accueil l violences conjugales | viol | harcèlement sexuel | prostitution | homosexuelles | santé | maîtrise de la fécondité & IVG
coeur, corps | liens, contacts | pros | questions, messages, réponses | quoi de neuf sur le site ? | tout sur sos femmes accueil | @

Imprimer cette page
Archives > Bulletins d'Info année 2010
Vous trouverez ci-dessous les derniers bulletins d'info ... que vous avez peut-être manqués.
Ne manquez pas les suivants ! Abonnez-vous sur cette page.
 
Archives 2010 | 2009 | 2008 | 2007 | 2006 | 2005 | 2004 | 2003| 2002 | 2001 | 2000
 

30 juin 2010

Quoi de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
518. Il n'y a pas d'amour sans violence. C'est ce que voudrait croire et faire croire ce nouveau compagnon ...
519. Drogue du violeur. V. a porté plainte ... mais ...
520. Tout me revient à la figure. Rosal se sent coupable d'avoir été violée.
521. Protéger mon petit garçon ... de son papa pédophile.
522. Drôle de "colo". Christelle a été victime d'abus sexuels
523. Le mot "fin". Message d'espoir...

Les bonnes pages
Le Cahier juridique des Actualités sociales hebdomadaires (ASH) n° 2664 du 18 juin 2010 est titré « Le traitement judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles ». Ce recueil de 156 pages a été écrit par Florent Cochez, médecin psychiatre, et Yvan Guitz et Pierre Lemoussu, magistrats. Il traite de l'ensemble de la problématique : les infractions, les auteurs, les dispositifs procéduraux dérogatoires, les sanctions, la prise en charge thérapeutique et la prise en charge des victimes. Un ouvrage synthétique et complet qui permet de faire le tour de la question avec des informations mises à jour et fiables.

Corps réels, corps trafiqués
Roger Cozien, docteur en mathématiques et ancien expert en criminologie, a présenté à l'Assemblée Nationale un logiciel nommé Tungstène, qui doit permettre de savoir si une photo a été retouchée et à quel degré. Pour M. Cozien, comme pour la député UMP des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, à l'origine d'une proposition de loi pour le signalement des publicités avec des personnes dont l'apparence a été modifiée au moyen d'un traitement de l'image, il s'agit de mettre fin au mensonge des photos que notre société a trop tendance à tolérer. On peut citer les bourrelets gommés des célébrités qui imposent une nouvelle norme aux adolescentes et poussent ces dernières à l'anorexie ou le missile apparu comme par magie sur une photo de guerre en première page d'un magazine pour rendre la scène plus dramatique et propulser les ventes. Mais il doit aussi servir dans le cadre judiciaire, comme cela a été le cas lors d'un récent procès contre un rugbyman en Irlande, avec la photo le mettant en cause qui avait en fait été modifiée. Si cette technologie développée par la société eXo maKina reste pour l'instant réservée à de grosses structures du fait d'un coût de plusieurs dizaines de milliers d'euros et d'une formation spécifique pour son utilisation, une version grand public est à l'étude. A noter également que la société travaille sur une technologie similaire, mais pour les vidéos cette fois-ci.
En septembre 2009, la députée UMP des Bouches du Rhône, Valérie Boyer a déposé un projet de loi visant à indiquer par une mention ad hoc les images retouchées. Comme elle l’a indiqué le 26 mai 2010 durant sa conférence de presse à l’Assemblée Nationale, Valérie Boyer a déposé ce projet de loi dans le cadre d’un problème de santé publique, pour "limiter les conséquences psychologiques des images sur les corps et en particulier les corps de femme" (sic). Elle rappelle, comme un crédo : "On est choqué par le mensonge des mots [...] alors que le mensonge des photos est permis et même valorisé." Malgré cette volonté qu’elle incarne, Valérie Boyer s’est heurtée à différentes réticences et notamment l’une portant sur la faisabilité technique d’identifier une image retouchée et la nature des retouches. Tungstène met fin à cette difficulté.

