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30
décembre 2007 Quoi
de neuf sur le site
Mise à jour de la page violence
conjugale : les chiffres, rubrique violences conjugales
Les nouveaux témoignages retenus ce mois : 338. Pourquoi
ne je m'en suis pas aperçu avant ? Viviane est partie vivre avec cet
homme et ... 339. J'ai
été violée par mon ex petit ami. Pome est en grande souffrance
... 340. Il était
repoussant, vieux et malade. Lorsqu'elle était enfant, R. a été
violée par un ami de ses parents. 341. J'ai
été abusée sexuellement par un de mes demi frères.
Les conséquences pour P. sont catastrophiques. 342. Le
papa de mon fils est monté au ciel. Nouche, qui avait déjà
témoigné ici,
donne des nouvelles ... 343. L'après
un peu plus loin est beau. A. a été victime de violences conjugales
: elle s'en est sortie et raconte. 344. Reconnu
coupable après 13 ans. Erika a été violée par
un professeur du collègue où elle était élève. 345.
Dix-neuf ans
avec un homme violent. Véronique a déjà tenté
de se séparer : la dernière fois est la bonne. 346. Il
n'a pas tenu parole. Nina, qui a déjà témoigné,
donne des (mauvaises) nouvelles. 347. C'était
la cata. Victime d'un viol, Mickaella n'a pas trouvé le psychothérapeute
quu lui convenait. 348. A
la suite de mon témoignage à la télé. Frédérique
complète son intervention à la télévision et plusieurs
messages déjà publiés ici. Utile. 349. Est-ce
de la violence psychologique ? F. demande conseil. 43
clients de prostituées poursuivis pour racolage à Nice Selon
le bulletin de décembre 2207 d'ARAPS-RUBIS,
le procureur de la République Eric de Mongolfier a déclaré
avoir été ''pressé par le maire et le préfet de lutter
contre les désagréments de la prostitution''. Sur ses consignes,
la police a placé en garde à vue 43 clients qui seront convoqués
devant le Parquet pour se voie proposer une peine d'amende ; en cas de refus,
ils seront renvoyés devant le tribunal correctionnel. Pour le procureur,
il s'agit d'une mesure de bons sens : ''le client racole forcément. On
ne voit pas des gens attendre une prostituée au pied d'un réverbère.
Personne n'est obligé d'être client, alors qu'on peut être
contraint de se prostituer. Il faut prendre le mal à la racine. Au cas
où le tribunal correctionnel ne suivrait pas, le procureur envisage de
faire appel. La disposition s'appuie sur la loi 2003-239 du 18 mars 2003 dite
''loi sur la sécurité intérieure'' qui a institué
un délit de racolage passif. L'article 225-10-1 dispose en effet que ''le
fait, par tout moyen, y compris par une attitude même passive, de procéder
publiquement au racolage d'autrui en vue de l'inciter à des relations sexuelles
en échange d'une rémunération ou d'une promesse de rémunération
est puni de deux mois d'emprisonnement et de 3.750 d'amende.'' Le procureur
de Mongolfier espère ainsi porter un coup à la prostitution de rue
à Nice, qui suscite de nombreuses plaintes des riverains de la Promenade
des Anglais et des rues adjacentes.
Les
Françaises ont de plus en plus de difficultés à accéder
à l'avortement Selon Le Monde du 8 décembre 2007,
de nombreux médecins font jouer la clause de conscience, surtout pour les
interventions tardives. Chaque année, entre 3.000 et 5.000 femmes se rendent
à l'étranger pour pouvoir avorter, après avoir dépassé
le délai légal d'interruption volontaire de grossesse (IVG) en France.
Sur Internet, elles s'échangent les bons tuyaux. L'adresse du Planning
familial le plus proche, les contacts avec les cliniques néerlandaises
ou anglaises, une évaluation du prix qui leur en coûtera (entre 500
et 1.000 euros selon les cas). La loi du 4 juillet 2001 avait pourtant relevé
le seuil de l'IVG de dix à douze semaines de grossesse, essentiellement
dans le but d'éviter ces départs. Mais l'allongement du délai
légal est peu voire pas respecté dans les hôpitaux, et les
difficultés d'accès à l'IVG chirurgicale persistent. "La
gestion de la pénurie et le bricolage militant deviennent la règle,
analyse Fatima Belal, coordinatrice régionale Ile-de-France du Planning
familial. Les dix-douze semaines, seuls les médecins militants acceptent
de les faire. Au-delà, c'est l'étranger, et cela n'a plus rien de
subversif." Plus de trente ans après la loi Veil de 1975, l'avortement
reste un droit précaire. "La France a autorisé l'IVG mais n'a
toujours pas organisé de politique nationale de santé publique qui
conforterait et favoriserait son application", explique Marie-Laure Brival,
gynécologue-obstétricienne, présidente de l'Association nationale
des centres d'interruption de grossesse et de contraception (Ancic). L'application
de la loi est erratique, soumise à la bonne volonté des médecins.
(...) Partout en France, en dehors des centres d'interruption de grossesse, dont
c'est la finalité, l'IVG continue à être considérée
comme une activité peu gratifiante pour les médecins. La clause
de conscience est souvent opposée, spécialement pour ne pas pratiquer
les IVG entre dix et douze semaines de grossesse. Les médecins qui acceptent
se retrouvent donc en première ligne, confrontés au regard réprobateur
de leurs collègues. L'autre raison du désengagement des établissements
est d'ordre financier. A 250 euros le forfait pour une IVG chirurgicale contre
652 euros pour une fausse couche, l'IVG est un acte sous-évalué,
réalisé à perte par les hôpitaux. "Or, avec la
tarification à l'activité à 100 % en 2008, qui impose une
rentabilité maximum aux hôpitaux, l'IVG risque d'être encore
plus en difficulté", craint Marie-Laure Brival. Pour parer cette évolution
la ministre de la santé a accepté le principe d'une revalorisation
de l'IVG chirurgicale, au 1er mars 2008. Roselyne Bachelot a également
fait adopter, dans le projet de loi de finances de la Sécurité sociale
pour 2008, l'extension de la pratique de l'IVG médicamenteuse aux centres
de planification et d'éducation familiale. Cette avancée ne concerne
cependant qu'une partie des femmes, puisque l'IVG médicamenteuse n'est
pratiquée que jusqu'à sept semaines de grossesse. Le problème
reste entier pour les milliers de femmes qui découvrent tardivement leur
grossesse non désirée. Sexualité
et âge Malgré le vieillissement de la population,
déclare Tout
prévoir (revue médicale) de décembre 2007, le comportement
sexuel des sujets âgés a été un peu étudié.
Il vient de faire l'objet d'une grande étude. Une étude faite chez
les plus de 3.000 adultes, âgés de 57 à 85 ans, a monté
que l'activité sexuelle était conservée mais diminuait avec
l'âge, la moitié des sujets qui en avaient une avait des problèmes
(diminution de la libido, troubles de l'érection…) Un mauvais état
de santé subjectif était à l'origine d'une diminution de
l'activité sexuelle. 3.000 adultes, âgés de 57 ans à
85 ans (1.550 femmes et 1.455 hommes) ont répondu à une interview
faite par des professionnels, au cours de laquelle des mesures étaient
effectuées. Il a été constaté que l'activité
sexuelle diminuait avec l'âge, avec une diminution à 0,12 entre 75
ans et 85 ans par comparaison aux sujets de 55 à 65 ans. Elle diminuait
aussi avec l'état de santé subjectif : les hommes qui se disaient
en mauvaise santé avaient une diminution de l'activité sexuelle
à 0,21 par comparaison à ceux qui se sentaient en bonne santé
et les femmes une diminution à 0,36 %. Les femmes avaient moins de relations
sexuelles que les hommes. Très peu de ces sujets avaient une relation homosexuelle
(3 hommes et 2 femmes). 22% des hommes et 4% des femmes qui n'avaient pas de partenaire
durable, mariés ou non, avaient été sexuellement actifs dans
l'année précédente. Pour les hommes et les femmes de même
âge, les hommes étaient plus souvent sexuellement actifs dans l'année
(la différence s'atténue en cas de relation durable). Les sujets
les plus jeunes avaient plus souvent des relations sexuelles orales (58% contre
31%). La masturbation était également plus rare à un âge
avancé. Un tiers des femmes répondait que le sexe n'était
pas important et 13% des hommes et le pourcentage s'élève avec l'âge,
ce qui n'est p as le cas des sujets sexuellement actifs. La moitié des
femmes et des hommes sexuellement actifs ont rencontré des problèmes
gênants : problème d'érection, orgasme trop rapide, manque
d'intérêt, de désir, absence de plaisir, douleur… et ces problèmes
sont plus fréquents en cas de mauvaise santé subjective.
Des
médecins défendent les formations médicales sur les violences
domestiques Selon Actualités Sociales Hebdomadaires du 2
décembre 2007, un collectif de médecins engagés de longue
date contre les violences faites aux femmes (Dr Cécile Morvant, praticien
hospitalier au CHU
d'Aubenas, Ardèche, Gilles Lazimi, médecin généraliste
au centre de santé de Romainville, Seine-Saint-Denis, Emmanuelle Piet,
médecin à la protection maternelle et infantile de Bondy, Seine-Saint-Denis,
Gérard Lopez, psychiatre à Paris, et Laure Vanwassenhove, médecin
généraliste à Saint-Jean-de-Boiseau, Loire-Atlantique) a
dénoncé, lundi 19 novembre, la suppression en 2008 des crédits
accordés aux rares séminaires de formation de leurs confrères
sur le sujet. Ils en appellent au gouvernement, alors que la secrétaire
d'Etat à la solidarité, Valérie Létard, vient justement
de présenter un nouveau plan de lutte contre les violences faites aux femmes.
Déjà initiateurs, en mars dernier, d'un appel à "lever
le tabou des violences faites aux femmes", par lequel ils entendaient "sensibiliser
les professionnels de santé au dépistage et à l'accompagnement
des femmes" (en ligne sur différents sites tels que www.lescentresdesante.com
ou www.violences.fr), ces
cinq médecins protestent aujourd'hui contre la répartition des fonds
de formation professionnelle conventionnelle (FPC) par son comité paritaire
national (CPN-FPC). "Les violences faites aux femmes ne sont toujours manifestement
pas, pour ces organismes, ni une priorité, ni un problème de santé
publique", s'insurgent les signataires du communiqué, en ajoutant
qu'"il est plus important pour eux de limiter les prescriptions de médicaments
coûteux !" C'est là que le bât blesse, a expliqué
au site des ASH Laure Vanwassenhove, médecin-enseignante en Loire-Atlantique
et responsable d'un des très rares séminaires de formation existant,
depuis deux ans, sur les violences conjugales. Après trois sessions organisés
en 2006 et cinq en 2007, un peu partout en France (à Angoulême, Clermont-Ferrand
et Rennes comme en PACA ou à La Réunion), ce séminaire a
en effet disparu des formations ayant obtenu des crédits pour 2008, au
même titre que d'autres qui concernaient la relation d'aide ou l'accompagnement
de patients en difficulté, comme la prise en charge des adolescents à
risque suicidaire ou le dépistage de la maladie d'Alzheimer, selon elle.
