Imprimer cette page
Archives > Bulletins d'Info année 2005
Vous trouverez ci-dessous les derniers bulletins d'info ... que vous avez peut-être manqués.
Ne manquez pas les suivants ! Abonnez-vous sur cette page.
 
Archives 2008 | 2007 | 2006 | 2005 | 2004 | 2003| 2002 | 2001 | 2000
 

31 décembre 2005

Quoi de neuf sur le site
 Mise à jour des pages Espace Famille et Organigramme à la suite de la fermeture du service Espace Famille, rubrique Tout sur SOS Femmes Accueil
 Et les derniers témoignages retenus :
194. Je n'arrive pas à y voir clair. Mistinguette a-t-elle été violée ? De quoi s'agit-il ?
195. Je suis faible et il le sait. Coinette se séparerait bien de son concubin.
196. Un homme victime de violences. Jean-Pierre rend compte de ce qu'il a vécu.

Les bonnes pages
 Le "genre" serait à distinguer du "sexe" afin de séparer le pôle naturel du pôle culturel de la sexualité. Cette distinction, issu des théories féministes, fut mise en cause par Judith Butler dans Gender Trouble en 1990. Ce livre, enfin traduit, est à l'origine des théories queer : l'identité serait "flottante" plutôt que constituée. Trouble dans le genre, Pour un féminisme de la subversion, Judith Butler, éd. La Découverte, Paris, 2005, 280 p., 23 euros.
 Femmes sous emprise, Les ressorts de la violence dans le couple, Marie-France Hirigoyen, Oh ! éditions, Paris, 2005, 300 p., 18,90 euros. Auteure en 1998 de Harcèlement moral devenu ouvrage de référence, Marie-France Hirigoyen s'intéresse ici à la violence de couple. La pyschanalyste s'inscrit en faux contre les thèses d'Elisabeth Badinter et Marcella Iacub et affirme que violences physique et psychologique sont indissociables, les coups n'étant que la manifestation visible d'une emprise psychique qu'elle compare au conditionnement sectaire.
 Les féminismes en questions, Christelle Taraud, éd. Amsterdam, Paris, 2005, 180 p., 15 euros. L'historienne Christelle Taraud s'est passionnée pour les débats médiatisés où sont intervenues les féministes ces quinze dernières années. Au fil du livre, le lecteur mesure à quel point les lois sociales sont liées à la question anthropologique de l'identité humaine.

Unanimité contre les violences conjugales
Tous les députés ont voté le 15 décembre 2005 en première lecture la proposition de loi sénatoriale qui renforce la législation en matière de lutte contre les violences faites aux femmes. En voici les différents points.
AGE DU MARIAGE
- L'âge légal du mariage pour les filles, 15 ans actuellement, est aligné sur celui des garçons, soit 18 ans.
ALOURDISSEMENT DES PEINES
- Le fait de commettre des violences entre conjoints (mariés, concubins ou pacsés) ou anciens conjoints devient une "circonstance aggravante". Elle est applicable en cas de meurtre, portant la peine encourue de 30 ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité, et en cas de viol.
- La confiscation par un des conjoints des papiers d'identité ou des "moyens de paiement" est considéré comme un vol et donc passible de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende.
MARIAGES FORCES
- Audition obligatoire des futurs époux par l'officier d'état civil en cas de doute sur le consentement au mariage.
- Allongement de six mois à deux ans du délai de demande de nullité du mariage pour vice de consentement en cas de cohabitation des époux.
- Le procureur, et non plus seulement un des époux, peut attaquer un mariage en cas de doute sur le consentement.
- Possibilité d'annuler un mariage en cas d'intimidation des parents sur un des époux (sans menace de violence de ces derniers)
MUTILATION SEXUELLE
- Possibilité de condamner une mutilation sexuelle, notamment l'excision commise à l'étranger sur une victime mineure "résidant habituellement en France", de lever le secret professionnel, avec une prescription portée à 20 ans.
TOURISME SEXUEL
- Possibilité de prononcer l'interdiction de sortie du territoire pour des personnes ayant commis des agressions sexuelles.
- Le procureur peut ordonner l'inscription des empreintes génétiques dans le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) en cas de condamnation par un tribunal étranger pour des infractions sexuelles d'un Français ou d'un étranger "résidant habituellement" en France.
PEDOPORNOGRAPHIE ET EXPLOITATION SEXUELLE DES ENFANTS
- Transcription de la décision-cadre européenne de décembre 2003
- Possibilité d'engager des poursuites contre un Français ayant commis à l'étranger des actes de proxénétisme.
- Aggravation des peines pour la diffusion d'images pédopornographiques
- Possibilité d'interdiction d'exercer des activités en contact avec des mineurs pour les personnes condamnées pour proxénétisme envers des enfants.
- Possibilité de poursuivre l'incitation à la pédopornographie.
- Report du départ du délai de prescription pour les actes de proxénétisme envers un mineur à la majorité de la victime.

Une exposition contre l'avortement au sein du Parlement Européen provoque le scandale parmi les députés
Selon Fenêtre sur l'Europe du 23 novembre 2005, une exposition anti-avortement au sein du Parlement Européen organisée par le Parti de la Famille en Pologne, réputé pour son euroscepticisme et son ultraconservatisme et soutenu par l'Eglise catholique polonaise, a provoqué un tollé parmi les députés européens. En effet, le matin du 17 novembre 2005, une série de grands panneaux photos trônait dans une zone publique du Parlement, qui représentaient des enfants derrière des barbelés dans des camps nazis, avec une légende choc : "Si une mère vient à tuer son enfant, comment peut on éviter que les hommes ne s'entretuent ?" La comparaison de l'avortement à la Shoah a été heureusement jugée scandaleuse, alors que l'on a commémoré les 60 ans de la 2nde guerre mondiale cette année. Pourtant cet argument est régulièrement repris par les "pro vie". Mia de Vits (belge) et sa collègue, Genwefa Grabowska (polonaise), qui avait autorisé l'exposition, ont fait retirerles panneaux. Elles assurent avoir été trompées par le titre "La vie et les enfants en Europe" et déclarent n'avoir pas vu l'ensemble des panneaux auparavant, ce que dément Maciej Giertych, président de la délégation de la Ligue des Familles. De nombreux députés et des organisations prochoix (IPPF, Catholics for a free choice, Elfriede Harth) ont vivement réagi à cette action, en envoyant une pétition et une lettre au président du parlement. Lors d'une conférence de presse, ils se sont même estimés victimes d'une violation du droit à la liberté de parole comme sous "le régime soviétique", et les membres du Parlement Européen qui avaient protesté ont été qualifiés de nazis. M. Borrell a adressé une lettre de protestation contre la censure dont il s'estime victime. Il avait à ses cotés Konrad Szymanski, député de Droit et ustice (PiS), le parti du gouvernement et du président polonais, Lech Kaczynski. Ils ont également déposé une requête sous la forme d'une déclaration écrite au Parlement Européen pour examen d'un traité international visant l'interdiction totale de l'avortement et de l'euthanasie.

Si le pape était une femme, l'avortement serait légal
Selon Les Pénélopes le 25 novembre 2005, c'était l'un des slogans que l'on pouvait entendre et lire lors de la manifestation de clôture de la XXeme Rencontre Nationale de Femmes en Argentine le 10 Octobre. Depuis 2 ans, cette rencontre est peu à peu devenue une tribune pour demander la reconnaissance du droit des femmes à disposer de leur corps et dénoncer les conséquences négatives d'une telle situation, notamment pour le droit à l'avortement pour les femmes dont la grossesse est due à un viol.
Site des Pénélopes : http://www.penelopes.org/

Le Vatican et l'homosexualité
Selon Le Monde du 23 novembre 2005, le Vatican a déclaré que les homosexuels ne doivent plus avoir leur place dans les séminaires, ni dans les noviciats. Devant la multiplication des scandales sexuels mettant en cause le clergé catholique, le Vatican a décidé de réagir d'une manière sans doute tardive, mais ferme : un texte bref (trois feuillets), en chantier depuis longtemps mais divulgué, mardi 22 novembre 2005 à Rome, à la suite de fuites. C'est bien d'un rappel à l'ordre, au ton sec, qu'il s'agit. Signé par la congrégation de l'éducation catholique, ce document rappelle, d'abord, la position constante de l'Eglise qui distingue entre les actes et les tendances homosexuelles. Les actes sont des "péchés graves", "intrinsèquement immoraux et contraires à la loi naturelle". Quant aux tendances, elles sont "objectivement désordonnées" mais les femmes et les hommes homosexuels doivent être accueillis avec "respect et délicatesse". Toute "marque de discrimination" doit être condamnée.

Les gynécologues-obstétriciens sont appelés à "repenser" leur pratique de l'épisiotomie
Redoutée des femmes enceintes, citée comme l'une des dérives de la "surmédicalisation" de la naissance, l'épisiotomie est désormais remise en question par les professionnels de la santé, selon Le Monde du 26 novembre 2005. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) a rendu publique jeudi 24 novembre 2005 une nouvelle recommandation concernant cette pratique chirurgicale qui consiste, lors de l'accouchement, à inciser le périnée à l'extrémité postérieure de la vulve pour faciliter le passage de la tête du bébé. "Ce n'est pas le geste qui est remis en cause, mais sa large voire systématique utilisation, explique le docteur François Goffinet. Au vu des données scientifiques, nous estimons que le nombre d'épisiotomies actuellement pratiquées est excessif." En France, 47 % des accouchements donnent lieu à une épisiotomie. Ce chiffre atteint même 68 % pour les femmes qui mettent au monde leur premier bébé. Désormais, "il n'y a plus de recommandation systématique de l'épisiotomie", soulignent les experts, qui appellent les professionnels de la santé à "repenser" leur pratique afin de parvenir, "dans un premier temps", à 30 % d'épisiotomies.

