterre, Israël et la Grèce. Quand ces parents reviennent en France, ils ne parviennent pas à faire transcrire les actes de naissance délivrés à l'étranger sur leur livret de famille. Punition civile : la France interdit ainsi la reconnaissance de la filiation de la mère (celle que l'on nomme parfois "la mère d'intention", pour la distinguer de "la mère de naissance"). C'est ce qui est d'arrivé à un couple qui vient d'être débouté par le tribunal de grande instance de Lille (Nord). "Il n'y a pas si longtemps, c'était l'enfant adultérin qu'on ne voulait pas voir, puisqu'il était le fruit de ce qui constituait à l'époque un scandale", rappelle dans un commentaire de cette récente décision de justice à paraître aujourd'hui dans le Dalloz, le professeur de droit à Lille 2 Xavier Labbée. Casse-tête des parents et des juristes : comment faire reconnaître la filiation maternelle de ces enfants nés d'une gestation pour autrui, les nouveaux "enfants interdits"?

Un test de dépistage précoce du sexe ne sera pas autorisé en France
Selon Le Monde du 23 mai 2007, les responsables de l'Agence de biomédecine ont indiqué que la France n'autoriserait pas la pratique, sur son sol, d'un test de dépistage génétique permettant de connaître le sexe d'un enfant à naître dès la sixième semaine de grossesse. Pour autant, cette institution précise que rien ne sera fait pour interdire aux personnes qui le souhaiteraient d'avoir accès, via Internet, à cette méthode qui vient d'être commercialisée en Grande-Bretagne par la société américaine DNA Worlwide. En pratique, il suffit d'adresser à cette société une goutte de sang, prélevée au bout d'un doigt de la femme enceinte et fixée sur un papier buvard, pour connaître, en moins d'une semaine, le sexe de l'enfant qu'elle porte. Baptisée "Pink or Blue" ("rose ou bleu"), cette méthode est facturée 278 euros pour une réponse en six jours et 350 euros pour une réponse en quatre jours. DNA Worldwide assure que sa méthode est fiable à 99 % et s'engage à rembourser les futurs parents en cas d'erreur. Aux Etats-Unis, où elle est commercialisée depuis deux ans, elle n'est pas considérée comme un diagnostic médical. "Ce procédé se fonde sur une découverte faite il y a dix ans - et brevetée - par le professeur Dennis Lo, qui travaillait alors à l'université britannique d'Oxford, explique Jean-Marc Costa, biologiste et directeur adjoint du laboratoire Pasteur-Cerba (Cergy), l'un des meilleurs spécialistes français dans le domaine du diagnostic prénatal. Elle consiste à rechercher la présence dans le sang d'un ADN foetal caractéristique du chromosome Y. Si cet ADN est présent, il signe le sexe masculin. Dans le cas contraire, par défaut, on conclut au sexe féminin. Cette société se refuse à communiquer à la communauté scientifique les caractéristiques techniques de sa méthode. Je ne comprends pas comment elle peut parvenir aux résultats qu'elle annonce à partir d'un aussi faible volume de sang." En Chine et en Inde, il naît respectivement entre 117 et 111 garçons pour 100 filles. Avortements sélectifs, infanticides et manque de soins apportés aux filles ont conduit à un déficit de 90 millions de femmes en Asie. En France, le sexe ratio s'établit à la naissance à 105,3 garçons pour 100 filles, ce qui correspond à la constante biologique humaine. "L'analyse des données de recensement, indique Laurent Toulemon (INED), ne met pas en évidence d'avortements liés au sexe. Les fratries de deux enfants comprennent souvent un garçon et une fille."

Baisse des prix des médicaments anti-sida
Selon Le Monde du 10 mai 2007, l'ancien président américain Bill Clinton a annoncé qu'il était parvenu à un accord avec plusieurs firmes pharmaceutiques pour une réduction du prix des médicaments antisida nouvelle génération dans 66 pays en développement. 16 médicaments antirétroviraux sont concernés par cet accord. Le prix des antirétroviraux de seconde ligne sera ainsi réduit de 25 % dans les pays à bas revenus concernés, et de 50 % dans les pays à revenus moyens comme la Thaïlande ou le Brésil. Cette avancée a été rendue possible grâce à l'accord négocié par la Fondation Clinton avec les fabricants de traitements génériques Cipla et Matrix. C'est pour les pays à revenus intermédiaires que la baisse de prix sera la plus intéressante mais, dans ces pays, le droit des brevets s'applique. Pour que les génériques à bas prix puissent y être distribués, les gouvernements devront émettre des licences obligatoires, qui "cassent" les brevets en vigueur. La Thaïlande a laissé entendre hier qu'elle pourrait le faire. Le Brésil pourrait suivre. Les laboratoires protestent, et citent un communiqué de Merck. Le laboratoire estime en effet que "l'utilisation des licences obligatoires est une mesure d'une très grande gravité qui doit rester de dernier recours." Bill Clinton, a déclaré : "Je crois en la propriété intellectuelle, mais cela ne doit pas nous empêcher de fournir des médicaments essentiels et sauvant des vies à ceux qui en ont besoin." La Fondation Clinton devrait acquérir dès le mois de juillet ces médicaments grâce aux fonds d'Unitaid.

Colombie : les murs de la honte
La Colombie pense avoir trouvé la solution contre la pédophilie. Depuis début mai, les autorités de la capitale, Bogota, affichent partout dans les rues le portrait des violeurs condamnés, rapporte Elle du 21 mai 2007. Vingt murs de l'infamie de 10m2 et une quarantaine de photos des agresseurs a été placardée sur les grandes avenues. Une mesure censée protéger l'enfance, alors que 17.000 mineurs auraient subi des violences sexuelles l'an dernier à Bogota et que 60 % des viols, commis par un père ou un beau père ne seraient pas dénoncés. Mais cette mesure radicale fait évidemment polémique. Certains jugent que l'exposition des coupables à la vindicte populaire ne pourra pas endiguer le fléau et risque de multiplier les lynchages. Selon eux, seule une réforme de la justice dans un pays où plus de 9 crimes sur 10 restent impunis permettrait de lutter contre la pédophilie. Des violeurs