Volontairement limitée à 20 praticiens en raison de l'engagement
fort qu'elle implique, cette formation comprend des modules consacrés au
dépistage des femmes victimes, au recueil de leur parole, à leur
prise en charge médicale, à la rédaction du certificat médical,
à leur accompagnement dans le temps ainsi qu'au travail avec les associations,
les magistrats, la police et la gendarmerie. "Mais ont été
privilégiées des formations expliquant comment diminuer la prescription
de lits médicalisés ou d'arrêts de travail", a assuré
Laure Vanwassenhove, que tout cela "met très en colère".
Des initiatives contre les violences faites
aux femmes Selon Actualités Sociales Hebdomadaires du 30
novembre 2007, à l'occasion de la journée internationale de lutte
contre les violences faites aux femmes (25 novembre), le collectif national pour
les droits des femmes a annoncé le dépôt d'une proposition
de loi cadre sur ce sujet. Le texte a été porté le 28 novembre
sur le bureau de l'assemblée national par le groupe de la Gauche démocratique
et républicaine. Interrogée sur ce projet inspiré du modèle
espagnol, Valérie Létard, secrétaire d'Etat à la solidarité,
qui a présenté un plan d'action pour la période 2008-2010,
ne se déclare pas opposée à une loi-cadre, mais souhaite
déjà appliquer sur le terrain les lois existantes et coordonner
les moyens et les intervenants. Egalement favorable au principe de la loi globale,
la Fédération Nationale Solidarité Femmes (http://www.solidaritefemmes.asso.fr/)
qui gère le numéro d'appel national pour les femmes victimes de
violence conjugale (le 3919) voudrait voir créer à cet égard
un délit spécifique, qui prendrait en compte les comportements destructeurs,
multiformes et répétés, incluant le harcèlement moral
et les violences économiques. Elle souhaite y voir figurer des dispositions
adaptées aux femmes d'origine étrangère, qui dépendent
de leur mari pour le droit au séjour et devraient pouvoir effectuer une
demande autonome, la majorité étant dans l'impossibilité
de retourner dans leur pays d'origine. De son côté, le Mouvement
du Nid (http://www.mouvementdunid.org/)
rappelle aussi la place de la prostitution dans les violences faites aux femmes,
cette violence-là étant trop souvent ''considérée
comme normale par celles et ceux qui la subissent comme par la société''.
Il demande à cet égard une action politique forte, à travers
un manifeste qui peut être signé sur son site. Enfin, l'association
Elu/es contre les violences faites aux femmes (http://ecvf.online.fr/
) propose gratuitement deux outils pour agir. Après avoir publié,
en novembre 2006, un premier recueil sur l'état actuel de la législation
, en France et en Europe, les droits à conquérir, les actions à
entreprendre, elle vient de sortir une seconde brochure présentant différents
dispositifs départementaux, déployés tant en zone urbaine
qu'en zone rurale, dans l'Hexagone et en outre mer. |
30
novembre 2007 Quoi
de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois : 331.
Suis-je vraiment condamnée
à être si désespérée ? Maud a beaucoup progressé.
Elle demande conseil sur certains aspects non résolus. 332. Les
"forces obscures" du lien d'attachement. Des violences au concours
(réussi) d'assistante sociale : l'histoire d'Eva commence en poésie. 333.
J'aimerais pouvoir
échapper à son fantôme. Cette jeune femme vit désormais
en Suède, loin de ses parents ... 334. Les
hommes me degoûtent et je ne me sens pas normale. Enfant, Morwen a été
violée et sa famille lui demande quand elle aura un fiancé ... 335.
Il a l'impression
que je le "prends pour une merde". E. est victime des actes de violence
de son conjoint. Elle veut s'assurer qu'il ne changera pas avant de se séparer. 336.
Ma fille est en danger.
La fille de M. est sous l'emprise d'un homme violent. Elle demande de l'aide à
d'autres parents dans le même cas. 337. Mon
père. Mélanie évoque la violence de son père,
son enfance. Les
bonnes pages
Lancé le 5 octobre, le site Second Sexe - par référence au
livre culte Le Deuxième Sexe, de Simone de Beauvoir - n'a cependant
rien de commun avec l'abondante et habituelle offre pornographique du Net, même
s'il est interdit au moins de 18 ans. Ce portail se distingue par la cohérence
de sa ligne éditoriale et la variété de ses angles d'approche
: journalistique, esthétique, sociologique, sociétal, pratique mais
aussi marchand (lingerie, accessoires, sélection de films érotiques,
livres audio à télécharger moyennant 3 euros). Le site a
été conçu par Sophie Bramly, ancienne productrice à
MTV Europe et créatrice, en 1999, du département Nouveaux Médias
chez Universal. Et ce n'est pas chose aisée que de s'aventurer en pareil
terrain miné. Difficile, en effet, de trouver le juste équilibre
entre, d'un côté, la vulgate racoleuse du sexe traité comme
simple performance, l'impératif catégorique de l'épanouissement,
le racolage de certains magazines et, de l'autre, l'alibi culturel comme prétexte
bâclé à faire du fric. Dans Second Sexe, l'expression du désir
s'affirme d'abord dans les mots, dans la gourmandise des mots pour le dire. L'actrice
Karin Viard prête sa voix à Gamiani ou Deux nuits d'excès,
d'Alfred de Musset ; Tonie Marshall conte Les Mémoires de Fanny Hill,
de John Cleland ; Joey Starr récite Les Onze Mille Verges, d'Apollinaire
; Valérie Lang interprète Le Roman de la luxure, d'un anonyme
libertin, etc. En plus d'une partie rédactionnelle qui comprend des entretiens
d'intellectuelles et d'artistes, le Club propose des forums de discussion, les
conseils d'une gynécologue, une plate-forme d'échanges pour les
femmes internautes. Sur Internet : www.secondsexe.com.
La sociologue Irène Théry, dans un nouvel opus, redéfinit
les sexes et nous invite à réfléchir sur l'égalité.
Pourquoi imaginer que le masculin et le féminin comme des propriétés
intérieures des individus, alors que ce sont plutôt des manières
d’agir en relation avec les autres ? Pourquoi classer les individus en femmes
ou en hommes, homosexuels ou hétérosexuels, alors que nous sommes
des êtres humains à part entière et qu’aucun de nous n’est
enfermé dans son sexe ni dans sa sexualité… THERY Irène,
La distinction de sexe : Une nouvelle approche de l'égalité,
Odile Jacob , collection "Sciences Humaines", 2007, 676 pages Plus
de 300.000 femmes vivent avec un conjoint violent Le Monde du 12
novembre 2007 rapporte que les violences physiques ou sexuelles ont concerné
près de deux millions de personnes de 18 à 60 ans en France, soit
5,6 % de la population, au cours des années 2005 et 2006. Cette estimation
est le fruit d'une enquête de l'Insee, menée auprès d'un échantillon
de plus de 11 200 personnes au premier trimestre 2007, pour le compte de l'Observatoire
nationale de la délinquance (OND).Pour la première fois depuis
sa création en 2003, l'OND, présidé par le criminologue Alain
Bauer, dispose de données récoltées directement auprès
des victimes qui, mêlées aux statistiques policières, composent
le rapport annuel sur la criminalité en France, présenté
lundi 12 novembre. 930.000 victimes de violences physiques ont été
agressées par une personne qui ne vit pas avec elles, tandis que 820.000
l'ont été à l'intérieur de leur famille. "Peu
ou mal connue jusqu'à aujourd'hui, (cette) violence à l'intérieur
des ménages révèle un phénomène d'une fréquence
comparable à celle des autres violences physiques", souligne l'OND.
Dans cette catégorie, les femmes sont majoritaires. De façon générale,
elles sont de plus en plus concernées par la violence, toutes formes confondues
: 1,1 million en ont été victimes en 2005-2006, contre 900 000 hommes.
La courbe s'est même inversée par rapport aux années précédentes
: "On observe à présent une proportion de femmes victimes de
6,1 %, significativement plus élevée que celle des hommes (5,1
%)." Dans les crimes et délits enregistrés par la police et
la gendarmerie en 2006, les atteintes volontaires à l'intégrité
physique, continuent d'augmenter. Les vols avec violence ont progressé
de 5,6 %, tandis que les coups et violences volontaires d'origine non crapuleuse
ont augmenté de 9,8 % par rapport à 2005. Les viols et agressions
sexuelles sur mineurs, en revanche, ont diminué de 4,3 % et 9,6 %, ainsi
que les atteintes aux biens non violentes (3,8 %), dont le nombre baisse depuis
2003. Le nombre de mineurs mis en cause, 201.000, a augmenté de 4,1 %.
En un an, leur part dans les atteintes volontaires à l'intégrité
physique (hors vols violents) a progressé de 18,5 % (contre 6,6 % pour
les majeurs). Enquête
de victimation 2007 (OND), PDF, 488 Ko. Excision
: 50.000 femmes mutilées sexuellement vivent en France 50.000
femmes vivant en France ont subi des mutilations sexuelles : c'est la conclusion
d'un travail mené par l'Institut national d'études démographiques
(Population et sociétés nº438, octobre) rendu public, mardi
23 octobre. "Les excisions sont désormais rarement pratiquées
sur le sol français, les filles étant excisées lors de séjours
temporaires dans le pays d'origine de la famille ou suite à des reconduites",
constatent les deux auteures, Armelle Andro et Marie Lesclingand. En 1979, la
France a été le premier pays européen à intenter des
procès : poursuivis pour violences, les parents et les personnes qui pratiquent
les mutilations encourent vingt ans de réclusion criminelle. Cette politique
pénale a été complétée par des campagnes de
prévention menées par les associations. "Récemment,
une étape marquante a été franchie avec la mise au point
d'un protocole de chirurgie réparatrice remboursée par l'assurance-maladie",
souligne l'INED. Pratiquées en Afrique subsaharienne ainsi que dans plusieurs
régions du Proche-Orient et d'Asie du Sud-Est, les excisions, qui concernent
souvent des filles de moins de quinze ans, touchent de 100 à 140 millions
de femmes dans le monde. "Le principal facteur du risque de mutilation est
l'appartenance ethnique et non la religion", remarquent les auteures. Dans
tous les pays, le risque de mutilation décroît avec l'augmentation
du niveau d'instruction. Certaines
associations continuent de dénoncer les effets du délit de racolage
Demander l'abrogation de l'article 225-10-1 du code pénal qui rend le racolage
public passible de 3 750 euros d'amende et de deux mois de prison, c'était
l'objectif du collectif "Droits et prostitution" composé d'une
quinzaine d'associations, dont Act up Paris, Les Amis du Bus des Femmes, Cabiria,
Femmes de droits et Médecins du monde, qui appelait à un rassemblement
le 5 Novembre devant le sénat, rapporte Actualités Sociales Hebdomadaires
du 9 novembre 2007 . La création de ce nouveau délit par la loi
du 18 Mars 2003 pour la sécurité intérieure avait pour but
affiché de lutter contre la traite des êtres humains, explique
le collectif dans une lettre adressée le 15 octobre aux parlementaires.