Contraception d'urgence : il est urgent de mieux informer les femmes
Selon Gynécologie Obstétrique Pratique de mai 2010, lLa France se situe dans une situation paradoxale : la contraception est fortement médicalisée avec plus de 80% des femmes ayant recours à une méthode médicale, mais les échecs demeurent fréquents, comme en atteste l'enquête Cocon, d'où un tiers des grossesses sont non prévues (350 000) et 60% se terminent par une IVG. Cet événement ne concerne pas seulement les jeunes, même si l'incidence des IVG est maximale chez les 20-24 ans, puisque 40% des IVG réalisées chez les 25-35 ans. L'enquête COCON a montré que seulement 3% des femmes, ne suivant aucune méthode contraceptive contribue pour 35% aux grossesses non prévues, la plupart de ces femmes avaient d'ailleurs arrêté temporairement la contraception. (dont 21% la pilule) ce qui traduit l'écart entre efficacité théorique et pratique des méthodes contraceptives. Les méthodes les plus efficaces sont celles qui ne nécessitent pas d'observance quotidienne. Les périodes de changement de contraception sont également des périodes à haut risque de grossesse non voulue. D'autre part, la contraception d'urgence reste largement sous utilisée principalement parce que les femmes ne prennent pas toujours conscience du risque ou qu'il est trop tard pour la prendre ou simplement qu'elles n'y pensent pas. Il a été démontré que la facilité d'accès par une prescription à l'avance et la possibilité d'en disposer sans prescription en pharmacie améliorer son utilisation. De fait, ce sont surtout les femmes jeunes qui y ont recours. Pour 71% des utilisatrices, son utilisation n'a pas d'impact sur la pratique contraceptive et ne conduit que 20% des femmes à changer de méthode. Le risque de grossesse est souvent sous estimé par les femmes et les difficultés de gestion de la contraception au quotidien aboutissent à des erreurs ou des arrêts temporaires. La contraception d'urgence a beaucoup évolué depuis les années 70 en passant de la méthode Yuzpe avec de fortes doses d'oestro-progestatifs à Norlevo en 1999 (lévonorgestrel par blocage de l'ovulation) et enfin par EllaOne (ullipristal acétate), efficace jusqu'à 5 jours après le rapport sexuel. Les gynécologues qui suivent la contraception régulière ne sont que 3% à prescrire une contraception d'urgence (Norlevo, EllaOne, DIU au cuivre). Ils ont un véritable travail d'information et de prescription systématique de CU en prévention à mener.

Faut-il reconnaître les familles homoparentales ?
Ils ont grandi dans un monde où l'homosexualité n'était plus un délit, ils peuvent s'unir en toute légalité depuis la création du pacte civil de solidarité (pacs), mais il leur reste encore un univers à conquérir, celui de la parentalité. Alors que, selon Le Monde du 29 juin 2010, dans les années 1970 et 1980, la plupart des couples homosexuels s'interdisaient de fonder une famille, ceux qui se forment aujourd'hui rêvent de devenir parents. Ils étaient des centaines de milliers à le dire, samedi 26 juin, lors de la Marche des fiertés, qui a demandé, comme tous les ans, la reconnaissance juridique des familles homoparentales. Forgé en 1997 par l'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), le terme d'"homoparentalité" est entré dans Le Robert en 2002. Ce mot désigne à la fois les lesbiennes qui partent en Belgique pratiquer des inséminations artificielles avec donneur, les gays qui reviennent des Etats-Unis avec des enfants nés de mères porteuses ou les homosexuels qui adoptent des bébés en passant sous silence leur vie de couple. Il fait également référence aux "coparentalités", ces couples d'hommes et de femmes qui s'associent pour élever à quatre leurs enfants. De 24 000 à 250 000 enfants concernés. Combien d'enfants sont aujourd'hui concernés par l'homoparentalité ? Nul ne le sait avec précision puisque la question n'est jamais directement posée dans les enquêtes. En 2005, Patrick Festy, de l'Institut national des études démographiques (INED), aboutissait à un chiffre allant de 24 000 à 40 000 enfants, mais il ne prenait en compte que ceux qui vivaient avec un couple de même sexe dans le même logement. L'Association des parents et futurs parents gays et lesbiens arrive, elle, au chiffre de 250 000 enfants en se fondant notamment sur un sondage réalisé par le magazine Têtu en 1997.