L'OMS estime urgent de lutter contre la violence domestique
Dans un rapport sur la "santé au féminin et la violence domestique" cité par Le Quotidien du Médecin du 25 novembre 2005 et Le Monde du 28 novembre 2005, l'OMS rappelle que la maltraitance envers les femmes est "très répandue, profondément enracinée, et souvent occultée et qu'il faut agir d'urgence pour la prévenir". L'étude a été menée entre 2000 et 2003 auprès de 24.000 personnes dans le monde (Bangladesh, Brésil, Ethiopie, Japon, Namibie, Pérou, Tanzanie, Samoa, Serbie Monténégro et Thaïlande). Entre 15 % (Japon) et 71 % (Ethiopie) des femmes interrogées ont subi à un moment ou à un autre de leur vie des agressions physiques ou sexuelles, ou les deux à la fois, exercées par un partenaire intime. Ces brutalités ont causé des traumatismes physiques dans une proportion allant de 19 % en Ethiopie à 55 % au Pérou. Souvent, les équipes de l'OMS ont découvert que c'était la première fois que ces femmes battues pouvaient parler de la violence de leur mari ou compagnon, considérée comme "normale" dans certaines sociétés. "Mon mari me gifle, m'oblige à avoir des rapports sexuels contre ma volonté (...). Je pensais que c'était normal et que c'était la façon dont tous les maris se comportaient," témoigne une femme interrogée au Bangladesh. Dans chacun des pays étudiés, une partie des sondées, acceptent certaines raisons de battre une femme," comme l'infidélité ou le fait de désobéir à son mari. Si dans les zones urbaines du Brésil, du Japon, de Namibie et de Serbie, les trois quarts des femmes interrogées ont rejeté toutes ces "raisons", elles n'étaient qu'un quart au Bangladesh, en Ethiopie, au Pérou et au Samoa, signe d'une inquiétante résignation.Pour le rapporteur spécial de l'ONU sur la violence à l'égard des femmes, Yakin Ertþrk, "l'étude remet en cause l'idée selon laquelle le foyer est un lieu où les femmes sont en sécurité en démontrant qu'elles sont plus exposées à la violence dans le cadre de relations intimes que partout ailleurs".
Sur le site de l'OMS : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs239/fr/

Prise en compte de l'analyse du genre dans l'origine des violences conjugales
Le rapport de l’OMS intitulé « Rapport mondial sur la violence et la santé » paru en 2002 qualifie la violence de "défi planétaire" dont le coût serait considérable en termes de répercussion sur la santé des victimes et de fardeau pour les établissements de santé. Le ministère de la santé français a donc jugé nécessaire d’analyser les phénomènes de violence en termes de santé publique et de mettre en œuvre des actions dans ce domaine. Un comité d'orientation interministériel présidé par le Dr Anne Tursz (directrice de recherche à l'INSERM, pédiatre et épidémiologiste) a conduit les travaux préparatoires à l’élaboration de ce plan. Ce comité a réuni six commissions de travail thématiques :
- Enfants, adolescents et jeunes, présidée par le Dr François Baudier
- Genre et violence présidée par le Dr Jacques Lebas Format
- Institutions, organisations et violence présidée par le Dr Omar Brixi Format
- Personnes âgées et personnes handicapées présidée par le Pr Marie-Eve Joël
- Santé mentale présidée par Mme Anne Lovell
- Violence, travail, emploi et santé présidée par le Pr Christophe Dejours.
Le rapport de synthèse des travaux sur "Violence et santé" a été remis au ministre de la Santé et des Solidarités le 18 octobre 2005, il servira de base à l’élaboration du Plan violence et santé, qui trouvera une déclinaison dans les plans régionaux de santé publique.
La commission "Genre, santé et violences" a insisté sur l'existence de l'enquête ENVEFF mettant en exergue les chiffres précoccupants des violences faites aux femmes en France et longtemps mésestimés. Elle a fait état de son regret que les statistiques ne prennent pas assez en compte les caractéristiques de la personne, notamment son appartenance sexuelle ainsi que les rapports de pouvoir et les représentations sociales et culturelles en jeu. Si la commission reconnait les différences entre hommes et femmes, elle ne saurait accepter les arguments "essentialistes" qui revendiquent des spécificités (sensibilité pour les femmes) qui contribuent à rendre "naturels" les rôles sociaux et masquent les relations de pouvoir et les enjeux culturels et sociaux d'égalité. Des interprétations psychologiques pourraient conduire à penser que les femmes aient une propension au masochisme, seraient plus naïves ou confiantes et que les hommes aient une propension au machisme, à l'agressivité ou des besoins irrépressibles de pouvoir ou dans leur sexualité. Ce sont des arguments de bien peu de poids au regard des injonctions sociales faites aux femmes qui les pousse à prendre en charge le bien être et la santé des autres, enfants, conjoints et parents, parfois au détriment de la leur propre. Il serait nécessaire de prendre en compte également les processus en jeu dans la construction de la virilité, ses rituels, les mécanismes de conditionnement des garçons qui leur apprend à exercer le pouvoir et la sexualité, à dissimuler leurs affects, à se distancier des femmes pour construire leur "supériorité"..., préceptes éducatifs qui paraissaient avoir disparu et semblent revenir au galop. C'est pourquoi la manière d'aborder les relations entre santé et les violences en termes de "genre" permet donc d'expliquer plusieurs types de mécanismes et de les problématiser.
Sur le site du ministère: http://www.sante.gouv.fr/htm/dossiers/violence_sante/sommaire.htm

Les principaux moyens contraceptifs utilisés aujourd'ui en France
Selon Associated Press le 7 décembre 2005, les principales méthodes contraceptives utilisées en France sont aujourd'hui la pilule, avec 61 % des utilisatrices, et le stérilet (23%). Les techniques qui dominaient avant l'introduction de ces méthodes, vers 1965, à savoir le retrait et l'abstinence périodique, ne représentent plus respectivement que 2 et 3%, selon les chiffres cités dans une étude de l'Institut national d'études démographiques (INED). Toutefois, en cas d'échec de la contraception, une femme sur deux recourt aujourd'hui à l'avortement. La "révolution contraceptive" est "relativement récente dans l'histoire de l'humanité", rappelle Etienne van de Walle, l'auteur de l'étude. La limitation des naissances se répand en France à partir de la fin du XVIIIème siècle et dans les autres pays d'Europe près d'un siècle plus tard.

Un nouveau bilan mitigé de la mise en oeuvre de la loi sur l'IVG
Selon les Actualités Sociales Hebdomadaires du 09 décembre 2005, la loi du 4 Juillet 2001 relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la contraception a permis des avancées qui se traduisent par une meilleure prise en charge des situations individuelles. Mais des difficultés non négligeables subsistent autant imputables à des facteurs d'ordre pratique qu'à des problèmes d'ordre structurel. C'est le bilan contrasté qu'a fait la Délégation aux Droits des Femmes de l'Assemblée Nationale dans son rapport d'activité 2003-2004 qui traite également de la situation des femmes issues de l'immigration. Si l'accès à l'IVG est ouvert à un nombre plus important de femmes, grâce à l'allongement du délai légal à 12 semaines et la meilleure prise en charge des mineures, autorisées à recourir à l'IVG sans autorisation parentale. Par ailleurs, l'IVG se fait dans des meilleures conditions, sous l'effet de la possibilité d'IVG médicamenteuse en médecine de ville et la revalorisation du forfait applicable à l'IVG. Cependant, le rapport déplore les délais de prise en charge encore excessifs dans certaines régions et à certaines périodes et l'accès à l'IVG en médecine de ville est encore trop limité. En effet, l'adoption des textes permettant d'appliquer la loi a été tardive et le nombre de praticiens habilités à pratiquer cette forme d'IVG est encore trop restreint. Il est nécessaire d'élargir à l'ensemble des médecins généralistes la possibilité de pratiquer l'IVG médicamenteuse, dès lors qu'ils auraient reçu une formation spécifique. Enfin, la motivation et la formation des médecins dans les années à venir risquent d'être affectés, compte tenu des tensions sur les effectifs de médecins pratiquant des IVG et des perspectives démographiques, la relève n'est pas assurée, ce qui se traduira nécessairement, explique Bérengère Poletti, auteur du rapport, par une dégradation des conditions d'accès. Le nombre d'IVG annuel reste élevé, d'où la nécessité de mener une politique de contraception mieux ciblée et plus efficace, afin de proposer un moyen contraceptif plus en adéquation avec les besoins de chaque femme.

Un rapport accablant sur les discriminations subies par les femmes issues de l'immigration
Alors que leur importance numérique s'accroît, les femmes immigrées demeurent victimes de leur invisibilité dans le débat public, selon le rapport 2003-2004 de la Délégation aux Droits des Femmes de l'Assemblée Nationale cité par Le Monde du 9 décembre 2005 : répudiation, polygamie, mutilations sexuelles, mariages forcés ... C'est peu de dire que le tableau dressé est sombre mais il n'est pas nouveau. Les conclusions du rapport sont assez proches du groupe de travail "Femmes de l'immigration" remis au gouvernement en mars dernier, reprenant lui même les conclusions du rapport du Haut Conseil à l'Intégration (HCI). La délégation se place ainsi sur la même ligne que la HCI sur la question du respect en France, des droits civils des femmes immigrées. Elle plaide pour la dénonciation des conventions bilatérales qui méconnaissent le principe d'égalité entre les hommes et les femmes et souhaite que la nationalité du pays de résidence l'emporte lorsqu'elle est plus favorable aux droits des personnes, de manière générale qu'elle privilégie l'application de la loi du domicile. Et non celle de la nationalité pour les immigrés installés de façon durable en France. En matière de lutte contre la polygamie, la délégation estime nécessaire de verser les prestations familiales liées à un tuteur extérieur à la famille, afin d'éviter qu'elles ne soient détournées de leur objet et qu'elles bénéficient vraiment aux enfants. Autre phénomène dénoncé : les mutilations sexuelles. Il conviendrait d'établir une visite médicale obligatoire au cours de la dernière année de l'école primaire et de sanctionner les parents ayant fait commettre à l'étranger des mutilations sexuelles sur leur enfant mineur étranger résidant en France. Les députés préconisent également de rallonger le délai de prescription des actes de mutilation sexuelle à 20 ans à compter de la majorité de la victime. En matière de lutte contre les mariages forcés, il serait recommandé également de rendre obligatoire l'audition séparée des deux époux lors de mariages célébrés à l'étranger, l'harmonisation de l'âge nubile entre les garçons et les filles, l'instauration d'un délit de mariage forcé, la modification du code civil, pour permettre au ministère d'être habilité à demander en justice l'annulation d'un mariage forcé, lorque le consentement d'un époux a été obtenu par fraude, violence ou contrainte ou encore la mise en place d'un dispositif d'accueil spécifique pour les jeunes filles et les femmes fuyant les mariages forcés.