En pratique, alors que les arrestations de personnes prostituées se sont
multipliées, aucune condamnation pour traite n'est intervenue. Pour les
organisations, la loi est donc inefficace et même contre-productive et criminogène,
plutôt que d'être protégées, les victimes de la traite
sont éloignées du territoire en raison de leur situation administrative
irrégulière ou précaire. Fragilisées et davantage
obligées de raavailler dans l'ombre, leur accès aux droits et à
la santé s'en trouve amoindri. Démission
de comités locaux de Ni Putes Ni Soumises Selon Le Monde
du 10 novembre 2007, à la veille de l'université d'automne de Ni
putes Ni Soumises (NPNS), qui s'est tenu les 8, 9 et 10 novembre à Dourdan
(Essonne), vingt-six comités locaux du mouvement ont annoncé, mercredi
7 novembre, leur "démission en bloc". "Depuis l'entrée
au gouvernement de Fadela Amara, qui avait jeté le trouble chez beaucoup
d'entre nous, l'actuelle direction menée par Sihem Habchi, la présidente
par intérim, n'a pas été capable de définir une ligne
politique claire et indépendante", affirment-ils dans un communiqué
commun. A Grenoble ou Clamart, les comités démissionnaires dénoncent
le "fonctionnement non démocratique" et le "manque de transparence
financière" . " En entrant au gouvernement, Fadela Amara, qui
n'a toujours pas démissionné de NPNS, a emmené le mouvement
avec elle, affirme la présidente du comité de Grenoble, Clémentine
Masson. Depuis, il y a un gros flou au sujet de l'indépendance politique.
Nous voulions un congrès pour clarifier ces questions, mais il a été
repoussé sans explications. Nous avons le sentiment de ne pas être
écoutés par la nouvelle direction." Pour la plupart des
démissionnaires, l'entrée de Mme Amara au gouvernement reste un
casus belli. "La politique de ce gouvernement va à l'encontre
de toutes les valeurs que NPNS a portées, explique Safia Lebdi, l'une
des cofondatrices du mouvement. Comment Fadela Amara a-t-elle pu laisser passer
les tests ADN, les peines planchers ou la réforme de la justice des mineurs
? Quand je l'ai vue à la télé sourire derrière Christine
Boutin, qui refusait toute réquisition de logement pour les familles de
la rue de la Banque, je me suis dit : où sont passées ses convictions
?" La nouvelle présidente, Sihem Habchi, juge toutes ces critiques
infondées : "Je ne suis pas engagée par le choix de Fadela
Amara. Elle fait son travail au gouvernement, je fais le mien ici. Pendant des
années, on a accusé le mouvement d'être une courroie de transmission
du PS et, maintenant, on nous dit que nous faisons le jeu de l'UMP ! Le mouvement
est indépendant. Si ces comités, dont beaucoup étaient en
veille depuis des mois, veulent discuter de la démocratie interne, qu'ils
viennent à notre université d'automne ! La porte leur est ouverte."
Mais les comités démissionnaires refusent de venir à Dourdan.
"On a l'impression que tout est verrouillé", soupire Clémentine
Masson. Tous affirment quitter le mouvement à regret : dans leur communiqué
commun, les comités rendent un dernier hommage à Fadela Amara, qui
leur avait, écrivent-ils, "ouvert la voie avec courage et pugnacité".
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29
octobre 2007 Quoi
de neuf sur le site
Mise en ligne du guide
des droits des victimes du Ministère de la Justice (sept. 2007, pdf
517 Ko), rubrique violences et
viol
Publication
des comptes de l'association,
rubrique tout sur SOS FA
Les nouveaux témoignages retenus ce mois : 328. J'ai
enfin porté plainte. Reinette a été violée à
l'âge de 7 ans, elle se demande si la procédure ira à son
terme. 329. Le
père de ma fille. P. a connu des hauts et des bas avec lui, surtout
des bas ... 330. Violée
à Dubaï. B. souhaite mettre en garde ... Les
bonnes pages
Evaluation des répercussions économiques des violences conjugales
en France, par Jean-Pierre MARISSAL, Charly CHEVALLEY, édité
par La Documentation Française. Le plan global de lutte contre les violences
faites aux femmes 2005-2007 a fait apparaître la nécessité
de mieux appréhender le phénomène social des violences conjugales
sous l'angle économique. Une étude de faisabilité de l'évaluation
des répercussions économiques des violences conjugales a donc été
menée en 2006 par le Centre de recherches économiques, sociologiques
et de gestion (CRESGE) de l'institut catholique de Lille. Cette étude qui
évalue le coût annuel des violences conjugales à un milliard
d'euros par an, démontre que ce résultat est encore sous-estimé.
Prix : 18 €. http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110068941/index.shtml
Philosopher
ou l'art de clouer le bec aux femmes, par Frédéric Pagès,
Mille et Une Nuits n° 515, 2006; 80 p., 2,50 €). "Ce texte
est la version développée et actualisée d'un exposé
prononcé le 2 février 2006 dans le cadre du salon Botul, sous le
titre : Le botulisme expliqué aux dames." Tout démarre d'une
réflexion de Jean-Baptiste Botul que Pagès date de la fin des années
1920 : "Où sont les femmes ? Où sont les femmes philosophes
? Où sont les femmes aux idées pleines de charme ? Où sont
les femmes, les femmes ?" Simone Weil, Simone de Beauvoir, Hannah Arendt
: voilà les trois noms qui reviennent lorsque l'on parle de femmes philosophes.
"Trois noms concentrés sur un seul siècle, ce n'est pas beaucoup
!" remarque Pagès, qui part de ce constat pour fouiller rapidement
l'histoire de la philosophie et en rapporter les preuves de présence féminine,
de l'hétaïre antique à la salonnarde de l'époque récente.
Il met à mal la distinction paresseuse et tenace (on la trouve encore chez
Michel Onfray) habituellement établie entre l'homme tenant de la vérité
et de l'universel, et la femme placée du côté du bonheur,
de la consolation et du particulier. C'est un aspect du livre. L'autre concerne
Botul, dont l'étude continue de passionner un cercle de chercheurs malgré
la difficulté de la tâche (rappelons que Botul fut un philosophe
oral, qu'il n'a produit aucun écrit). Frédéric Pagès
est au centre de ce cercle et c'est à lui que revient l'honneur de mettre
au jour les dernières connaissances sur la vie de Botul : sa présence
sous les traits du garçon de café dans L'Être et le Néant
de Sartre, sa fréquentation du salon et de la chambre d'Émilienne
de Queylard, son invention du sky writing en 1939 et sa confidence à
Paul Claudel : "Je suis bisexuel, c'est-à-dire que je fais l'amour
deux fois par an." (Info empruntée au site
de Philippe Didion, merci à lui) 80
avortements volontaires
à la minute Le chiffre peut paraître ahurissant,
mais il est (malheureusement…) vérifiable : 9 femmes sur 10 en moyenne
dans le monde ont eu, ont, ou auront recours à l’avortement, que cette
interruption volontaire de grossesse (IVG) soit médicalement assistée
ou non, selon The Lancet d'octobre 2007. Et ce n’est pas en la frappant d’illégalité
que cette pratique diminuera. En fait, ce serait plutôt l’inverse. La majorité
des IVG concerne en effet des pays qui ne l’ont pas légalisée. Dans
le dernier numéro du Lancet, consacré à la santé de
la femme, les Drs Gilda Sedgh du Guttmacher Institute (New York) et Iqbal Shah
de l’OMS, livrent une importante méta-analyse sur le sujet. Leurs conclusions
sont édifiantes. Sur les 42 millions d’avortements pratiqués chaque
année dans le monde, 35 millions se déroulent dans des pays
en développement. En 2003, près de la moitié (48%) de toutes
les IVG ont été menées hors de toute assistance médicale,
soit une croissance de 4 points depuis 1995. Or indiquent les auteurs, "si
dans les pays développés 92% des IVG sont pratiquées dans
de bonnes conditions (techniques), ce n’est pas du tout le cas pour 55% de celles
menées dans des pays en développement". Du coup, 97% des IVG
réalisées dans les pires conditions possibles le sont dans ces pays
! Il est intéressant également, de constater à quel point
avortement et contraception sont liés. Si en 2003 il y a eu 31 avortements
pour 100 naissances dans le monde, le record des IVG est détenu – avec
105 IVG pour 100 naissances ! - par les anciens pays de l’Europe de l’Est.
Encore ce dernier chiffre est-il en baisse de 50% sur la période 1995-2003.
Un progrès que les auteurs attribuent au fait que les femmes de ces pays
aient enfin accédé depuis lors, aux moyens modernes de contraception. La
fin du certificat prénuptial Le certificat prénuptial
n'est plus. Sacrifiée sur l'autel des économies budgétaires,
cette vieille loi de 1942 vient d'être supprimée par les députés
lors de l'examen d'une proposition de loi UMP visant à simplifier le droit
en abrogeant ses textes obsolètes. Le certificat médical avait été
rendu obligatoire pour le mariage civil afin de prévenir, contrôler
et éduquer les couples sur l'hygiène de vie, les maladies sexuellement
transmissibles, la contraception, etc. ". Aujourd'hui, la consultation consiste
davantage à faire des recherches sur la rubéole et la toxoplasmose
pour les femmes de moins de 50 ans, en vue d'une grossesse, et à déterminer
les groupes sanguins pour dépister d'éventuels problèmes
de consanguinité. Selon Le Mondedu 15 octobre 2007, Étienne Blanc,
député de l'Ain et rapporteur de la loi, a déclaré
que ce certificat n'a plus lieu d'être. S'il était très utile
à l'époque où le mariage était la règle, ce
n'est plus du tout le cas aujourd'hui : 80 % des couples qui se marient vivent
ensemble depuis des années, et 50 % des naissances ont lieu hors mariage.
Quant aux informations sur la grossesse, elles sont devenues bien plus facilement
accessibles. Surtout, le certificat prénuptial, qui a un coût élevé,
permettrait de faire des économies substantielles. Pas moins de ''14 millions
d'euros par an pour la Sécurité sociale'', selon le député.