Femmes assassinées : les chiffres réels
A l’occasion de l’examen de la proposition de loi renforçant la protection des victimes, la prévention et la répression des violences faites aux femmes, la Fédération nationale solidarité femmes et PSYTEL, ont organisé le mardi 22 juin au Sénat une conférence de presse sur le thème « Femmes assassinées : les chiffres réels ». Les deux organisations ont présenté une étude, financée dans le cadre du programme européen DAPHNE, sur l’estimation de la mortalité liée aux violences conjugales en Europe et en France ainsi que le coût de cette mortalité. Selon le communiqué, "en Europe les études concernant les homicides de femmes victimes violences conjugales (en France 1 femme tous les 2 jours et demi) sous-évaluent la mortalité totale. Les violences conjugales impliquent toutes les relations intimes, tuent aussi des enfants, les auteurs et surtout causent de nombreux suicides de femmes. L’excuse du "crime passionnel" est aussi souvent avancée". Cette étude est argumentée de situations (homicides, suicides et analyse des mises à l’abri) rencontrées par les associations accueillant près de 40 000 femmes chaque année et des appels reçus au 3919, numéro d’écoute national que gère la FNSF. Enfin, cette rencontre a été l’occasion de débattre de la proposition de loi et des demandes de la FNSF présentées à la mission parlementaire de l’Assemblée Nationale et au Sénat. Elles concernent en particulier la création d’un observatoire national des violences faites aux femmes, celle concernant un délit spécifique, l’ordonnance de protection et les moyens alloués à la lutte contre les violences.

Nés de l'inceste, ils brisent le silence
En France, selon Marie Claire de juillet 2010, 5% des femmes seraient violées par un père, un oncle... Un chiffre effrayant pour un crime longtemps "oublié", qui sort enfin de l'ombre : un sondage choc en mai, un rapport gouvernemental dans les tuyaux, des victimes qui parlent, certains enfants, nés de ces viols, prennent aussi la parole. Doucement la chape de plomb se fissure. L'inceste, jusqu'ici circonstance aggravante d'un viol, est désormais entré dans le code pénal en février 2010. Et le gouvernement a demandé un rapport sur l'amélioration de la prise en charge des victimes. Il était temps : elles seraient deux millions en France, soit 5% des femmes, donc. Parmi elles, combien de jeunes filles tombées enceintes de leur père, combien de mères malgré elles, combien de bébés nés du pire ? "Ce sujet n'est tout simplement pas étudié, ce qui rend difficile la prévention et l'accompagnement", déplore Louis Jehel, psychiatre et traumatologue à l'hôpital Tenon, à Paris. "Ces grossesses sont douloureuses. D'après les cas cliniques que nous avons suivis, le déni de grossesse est relativement fréquent chez les jeunes victimes d'inceste. Beaucoup veulent une IVG, même tardive." Il y a trente ans, Isabelle Aubry, enceinte de son beau-père, est aussi passée par la case IVG. "L'assistante sociale m'a interrogée en présence de ma mère, comment vouliez vous que je révèle les viols dans ces conditions ?" raconte la présidente de l'Association Internationale des Victimes de l'Inceste (AIVI) . Aujourd'hui, ce n'est guère mieux. En moyenne, l'inceste est dénoncé seize ans après les faits, souvent par la victime. Une grossesse serait un moyen de la détecter plus tôt mais médecins et travailleurs sociaux méconnaissent les signaux d'alerte. Il est urgent de leur offrir une meilleure formation. Et pourquoi ne pas conserver l'ADN de l'embryon des jeunes filles demandant un avortement ? Cela constituerait une preuve irréfutable du crime quand elles porteraient plainte. Cette preuve, certains violeurs s'avèrent prêts à tout pour effacer : avortement forcé, coups et blessures sur la femme enceinte, ... Quand l'enfant naît, et que les femmes réalisent qui est le géniteur, leur situation leur parait tellement inacceptable qu'elles rejettent souvent le nourrisson. L'inceste a des effets désastreux également sur l'enfant, qui peut développer des tendances suicidaires ou des troubles de la personnalité.