Le royaume des mères adolescentes
Selon 20 Minutes du 11 décembre 2005, la pudeur britannique n'est pas un mythe. Contrairement à leurs voisins européens, les Anglais demeurent désespérément silencieux quand vient le temps de parler de sexe. Les adolescentes en paient le prix. Elles sont beaucoup plus nombreuses à tomber enceintes accidentellement qu'ailleurs en Europe de l'Ouest. "Niclette Iduma sourit fièrement en regardant sa petite de 8 mois babiller sur les genoux d'une coordonnatrice au centre de logement social pour jeunes mères de Redbridge, un quartier pauvre de l'Ouest de Londres". Des Niclette, il y en a des milliers en Angleterre. Plus ou moins 47.000. Le pays est le champion indétrônable des adolescentes mères de l'Europe occidentale avec un ratio de 42,8 pour 1.000 femmes de moins de 18 ans. Une position de leader peu enviable puisque l'avenir de ces jeunes femmes est gravement hypothéqué par leur grossesse précoce. Le gouvernement britannique gère tant bien que mal cette patate chaude qui lui coûte l'équivalent d'environ 90 millions de dollars par année dans les centres de planification familiale et des organismes jeunesse. Le taux de grossesse chez les adolescentes a baissé de 9 % depuis 99, mais le parti travailliste aura fort à faire s'il veut réussir sa mission de réduire ce taux à 2,3 % pour 2010.Les intervenants auprès des jeunes n'en démordent pas : la tendance se renversera le jour où des cours d'éducation sexuelle et relationnelle seront obligatoires dans les écoles. "Présentement, c'est à la discrétion des professeurs d'aborder les relations sexuelles et les méthodes contraceptives en classe, indique Melissa Dear de l'Association du Planning Familial. On sait que les parents sont encore extrêmement mal à l'aise pour parler de sexe à leurs enfants mais cette pudeur sème la confusion chez les jeunes". Nathalie Misalievich, formatrice de l'organisme Education for choice visite les écoles secondaires pour discuter de sexe avec les étudiants de 14 à 16 ans.Beaucoup de mythes ont la vie dure d'une génération à l'autre. "Cette méconnaissance jumelée aux images hypersexualisées des médias contribuent aux grossesses accidentelles chez les jeunes filles. Les adolescents ressentent une pression d'être sexy comme jamais auparavant. La culture du binge drinking, c'est-à-dire de la beuverie, un fléau chez les jeunes Anglais, n'aide en rien la cause, sachant que 60% des adolescentes sont ivres lors de leur première relation sexuelle et généralement alcool rime souvent avec rapport non protégé."

La délinquance féminine en plein boum
Selon Le Parisien » / Aujourd'hui en France du 08 décembre 2005, les femmes ne sont pas en reste en matière de délinquance. Elles sont en effet de plus en plus nombreuses à commettre vols et actes de violence et notamment chez les mineures. Ce constat est celui du rapport édité par l'Observatoire de la Délinquance (OND). Le nombre de femmes délinquantes a augmenté de 40% entre 1996 et 2004 .En 1996, elles étaient 50.000 à avoir été mises en cause par les services de police et de gendarmerie, 8 ans plus tard, elles étaient plus de 71.000 avec une forte proportion de mineures. Le nombre de vols a progressé de 21% chez les femmes , alors que le nombre global de vols reste stable en France (-0,9%). Ce sont surtout des vols à l'étalage, et dans une moindre mesure de destruction ou de dégradation, mais beaucoup moins d'infractions graves, comme des vols à main armée. En revanche, ce qui est surprenant c'est l'augmentation de femmes mises en cause pour faits de violence (+11%) (22.000 en 2004), surtout les mineures (+220%). En revanche, pour les violences sexuelles, l'immense majorité des auteurs reste des hommes.

 

29 novembre 2005

Quoi de neuf sur le site
 Le ministère délégué à la cohésion sociale et à la parité et son ministre, Catherine Vautrin, publient à l'occasion du 25 novembre 2005, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, un guide destiné aux professionnels, intitulé : Violence au sein du couple : le rôle des professionnels. Ce guide est téléchargeable sous format pdf 622 Ko sur cette page.
 Décès imputables aux violences conjugales, rubrique infos temporaires, une enquête ministérielle au sein du dossier de presse du ministère à l'occasion de la journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes, à télécharger sur cette page.
 Synthèse de l'enquête sur les décès imputables aux violences conjugales ajouté à la page violences conjugales : les chiffres, rubrique violences conjugales.
 Sympathique cadeau que nous a fait le dessinateur de presse Chimulus http://www.cpolis.com/chimulus/ pour la page d'accueil de notre site pour le 25 novembre, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes : http://www.sosfemmes.com (dessin en archive)
 Et les derniers témoignages retenus :
189. Mon père frappait ma mère. Crudycat témoigne des conséquences sur toute la famille.
190. Je suis accusée de tentative d'homicide avec préméditation. T. a vécu une situation terrible de violences conjugales tous azimuts. Et aujourd'hui ...
191. Secret professionnel. Cette femme est accusée par son employeur et un usager d'avoir rompu le secret professionnel. Vraiment ?
192. Ne laissez jamais quelqu'un vous traiter de la sorte. Même après le divorce, l'enfer peut continuer ... Cerise a besoin de soutien.
193. Confession d'un bourreau d'un jour. Fabrice a frappé sa femme. Elle l'a quitté.

Les bonnes pages
 Deux albums pour les 4-8 ans qui aident à lutter contre les stéréotypes sexistes dès le plus jeune âge et à parler de l'égalité des sexes avec les petit-es et avec leurs parents :
* La princesse et le dragon de Robert Munsch, illustré par Michael Martchenko. La princesse Elisabeth doit épouser le prince Ronald. Un jour, un dragon détruit son château, brûle sa jolie robe et emporte le prince. Elisabeth décide de poursuivre le dragon et de sauver Ronald. Un livre où les filles chassent le dragon ! Prix : 9,80 euros.
* Quand Lulu sera grande de Fred L. Quand Lulu sera grande, elle rangera sa chambre à sa façon, jouera au foot, soignera les animaux et conduira un camion, même si les grands disent que "c'est que pour les garçons". Prix : 9,80 euros.
... dans toutes les bonnes librairies ou directement chez l'éditeur : http://www.talentshauts.fr/
 Penser la pornographie, Ruwen Ogien, PUF, Questions d'éthique 2003, 16 euros, 172 p. : les Presses Universitaires de France consacrent un volumineux dictionnaire à l'univers du sexe. Une première en France. http://www.puf.com/Book.aspx?book_id=016942

La progression de la violence dans les relations sociales se répercute sur les enfants
Selon l'Observatoire décentralisé de l'action sociale (ODAS), en 2004, le nombre d'enfants en danger a fortement progressé, passant de 89 000 à 95 000, ce qui représente une augmentation de près de 7 %, rapporte Le Monde du 02 novembre 2005. En une seule année, les conseils généraux ont enregistré autant nouveaux signalements qu'au cours des cinq années précédentes, de 1998 à 2003. Pour le délégué général de l'ODAS, Jean-Louis Sanchez, ces chiffres ne sont pas directement liés à la précarité économique. "Les minima sociaux, et notamment le RMI, ont permis de sortir beaucoup de familles de la grande pauvreté, observe-t-il. Aujourd'hui, les familles sont surtout déstabilisées en raison de la monoparentalité et de l'inoccupation. Il faut donc tenter de rompre leur isolement et de mieux les insérer dans le tissu social."

Gynécologie médicale et médecine d’urgence : deux spécialités consacrées par l'université
Selon Le Quotidien du Médecin du 26 octobre 2005, la gynécologie médicale et la médecine d'urgence pourront disposer de professeurs nommés dans leur spécialité à partir de 2006. Les disciplines ont été rattachées à plusieurs sous-sections du Conseil national des universités à la faveur d'un arrêté des ministères de l'Education nationale et de la Santé paru le 15 octobre au Journal officiel. Malgré les demandes récurrentes de ses représentants, la médecine générale court toujours après cette reconnaissance universitaire.

Les atouts de l'anneau contraceptif
Peu connu, l'anneau contraceptif est un mode de contraception longue durée à découvrir. On le glisse comme un tampon dans le vagin où il libère l'équivalent d'une pilule minidosée pour trois semaines. Il permet d'éviter les oublis liés à une prise quotidienne, tout en protégeant d'une grossesse non désirée. Quels sont les arguments en faveur de ce moyen contraceptif ? Lire ici sur Doctissimo : http://www.doctissimo.fr/html/dossiers/contraception/articles/9066-anneau-contraceptif-atouts.htm

L'avortement des mineures en question en Californie
Selon Courrier International (novembre 2005), il y a trois ans, le gouverneur Gray Davis déclarait que la Californie était l’Etat “le plus favorable à l’avortement” de tout le pays. L’élection spéciale du 8 novembre prochain donnera aux opposants à l’avortement leur meilleure chance depuis trente ans de modifier ce qualificatif. Les électeurs devront en effet se prononcer – entre autres – sur la proposition 73, laquelle exige du médecin qu’il prévienne un des deux parents quarante-huit heures avant de pratiquer une interruption volontaire de grossesse sur une jeune fille de moins de 18 ans. Le projet a déclenché une bataille intense auprès d’un électorat qui reste partagé. Pour ses partisans, il rend un rôle important aux parents, et ce à un moment vital. “C’est la première fois depuis l’affaire Roe contre Wade que nous avons la possibilité d’adopter une loi pour sauver des enfants en Californie”, rapporte le San Francisco Faith, un magazine qui appartient à James Holman, principal soutien financier de la proposition 73. [En Californie, l’un des Etats les plus libres du pays, 44 000 jeunes filles – dont 1 620 avaient moins de 15 ans – ont choisi en 2000 de se faire avorter.] Pour ses adversaires, le projet a des implications qui vont au-delà de la notification aux parents et constitue en fait la dernière bataille en date dans la longue guerre de l’avortement.