Du côté des médecins, la fin du certificat prénuptial
engendre incompréhension et interrogations sur le rôle essentiel
de la prévention. Pour le Dr Vincent Rébeillé-Borgella, vice-président
de MG France, cette consultation est non seulement très souvent la seule
du genre pour les femmes mais aussi pour les hommes qui, désormais, ne
peuvent plus s'appuyer sur le contrôle du service militaire. Supprimer
le seul examen dédié à ces problématiques sans le
remplacer me paraît une grande erreur. La médecine n'est pas seulement
curative mais préventive aussi. Hélène Gaumont-Prat, professeur
de droit privé à Paris-VIII, estime pour sa part que le certificat
ne contient aucune indication médicale, l'examen est secret, […] mais son
utilité réside dans le fait de placer chacun des époux face
à ses responsabilités. Il constitue à ce titre une mesure
de dépistage individuel. Mariage
et tâches ménagères Selon Libération
du 8 octobre 2007, une étude pointe l'inégalité persistante
dans l'organisation des couples. Le sociologue François de Singly indique
: ''La répartition reste très inégalitaire. Les femmes gèrent
toujours 65 % des tâches.'' Bref, rien de bien nouveau sous le soleil domestique,
dans 82 % des cas, c'est madame qui se tape le repassage, dans 72 % la cuisine,
et l'aspirateur dans plus d'un cas sur deux. Sérieusement, ça ne
s'arrange pas, plus sérieusement encore, l'homme ne se bonifie pas en vieillissant
et, de plus en plus sérieusement, une fois marié, c'est la catastrophe.
Une macroenquête menée dans 28 pays occidentaux auprès de
17.000 personnes l'affirme : l'homme une fois marié se relâche. Les
femmes violentées parlent Selon Le Quotidien du Médecin
du 26 septembre 2007, de plus en plus de femmes maltraitées acceptent de
parler des violences dont elles sont victimes quand leur médecin les questionnent,
souligne une étude du Dr Gilles Lazimi, présentée au 47e
Congrès national des centres de santé. Spécialiste de l'aide
et du suivi des victimes de violences envers les femmes, le Dr Gilles Lazimi,
directeur du centre de santé municipal de Romainville, en Seine-Saint-Denis,
poursuit son approche de terrain du fléau. En novembre 2004, il constate,
à sa grande surprise, que sur cent de ses patientes questionnées
sur la violence, 54 % confessent avoir été agressées au cours
de leur vie : une sur deux ''verbalement'', une sur trois ''physiquement'' et
une sur cinq (21 %) ''sexuellement''. Dans ce dernier cas, pour les trois quarts,
il s'agissait d'incestes. Toutes les personnes interrogées venaient consulter
pour des motifs autres qu'une violence subie. Deux ans et demi plus tard, le généraliste
séquano-dionysien élargit son enquête, avec les mêmes
critères, à l'échelle nationale. En mars-avril 2007, il mobilise
51 confrères. Treize libéraux, dont onze omnipraticiens et deux
spécialistes, des régions de Poitiers et de Caen, sont formés
aux problèmes des femmes violentées au cours d'un séminaire
de deux jours organisé par MG-France. S'y ajoutent 38 praticiens de centres
de santé en Seine-Saint-Denis, dans le Val-de-Marne, à Grenoble,
à Belfort et dans le sud de la France, parmi lesquels les deux cinquièmes
exercent une spécialité. Deux sages-femmes de la protection maternelle
et infantile sont sollicitées également. Sur un total de 557 patientes,
63 % évoquent une agression, trois sur cinq (62,8%) ''verbale'', deux sur
cinq (42,7 %) ''physique'' et une sur cinq (17,8 %) ''sexuelle''. C'est dire que
les langues se délient, les témoignages se libèrent, commente
en substance le Dr Lazimi. ''Entre les deux enquêtes, il y a eu en Seine-Saint-Denis
une double campagne d'information sur la prévention des violences faites
aux femmes, et sur les télés deux clips à l'initiative de
la Fédération nationale Solidarité femmes.'' Aujourd'hui,
les victimes d'atteintes à l'intégrité de la personne savent
à qui se confier. A 80 %, elles affirment que si leur médecin les
avait questionnées plus tôt, elles en auraient parlé, et ce
en Seine-Saint-Denis comme partout ailleurs dans le pays. Les
proxénètes espagnols sortent de l'ombre selon Le Nouvel
Observateur du 3 octobre 2007, à Madrid, à Barcelone, à Valence,
les tenanciers de maisons closes créent un syndicat officiel. Mieux : ils
font du lobbying auprès des députés. Leur but : légaliser
la prostitution. Pablo Mayo est l'un des bonnets de la ''prostitution visible''
en Espagne. A 56 ans, il préside l'Association nationale des Patrons de
Maisons closes, l'Anela. Selon les chiffres officiels, la prostitution en Espagne
rapporte 18 milliards d'euros par an. Environ 350 000 prostituées exerceraient
le plus vieux métier du monde dans la rue, dans des appartements privés
ou dans les quelque 3 000 bordels, les prostïbulos. Autant que l'Allemagne,
qui compte le double de population. En Espagne, la législation est loin
d'être aussi claire qu'outre-Rhin. Depuis la réforme du Code pénal
de 1995, la prostitution y est à nouveau tolérée, à
condition qu'elle soit ''exercée sans contrainte''. Dans les faits, en
deçà des Pyrénées les prostituées n'ont pas
de contrat de travail, ne paient pas d'impôts et n'ont pas droit à
la sécurité sociale. Terrible hypocrisie : elles n'existent pas
socialement. Une armée de fantômes. Les ''maquereaux'' se sont engouffrés
dans ce flou juridique. La loi leur interdit de ''gagner de l'argent en exploitant
la prostitution à 'autrui'' ? Officiellement, ils ne sont que des gérants
de night-clubs. Conséquence : les eros centers version ibère se
multiplient comme des petits pains à Madrid, à Barcelone, à
Valence, à Séville... ''Pourquoi devrions-nous nous cacher ? fanfaronne
Pablo Mayo. La prostitution est une oeuvre de bien-être social. Un million
d'Espagnols y ont recours tous les jours.'' Leur modèle : l'Allemagne.
Les patrons d'établissement ''sélect'' décident donc de s'unir
pour défendre leur ''cause''. En 2001, sous l'impulsion de l'avocat José
Luis Roberto, président du parti d'extrême droite Espana 2000, ils
fondent l'Anela. L'association doit servir d'interface avec les médias,
rafraîchir l'image sordide des hôtels de passe et oeuvrer auprès
des élus pour la régularisation de la prostitution. Une centaine
de membres en font partie. Tous ''prêts à payer plus d'impôts
en échange de la tranquillité'', insiste Pablo Mayo. L'Anela exerce
un véritable lobbying en direction des différents Parlements autonomes.
Leur credo : nous ne sommes que de simples hôteliers. Mais en Espagne, 95%
des prostituées sont étrangères, la majorité en
situation irrégulière. En 2002, Pablo Mayo n'avait pas hésité
à demander au ministère du Travail un quota de 277 permis de travail
pour prostituées étrangères, ''afin d'éviter que le
marché ne soit dominé par les mafias de l'immigration clandestine".
De quoi susciter les foudres des associations abolitionnistes. ''Les entrepreneurs
du sexe exploitent les femmes en toute impunité et se présentent
à la télévision, en costume-cravate, presque comme des sauveurs",
avait dénoncé à l'époque Asuncion Miura, directrice
générale de l'égalité des chances à la mairie
de Madrid. ''Pour moi, ce sont de vrais proxénètes, aucune femme
ne choisit l'exercice de la prostitution'', s'insurge une responsable de l'Association
pour la Réinsertion des Femmes prostituées, l'Apramp.
La
Pologne garde ses tabous
Selon Libération du 22 octobre 2007, les annonces dans les journaux, à
la rubrique santé, sont discrètes mais suffisamment explicites.
Des gynécologues proposent à leurs patientes "le retour garanti
de leurs règles"ou "un service complet" en clinique. Pour
les contacter, ils n’offrent qu’un numéro de téléphone portable,
de quoi écarter les importuns. Chacun à Varsovie sait qu’il s’agit
d’avortement, un acte illégal depuis 1993, sauf en cas de viol ou de danger
pour la vie de la mère. Malgré cette loi, il y aurait de 140 000
à 180 000 avortements par an, tant dans le pays qu’en dehors des frontières.
"En Pologne, il est plus facile d’avorter que de parler d’avortement",
relève la philosophe Magdalena Sroda, l’ex-dissidente chargée
de l’égalité entre hommes et femmes dans le dernier gouvernement
de gauche. " Ce n’est pas seulement le problème des Kaczynski [Président
et Premier ministre en poste]. Tous les leaders d’opposition, y compris ceux de
gauche, ont convenu de ne pas changer la loi en vigueur", explique-t-elle.
Les Polonaises, comme l’ensemble de la société civile, comprennent
qu’il leur faut agir à plus long terme. "Les femmes polonaises
en ont assez d’être des ventres", s’insurge l’écrivaine Manuela
Gretkowska, fondatrice du tout nouveau Parti des femmes, créé en
février. La blonde trentenaire n’a pas hésité à braver
le conservatisme ambiant en posant nue, entourée des candidates de
son parti, tout aussi dénudées, sur une affiche électorale.
Elle entend continuer à secouer le cocotier. Le Parti des femmes demandera
en avril prochain, lors de son premier congrès, que la Pologne organise
un référendum sur l’avortement. "Les partis nous disent
qu’ils sont contre parce qu’ils ont peur d’une bataille avec l’Eglise. Mais les
femmes sont pour, même dans les villages. Je suis catholique et je n’avorterai
pas, mais je pense que cela doit être le choix de la femme."Manuela
Gretkowska ne désespère pas de voir son pays suivre l’exemple
du Portugal ou de l’Irlande, deux pays catholiques qui ont organisé avec
succès des référendums sur cette question. La différence
est pourtant de taille : les femmes polonaises ont eu le droit d’avorter
pendant quarante ans et aujourd’hui cette pratique est assimilée au
communisme. "Tout comme l’est le fait de réclamer des écoles
maternelles", note Magdalena Sroda. Dans les grandes classes, "l’éducation
sexuelle a été remplacée par l’éducation pro-familiale.
On y apprend que les préservatifs ont des trous ou que la pilule donne
le cancer". La philosophe croit qu’un mouvement radical est impossible. "En
Pologne, dit-elle, les lois ayant longtemps été faites par des étrangers,
les gens sont habitués à leur désobéir. Ils se débrouillent
et continueront de le faire." |
30
septembre 2007 Quoi
de neuf sur le site
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois : 320.
Mon amie a été
violée. Son conjoint cherche à comprendre les décisions
de Sophie. 321.
J'ai choisi de t'écrire
pour lever ce silence. N. a décidé d'écrire à
son cousin qui l'a abusée et violée enfant. 322. Je
n'ai que quelques fragments de souvenirs. Cam a été abusée
sexuellement lordsqu'elle érait enfant. Elle et Chantal, notre conseil,
engagent une conversation à propos du processus thérapeutique. 323.
Un de mes amis a été
privé de ses enfants. Où il est question d'autorité parentale
et de démarches auprès du juge aux affaires familiales. 324.