La polygamie décriée mais marginale
Dans les "Décryptages" de son édition datée du 15 juin Le Monde publie une enquête sur les "Us et dérives de la polygamie". "Marginale mais déstructurante pour les femmes et les enfants, la polygamie", explique le quotidien, "est en régression dans les familles d’origine africaine". Mais d’ajouter qu’"elle se développe, dans la discrétion, dans les milieux fondamentalistes musulmans". Le quotidien a enquêté et fait le tour du sujet, évoquant en particulier la décohabitation, ou donnant la parole à Isabelle Gilette-Faye, la directrice du Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS) qui a "vu changer le profil des migrants". Le journal rappelle que "les fondamentalistes comme Liès Hebbadj, en réalité ne sont pas polygames : au regard de la loi, il n’a contracté qu’un seul mariage". Et le quotidien de citer le ministère de l’Intérieur : "ce sont des militants de la polygamie, mais ils ne sont pas polygames".

 

31 mai 2010

Quoi de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
515. Comme un arbre dans la vie. Témoignage. Quand il s'agit de panser les blessures ...
516. Diplomate et violent. La violence conjugale touche toutes les catégories socio-professionnelles mais certains statuts protègent ...
517. Le parcours du combattant ... face à son kiné, et d'autres choses.

Les bonnes pages
Libérée de la violence conjugale, de Martine Loiseau et Emmanuel Jeudy, Hachette pratique coll. Témoin de vie, 2010, 215 p., 11,90 €. Martine LOISEAU a 48 ans. Mère de trois adolescents, elle s'est évadée pour la deuxième et dernière fois de l'enfer des violences conjugales. Malgré la précarité de ses conditions de vie, elle a créé l'association "Et les maux s'envolent" à Suippes dans la Marne et consacre désormais son existence à son combat : la reconnaissance de la victime de violences conjugales. Emmanuel Jeudy quant à lui est journaliste indépendant, ancien rédacteur en chef adjoint de l'hebdomadaire Télé Star.

Une sociologue se penche sur l'adultère
Libération sexuelle oblige, aujourd’hui tout semble permis. Sauf l’infidélité. Et ce, de l’aveu même de celles qui prennent un amant. C’est ce que montre Charlotte Le Van dans Les Quatre Visages de l’infidélité en France. La sociologue, s’est entretenue pendant deux ans avec cinquante "infidèles", en couple hétérosexuel et ayant (ou ayant eu) des relations sexuelles extraconjugales, à l’insu ou contre le gré de leur conjoint pour cette grande recherche. Banal ? Justement, non. La première surprise de l’étude est qu’elle démontre que la fidélité reste la norme, y compris pour les infidèles, et que l’infidélité s’accompagne presque toujours d’un sentiment de culpabilité prégnant. On est bien loin de l’idée courante qu’aujourd’hui chacun fait ce qu’il veut quand il le veut, sans que l’infidélité soit vécue comme "transgression". Charlotte Le Van introduit son travail en rappelant que, sur 12 364 personnes, "seuls 0,6 % des femmes et 1,2 % des hommes qui vivent en couple déclarent avoir eu leur dernier rapport sexuel avec une autre personne que celle qui partage leur vie". La fidélité est considérée comme un critère de réussite du couple par 84 % des Français en 2008, contre 72 % en 1981. (...) Parmi les gens que j’ai interrogés, seules des femmes se sont révélées être infidèles dans le but d’"échapper à leur condition" ou "par vengeance". J’ai enquêté dans un milieu plutôt populaire. Les infidèles "par vengeance" ont en commun de se sentir responsables des infidélités de leur conjoint. C’est la fameuse phrase qu’assène l’entourage : "Il va voir ailleurs parce que tu ne sais pas le garder." On les persuade que, si elles portaient des dessous affriolants et faisaient "un petit effort", leur compagnon ne les tromperait pas. Bien sûr, la réciproque n’est pas vraie : on ne demande pas aux hommes de se déguiser quand ils subissent ce type de blessure. Responsables, elles en souffrent et rendent la monnaie avec un peu de retard et d’autant plus de violence. Elles prennent un amant en s’arrangeant pour que cela se sache. Quant à l’infidélité "pour échapper à sa condition", il est plus facile pour une femme de rêver d’un homme qui lui offre une nuit dans un palace que pour un homme de faire payer, au sens propre, une femme. Tant que les garçons s’initieront à la sexualité par la pornographie, alors qu’on présente aux filles le rêve du grand amour, le schisme entre les sexes n’est pas près de se réduire. Lors de l’enquête, beaucoup de femmes se sont déclarées déçues par la monotonie des pratiques, ont l’impression de servir de déversoir, d’être instrumentalisées… Tandis que les hommes ont expliqué, au contraire, ne pouvoir pratiquer certains gestes, liés à l’agressivité, qu’avec d’autres femmes que leur conjointe. Ils disent la respecter trop pour certaines paroles et certains gestes. Parmi les cinquante personnes que j’ai rencontrées, ce sont en grande majorité les hommes qui étaient "infidèles par principe", c’est-à-dire en choisissant ce mode de vie, plutôt qu’en le subissant. Mais eux aussi défendent un type de fidélité, puisqu’ils se déclarent "fidèles à l’infidélité". Pour autant, si les hommes sont majoritaires, cette pratique n’a rien d’exclusivement masculine.