Au Nigéria, trafic de femmes pour les trottoirs européens
Routes défoncées, bâtisses lépreuses, Benin City respire la misère. Seules quelques touches de prospérité témoignent de la vigueur de l'économie informelle : un golf, de belles demeures, «achetées avec l'argent de la prostitution», affirme une habitante. Il y a plusieurs siècles, Benin City fut le coeur prospère d'un royaume esclavagiste, elle est aujourd'hui le repaire des vendeurs de femmes : 90 % des Nigérianes arpentant les trottoirs d'Europe sont originaires de cette région du sud-ouest du Nigeria ; la quasi-totalité des familles de Benin City a au moins un membre prostitué à l'étranger, selon Libération du 8 novembre 2005.
Beaucoup de femmes prostituées sont expulsées après une arrestation par la police. Malades, traumatisées, en dépression, accros à la drogue, les rescapées des trottoirs d'Europe restent dans les limbes, esprit déchiré entre un rêve d'ailleurs brisé et la misère noire qui est à Benin City leur seul horizon. La famille rejette celle qui revient sans rien, alors qu'elle était censée améliorer la condition de tous. Afin de s'assurer du silence des femmes, les trafiquants les soumettent à des rituels vaudous. Juliette se souvient de son passage au temple. «Ils ont pris des poils sous mes bras, sur mon sexe, des cheveux, et ils m'ont fait jurer que je resterais leur esclave tant que je n'aurais pas remboursé ma dette et racheté ma liberté.» En 2003, le Nigeria a édicté une loi contre le trafic d'êtres humains ; l'agence du même nom (en abrégé Naptip), créée dans la foulée, a obtenu une condamnation. Selon la Naptip, ce trafic rapporte 9,5 milliards de dollars par an.
Le témoignage de Lolita, prostituée de Benin City, sur Afrik.com : http://www.afrik.com/article7232.html

Des musulmans à l'heure du "Djiad antisexiste"
Pratiquantes et féministes, elles veulent combattre le patriarcat de l'intérieur. «Le processus de libération n'est pas le monopole du féminisme séculariste.» Le cheveu en bataille et le sourire contagieux, l'écrivaine et philologue française Layla Bousquet revendique la pluralité des luttes féministes, dont celles menées dans le cadre d'une pratique religieuse, indique Libération du 02 novembre 2005.
Ex-militante féministe de la première heure - elle appartenait au Mlac (Mouvement pour la liberté de l'avortement et de la contraception, créé en 1973) -, elle a ensuite travaillé avec des groupes de femmes chrétiennes, juives et musulmanes. Elle est devenue musulmane il y a une vingtaine d'années. «Il y a aujourd'hui dans l'islam un vaste mouvement féminin qui, forcément long et compliqué, remet puissamment en question le patriarcat.»

Aux Pays-Bas, des bordels organisent une journée porte ouverte
Selon l'AFP le 7 novembre 2005, plus de 2 000 personnes ont visité des maisons de prostitution samedi lors d’une journée porte-ouverte organisée par l’Assocation des exploitants de maison de relaxation (VER) de la province de Hollande du Nord aux Pays-Bas. Le VER espère ainsi démontrer par cette opération de transparence que les abus et les dérives dénoncés par le syndicat des prostituées de Rode Draad (Le Fil rouge) ne valent pas pour l’ensemble des maisons de prostitution de la province. La prostitution est légalisée depuis le 1er octobre 2000 aux Pays-Bas.

Propos sexistes du ministre de l’enseignement supérieur
Selon Le Monde du 29 octobre 2005, des scientifiques se sont indignés des propos «sexistes» tenus par le ministre de l’enseignement supérieur. Les récentes nominations exclusivement masculines, au conseil d’administration du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et surtout les propos de François Goulard, ministre, ont suscité des remous. Après la publication des nominations, Mme Dubois-Violette avait dénoncé sur Europe 1, la baisse continue du nombre de femmes au CNRS et de ses instances dirigeantes. «Le problème vient de ce que cette dame se serait bien vue à un poste de direction. La question est de savoir si elle était la plus désignée pour celui-ci», avait dit M. Goulard. «Maintenant, si ça peut vous faire plaisir, je peux nommer mon assistante» a-t-il déclaré le 20 octobre au Sénat.
Le réseau "Encore féministes !" http://encorefeministes.free.fr a demandé à la HALDE de s’auto-saisir d’une enquête sur ce cas et de demander au ministre François Goulard de prouver qu’il ne s’agit pas là d’une discrimination en raison du sexe des personnes évincées.

Nouvelle campagne télévisuelle contre les violences conjugales
Selon l'AFP le15 novembre 2005, un clip montrant une femme terrorisée au sein même de son propre foyer sera diffusé à partir du 21 novembre sur sept chaînes françaises "pour placer l'homme face à ses responsabilités", a annoncé la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF). La séquence, dévoilée mardi à la presse, montre une jeune femme terrorisée qui court dans la forêt, avant de se retrouver soudain face à un mur d'intérieur, tapissé et décoré. Chez elle. On comprend alors que cette femme est "piégée, dans son propre foyer, sous propre toit", explique dans un communiqué la FNSF, fédération de 59 associations qui accompagnent chaque année 40.000 femmes victimes de violences. "Une femme sur dix déclare avoir été victime de violences de la part de son conjoint ou ex-conjoint dans les douze derniers mois", rappelle le docteur Gilles Lazimi, coordinateur de la campagne. Cette phrase ponctue le clip avant que ne soient énoncées les peines encourues par les hommes violents: 3 à 5 ans de prison.
"On veut responsabiliser les hommes sur leurs comportements sexistes et leur rappeler ce qu'ils encourent", poursuit ce médecin généraliste qui a questionné lui-même 100 de ses patientes. Une sur cinq a fait état de violences sexuelles subies au cours de sa vie et près d'une patiente sur trois a reconnu des violences physiques.
"En ciblant pour la première fois les agresseurs, on rend à la femme son statut de victime, on la déculpabilise et on libère sa parole", ajoute M. Lazimi. "Il faut faire changer la honte de camp", conclut-il.
Une enquête menée en 2000 a montré que seulement 8% des femmes victimes de violences conjugales portent plainte et que 6% de ces plaintes ont des suites judiciaires.
Cette campagne télévisuelle (TF1, France 2, M6, RTL9, MCM, TMC et Teva) s'accompagnera d'actions en Ile-de-France et en régions jusqu'au 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.

La Cour Européenne valide l'interdiction du voile à l'université en Turquie
Une étudiante turque qui revendiquait le port du foulard islamique à l'université d'Istanbul a été déboutée par la cour des droits de l'homme, selon Le Figaro du 11 novembre 2005. La cour européenne des droits de l'homme a rendu, hier, en appel, un arrêt contre le port du voile islamique en Turquie. Confortant les principes laïcs de la République fondée par Mustapha Kemal, les juges de Strasbourg ont rejeté en appel la requête d'une étudiante en médecine , qui contestait le règlement interne très strict de l'université d'Istanbul.

Il pourrait manquer 200 millions de femmes sur Terre en 2025
Jean claude Chesnais est démographe et économiste à l'INED. Dans Le Monde du 12 novembre 2005, il parle de la Chine, du veillissement global de la population, des difficultés à venir, de l'influence de la médecine, des biotechnologies. Dans certaines régions du monde, on peut penser que la répartition entre hommes et femmes pourrait être modifiée grâce aux techniques médicales. En l'absence de discrimination, le nombre de femmes dépasse d'environ 5 % celui des hommes. Ce n'est pas le cas en Chine et en Inde, où, de part et d'autre, il manque 50 millions de femmes. Dans ces pays, comme en Corée du Sud, des stations d'échographie portables permettent, dans les villages, de sélectionner les foetus garçons, et des avortements illégaux sont ensuite pratiqués. Cela pour répondre à des considérations religieuses - les hommes assurent le culte des ancêtres - ou économiques - coût de la dot. Si cette tendance se généralise, il n'est pas exclu que le déficit de femmes atteigne 200 millions en 2025 sur la planète. Les conséquences risquent d'être lourdes.

Une audience publique sur l'avortement au Parlement européen
Selon le Mouvement Français pour le Planning Familial, plusieurs femmes de pays membres de l'Union Européenne ont témoigné au Parlement Européen le 18 octobre 2005 sur le manque d'accès à l'avortement dans la légalité et la sécurité sanitaire dans leurs pays et les conséquences que cela implique. La réunion s'est focalisé sur la situation en Irlande, en Lituanie, à Malte, en Pologne, au Portugal, en Slovaquie, et en Espagne. L'une des témoins, Alicja (Pologne), avait décidé de porter le dossier à la Cour Européenne des Droits de l'Homme à Strasbourg en Février 2005 sur les positions du gouvernement polonais. Le dossier est toujours ouvert. En relation avec l'évenement , ces membres du parlement européen ont rédigé une lettre ouverte pour faire de l'avortement un droit pour toutes les femmes dans l'Union européenne.
Parallèlement, selon Associated Press du 17 novembre 2005, le pape Benoît XVI a reçu la veille en audience un mouvement anti-avortement italien et a salué le travail de ses membres qui écrivent "des pages d'espoir" pour l'humanité. S'exprimant devant une soixantaine de membres du "Mouvement pour la vie" place St-Pierre à Rome à l'occasion de son audience hebdomadaire, le souverain pontife a estimé que ce groupe défendait la dignité de la personne humaine "de la conception à la mort naturelle".

Femmes abusées : risque accru de cancer du col
Selon libération du 16 novembre 2005, les victimes de violences sexuelles délaissent le suivi médical. Les femmes victimes d'abus sexuels dans leur enfance développeront-elles plus que les autres un cancer du col de l'utérus ? «Il n'y a pas eu d'étude là-dessus, la question reste ouverte, mais cela serait logique», affirme Marc Shelly, médecin de santé publique à l'hôpital Fernand-Widal (Paris). C'est en tout cas ce que sous-entend une étude de l'association Aremedia en collaboration avec l'Inserm, à paraître prochainement. Ce travail met en évidence qu'une femme sur quatre ne pratiquant pas régulièrement des frottis a subi des abus sexuels avant l'âge de 16 ans. «C'est énorme», commente Marc Shelly. Car aujourd'hui, l'absence de dépistages réguliers est l'un des facteurs de risque principal du cancer du col de l'utérus. Le frottis permet en effet de repérer des lésions précancéreuses. Et donc de traiter au plus tôt. Détectée à temps, la lésion est curable à 100 %. «Mais ces femmes montrent très souvent un désintérêt pour leur santé, et leur santé gynécologique en particulier», notent les chercheurs. Elles cumulent souvent d'autres comportements à risques, tel l'alcoolisme, les toxicomanies, voire des tentatives de suicide.

Sept ans de prison ferme pour avoir transmis le sida
Selon Radio France International le 17 novembre 2005, Yves Prépont, chauffeur au Conseil régional de Guyane, âgé de 41 ans, a été jugé à Cayenne et reconnu coupable d’avoir transmis volontairement le virus du sida à plusieurs femmes. L’usage de faux a aussi été retenu contre lui : l’accusé, connaissant sa séropositivité, avait présenté à ses partenaires un test VIH falsifié. Il écope de sept ans ferme.