Etre lesbienne en
Algérie. Soraya témoigne ... 325. J'ai
beaucoup de chance d'avoir rencontré cette thérapeute. Kenza
a été violée mais elle va beaucoup grâce à une
thérapie, même si elle n'est pas au bout de toutes les difficultés.
326. J'ai été
manipulée par un homme de 50 ans ... rencontré sur internet.
J. a 20 ans. 327. Je
ne peux pas accepter de me faire insulter. George réfléchit
au fonctionnement de son couple à partir des attaques de son épouse.
Les
bonnes pages L'association CICADE vient d'éditer un guide
juridique consacré au droit de la famille des femmes françaises
et maghrébines. Cet ouvrage s'adresse aux juristes, aux travailleurs sociaux
ainsi qu'à toutes les personnes investies dans la défense des droits
des femmes qui souhaitent bénéficier d'informations juridiques en
matière de droit international privé et de droits de la famille
des pays du Maghreb. Apporter des réponses aux professionnels sur les questions
liées au droit de la famille et œuvrer pour une meilleure compréhension
de la situation juridique des femmes étrangères ou binationales,
telle est l'ambition de ce guide juridique. Celui-ci s'organise autour de trois
grandes questions du droit de la famille à savoir, le mariage, la dissolution
du lien matrimonial, la filiation. Pour chacun des thèmes abordés,
sont présentées les règles du droit international privé,
du droit civil français et des codes de la famille algérien, marocain
et tunisien. CICADE sous la direction d'Aurélie Bédu, Droit de
la famille des femmes françaises et maghrébines, CICADE Edition,
292 pages, diffusé par MFPF
Paris (Tél.: 01 48 07 29 10), 20 €
(+5 € de frais de port). Une
étude sur les violences commises contre les femmes en région Bretagne
Si, en France, une femme sur dix est victime de violences au moins une fois dans
sa vie, cela signifie qu'en Bretagne 150.000 femmes sont concernées. Après
un premier état des lieux dressé par le Conseil pour l'égalité
entre les hommes et les femmes, la Région a souhaité aller plus
loin en réalisant une enquête auprès des maires, des associations
et de ses agents, selon l'Agence Presse Bretagne le 13 septembre 2007. Afin d'affiner
sa connaissance de la situation bretonne et ainsi mettre en œuvre un ensemble
d'actions adaptées, la Région a confié à l'association
Egal'cité la réalisation d'une étude sur les violences. Gaëlle
Abily, vice-présidente de la Région en charge de l'égalité
professionnelle, a présenté les résultats de cette étude
aux maires qui peuvent contribuer, de par leur proximité, à une
meilleure connaissance des situations locales et constituer des partenaires
privilégiés dans la mise en œuvre de solutions. Cette étude
invitait les 1.268 maires de la région Bretagne, 19 associations engagées
de façon spécifique dans la lutte contre les violences et 640 agents
du Conseil régional à répondre à un questionnaire
pour mieux percevoir leur connaissance du sujet et, dans le cas des maires et
des associations, faire le point sur leurs moyens d'agir, leurs besoins et leurs
souhaits… L'enquête a permis de soulever le manque de connaissance des agents
de la Région et des maires sur l'étendue du fléau des violences,
sous-estimé, et sur les moyens d'agir. Les maires mettent en avant leur
manque de moyens financiers notamment pour proposer des solutions de logements
d'urgence pour les femmes victimes de violence qui quittent le foyer conjugal.
Ils soulèvent également, comme les associations – de plus en plus
sollicitées par les femmes victimes qui se confient plus facilement – le
manque de personnels formés pour accueillir et aider les victimes.
À l'heure où elle prépare sa deuxième Biennale de
l'égalité femmes-hommes, qui aura lieu à Saint-Brieuc les
23 et 24 mai 2008, la Région s'appuie sur les résultats de cette
enquête pour poursuivre ses actions et impulser de nouveaux projets, seule
ou en partenariat. http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=7929&title=Les%20r%C3%A9sultats
%20d Les
mariages forcés, une contradiction interculturelle Le numéro
de Migrations Santé de juin 2007 rend compte des résultats
d'une étude relative aux mariages forcés achevée en 2007
pour le compte de la Direction de la Population et des Migrations. Elle a été
réalisée sous la responsabilité scientifique de Monsieur
Gérard Neyrand, avec la collaboration de Monsieur Abdelhafid Hammouche
et de Mesdames Sahra Mekboul et Nathalie Fraioli, CIMERSS du Centre Interdisciplinaire
Méditerranéen d'Etudes et de Recherches en Sciences Sociales. Ce
travail avait pour objet d’améliorer la connaissance du phénomène
des mariages forcés, de son importance, de ses enjeux et modalités
(rôle de la famille, mariage sur place ou retour au pays) et des communautés
concernées ainsi que de relever les pratiques dérivant vers une
instrumentalisation du mariage permettant l’accès à un titre
de séjour ou à la nationalité française. Il s’agissait
par ailleurs d’identifier les difficultés rencontrées par les victimes
de ces pratiques et les dispositifs de prise en charge existants. Pour y parvenir,
l’étude s’est appuyée d’une étude relative aux mariages forcés
d’une part sur une enquête qualitative à Marseille, Lyon et Paris
comportant la passation d’entretiens tant auprès des acteurs institutionnels
concernés que des jeunes filles victimes de ces pratiques, d’autre part
sur une étude juridique relative à la législation française
en vigueur, aux différents droits étrangers, aux conventions bilatérales
et au droit international privé. Les mariages forcés constituent
sans doute l’une des questions les plus complexes et les plus délicates
à aborder pour l’étude de la dimension interculturelle en France,
car elle met en jeu de multiples niveaux d’analyse tout en interpellant le système
des normes et des valeurs de la société. Elle vient directement
questionner l’organisation politique de cette société et son
expression juridique, quant à la position à tenir et les démarches
à effectuer pour juguler une pratique qui vient contredire les principes
mêmes du droit civil français contemporain de libre détermination
des individus et d’égalité entre les sexes… Réduction
des prestations sociales pour les femmes seules Le décret
n° 2007-199 du 14 février 2007 modifiant les articles R.161-3, 4 et
5 du code de la Sécurité sociale a réduit à un an
(au lieu de quatre) le maintien de la couverture médicale gratuite pour
plusieurs catégories de personnes : travailleurs précaires, veuves
et divorcées ayants droit de leur conjoint. Selon Le Monde du 9 et 10 octobre
2007, on indique au ministère de la santé que ce décret a
pour but de lutter contre la fraude, car "il n'est pas acceptable que des
personnes ne résidant plus en France bénéficient du maintien
de leurs droits à l'assurance-maladie sans cotisation pendant quatre ans".
Mais une autre catégorie est pénalisée par ce nouveau texte
: les divorcées sans activité professionnelle ainsi que les veuves
n'ayant ni retraite ni pension de réversion. Après la séparation
ou le décès de leur conjoint, elles avaient également droit
gratuitement au maintien de leur protection sociale pendant quatre ans ; ce délai
de grâce est ramené à un an. "Les personnes concernées
sont des femmes, âgées pour la plupart, n'ayant jamais travaillé,
ou des épouses d'artisans ou de commerçants qui ont aidé
leur mari sans avoir jamais été déclarées comme salariées",
explique Jean Catherine, président de l'Union française des retraités,
association membre de la Confédération française des retraités
(CFR), qui compte 2 millions d'adhérents. Seules les veuves qui ont eu
au moins trois enfants échappent à cette mesure : leurs droits sont
maintenus à vie, sans condition d'âge. Au ministère, on précise
que les seuls conjoints survivants soumis à cette mesure seront ceux qui
ont eu moins de trois enfants, qui ne travaillent pas, ne bénéficient
d'aucune pension ou allocation (revenu minimum d'insertion, adulte handicapé,
minimum vieillesse), et dont les revenus de nature non professionnelle (loyers,
rentes) dépassent 7083 euros par an (soit 590,25 euros par mois). Une fois
l'année écoulée, ces personnes pourront bénéficier
de la couverture maladie universelle (CMU), moyennant une cotisation de 8 % sur
la fraction du revenu annuel dépassant 7 083 euros en 2007. La CMU a en
effet été créée pour permettre aux personnes sans
protection sociale de bénéficier d'une assurance-maladie, à
condition de résider sur le territoire français. Contrairement à
la CMU complémentaire (mutuelle réservée aux plus démunis
dont le revenu annuel est inférieur à 7 272,11 euros), elle n'est
pas gratuite. |
31
août 2007 Quoi
de neuf sur le site
Mise en ligne
de l'annuaire des lieux
d'accueils et centres d'hébergement mis à jour, rubrique liens,
contacts
Les
nouveaux témoignages retenus cet été : 310.
J'ai toujours cru
que je pourrais le "changer". Violette a-t-elle le profil de la
victime ? 311. Deux
vies, deux enfers... Après avoir vécu l'enfer en Corée,
Emilie est adoptée par un couple désuni dont la femme subit la maltraitance
de son mari, puis elle est abusée par le grand-père pendant des
années ... 312. Je
n'aime pas la femme que je suis depuis le viol. Lilly souffre de tous les
symptômes d'un traumatisme grave. 313. Je
suis la fille d'une femme violente. Echange transatlantique. 314. Mes
amis le surnomme le Ténia. M. a subi la violence et les manipulations
d'un pervers narcissique. 315. Mon
amie a été violée. Pierre cherche conseil. 316. A
Marie, et toutes les femmes d’ici et d’ailleurs. M. a porté plainte
pour les coups reçus, mais pas de nouvelles ... 317. Liberté
pour le meurtrier de Marie Trintignant ? F. s'indigne. 318. Merci
à Salamatou Traoré. L. a choisi de divorcer mais, au Niger,
ce n'est pas sans conséquences ... 319. Je
me suis donnée à des hommes. Z. explique comment, pourquoi ... IVG
pour toutes grâce à l'internet ... Women on web
est une liste d'aide aux femmes qui ont ou qui souhaitent avorter. Il est soutenu
par un réseau d'individus et d'organisations (dont Women
on Waves). C'est un service en ligne pour permettre aux femmes des pays où
il n’y a pas de services légaux et médicalisés d’avortement
d’entrer contact avec un médecin et de recevoir un médicament abortif
par courrier. L’objectif est de réduire la mortalité due à
des pratiques dangereuses et non sécurisées (70.000 morts par an
selon Libération le 15 juin 2007) et le nombre de victimes de complications
à long terme. Pour "briser le silence" et le silence autour de
la question, Women on Web accueille également aussi un espace de
témoignages, "J’ai avorté", composé d’une série
de portraits de femmes partageant leur expérience. On trouve aussi une
faq très complète sur l’avortement et sur le projet. Enfin, le site
permet de faire un don pour aider une femme sans ressource financière à
pouvoir bénéficier d’un avortement médicalisé. Réalisé
par Mediamatic Lab, Women on web a reçu un Prix Arts Electronica
2007, dans la catégorie Digital Community. http://www.womenonweb.org/index.php?lang=fr Plus
de femmes à l' Assemblée Elles sont à peine
20%, et pourtant jamais l'Assemblée n'aura compté autant de femmes
: 107 aujourd'hui, contre 76 seulement dans l’Assemblée sortante (13,1%).