La polygamie, un phénomène difficile à appréhender
Le droit français ne permet pas de se marier avec plusieurs partenaires. Que connaît-on de cette pratique ? Combien de familles sont concernées ? Que dit la loi ? Le point sur la situation. Qu'est-ce que la polygamie ? L'origine du mot, en grec ancien, en explique le sens : poly (plusieurs) et gamos (mariage) indique qu'il s'agit du mariage d'une personne avec plusieurs partenaires. Dans son rapport publié en 2006 sur le sujet, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) soulignait que le phénomène était "aussi vieux que l'histoire de l'humanité". Ce rapport cite parmi les causes probables et antiques, la volonté d'une descendance nombreuse et la nécessité de composer avec une forte mortalité des femmes et des enfants en bas âge. "Il existe une autre forme de la polygamie, basée uniquement sur la domination de l'homme sur la femme et l'utilisation de celle-ci comme signe extérieur de richesse. Ces deux formes de polygamie se retrouvent aujourd'hui dans différents pays, la seconde étant désormais la plus fréquente" précise le rapport. Une cinquantaine de pays autorisent toujours cette pratique.

Contraception et IVG : le paradoxe français
Selon Profession gynécologue de mars 2010, en dépit d’une bonne couverture contraceptive, le taux d’IVG reste élevé, et concerne dans 72% des cas des femmes qui ont déjà une pratique contraceptive. Une situation qui doit pousser les gynécologues à s’interroger collectivement sur les moyens de remédier aux échecs qui procèdent d’enchainements complexes mettant en jeu de nombreux facteurs. Faut-il revoir les stratégies de prescription en matière de contraception et sortir du schéma du "tout pilule". "Le rapport de l’IGAS, d’une très grande qualité, nous pousse à nous interroger sur les attentes des fe mmes en matière de contraception", explique Dr Elisabeth Aubény. (…) Premier constat : l’essentiel de la couverture contraceptive repose sur des méthodes "médicales" délivrées sur prescription. En tête, on trouve bien sûr la pilule, contraceptif le plus utilisé quel que soit l’âge. Parmi les femmes, qui déclarent faire quelquechose pour éviter une grossesse, près de 60% utilisent la pilule. Ce sont des jeunes femmes qui l’utilisent le plus : 80% des 15-19 ans, 90% des 20-24 ans. Le deuxième contraceptif le plus utilisé est le DIU qui concerne une femme sur quatre. Mais il est employé de façon marginale chez les moins de 30 ans (4%), ou les femmes sans enfant (2%) ainsi que chez les femmes socialement moins favorisées. Enfin, 11% des françaises utilisent un préservatif comme moyen de contraception. Son utilisation est maximale entre 15 et 19 ans (20%). L’accès à la contraception se fait essentiellement par un médecin ou un gynécologue. Aujourd’hui, la profession assure plus de 60% des prescripteurs contre 39% par les généralistes. Le rapport pointe une certaine inadéquation entre les méthodes et les pratiques. Plus les femmes sont impliquées dans le choix de leur contraception, plus elles en sont satisfaites et moins elles connaissent d‘échecs. Mais la prescription procède rarement d’un véritable choix en partenariat avec le médecin et la patiente