 

31 octobre 2005

Quoi de neuf sur le site
 Les derniers témoignages retenus :
184. Je frappe mon mari. Cette femme est auteure de violences. Un témoignage rare.
185. Je nage en pleine mouise sentimentale. Cette femme mariée sollicite des échanges sur sa situation.
186. Dans l'impasse ... France est harcelée et menacée par son ancien conjoint. Elle demande conseil.
187. Une boîte bien ficelée. E. a longtemps tu les viols qu'elle a subis à 12 ans dans les caves d'un immeuble.
188. Aidez-moi. Dom est invalide et subit la conduite de son mari.

Les bonnes pages
 Un bon dossier "Vivre après l'inceste" dans Lien Social n° 769 d'octobre 2005, notamment un reportage à la maison d'accueil Jean Bru à Agen, seul établissement à accueillir des mineurs victimes d'abus sexuels en France ... (coordonnées en bas de cette page sur notre site) http://www.lien-social.com/
 Un dossier sur "Le Travail aujourd'hui" analyse les transformations du travail, sa division sexuée, le droit à la vie personnelle des salariés, le statut juridique des discriminations dans l'entreprise, dans le n°130 de Hommes et Libertés, 5 euros, 138 rue Marcadet, 75018 Paris.

Traçage des délinquants sexuels aux USA
Selon Elle du 12 septembre 2005, la prévention des délinquants sexuels tourne au déballage public aux Etats-Unis. Depuis juin dernier, le site http://www.mapsexoffenders.com/ localise grâce à Google Map les personnes déjà condamnées pour crimes sexuels sur enfants. On inscrit son quartier, sa rue et des petites gouttes rouges marquent leur présence ... Pour essayer, notez "Broadway" pour "Street" et "New York" pour "City", c'est tout. Edifiant ... Même après avoir purgé leur peine de prison, les délinquants sexuels doivent signaler leur adresse : pour la connaître et voir la photo de l'individu concerné, dans notre exemple, cliquer sur une petit goutte rouge.

La FDA critiquée par USA Today aux Etats Unis
Aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA), chargée du contrôle des médicaments, "expose les femmes à un risque inutile", critique USA Today, alors que la FDA a décidé de reporter indéfiniment sa décision sur la délivrance de la "pilule du lendemain" sans ordonnance (voir notre bulletin du 30 septembre 2005). "De nombreuses grossesses non désirées, et les choix douloureux qu'elles entraînent, pourraient être évitées si la contraception d'urgence était plus facile à obtenir. Malheureusement, la FDA a cédé à la pression politique des opposants à l'avortement, aux dépens de ses propres critères d'exigence", regrette le quotidien américain cité par Courrier International le 30 août 2005.

Pilule et cancer
Selon Le Quotidien du Médecin du 1er septembre 2005, après sa réunion de juin dernier, le groupe d'expert du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) avait classé comme agents cancérogènes les associations estroprogestatives utilisées en contraception ou en traitement hormonal substitutif (THS) de la ménopause. De fait, les mentions légales des pilules et le THS relèvent le risque de cancer du sein. En pratique, le travail d'analyse de la littérature mené par les 21 chercheurs issus de 8 nations différentes a été plus précis que cela. En ce qui concerne les contraceptifs oraux, le risque du cancer du sein serait légérement supérieur chez les utilisatrices et redeviendrait proche de zéro après 10 ans. La pilule était déjà classée dans le groupe 1 de produits cancérogènes (pour le cancer du foie, extrêmement rare dans les pays occidentaux) et augmenterait le risque cancer du col utérin mais réduirait le risque de cancer de l'ovaire et de l'endomètre, dont l'effet protecteur serait prolongé plus de quinze ans après la fin de l'utilisation. Les experts soulignent que le bilan est globalement plus positif.

Sexualité, conjugalité et transformation des rapports de genre
L’enquête Contexte de la Sexualité en France (Responsables : Nathalie Bajos et Michel Bozon. Equipe de recherche : neuf personnes, dont Michèle Ferrand, Laurent Toulemon, Henri Leridon, Armelle Andro) a obtenu un financement de l’ANRS en novembre 2003, complété par un financement de la Fondation de France. Dans la lignée de l’enquête ACSF 1992, la nouvelle enquête adopte une perspective large et envisage l’ensemble des modifications sociales qu’a connues récemment la société française (structures familiales, lois sur la parité ou le PACS, précarisation de certains groupes sociaux etc.). Elle appréhende les trois composantes de la sexualité que sont les actes, les relations et les significations, en les inscrivant à la fois dans les trajectoires individuelles et dans le contexte social.
Sur le site de l'INED : http://www.ined.fr/bdd/projrech/saisie/m_projet_phare.php?idprojet=P0433

Un dispositif anti viol
Selon le bulletin du MFPF (début septembre 2005), une femme vient de présenter un préservatif féminin anti-viol qui "harponne" l'agresseur. Le "rapex" (rape en anglais = viol) se porte comme un tampon et, en cas de pénétration, des crochets se referment sur le pénis de l'agresseur. Meurtri, le violeur sera obligé de s'encourir à l'hôpital "la queue entre les jambes" (sic). Tel est le principe d'un nouveau dispositif anti-viol mis au point par une Sud-Africaine qui a jugé qu'il était temps de protéger les femmes contre ce crime qu'est le viol.
Pour mieux comprendre, il est nécessaire de savoir que le viol tient du sport national en Afrique du Sud, qui bat tous les records en la matière, avec le taux de prévalence du VIH (sida) ... Le nombre de viols recensés est de loin le plus élevé du monde et, compte tenu de la situation, il peut être très sérieusement recommandé aux femmes de tous âges d'adopter ce dispositif.

Transmission sexuelle possible du VHC
Selon Le Quotidien du Médecin du 6 septembre 2005, une équipe de Necker-enfants malades de l'Hôpital de la Pitié Salpêtrière a publié une mise au point sur la transmission sexuelle du VHC responsable de l'hépatite C. Dans près de 20% des cas d'infection par le VHC, l'hypothèse d'une transmission sexuelle doit être évoquée. Il s'agit en particulier de personnes ayant des partenaires sexuels multiples ou des pratiques à risque.
Pour rappel, on estime à 600.000 personnes le nombre de porteur du VHC en France, dont la moitié en est ignorante. L'hépatite C peut être responsable d'une cirrhose ou un cancer du foie. Il existe des traitements. A l'état de cirrhose ou de cancer, seule une transplantation peut sauver le malade.
Infos complètes : http://www.soshepatites.org/

L'Ontario renonce à la charia
Selon Le Figaro du 13 septembre 2005, le gouvernement de l'Etat canadien de l'Ontario a renoncé à l'instauration de la charia, la loi islamique, pour arbitrer les litiges au sein des familles mususlmanes. L'Ontario a interdit les tribunaux islamiques après des années de controverse.

Un vaccin contre le papillomavirus à l'origine du cancer du col de l'utérus ?
Selon Elle du 12 septembre 2005, les médecins disposeront en 2006 de plusieurs type de vaccins contre le papillomavirus à l'origine du cancer du col de l'utérus, responsable de plus de 1000 décès par an. Dans 90% des cas, le cancer est lié au papillomavirus transmis par voie sexuelle. La vaccination sera donc utile mais on ne sait pas encore si elle sera recommandée à toutes les jeunes femmes. Et il ne faudrait pas que, se sentant protégées, elles abandonnent le préservatif, qui est le meilleur rempart aux IST et seul capable de protéger du VIH (sida), avec le Fémidom.

Quota de femmes en Norvège
Selon Libération du 12 septembre 2005, une nouvelle loi impose en Norvège un quota de 40 % de femmes dans les conseils d'administration des grosses entreprises, sous peine de fermeture. Une mesure unique au monde.

Signes religieux ostensibles
Selon Le Monde du 11 septembre 2005, le ministère de l'Education Nationale avait recensé 240 élèves porteurs de signes religieux ostensibles le jour de la rentrée de 2004 et 639 sur l'ensemble de l'année scolaire. Une semaine après la rentrée scolaire 2005, une douzaine de cas d'élèves portant un signe religieux ostensible ont été recensés par le ministère. Pour sa deuxième année d'application, la loi du 15 mars 2004 interdisant à l'école "les signes manifestant ostensiblement une appartenance religieuse" connaît ainsi une mise en oeuvre jugée "très satisfaisante" par tous les acteurs de l'Education Nationale.

"Des règles, quand je veux, si je veux"
On les pensait indissociables de la féminité, aujourd'hui, de plus en plus de femmes choisissent de retarder leurs règles, voire de les supprimer. Elle du 19 septembre 2005 a enquêté sur une pratique révolutionnaire mais troublante. On connaissait la pilule Jasmine pour différer les règles, aujourd'hui le nouveau panel de contraceptifs progestatifs (stérilet, implant) ou de longue durée (patch) ont pour effet d'amoindrir, diminuer voire supprimer les règles. Si certaines femmes ont besoin de sentir les cycles au travers du saignement, certaines voient dans cette suppression une nouvelle libération.

Pratique de l'IVG en ville : une mise en place qui prend du temps
Après la loi du 4 juillet 2001 sur la mise en place de l'avortement médicamenteux en ville, l'arrêté du 23 juillet 2004 et la circulaire du 26 novembre 2004 qui en précise les conditions, le Dr Marie-Laure Brival (vice-présidente de l'Ancic) dresse un bilan de cette pratique dans Le Quotidien du Médecin du 16 septembre 2005 . Les DDASS ne recensent pour l'instant que 150 conventions environ passées sur l'Ile-de-France entre médecins libéraux et centres de planification. La mise en place est lente et représente un travail considérable pour les centres référents qui assurent la formation des médecins généralistes, le soutien logistique du réseau et même les statistiques. "Aucun moyen n'a été prévu pour la mise en place, de façon ciblée, c'est à qui se débrouillera pour trouver des financements", alors que les gynécologues-obstétriciens sont d'office reconnus par la loi comme compétents pour pratiquer une IVG médicamenteuse (même ceux qui n'en réalisent jamais), les généralistes doivent, quant à eux, attester une pratique antérieure régulière, autrement dit prouver qu'ils ont travaillé dans un centre d'orthogénie. "Absurde discrimination, remarque le Dr Brival, tous nécessitent la même formation. Au moins une interprétation de la loi permet-elle à tout médecin généraliste volontaire de se former à l'IVG médicamenteuse. En revanche, les grands exclus de la loi sont les médecins des PMI (protection maternelle infantile). Par sa gratuité et sa proximité, la PMI représente un lieu idéal pour les femmes qui souhaitent avorter, en particulier pour celles en situation de précarité. Mais les PMI relèvent de la compétence des Conseils Généraux. Fin avril 2005, le Conseil Général de la Seine-Saint-Denis a donné son accord en espérant que cela fasse tâche d'huile pour les autres départements", confie le Dr Brival. Mais il est vrai que le protocole de l'IVG médicamenteuse a de quoi rebuter les médecins libéraux : les cinq consultations sont facturées 100 euros forfaitairement. Il faut attendre que les médecins prennent le temps d'apprivoiser la méthode. Ce sera ensuite aux femmes elles-mêmes de se réapproprier cet événement et d'être assurées qu'avorter chez elles leur offre une intimité spéciale.