C'est dans les rangs de la gauche qu'elles sont le plus représentées
: 61, contre 46 à droite. Au PS, qui compte 30 femmes parmi les 48 nouvelles
venue^^s dans l'hémicycle, certaines candidates ont d'ailleurs permis de
remporter quelques victoires emblématiques, comme Michèle Delaunay
qui a battu Alain Juppé à Bordeaux, ou Delphine Batho, proche de
Ségolène Royal, dans les Deux-Sèvres. Si ce scrutin a compté
légèrement plus de candidates qu'en 2002 (41,6% contre 38,9%), elles
n'étaient plus qu'un tiers en lice au deuxième tour (305 sur 933). La
maternité reste un frein pour la carrière des femmes C'est
ce que montre une étude du Centre
d'Etudes et de Recherche sur les Qualifications publiée le 20 juillet
2007 et réalisée auprès de 16.000 personnes 7 ans après
leur entrée sur le marché du travail. 32 % des femmes déclarent
que la naissance de leur premier enfant a eu une incidence sur leur emploi, 17
% sont passées à temps partiel, 11 % ont changé de poste
ou accepté une mutation. Après un deuxième enfant, l'impact
est encore plus fort : 35 % des femmes réduisent leur temps de travail
et 16 % prennent un congé parental. Parmi les diplômées ayant
au minimum un bac + 3, seulement 49 % travaillent à temps complet lorsqu'elles
ont plusieurs enfants contre 92 % quand elles n'en ont pas ... Le
39.19 est débordé Selon Le Monde du 26 juillet 2007,
le centre national d'appel pour les femmes victimes de violences conjugales, qui
a reçu la visite du ministre Xavier Bertrand et de la secrétaire
d'Etat à la Solidarité, Valérie Létard, le 25 juillet
2007, a comptabilisé 7.446 appels en quatre mois, soit 80 appels par jour. Une
deuxième femme rabbin en France Céline Surger a pris
le 1er août 2007 ses fonctions dans une synagogue libérale de Paris.
Selon Le Figaro du 2 août 2007, le rabbinat au féminin est courant
aux Etats-Unis mais, en France, son ordination intervient 17 ans après
celle de Pauline Bebe. |
30
juin 2007 Quoi
de neuf sur le site
Mise en ligne
de différents rapports d'activité
2006 de l'association, rubrique tout sur SOS Femmes
Accueil
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois : 305. J'ai
été violée... et la proc a fait relâcher mon agresseur.
Isabelle a besoin d'aide. 306. Nous
sommes sept. Kali a été violée par son oncle mais elles
sont sont au moins sept victimes. 307. Mon
ange gardien m'a trahie. Mila a été violée par la personne
en qui elle avait le plus confiance. 308. J'étais
devenue son esclave. Bénédicte a quitté son conjoint
violent et refait sa vie. Message d'espoir. 309. Je
dois tout recommencer à zéro à cause de lui. Caroline
s'est libéré de le violence de son conjoint. Application
du principe de laïcité dans les écoles La
Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité
(HALDE) rappelle, dans un communiqué de presse du mercredi 6 juin, les
conditions d’application du principe de laïcité au sein des écoles.
A la suite du refus opposé à des mères portant le foulard
de participer à des sorties scolaires et à des activités
éducatives, la Halde a considéré que la différence
de traitement dont les réclamantes avaient fait l’objet du fait de leur
religion présentait un caractère discriminatoire. La Halde recommande
aux conseils d’école de revoir les règlements intérieurs
de manière à respecter le principe de non discrimination religieuse
dans la participation des parents à la vie de l’école. La Halde
recommande également au ministère de l’éducation nationale
de prendre les mesures nécessaires afin d’assurer le respect du principe
de non discrimination. La loi du 15 mars 2004 précise que le port de signes
ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une
appartenance religieuse est interdit dans les écoles, les collèges
et les lycées publics en France. Communiqué de presse de la
HALDE du 6 juillet 2007 : http://www.halde.fr/IMG/pdf/Communique_de_Presse_ppe_de_laicite_6_juin_2007.pdf Grossesse
et congés maternité : un guide en ligne L’assurance
maladie propose depuis le 12 juin 2007 une version actualisée de son guide
pratique à destination des futures mamans, des informations utiles avant
et après la naissance : les examens à réaliser avant et après
l’accouchement, le suivi médical à commencer dès les premiers
jours du bébé (dépistages néonataux, vaccinations)
mais également une présentation des prestations et des droits des
futurs parents (indemnités journalières, congés maternité
et congés paternité). * Assurance maladie : "Autour de bébé"
: du ventre de maman à ses premières semaines http://www.ameli.fr/fileadmin/user_upload/documents/DP_autour_de_bebe-mai_2007.pdf
* Service-public.fr : fiches et questions-réponses sur le thème
de la maternité http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/N147.xhtml?&n=Famille&l=N10 Contraception
: que savent les Français ? En
mars 2006 le Ministre en charge de la Santé annonçait à l’occasion
des 50 ans du Mouvement pour le Planning Familial la reprise de la communication
nationale sur la contraception. Dans ce cadre, et en se basant sur la stratégie
d’action en matière de contraception rédigée par le Ministère,
l’INPES a élaboré et mis en place depuis janvier 2007 un programme
d’études et de communication sur la sexualité et la contraception.
Selon le Baromètre Santé 2005, 71 % des personnes âgées
de 15 à 54 ans, ayant eu une activité sexuelle dans les 12 derniers
mois, déclarent "faire quelque chose pour éviter une grossesse"
(chiffre stable par rapport à 1999). L’âge moyen du premier rapport
sexuel est d’environ 17,5 ans et est également resté stable au cours
de la dernière décennie mais l’âge moyen des mères
à la naissance de leur premier enfant est en constante augmentation. Il
est passé de 26,5 ans en 1977 à près de 30 ans en 2004. La
période entre le premier rapport sexuel et la première maternité
s’est donc allongée, celle-ci survenant 9,5 ans en moyenne après
le premier rapport. Ceci implique la nécessité pour les couples
de maintenir une contraception efficace avant le premier enfant plus longue qu’auparavant.
Le taux d'utilisation et de diffusion de la contraception est l'un des plus élevés
d'Europe. Ce paradoxe s’explique en partie par une difficulté à
gérer sa contraception au quotidien. Les études montrent que plus
de la moitié des femmes ayant eu recours à l'IVG utilisaient des
contraceptifs théoriquement efficaces. Mais c’est au cours des périodes
de transition contraceptive (changement de contraception, post partum …), que
les femmes sont particulièrement exposées au risque d’échec
de la contraception. Ce constat est corroboré par les résultats
d’une étude sur "les Français et la contraception" menée
par l’INPES en février 2007 auprès d’un échantillon de 2004
personnes. D’après les résultats de l’étude INPES BVA, la
quasi-totalité des utilisateurs d’un moyen de contraception se déclarent
satisfaits (95 %) et même très satisfaits (79 %) du moyen qu’ils
utilisent. Les Français sont également nombreux à connaître
une diversité de méthodes contraceptives. Sans surprise, la pilule
et le préservatif masculin sont connus par plus de 97 % des Français,
et le stérilet par 93 %. Presque les trois quarts des personnes interrogées
connaissent également le préservatif féminin et le diaphragme.
La plupart des autres moyens sont connus par environ un Français sur deux
: spermicides 52 %, patch 48 %, implant 44 %, et anneau vaginal 44 %. Pourtant
les niveaux de connaissances "techniques" sur le sujet demeurent extrêmement
basiques. Les stéréotypes et les idées reçues restent
encore nombreux et montrent de véritables lacunes sur le cycle féminin
et l’utilisation des méthodes contraceptives. http://www.inpes.sante.fr/ Personnes
handicapées : le cri de colère des "naufragés de l'amour" Un
voile pudique a longtemps occulté la question de la sexualité des
personnes en situation de grande dépendance physique du fait de leur handicap.
Aujourd’hui, le sujet n’est plus tabou. Cependant, faute d’être assorti
des moyens de l’exercer, le droit des intéressés à avoir
des relations sexuelles reste très souvent virtuel. Les personnes qui sont
physiquement dépendantes d’un tiers pour réaliser les actes ordinaires
les plus quotidiens le sont également en ce qui concerne leur vie affective.
"Il est donc plus que temps de poser publiquement la question de l’accompagnement
érotique et sexuel des personnes en situation de dépendance vitale,
pour trouver une réponse citoyenne adaptée à leurs attentes
légitimes" affirme Marcel Nuss, président de la coordination
handicap et autonomie (CHA), cité par Actualités Sociales Hebdomadaires
du 1er juin 2007. Conscients de la détresse des personnes qu’ils accompagnent,
des professionnels tentent, ici ou là, d’y remédier. De façon
discrète, voire secrète, pour protéger, autant que faire
se peut, l’intimité de la personne concernée et éviter les
risques personnels encourus. Et pour l’heure, les solutions trouvées, au
prix d’un important engagement des aidants, restent des cas d’espèce. Convaincu
que "la légalité d’aujourd’hui est, en grande partie, l’illégalité
d’hier", Jean-Charles Spigarelli, directeur d’un foyer APF de Bordeaux, est
lui aussi un professionnel audacieux. En 1993, il introduit dans son institution
des lits médicalisés doubles. Dix ans plus tard, il retravaille
son projet d’établissement pour rendre effectif le droit des personnes
accueillies au respect de leur vie privée et à la libre expression
de leur sexualité, stipulé par la charte des usagers de l’APF. Nul
professionnel, désormais, ne peut entrer dans les chambres sans y être
conviés. Chacun d’entre eux peut recevoir les personnes de son choix –
petit-e ami-e ou prostitué-e - sans en informer qui que se soit. A nous
d’oser prendre des risques dans nos établissements, renchérit Pascale
Ribes, de l’APF. Le changement de mentalité passe nécessairement
par la formation de tous les acteurs concernés, seule capable de neutraliser
les effets pervers de la subjectivité. C’est dans cet esprit que travaille
Handicap International depuis 8 ans. Son service d’accompagnement à la
vie affective et sexuelles des personnes handicapées organise à
la fois des actions d’éducation à la vie à l’intention des
intéressés (enfants, adolescents et adultes en situation de handicap),
des groupes de parole destinés aux parents et des sessions de formation
ainsi que des supervisions pour les personnes et responsables d’établissements.