et le couple. Le schéma le plus courant privilégie une "approche technique du prescripteur, elle aboutit à une ordonnance de pilule dès lors qu’aucune contre-indication médicale n’a été constatée. Ce schéma, fondé sur un concept d’efficacité théorique, méconnait le vécu de la contraception qui se traduit notamment par la fréquence des oublis de pilule, indique l’IGAS. Il apparait que trop peu de prescripteurs prennent le temps de délivrer des explications et conseils nécessaires et moins encore de vérifier qu’ils ont été compris et assimilés. La responsabilité n'incombe pas seulement aux médecins, mais le rapport souligne la nécessité d’améliorer les conditions de prescription. Sans jeter l’anathème sur la pilule, le Dr Brigitte Lecombe, présidente ce la Fédération Nationale des Collèges de gynécologie médicale, considère qu'il n’est plus possible de continuer dans la voie actuelle. "Pendant longtemps, le meilleur pour nous, c’était forcément la pilule," explique t-elle. "Il ne s’agit pas d’arrêter la contraception hormonale, mais à l’évidence, cette méthode ne convient pas à un certain nombre de femmes". Le Dr Françoise Tourmen, vice présidente de l’AFC, précise : "Il serait beaucoup plus opportun de développer bien plus largement la prescription du dispositif intra utérin en essayant au passage de familiariser le grand public à ce terme, bien plus adapté que "stérilet". Aujourd’hui, on voit encore trop de femmes qui pensent que le stérilet, ca rend stérile. Pour le Dr Marie-Laure Brival, "il est urgent de promouvoir d’autres méthodes, y compris la stérilisation , encore très taboue en France, pourtant 100% efficace, sans aucun risque et qui peut parfaitement convenir à des femmes de 35-40 ans, ayant assez d’un parcours pilule depuis plus de 20 ans". Les gynécologues se sont félicités du remboursement de 2 pilules de 3e génération (Varnoline et Désobel) Il serait maintenant prioritaire de rembourser l’anneau ou le patch", estime le Dr Aubény.

Evolution de la répartition des tâches domestiques après l'arrivée d'un enfant
La Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) publie, dans Politiques sociales et familiales n° 99 de mars 2010, un article d’Arnaud Régnier-Loilier et Céline Hiron, respectivement chargé de recherche et stagiaire à l’Institut national d’études démographiques (INED), sur l’évolution de la répartition des tâches domestiques après l'arrivée d'un enfant. Selon le résumé, "malgré l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail à partir des années 1960 et une progression de la 'norme' égalitaire, le partage des tâches domestiques reste très inégalitaire au sein du couple. Par ailleurs, la répartition du travail domestique n’est pas figée et les inégalités entre femmes et hommes se renforcent au fil des années ou au gré d’événements familiaux ou professionnels." A partir de l’enquête longitudinale Etude des relations familiales et intergénérationnelle, réalisée par l’Institut national d’études démographiques et l’Institut national de la statistique et des études économiques en 2005 et 2008, cet article examine l’incidence de l’arrivée d’un enfant sur le partage du travail domestique entre les conjoints.

Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie
Le 17 mai, dans un communiqué commun du Ministère des Affaires étrangères et européennes et du Ministère de la Santé et des Sports, Bernard Kouchner et Roselyne Bachelot-Narquin rappellent que le 17 mai 1990, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) annonçait sa décision de retirer l'homosexualité de la liste des maladies mentales. Cette décision, que la France avait prise dès 1981, a marqué une étape historique dans la reconnaissance de la liberté d'orientation sexuelle et d'identité de genre. Le 17 mai est la date choisie pour célébrer dans le monde entier la Journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie. La lutte contre les violations des droits de l’Homme fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre est l’un des axes de la politique de la France en matière de droits de l’Homme, soulignent les deux ministres. Cette journée est l’occasion de rappeler que la France reste fortement mobilisée dans la lutte contre la stigmatisation et les violations graves des droits de l'Homme dont sont victimes les personnes lesbiennes, gay, bisexuelles, transgenres (LGBT) partout dans le monde. Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports a annoncé le 17 mai 2009 son intention de ne plus considérer la transidentité comme une affection psychiatrique. La publication en février dernier du décret a consacré cette décision faisant ainsi de la France le premier pays au monde à agir dans ce sens (synthèses des 15 et 24 février). Il reste que la transidentité est toujours considérée comme une maladie mentale dans de nombreux pays. C'est la raison pour laquelle, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes et Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports, ont décidé de travailler ensemble pour porter cette question devant l'Organisation mondiale de la Santé.


Un mari qui participe aux tâches ménagères réduit les risques de divorce
Les risques de divorce se trouvent considérablement diminués dans les couples où le mari participe activement aux tâches ménagères, selon les conclusions d'une étude réalisée auprès de 3 500 couples britanniques par la London School of Economics (LSE). L'enquête, publiée mardi 18 mai (AFP) et intitulée "Travail masculin non rémunéré et divorce", précise que l'implication de l'homme dans le ménage, les courses et le soin des enfants contribue dans tous les cas de figure à la solidité du couple, indépendamment du statut de l'épouse : qu'elle soit femme au foyer ou qu'elle exerce un métier. "L'étude montre que pour les familles dans lesquelles les femmes sont au foyer et les hommes participent peu aux tâches ménagères et à la prise en charge des enfants, le risque de divorce est 91 % plus élevé que quand la mère travaille et son mari participe au moins en partie aux tâches ménagères. Par ailleurs, il n'y a pas d'augmentation du risque de divorce quand la femme travaille et que son mari participe le plus possible aux tâches ménagères", estiment les chercheurs. "La combinaison optimale présentant les plus faibles risques [de divorce] est celle où la mère ne travaille pas et où le père s'adonne à un maximum de travaux ménagers et de prise en charge des enfants", à en croire l'étude. Ces conclusions font voler en éclats la théorie solidement ancrée depuis les années 1960 selon laquelle la meilleure garantie de stabilité du mariage résulte de situations où l'homme travaille et la mère s'occupe du foyer. Les sociologues estimaient ainsi qu'une mère au foyer était souvent moins encline à divorcer en raison des difficultés économiques qu'elle aurait à affronter.

 

30 avril 2010

Quoi de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
511. Bouche-trou. Victime d'abus sexuels enfant, la femme de cet homme s'est éloigné peu à peu.
512. Impossible de subir un examen gynécologique. Cette jeune femme cherche des solutions.
513. Je refuse de fournir mon adresse au père de ma fille. Une impasse juridique qui pourrait mal finir ...
514. Cet horrible sourire. Un exemple de réparation ...

L’enjeu de l’égalité entre les femmes et les hommes pour financer les retraites
Plusieurs sites ont mis en ligne un texte de Christiane Marty, ingénieure, chercheuse, militante altermondialiste (ATTAC) et féministe titré "L’enjeu de l’égalité entre les hommes et les femmes pour financer les retraites". Ce texte présente, selon son auteure, « une voie qui permet à la fois d’améliorer de manière déterminante le financement des retraites, de corriger durablement les inégalités entre les hommes et les femmes et de créer des emplois répondant aux besoins sociaux, loin de tout productivisme et nuisance environnementale. C’est une voie qui est absente des réflexions du Conseil d’orientation des retraites (COR) et du gouvernement. "A l’heure où près d’un actif sur deux est une femme et où le niveau des inégalités envers les femmes est largement reconnu … mais aussi délaissé, la question des retraites des femmes ne peut pas être reléguée à une rubrique spécifique de la question des retraites. A plus forte raison quand elle fait partie des solutions".
Retrouver le texte sur le site Europe solidaire sans frontières