Adolescence et accès à la pornographie
Selon Le Monde du 17 septembre 2005, deux adolescents sur trois ont vu des films pornographiques. Une étude de l'INSERM met au jour une corrélation entre la consommation régulière de ce type d'images, les difficultés scolaires et les conduites à risque. 80 % des garçons et 15% des filles interrogées de 14 à 18 ans avaient regardé un film X, le plus souvent à la télévision, au moins une fois dans l'année écoulée. Faut-il s'inquiéter de la forte proportion d'adolescents qui regardent des images pornographiques ? A l'âge où tout se sexualise, il est tentant de parler, de voir, de s'amuser des histoires de sexe. "Quand la pornographie se limitait aux magazines érotiques sur lesquels était inscrit 'réservé aux adultes', la notion de transgression était évidente dans la tête des adolescents. Aujourd'hui, ce qui ne va pas, c'est l'absence de limites définies par les adultes pour marquer les territoires de l'autorisé et de l'interdit, explique Xavier Pommereau, psychiatre spécialiste de l'adolescence. Il faut absolument limiter les accès, continuer à obliger les diffuseurs à marquer des territoires clairs. Cependant, la majorité des ados font la différence entre le porno, qui les amuse, et leur histoire amoureuse, sur laquelle ils sont plutot prudes et sentimentaux. Quant aux grands consommateurs de porno, il faut fait faire un lien avec éventuellement cette consommation boulimique et d'autres conduites à risque" Quant aux filles, le nombre de celles regardent ces images est loin d'être ridicule. Mais elles s'intéresseraient plus aux histoires érotiques, seraient plus mûres, plus affectives, tandis que les garçons préféreraient l'action, la démonstration, la puissance, voire la violence du hard.

Ni Putes ni Soumises s'internationalise
L'association Ni putes ni soumises, né en 2002 dans les banlieues françaises, séduit à l'étranger où des comités se sont créés pour "internationaliser" cette lutte, comme le souhaite la direction du mouvement, rapporte Libération du 30 septembre 2005."Nous avons été séduites par l'énergie de Fadela Amera, par le nom provocateur de l'association, et par les thèmes qui sont évoqués sans tabous", explique Amineh Kakabaveh, qui a fondé un comité en Suède en juin après avoir assisté à une conférence de la présidente de "NPNS", et était présente vendredi à l'université du mouvement à Dourdan (Essonne). Des comités existent déjà en Belgique, aux Etats-Unis, en Espagne, en Italie, en Suède et au Maroc, explique Siem Abchi, chargée de fédérer et d'organiser cet intérêt à l'étranger. "Il y a des demandes croissantes d'information sur le travail du mouvement à l'étranger", ajoute-t-elle, précisant que l'association a également des correspondants au Liban. "Dès que l'on cherche à s'émanciper, nous sommes perçues comme occidentalisées, et l'on considère que nous avons trahi", s'exclame dans la salle une quinquagénaire d'origine marocaine. "Le modèle d'égalité et de laïcité français est-il exportable ?", s'interroge-t-elle. Anna Guerrero vient de monter le premier comité Ni putes ni soumises en Espagne où, dit elle, "Le grand fléau, c'est la violence conjugale".
A noter que Fadela Amara, présidente de Ni putes ni soumises a apporté son soutien à Laurent Fabius, selon Le Monde du 11 octobre 2005 : pas certain que ce genre de parti pris officiel serve le mouvement et sa présidente déjà éreintée par des articles et des publications récentes. Bien des événements, comme ce dernier, amènent à penser que NPSS est de plus en plus instrumentalisée par sa présidente à des fins strictement personnelles.

Techniques de stérilisation rapide par implant
Selon Libération du 11 octobre 2005, depuis trois ans, Hervé Fernandez, gynécologue à l'Hôpital Antoine Béclère de Clamart, propose aux femmes ne souhaitant plus avoir d'enfants une technique de stérilisation rapide venant d'Australie qui consiste à poser un implant dans les trompes. Depuis la loi du 4 Juillet 2001, la stérilisation à visée contraceptive pour les hommes et les femmes majeurs est autorisée. Cinquante mille femmes bénéficient de la stérilisation chaque année et c'est la première méthode contraceptive dans le monde. Les raisons invoquées sont souvent l'intolérance ou les contraintes de procédés contraceptifs classiques. Le procédé Essure, moins lourd et plus sûr, se fait sans anesthesie générale, n'est pas douloureux et ne nécessite pas d'incision. La pose du micro implant à l'entrée des trompes se fait par voie naturelle à l'aide d'un hystéroscope et dure de 10 à 30 minutes. La patiente a juste à prendre un antalgique et un anti-inflammatoire avant l'intervention . Elle peut rentrer chez elle une ou deux heures après et reprendre une activité normale dès le lendemain. Cinq ans après, cette méthode est beaucoup plus sûre que par coelioscopie. le seul inconvénient est qu'elle n'est pas d'une efficacité immédiate. Trois mois après la pose, la patiente doit vérifier par une échographie que le dispositif est toujours en place, que la trompe s'est épaissie autour de l'implant et qu'elle est bien bouchée, d'où la nécessité dans l'intervalle de prendre un contraceptif. Bien sûr, cette méthode est irréversible et le médecin doit en informer la patiente à la 1ère consultation et s'assurer du caractère définitif de sa décision. Un dossier lui est remis pour un délai de réflexion de 4 mois. La femme après ce délai doit confirmer sa demande par écrit.

Le Royaume-Uni envisage de pénaliser les clients de prostituées
Selon The Observer d'octobre 2005, la législation pourrait se durcir au Royaume Uni quant aux clients des prostituées. "Les relations sexuelles avec des femmes victimes de trafic doivent être considérées comme un viol", a déclaré un ministre, une déclaration qui pourrait avoir des suites.
Sur le trafic des êtres humains à fin d'exploitation sexuelle, lire ici sur notre site.

La discrimination sexuelle, facteur premier de pauvreté
Selon Le Monde du 13 Octobre 2005, l’inégalité des sexes est l’un des premiers moteurs de la pauvreté et de l’exclusion sociale. C’est la conclusion du rapport, publié hier, du Fonds des Nations Unies pour la Population. Le document étudiait dans quelle mesure la communauté mondiale a rempli, depuis 2000, les huit objectifs du Millénaire pour le développement, censés réduire la pauvreté de moitié d’ici à 2015. Verdict des 250 experts : c’est en réduisant la discrimination sexuelle dans le monde que l’on réduira la pauvreté, tout en sauvant des vies et en améliorant l’existence des populations. Parmi les priorités, il faudra d’abord permettre aux femmes d’accéder à l’enseignement. Le rapport montre que pour chaque année supplémentaire d’éducation de la mère, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans baisse de 5 à 10 %. Autre impératif, améliorer la santé des femmes en matière de procréation afin de réduire la mortalité infantile, d’éviter les avortements dangereux et de lutter contre le sida. Le document avertit également que la violence sexiste "tue ou cause un grave préjudice à autant de femmes et de filles entre 15 à 44 ans que le cancer", accroissant d’autant les dépenses (soins de santé, frais de justice, surveillance policière, etc). Aux Etats-Unis, le chiffre de ces dépenses s’élève à 12,6 milliards de dollars par an. Ainsi, la discrimination sexuelle est non seulement un obstacle au développement, mais elle est aussi très coûteuse.

Les nouveaux pères britanniques pourront pouponner aux frais de l'Etat
Selon Le Monde du 23 octobre 2005, les pères de famille britanniques pourront bientôt s'occuper de leur bébé pendant trois mois aux frais de l'Etat. Le gouvernement leur promet de porter ensuite, avant la fin de la législature - probablement en 2009 - ce congé de paternité à six mois. Actuellement, les femmes britanniques ont droit à un congé de maternité de six mois. Pendant les six premières semaines, elles touchent 90 % de leur salaire ; ensuite, elles reçoivent une rémunération forfaitaire, quel que soit leur salaire réel, de 106 livres (155 euros) par semaine. Cette indemnité est versée par les employeurs, à qui elle est remboursée par le Trésor. A certaines conditions, les mères peuvent prendre six mois supplémentaires, non payés.

 

30 septembre 2005

Quoi de neuf sur le site
 Publication de la version en anglais du site grâce à, d'une part, Pamela Strawgate (voir son site) qui a réalisé la traduction, d'autre part, la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l'Egalité de Champagne-Ardenne.
 Mise en ligne du livret d'accueil et du règlement de fonctionnement du CHRS (format pdf), rubrique Tout sur SOS Femmes Accueil
 Publication des comptes 2004, rubrique Tout sur SOS Femmes Accueil
 Et les derniers témoignages retenus :
175. Pas moyen de le quitter, pourquoi ? K. est victime de viols et de violences graves de la part de son conjoint.
176. Comportement déplorable. Mina dénonce le comportement du médecin qui a reçu sa fille pour une IVG.
177. Chronique d'un inceste ordinaire. Véro a subi les effets de la prescription et son calvaire n'est pas reconnu par la justice.
178. J'ai décidé de porter plainte. T. a été violé à 16 ans par un patient dans un hôpital.
179. Pourvu qu'il me laisse tranquille ... Diana vient de quitter son ami au comportement violent.
180. Soyez plus fortes que moi. Cherry a quitté un conjoint violent, après 10 ans de souffrance.
181. Plus jamais je ne laisserai un homme me rabaisser. M. raconte sa vie et ses souffrances.
182. Victime de viol, je poursuis au civil. Mylnea cherche des victimes ayant poursuivi au civil, le crime étant prescrit dans son cas.
183. Je viens de vous lire et me sens moins seule. Victime de violences, Frédérique envisage le divorce ... mais elle a besoin de soutien.