En
un an, les drogues du viol ont fait 94
victimes connues Un total de 94 cas de personnes droguées
à leur insu, victimes ensuite d'agressions sexuelles ou de vols, ont été
recensés entre avril 2005 et mai 2006, selon une enquête nationale
citée par l'AFP le 27 juin 2007. La soumission chimique se définit
comme l'administration à des fins criminelles ou délictuelles d'un
ou de plusieurs produits psychoactifs à l'insu de la victime. Les médicaments
anxiolytiques et les hypnotiques sont les substances les plus utilisées
par les agresseurs, ajoutées ou non à des boissons alcoolisées.
Le recours à des anesthésiques, en particulier le GHB, surnommé
"drogue du viol", est beaucoup plus rare. Âgées en moyenne
de 33 ans, les victimes sont majoritairement des femmes (66 %), elles subissent
le plus souvent des agressions sexuelles (43 %) ou des vols (38 %).
Quelques 16 % des victimes de "soumission chimique" étaient des
mineures, une proportion plus élevée que lors de la dernière
enquête, datant de 1995. Outre les 94 cas de "soumission chimique"à
l'insu de la victime, 98 cas de "prise de produit sous la menace ou volontairement"
ont par ailleurs été recensés. Violences
conjugales : un logement pour femmes battues La ville de Bobigny
est la première municipalité de Seine-Saint-Denis à s'engager,
dans le dispositif "Un toit pour elle", à réserver chaque
année un appartement du parc social pour reloger définitivement
une femme victime de violences conjugales. D'après Le Quotidien du Médecin
du 11 juin 2007 une douzaine de cités du département devraient imiter
cette démarche d'ici à la fin de l'année, dont Stains, Aulnay-sous-Bois,
Montfermeil et Montreuil. Le projet "Un toit pour elle"avait été
proposé par le Conseil Général en mars 2005, et sa mise en
oeuvre confiée à l'Observatoire départemental des violences
faites aux femmes. Manque
de droits pour les prostituées étrangères
Les prostituées étrangères qui aident la justice devraient
légalement bénéficier d'une carte de séjour. Selon
Le Figaro du 29 mai 2007, dans la pratique, "les préfets font du cas
par cas". Trois jeunes filles, ressortissantes nigériannes, ont témoigné
à Nîmes contre Isibore O, un homme qui les a forcées à
se prostituer dans le Gard pendant près de trois ans, menaçant de
tuer leurs proches restés au pays. Mais malgré le repentir des jeunes
filles, elles ne recevront pas les papiers promis. La France possède une
des lois les plus protectrices du monde à l'égard des victimes de
trafic d'êtres humains, déclare Le Figaro, mais elle a évidemment
du mal à mettre ses actes en conformité avec ses principes. Selon
la loi française, les prostituées étrangères qui dénoncent
réseaux ou proxénètes peuvent bénéficier d'une
carte de séjour temporaire d'un an. Le problème est que les décrets
d'application de cette loi n'ont jamais été publiés et, donc,
certaines préfectures donnent des autorisations de séjour limitées
à un mois, mais renouvelables. D'autres, comme à Nîmes, ne
donneraient qu'une autorisation provisoire sans le droit de travailler.
Condamnation
d'un ancien joueur de foot pour viol sur mineure Ancien footballeur
du Paris Saint-Germain, Godwin Okpara, 34 ans, a comparu il y a quelques semaines
devant la cour d'assises des Yvelines à Versailles, rapporte l'AFP des
29 mai et 1er juin 2007. Il a été accusé d'avoir violé
de 2003 à 2004 une mineure qu'il avait adoptée au Nigeria. Son épouse,
Linda, a également dû comparaître devant la cour, accusée
d'avoir facilité les viols et d'avoir infligé des violences sexuelles,
des tortures et des brimades sur la jeune victime. Le couple a adopté officieusement
la jeune fille en 2001, quand elle avait 13 ans. Elle dormait sur un matelas dans
le garage, et devait s'occuper des tâches ménagères ainsi
que des quatre enfants du couple. Elle a finalement réussi à dénoncer
les faits aux policiers du Vésinet en août 2005. Le 1er juin dernier,
Godwin Okpara a été condamné à 13 ans de réclusion
criminelle, sa femme à 15 ans, et sa belle-mère à 5 ans dont
1 un ferme.
L'enfance
violée Martine Nisse, psychothérapeute familiale,
analyse dans le magazine Psychologies de juin 2007 les propos d'Isabelle Demongeot,
un récit dur, violent, un cri de désespoir de petite fille qui explique
comment son ex-entraîneur de tennis a abusé d'elle pendant 10 ans.
Des propos qui ressemblent beaucoup à tous les témoignages d'enfants
qui ont été victimes d'abus sexuels. La honte, les menaces de mort,
le coma émotionnel, l'impression d'être coupé en deux, de
ne plus être soi même. La dissociation est un processus de protection,
que met en place le psychisme pour survivre, pour ne plus ressentir la souffrance.
Mais autant, certains enfants manifestent des signes : sautes d'humeur, dépression,
voire tentative de suicide, la petite sportive était habituée à
faire d'immenses sacrifices et prête à supporter n'importe quelle
souffrance pour gagner, être la meilleure. Les enfants abusés deviennent
souvent des adultes qui donnent le change, ils se marient, ont des enfants, mais
un nouveau choc (décès, maladie, rupture, accouchement) fait parfois
que la blessure se rouvre et que tout revienne en mémoire. Lire ici
sur le site : http://www.sosfemmes.com/violences/viol_consequences.htm Excision
: sexe et tradition Selon David Elia, gynécologue et rédacteur
en chef de Genesis (mai 2007), en France, 60.000 femmes et jeunes filles ont été
excisées ou menacées de l'être. Ce sont essentiellement des
familles en provenance du Sénégal, du Mali, de Côte d'Ivoire
et de Mauritanie. L'excision n'est pas liée à la religion. Certes,
pour certains musulmans, une femme non excisée est impure, mais le Coran
ne donne aucune indication en la matière et la plupart des pays musulmans
n'excisent pas les femmes. Cette pratique repose souvent sur des croyances : cela
permettrait de préserver la virginité de la jeune fille, que la
non ablation du clitoris pourrait gêner les relations sexuelles, qu'il pourrait
ou qu'il s'agit d'un passage obligé pour la fécondité, ou
encore qu'il s'agit d'un dard pouvant blesser l'homme ou le nouveau né !!!
Beaucoup de familles pensent qu'il s'agit là d'un rituel de passage à
l’adolescence et d’une étape incontournable. Résultat : 90 %
des maliennes sont excisées. Souvent, attaquer cette pratique de front
(dire que c'est un geste intolérable, évoquer la barbarie, ou invoquer
les droits des femmes) est au mieux inefficace, au pire choquant pour les africains,
considéré comme un interventionnisme et moralisme occidental très
mal venu. Cette attitude ne peut conduire qu'à intensifier le phénomène
et le faire entrer dans une clandestinité encore plus dangereuse. En revanche,
informer doucement et sans répression, invoquer les conséquences
médicales tragiques, les risques d’infection d’hémorragies, de contamination
du tétanos, l’incontinence urinaire, les risques obstétricaux, est
efficace. Ceux qui mènent croisade au Mali se sont lancés dans une
campagne de sensibilisation de santé au féminin qui commence à
avoir des effets et aurait permis de diminuer 5 % du phénomène
en 5 ans. Voir ici aussi : http://perso.orange.fr/..associationgams/pages/presgams.html Le
lourd défi du suivi des délinquants sexuels Selon
Le
Figaro du 16 juin 2007, l'obligation de soins
faite au condamné pour un crime ou un délit était marginale
jusqu'à présent mais pourrait devenir quasi-systématique.
Dès juillet, le Parlement devrait examiner plusieurs dispositions sur le
suivi socio-judiciaire, dans le cadre du projet de loi renforçant la lutte
contre la récidive des mineurs et des majeurs. La possibilité existe
depuis 1998 mais n'est que rarement utilisée ce qui s'explique par "le
manque de médecins coordonnateurs censés organiser cette obligation
de soins." Le suivi socio-judiciaire deviendra automatique en cas de condamnation.
Le juge pourra toujours décider de ne pas appliquer cette disposition mais
devra justifier sa décision, et sera alors responsable en cas de récidive.
Un délinquant sexuel ne pourra donc plus bénéficier d'une
remise de peine ni d'une libération conditionnelle s'il refuse le traitement
proposé. Le criminel sexuel non visé par un tel suivi devra cependant
être soumis à une expertise médicale au moment de sa libération.
Si le psychiatre le juge nécessaire il pourra ensuite faire l'objet d'une
injonction de soins. La question qui se pose est de savoir si ce dispositif sera
adossé à des moyens suffisants car depuis des années déjà
magistrats et psychiatres dénoncent l'impossibilité d'appliquer
le suivi socio-judiciaire à cause de la pénurie de personnel et
de structures. De plus, "si l'enjeu est de faire porter une responsabilité
encore plus lourde sur les juges sans renforcer les effectifs psychiatriques,
cela présente un intérêt limité."
|
31
mai 2007 Quoi
de neuf sur le site
Publication
d'une nouvelle page à la rubrique points de vue
: Les
yeux de Kaa (prostitution, chiffres, presse, info, intox : comment s'y retrouver
?)
Les nouveaux
témoignages retenus ce mois : 300. La
seule issue était le suicide. Et, pourtant, ce n'est pas Linsay qui
a été violée ... 301. Je
me sens coupable de sa mort. C. a été la victime de cet homme
violent. 302. Les
trois histoires qui ont détruit ma vie. Françoise témoigne. 303.
Je porte un
secret qui me ronge. Sunnyheart a été abusée par ses
frères, mais ... 304. Je
suis un rayon de soleil ... mais, derrière ce soleil, il y a beaucoup
de nuages. Talie cherche de l'aide. Les
bonnes pages
BOUSSUGE
Agnès et THIEBAUT Elise. - J'appelle pas ça de l'amour, La violence
dans les relations amoureuses, Syros, collection " Femmes ", 2007,
128 pages, 7,5 euros. Les auteurs estiment que les violences dans les relations
amoureuses sont encore souvent assimilées à la passion amoureuse.
Elles sont parfois banalisées, voire encouragées par des stéréotypes
sexistes, qui restent présents dans notre société, et particulièrement
dans certains médias. Ainsi, dès l'adolescence, un grand nombre
de jeunes filles font l'expérience de la violence dans leurs premières
histoires avec les garçons. Puis, dans les couples, dans les familles,
la violence gâche la vie de centaines de milliers de personnes dans notre
pays. Comment identifier ces processus, y échapper ou y remédier
? Comment apprendre à aimer et régler les conflits, à exprimer
ses désirs librement et en se respectant mutuellement ? C'est l'un des
buts que se propose cet ouvrage, grâce à des témoignages,
des entretiens et un solide dossier documentaire. Après
les Monologues du vagin, Eve Ensler dialogue avec son ventre Sa
première pièce les Monologues du vagin a fait le tour du
monde et a réconcilié des millions de femmes avec leur sexe. Mais,
nous dit Elle le 14 mai 2007, Eve Ensler n'en avait pas fini avec son anatomie.