Rapport INSERM sur l'efficacité des pyschothérapies
Le 26 février 2004, l’Inserm a publié un rapport sur l’évaluation des psychothérapies : « Psychothérapie - Trois approches évaluées – Expertise collective » (Editions de l’Inserm Paris 2004), rapport demandé par les services du Ministère, à savoir la Direction Générale de la Santé (DGS) et deux associations de patients : UNAFAM et FNAP Psy. Il présente la synthèse des travaux du groupe d’experts nommés par l’Inserm et repose sur l’étude critique de plus de mille études scientifiques internationales et françaises sur l’évaluation des psychothérapies.
Le Ministère de la Santé et les associations de patients souhaitaient une évaluation de l’efficacité des trois formes principales de psychothérapie :
- les thérapies psychanalytiques à court terme,
- les thérapies comportementales et cognitives (TCC),
- les thérapies familiales.
L’étude de l’Inserm a conclu à une efficacité nettement supérieure des TCC par rapport à la psychanalyse et aux thérapies familiales, pour presque tous les troubles envisagés. Des trois approches, la moins efficace est la psychanalyse. Ses résultats pour les troubles mentaux sérieux sont du niveau de celui du placebo. L’efficacité des thérapies familiales et systémiques se situe à un niveau intermédiaire, entre les TCC et la psychanalyse. Le 5 février 2005, le Ministre de la Santé Philippe DOUSTE-BLAZY annonce, devant un parterre de psychanalystes, qu’il a retiré du site internet du Ministère ce rapport Inserm ; désormais, aucune référence n’y sera faite de la part du Ministère.
Lire la synthèse du rapport INSERM.

Une reine au Danemark ?
Le Danemark envisage de modifier sa constitution pour permettre aux femmes de monter sur le trône. La loi fondamentale n'autorise que les hommes à monter sur le trône. Un amendement à cette loi sera présenté au Parlement en octobre prochain. (Associated Press, 29 août 2005).

USA : décision remise sine die sur la vente libre de la pilule du lendemain
L'agence fédérale américaine de réglementation des produits alimentaires et pharmaceutiques (FDA) a ajourné sine die toute décision sur la commercialisation sans ordonnance du contraceptif "plan B", connu sous le nom de la "pilule du lendemain", a-t-on appris samedi auprès de la FDA. La décision de la FDA qui survient après 28 mois de controverse sur ce sujet très sensible aux Etats-Unis suscite une levée de boucliers dans les rangs du parti démocrate dont les ténors politiques ont reproché au patron de la FDA, Lester Crawford, d'avoir agi en ce sens pour des motifs politiques et non scientifiques. La FDA avait autorisé en 1999 la vente sous ordonnance de ce contraceptif (levonorgestrel) commercialisé aux Etats-Unis par les laboratoires Barr. Quatre ans plus tard, un panel de la FDA avait recommandé qu'il puisse être vendu sans ordonnance. Mais les dirigeants de la FDA avaient rejeté l'an dernier cette recommandation, par crainte de provoquer une révolution au sein de la droite chrétienne anti-avortement, qui constitue une composante importante de la majorité présidentielle de George W. Bush. Le feu vert de la FDA aurait en effet permis aux adolescentes de plus de 17 ans d'acheter "la pilule du lendemain" en toute liberté. Pour justifier son refus la FDA avait affirmé manquer d'informations sur les risques posés par cette pilule pour les moins de 16 ans. Cette fois, Lester Crawford a admis qu'elle était sans risques pour les plus de 17 ans, mais il a justifié l'ajournement sine die de la commercialisation sans ordonnance en affirmant que cela soulevait des questions compliquées de règlements, pour permettre la vente libre de ce produit aux adultes mais pas aux adolescentes. La décision de la FDA, ne signifie pas toutefois que "plan B" ne puisse se retrouver en vente libre sur les étalages de certains drugstores. Certains Etats américains exercent eux-mêmes la supervision des produits pharmaceutiques et sept d'entre eux ont autorisé la vente libre de "plan B", sans restriction d'âge. (Associated Press, 29 août 2005)

Le foetus serait insensible à la douleur jusqu'à un stade avancé de la grossesse
Alors que le débat fait rage aux Etats unis, cet argument s'il venait à être confirmé selon une étude scientifique américaine, ce serait un des principaux arguments des opposants à l'avortement qui tomberaient.
Source : Foetuses 'don't feel pain until the final third of pregnancy', Andrew Gumbel, Los Angeles, in The independent 24 août 2005 http://news.independent.co.uk/world/americas/article307947.ece

Australie : quand la loi ancestrale permet le viol
Les femmes aborigènes réclament une évolution des lois traditinnelles de leur tribu afin qu'elles ne piussent plus servir à justifier des abus sexuels sur mineurs. Cette revendication fait suite à la condamnation d'un aborigène de 55 ans à un mois de prison pour avoir eu des relations sexuelles avec une jeune fille de 14 ans; Après avoir entendu des rumeurs qui racontaient que l'adolescente lui était promise depuis l'âge de 4 ans, avait un petit ami, l'homme l'a frappée avec un boomerang avant de la forcer à avoir un rapport sexuel. "Cette condamnation à un mois de prison est une honte, car cela ne dissuade absolument pas les hommes qui songent à violer des femmes, explique Boni Robertson, une intellectuelle aborigène respectée. Selon elle, cet homme aurait dû être condamné à une plus lourde peine. "Combien de temps nos femmes vont-elles êtres ignorées par les tribunaux et subir ces horribles crimes, alors que les coupables se réfugient derrière un droit ancestral ?" se demande l'intellectuelle. Elle n'hésite pas à déclarer que "le juge s'est moqué du travail effectué par ceux qui entendent rendre justice aux femmes et enfants violentés au nom d'une culture millénaire". (Courrier International , 24 août 2005)

Ambitions au féminin
L’Elysée ne se conjugue pas qu’au masculin. Parmi les postulants à la prochaine présidentielle, deux nouvelles volontaires : Michèle Alliot-Marie et Ségolène Royal. Dans le Journal du Dimanche du 25 septembre, MAM déclare avoir « l’intention de jouer un rôle de premier plan » en 2007. Quant à Ségolène Royal, si elle jouit d’une indéniable popularité auprès des Français, il n’en va pas de même pour ses collègues socialistes, ainsi Laurent Fabius demandait ce week-end : « Qui va garder les enfants ? », tandis que Jean-Luc Mélenchon : « La présidence de la République n’est pas un concours de beauté ».
Sans commentaire. (Libération, Nouvel Observateur, 26 septembre 2005).

Réforme du congé parental
Le nouveau congé parental d’un an, au troisième enfant, actuellement de 512 euros par mois sera porté à 750 à condition que l’interruption soit limitée à un an, selon les Echos. Au troisième enfant, les parents auront toujours le choix entre ce nouveau congé court, qui pourrait entrer en vigueur en 2006, et la formule actuelle de trois ans, qui donne droit à une indemnité de 512,64 euros maximum. Ce sont les mères qui prennent à 98 % les congés parentaux et l’objectif de la nouvelle formule est de ne pas les tenir trop longtemps éloignées du marché du travail. (AFP – 22 septembre 2005).

Le suicide révèle la souffrance singulière des jeunes homosexuels
Les gays ont, toutes choses égales par ailleurs, treize fois plus de risque de tenter de mettre fin à leurs jours que les hétérosexuels, selon une étude épidémiologique française inédite citée par Le Monde. Un phénomène souvent lié au secret, « psychologiquement épuisant », qu'ils maintiennent sur leur vie privée. Une étue inédite, menée par l'association Aremedia, montre que, toutes choses égales par ailleurs, les homosexuels âges de 16 à 39 ans ont treize fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels. Pour le docteur Marc Shelly (médecin de santé publique, responsable du centre de dépistage anonyme et gratuit de l'hôpital Fernand-Widal), qui a dirigé l'enquête, le phénomène correspond à « une forte dégradation de l'estime de soi ».

 

30 août 2005

Quoi de neuf sur le site
 Grâce à une subvention de la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l'Egalité de Champagne-Ardenne qui nous a permis de salarier quelqu'un un mois sur ce travail, création d'un nouvel annuaire de ressources psychothérapeutiques, tous départements métropolitains ; 2ème mise à jour de l'annuaire des lieux d'accueil et centres d'hébergement ; mise à jour de la page Planning Familial et compléments ; mise à jour complète de toutes les pages de liens de la rubrique Liens, contacts
 Et les derniers témoignages retenus :
170. Mon témoignage d'homme battu. Message de Bernard, victime de violences de la part de sa compagne.
171. Quel nom mettre sur ce qui m'est arrivé ? Coralie se demande comment nommer ce qu'elle a vécu ou comment des parents ne jouent pas leur rôle de protecteurs ...
172. Quel beau couple ! Le monde à l'envers : son concubin veut chasser M. de la maison qui lui appartient à elle !
173. Mon mari, un monsieur très bien ... qui me viole sans arrêt. Caroline veut divorcer pour mettre fin à l'esclavage sexuel dont elle est victime.
174. L'inceste, c'est la mort pour toujours. B. a été violée pendant des années par son père.

Les bonnes pages

 "Le deuxième sexe" de Simone de Beauvoir, Ingrid GALSTER (sous la direction de), Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 365, p., 20 euros. Un essai sur le scandale provoqué par cet ouvrage majeur qui allait devenir le livre fondateur du féminisme.
 Digitall Future, n°2, trimestriel, printemps 2005, 3,50 euros + port, IIAV, Obiplein 4, 1072 JB Amsterdam, Pays-Bas. Un nouveau venu de la presse féminste dans sa forme, avec des textes en français et une version anglaise, et son contenu : faire connaître les actions de toutes les féministes à travers la planète.
 Culture d'élite, culture de masse et différence des sexes, Geneviève Sellier et Eliane Viennot (sous la direction de), L'Harmattan, Paris, 200, 184 p., 17 euros. Recueil d'articles cherchant à comprendre les motifs de la dévalorisation des oeuvres créées par des femmes. En analysant le sens et la portée d'oeuvres littéraires, cinématographiques et télévisées dans le contexte de leur production historique depuis 150 ans, les 7 études mettent au jour les mécanismes en jeu dans l'édification d'une tradition culturelle "universelle" ... de laquelle les femmes sont absentes.

Les grossesses au dessus de 35 ans de plus en plus fréquentes
Depuis les années 1970, le nombre de grossesses tardives ne cesse d'augmenter. Selon l'INSEE cité par le Le Monde du 4 juillet 2005, 17,5 % des enfants nés en 2004 ont une mère âgée de 35 ans ou plus (contre 8 % en 1980) et 3,3 % une mère de plus de 40 ans. Le Haut Conseil de la population et de la famille juge cette évolution préoccupante et parle même de "véritable problème de santé publique" concernant les premières maternités tardives. Cet avis ne fait pas l'unanimité chez les professionnels de santé dont certains estiment que l'on culpabilise à tort les mères les plus âgées. Selon la sociologue Michèle Ferrand, cette évolution est le fruit d'un nouveau modèle né de la généralisation de la contraception, de la légalisation de l'avortement, de "l'essor des scolarités féminines" et de l'arrivée massive des femmes sur le marché du travail.

Une femme prêtre
Geneviève Bebey, 56 ans, à peine ordonnée prêtre par trois femmes "évêques" (excommuniées) le 2 juillet dernier a été aussitôt excommuniée par l'Eglise catholique. Selon Le Monde, elle estime avoir agi de façon "légitime" pour répondre à une situation obsolète. Dans le monde, 65 autres femmes dont 40 américaines se prépareraient au sacerdoce.

Tourisme sexuel
Selon Le Monde du 3 et 4 juillet 2005, 3 millions d'enfants sont victimes d'exploitation sexuelle dans le monde. A la suite d'un rapport interministériel, le gouvernement et 17 professionnels du tourisme ont signé une charte contre le tourisme sexuel. Parmi les signataires, les sociétés Accor, Aéroports de Paris, Air France, Fram, Jet Tours, Lastminute.com, Travelprice, Nouvelles Frontières, Thomas Cook et ... le Club Méditerranée qui avait refusé en 2000 d'informer ses clients sur le risques encourus. Les signataires s'engagent à former leur personnel et informer leurs clients contre les risques du tourisme sexuel.
Cette année, les passagers ont vu un film qui montre un homme se dévêtant dans un espace réduit ; la caméra recule et fait découvrir un couloir de prison au bout duquel il s'apprête à subir une fouille au corps avant d'intégrer sa cellule. Le commentaire : "voilà ce qui arrive aux personnes qui confondent tourisme et exploitation sexuelle".

Les jeunes turques voilées partent étudier à l'étranger
Au nom des principes de laïcité et d'égalité entre les sexes érigés en 1923 par Mustafa Kemal, le fondateur de la République Turque, les femmes dont la tête est couverte sont bannies des établissements publics. Telle avocate ne peut plaider devant un tribunal à cause de sa tenue vestimentaire, non tolérée en un tel endroit, rapporte Le Monde du 1er juillet 2005. De même, les jeunes filles doivent choisir entre retirer le voile à l'entrée de la faculté ou rester chez elles. Grâce à des mouvements islamiques qui se sont multipliés ces dernières années, des jeunes femmes sont envoyées dans des universités en Europe, dans le Golfe, en Azerbaïdjan, aux Etats-Unis. Soucieux de ne pas provoquer l'armée, gardienne des principes kémalistes et très sourcilleuse sur le sujet, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, n'a rien tenté pour briser l'interdiction.

Une femme vice-présidente en Afrique du Sud
Le président Thabo Mbeki a choisi le 22 juin une femme, Phumzile Mlambo-Ngcuka, comme vice-présidente de l'Afrique du Sud. Zouloue, Mlambo-Ngcuka a 49 ans. La désignation à ce poste très en vue, selon Le Monde du 24 juin, est un signe politique fort car le vice-président a des chances réelles de devenir le prochain président de l'Afrique du Sud à l'expiration du deuxième mandat de Thabo Mbeki en 2009. Celui-ci a fait de la promotion de la femme l'une de ses priorités et, au lendemain des élections d'avril dernier, avait formé un gouvernement comprenant 22 femmes sur 50 ministres, dont certaines à des postes essentiels, comme les affaires étrangères, la justice, les mines ou l'éducation.

Camille et Monica ne se marieront pas
Selon Libération du 9 et 10 juillet 2005, le projet de mariage de Camille et Monica, interdit par un jugement de Nanterre (Cf. bulletin du 27 juin dernier), a été rejeté en appel par la cour de Versailles. Camille a fait part de son intention de se pourvoir en cassation. Noël Mamère, maire de Bègles, soutient les deux transexuelles qui, sur le papier, sont homme et femme.

Le mariage homosexuel légalisé en Espagne
Après les Pays-Bas, la Belgique et le Canada, l'Espagne est le quatrième pays a avoir adopté le 30 juin dernier une loi autorisant le mariage homosexuel. Cette même loi autorise les couples homosexuels à adopter. Selon le Monde du 2 juillet 2005, les listes d'attente sont déjà longues dans les mairies des grandes villes.

Fin de la distinction entre enfants légitimes et naturels en 2006
L’ordonnance consacrée à la réforme de la filiation a été publiée au Journal officiel du mardi 6 juillet 2005. Désormais, afin de se conformer à l’évolution des modes de vie (40% des naissances ont lieu hors mariage), la distinction juridique entre enfants légitimes et enfants naturels (nés hors mariage) est supprimée. D’autres mesures sont instaurée par cette ordonnance, notamment en matière d’établissement de la filiation maternelle : l'indication du nom de la mère dans l'acte de naissance, qui restera facultative, établira la filiation à son égard. La mère non mariée n'aura donc plus à reconnaître l'enfant dont elle a accouché. Toutefois, ces différentes mesures n'entreront en vigueur que le 1er juillet 2006.

Evolution de l'intervention sociale auprès des personnes prostituées : la FNARS mène l'enquête
Fin 2004, la Fnars lance une enquête nationale "rapide" sur la prostitution ou plutôt les tendances générales observées sur 2001, 2002 et 2003, par des services très concernés par l’accueil et l’accompagnement social de personnes concernées par la prostitution. Dix services (tous spécialisés dans l’accompagnement de ce public sauf un) de 10 villes différentes françaises nous ont ainsi fait remonter les informations relatives à leurs rapports d’activités sur ces 3 années. Il ne s’agit donc pas d’un état des lieux de la prostitution mais bien de la synthèse de constats opérés par différents services dans leur activité quotidienne auprès des personnes, témoignant alors davantage d’une activité de services que d’une situation de la prostitution. Ces services sont de tailles diverses et mettent en oeuvre des modalités d’intervention sociale spécifiques à leur territoire et à leur projet associatif. Ils peuvent ainsi être spécialisés auprès d’un public particulier (ex : personnes étrangères) ou sur un type d’accompagnement spécifique (ex : travail de rue).
Dix constats principaux ont été établis :
1 - En dehors de Paris, tous les services indiquent une forte augmentation du nombre de personnes rencontrées que ce soit dans la rue (+ 61 %) ou dans les services (+ 32 %). Sur Paris, le service interrogé indique une relative baisse du nombre de personnes rencontrées dans la rue et au service ; cette observation est essentiellement liée à une baisse du travail de rue exercée par le service, cumulée à une probable relative diminution du nombre de personnes en situation de prostitution visible sur la ville.
2 - Les femmes représentent, de façon stable sur 3 ans, environ 80 % des personnes rencontrées par les services.
3 - La très grosse majorité des personnes rencontrées se situe dans la tranche d’âge 19-39 ans (environ 70-75 %). Les services constatent globalement, par ailleurs, un rajeunissement des personnes rencontrées et une baisse de la prostitution "âgée".
4 - Les services constatent une présence très majoritaire de personnes étrangères rencontrées soit près de 70 % en 2003, en augmentation relative au fil des ans (à souligner : le doublement du nombre de personnes étrangères originaires d’Europe de l’Est).
5 - Les personnes françaises sont majoritairement rencontrées dans les services tandis que les personnes étrangères le sont nettement plus dans la rue. On constate néanmoins en proportion globale une augmentation du nombre de personnes françaises rencontrées dans la rue entre 2001 et 2003. Cette observation pourrait illustrer une précarisation des personnes prostituées françaises ou encore refléter l’impact de la qualification du travail de rue opérée ces dernières années.
6 - Les services indiquent qu’entre 2001 et 2003, le nombre de personnes prostituées rencontrées dans la rue, prostitution la plus courante, reste quasi stable. Cette forme de prostitution apparaît d’autant plus importante par rapport à d’autres (appartement, bars, internet) qu’elle est de loin la plus accessible en terme de visibilité et d’intervention sociale. Les services soulignent, à ce titre, que les modalités d’accompagnement social doivent nécessairement évoluer pour aller vers d’autres formes de prostitution.
7 - C’est dans les domaines de l’accueil / échanges / orientation, du travail de rue, de la santé et de la prévention que s’inscrit globalement de façon très prioritaire l’intervention sociale des services.
8 - Les associations rendent compte d’importants besoins en terme de développement de pratiques et de réponses, en particulier en matière de travail de rue, d’accompagnement administratif, de prévention, de santé, de protection, et d’hébergement des personnes.
9 - Les sources de financement des services sont diverses, mais les Ddass apparaissent clairement comme les premiers et plus importants financeurs des services. Leur investissement reste globalement stable, voire, pour certains services, en augmentation sur les 3 ans. Les villes qui sont sur des soutiens financiers d’ordre moyen ou peu important auraient développé leur implication sur certains territoires au cours des 3 ans.
10 - Dès 2001, tous les services affirment entretenir des collaborations avec d’autres associations, des fédérations ou collectifs, les Ddass, les hôpitaux et les écoles. Plus de la moitié des services disent également entretenir des liens avec l’ANPE, la CPAM, la DGAS, la justice, les conseils généraux, la Caf et la police. Les services juridiques et les ONG sont également cités comme partenaires de quelques services alors que les Drass et les conseils régionaux entretiennent des liens quasi-inexistants avec les services interrogés. Une intensification des collaborations au fil des ans est observée par une majorité des services avec les Ddass, les hôpitaux, les associations. Sur la dernière année, la police, les services juridiques, la justice et la ville font également l’objet de plus grandes collaborations. Certains services ont par ailleurs signifié une plus grande collaboration en 2002 et en 2003 avec les ONG, les écoles et les fédérations.
Pour conclure, les tendances de l’état des lieux ne sont pas surprenantes mais elles ont au moins le mérite de s’appuyer sur des données chiffrées, dans un contexte où les constats du secteur associatif rejoignent assez peu ceux du ministère de l’Intérieur ...