Elle s'attaque désormais à la dictature des apparences des régimes
et de la gym. Depuis les Monologues du vagin, elle est devenue la figure
de proue d'un nouveau féminisme. Traduit en 35 langues, jouée dans
76 pays, la pièce continue son tour du monde pour lutter contre les violences
faites aux femmes sous la bannière de son mouvement V-Day. L'association
dont elle est la directrice artistique bénévole a récolté
plus de 45 millions de dollars en une petite dizaine d'années. Jamais elle
n'aurait cru qu'une conversation sur la ménopause avec une amie (le point
de départ des Monologues) donnerait naissance à un tel mouvement.
Depuis elle a relevé un peu sa tête pour s'arrêter au niveau
du nombril : elle en a fait une nouvelle pièce sur la dictature de la beauté
qui fait de la femme son propre tyran. Des extraits de son journal intime et les
témoignages de femmes dont elle s'est inspirée pour inventer les
personnages s'entremèlent. Un manifeste pour l'imperfection plus personnel
que les Monologues, mais aussi moins coup de poing. "Je pensais en
avoir fini avec le corps de la femme, dit-elle, je voulais tourner la page, mais
je me suis retrouvée nez à nez avec mon ventre et j'ai voulu le
dompter, l'affiner, je passais mon temps à faire des régimes et
des heures à la salle de gym. Moi, la féministe radicale, j'étais
devenue obsédée par mon ventre. Alors j'ai commencé à
dialoguer avec lui et j'ai noirci des pages entières. Mon ventre est devenu
le centre chaotique de mon univers. J'ai fini par interroger les femmes que je
croisais : aimez vous votre corps ? Je me suis rendu compte que toutes avaient
une partie d'elles qu'elles voulaient changer. Finalement, les femmes sont de
plus en plus dépossédées de leur corps". SOS Femmes
Accueil a été à deux reprises lauréates du V-Day France,
voir http://www.sosfemmes.com/infos/infos_archive14_vday2003.htm
et http://www.sosfemmes.com/infos/infos_archive21_vday2004.htm Un
monde de violences faites aux femmes selon Amnesty International Une
femme sur trois dans le monde subira des violences au cours de sa vie, 70 % des
personnes tuées dans des conflits sont des femmes, et des dizaines de milliers
de femmes et de jeunes filles sont victimes de viols depuis le début de
la crise du Darfour. Dans son rapport 2007, Amnesty International dénonce
toutes les violences, domestiques, policières ou militaires que subissent
les femmes dans un monde de plus en plus en proie à la peur. Devant la
torture et le terrorisme, la peine de mort et la justice internationale, thèmes
de campagne traditionnels de l'association, ce sont les violences subies par les
femmes dans le monde qui, cette année, font la une du rapport d'Amnesty
International. Quelques chiffres en témoignent avec éloquence :
une femme sur trois subira des violences de son compagnon au cours de sa vie,
50 % des femmes qui ont trouvé la mort par homicide ont été
victimes de leur compagnon (ou ancien compagnon) ; la majorité des millions
de victimes de la traite d'êtres humains sont des femmes ; 70 % des personnes
qui ont été tuées dans des conflits étaient des non-combattants,
pour la plupart des femmes ou des enfants. Dans ce tableau mondial, les militantes
de la liberté paient un tribut sévère, arrêtées
en Iran pour avoir réclamé l'égalité des sexes, assassinées
en Afghanistan pour avoir défendu l'éducation des filles. Ici, en
Arabie ou en Iran, les femmes sont obligées de porter le voile, là,
en Turquie ou en France, la loi le leur interdit. Au Darfour, cette "blessure
ouverte qui ensanglante la conscience du monde", parmi les plus de deux millions
de personnes déplacées, des dizaines de milliers de femmes et de
jeunes filles ont été victimes de viols et d'autres formes de violence
sexuelle. Même en France, la situation est dramatique, s'émeut Amnesty,
qui cite les chiffres officiels : en moyenne, une femme meurt tous les quatre
jours des suites de brutalités que lui inflige son conjoint ; près
d'une femme sur dix pâtit de violences sexuelles, tandis que d'autres formes
de violences liées au genre persistent, notamment sous la forme du mariage
forcé, de la traite des femmes ou de la prostitution. Les
nouveaux "enfants interdits"
L'état civil refuse toute filiation maternelle aux femmes ayant recours
à des mères porteuses. Selon Libération du 10 mai 2007, chaque
année, 300 à 400 couples français ont recours à la
gestation pour autrui : l'enfant à naître est porté par une
autre femme que la mère. Une pratique interdite en France, mais légale
dans de nombreux pays, dont le Canada, certains états des Etats-Unis, ou
encore l'Angleterre, Israël et la Grèce. Quand ces parents reviennent
en France, ils ne parviennent pas à faire transcrire les actes de naissance
délivrés à l'étranger sur leur livret de famille.
Punition civile : la France interdit ainsi la reconnaissance de la filiation de
la mère (celle que l'on nomme parfois "la mère d'intention",
pour la distinguer de "la mère de naissance"). C'est ce qui est
d'arrivé à un couple qui vient d'être débouté
par le tribunal de grande instance de Lille (Nord). "Il n'y a pas si longtemps,
c'était l'enfant adultérin qu'on ne voulait pas voir, puisqu'il
était le fruit de ce qui constituait à l'époque un scandale",
rappelle dans un commentaire de cette récente décision de justice
à paraître aujourd'hui dans le Dalloz, le professeur de droit à
Lille 2 Xavier Labbée. Casse-tête des parents et des juristes : comment
faire reconnaître la filiation maternelle de ces enfants nés d'une
gestation pour autrui, les nouveaux "enfants interdits"? Un
test de dépistage précoce du sexe ne sera pas autorisé en
France Selon Le Monde du 23 mai 2007, les responsables de l'Agence
de biomédecine ont indiqué que la France n'autoriserait pas la pratique,
sur son sol, d'un test de dépistage génétique permettant
de connaître le sexe d'un enfant à naître dès la sixième
semaine de grossesse. Pour autant, cette institution précise que rien ne
sera fait pour interdire aux personnes qui le souhaiteraient d'avoir accès,
via Internet, à cette méthode qui vient d'être commercialisée
en Grande-Bretagne par la société américaine DNA Worlwide.
En pratique, il suffit d'adresser à cette société une goutte
de sang, prélevée au bout d'un doigt de la femme enceinte et fixée
sur un papier buvard, pour connaître, en moins d'une semaine, le sexe de
l'enfant qu'elle porte. Baptisée "Pink or Blue" ("rose ou
bleu"), cette méthode est facturée 278 euros pour une réponse
en six jours et 350 euros pour une réponse en quatre jours. DNA Worldwide
assure que sa méthode est fiable à 99 % et s'engage à rembourser
les futurs parents en cas d'erreur. Aux Etats-Unis, où elle est commercialisée
depuis deux ans, elle n'est pas considérée comme un diagnostic médical.
"Ce procédé se fonde sur une découverte faite il y a
dix ans - et brevetée - par le professeur Dennis Lo, qui travaillait alors
à l'université britannique d'Oxford, explique Jean-Marc Costa, biologiste
et directeur adjoint du laboratoire Pasteur-Cerba (Cergy), l'un des meilleurs
spécialistes français dans le domaine du diagnostic prénatal.
Elle consiste à rechercher la présence dans le sang d'un ADN foetal
caractéristique du chromosome Y. Si cet ADN est présent, il signe
le sexe masculin. Dans le cas contraire, par défaut, on conclut au sexe
féminin. Cette société se refuse à communiquer à
la communauté scientifique les caractéristiques techniques de sa
méthode. Je ne comprends pas comment elle peut parvenir aux résultats
qu'elle annonce à partir d'un aussi faible volume de sang." En Chine
et en Inde, il naît respectivement entre 117 et 111 garçons pour
100 filles. Avortements sélectifs, infanticides et manque de soins apportés
aux filles ont conduit à un déficit de 90 millions de femmes en
Asie. En France, le sexe ratio s'établit à la naissance à
105,3 garçons pour 100 filles, ce qui correspond à la constante
biologique humaine. "L'analyse des données de recensement, indique
Laurent Toulemon (INED), ne met pas en évidence d'avortements liés
au sexe. Les fratries de deux enfants comprennent souvent un garçon et
une fille." Baisse
des prix des médicaments anti-sida Selon Le Monde du 10 mai
2007, l'ancien président américain Bill Clinton a annoncé
qu'il était parvenu à un accord avec plusieurs firmes pharmaceutiques
pour une réduction du prix des médicaments antisida nouvelle génération
dans 66 pays en développement. 16 médicaments antirétroviraux
sont concernés par cet accord. Le prix des antirétroviraux de seconde
ligne sera ainsi réduit de 25 % dans les pays à bas revenus concernés,
et de 50 % dans les pays à revenus moyens comme la Thaïlande ou le
Brésil. Cette avancée a été rendue possible grâce
à l'accord négocié par la Fondation Clinton avec les fabricants
de traitements génériques Cipla et Matrix. C'est pour les pays à
revenus intermédiaires que la baisse de prix sera la plus intéressante
mais, dans ces pays, le droit des brevets s'applique. Pour que les génériques
à bas prix puissent y être distribués, les gouvernements devront
émettre des licences obligatoires, qui "cassent" les brevets
en vigueur. La Thaïlande a laissé entendre hier qu'elle pourrait le
faire. Le Brésil pourrait suivre. Les laboratoires protestent, et citent
un communiqué de Merck. Le laboratoire estime en effet que "l'utilisation
des licences obligatoires est une mesure d'une très grande gravité
qui doit rester de dernier recours." Bill Clinton, a déclaré
: "Je crois en la propriété intellectuelle, mais cela ne doit
pas nous empêcher de fournir des médicaments essentiels et sauvant
des vies à ceux qui en ont besoin." La Fondation Clinton devrait acquérir
dès le mois de juillet ces médicaments grâce aux fonds d'Unitaid. Colombie
: les murs de la honte La Colombie pense avoir trouvé la
solution contre la pédophilie. Depuis début mai, les autorités
de la capitale, Bogota, affichent partout dans les rues le portrait des violeurs
condamnés, rapporte Elle du 21 mai 2007. Vingt murs de l'infamie de 10m2
et une quarantaine de photos des agresseurs a été placardée
sur les grandes avenues. Une mesure censée protéger l'enfance, alors
que 17.000 mineurs auraient subi des violences sexuelles l'an dernier à
Bogota et que 60 % des viols, commis par un père ou un beau père
ne seraient pas dénoncés. Mais cette mesure radicale fait évidemment
polémique. Certains jugent que l'exposition des coupables à la vindicte
populaire ne pourra pas endiguer le fléau et risque de multiplier les lynchages.
Selon eux, seule une réforme de la justice dans un pays où plus
de 9 crimes sur 10 restent impunis permettrait de lutter contre la pédophilie.
Des violeurs |