La violence homophobe est plus présente qu'on ne croit
Selon Le Monde du 25 avril 2010, malgré une reconnaissance accrue des couples homosexuels, liée pour une grande part à l'instauration du pacte civil de solidarité, force
est de constater que l'homophobie demeure très virulente en France, en particulier à l'égard des jeunes. Et alors que se tiendra le 17 mai prochain la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie, son fondateur, l'universitaire Louis-Georges Tin, dresse l'état des lieux de cette discrimination.Il existe beaucoup de convergences avec le racisme, l'antisémitisme, le sexisme ... Par exemple, la domination intériorisée par les victimes, les arguments qui procèdent par la naturalisation de propriétés sociales, le vocabulaire de l'infériorisation souvent animalisant ... En revanche, si raciste que soit l'environnement où il naît, un enfant a toutes les chances de grandir dans une famille de la même couleur de peau que lui, et qui ne le rejette pas pour cette raison. Alors que la plupart des homosexuels grandissent dans des familles hétérosexuelles. Ils sont donc exposés à une homophobie sociale, mais aussi familiale. Là réside la véritable différence entre l'homophobie et la plupart des autres formes de discrimination.

Le divorce par consentement mutuel est simplifié
"Au nom de la simplification des procédures, le gouvernement s'apprête à autoriser les couples qui le souhaitent à éviter cette étape : en cas de divorce par consentement mutuel, les époux ne seront plus tenus de comparaître personnellement devant le juge aux affaires
familiales. Selon Le Monde du 23 avril 2010, ils pourront, s'ils le souhaitent, se contenter de faire parvenir au magistrat la convention de divorce rédigée avec leur(s) avocat(s). Après vérification des consentements et examen du texte, le divorce sera signifié par un simple courrier. Divorce express ? Le porte-parole de la chancellerie, Guillaume Didier, réfute cette expression. "Il ne s'agit ni d'un divorce au rabais ni d'un divorce éclair, explique-t-il. Nous essayons simplement d'alléger les procédures judiciaires qui concernent la vie quotidienne des Français. Si les deux époux sont d'accord et qu'ils ont réglé les détails de leur séparation, il n'y a aucune bonne raison de leur imposer une audience. Cette réforme permettra en outre au juge de se concentrer sur son véritable métier : trancher des litiges." Pour éviter toute dérive, le projet de loi présenté en mars au conseil des ministres par la garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie, prévoit des garde-fous : l'audience sera de droit si l'un des époux le souhaite, et seuls les divorces par consentement mutuel n'impliquant aucun enfant mineur seront concernés. Si l'on se fonde sur les chiffres de 2007, 35.000 divorces par an, soit la moitié des procédures par consentement mutuel, pourront ainsi se conclure sans audience devant le juge aux affaires familiales. Cette réforme n'est pas du goût de tous : le Conseil national des barreaux (CNB), un des organes de représentation des avocats, estime que l'intervention systématique du juge est le "seul garant des droits et libertés fondamentaux du citoyen". "Dans la réalité, un divorce par consentement mutuel, c'est tout sauf simple ! affirme Hélène Poivey-Leclerq, membre du CNB. L'audience permet au juge de vérifier que le consentement des époux est vraiment libre. Il y a des gens apeurés qui ne disent pas tout à leur avocat, notamment des femmes qui sont en situation d'infériorité."

Les filles d’Albert et le MLF
Cathy Bernheim, écrivaine, a publié dans L’Humanité du 21 avril une tribune intitulée "Les filles d’Albert". Faisant référence à Albert Camus, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Cathy Bernheim y rappelle "l’histoire (…) telle qu’elle fut longtemps racontée à notre génération, la suivante". L’écrivaine raconte : "il y régnait un sexisme de mauvais aloi qui retenait en priorité les exploits des garçons et taisait ceux des filles, qu’ils fussent intellectuels, artistiques, techniques, politiques, guerriers ou intimes". Et de se souvenir : "notre génération (la suivante) fut celle qui rappela l’existence d’un peuple encore plus oublié que les autres dans l’histoire de l’humanité : le peuple des femmes. Ce fut elle, notre génération (la suivante), qui proclama, au nez et à la barbe de la France médusée, un beau jour de l’été 1970, cette vérité toujours bonne à dire : 'Un homme sur deux est une femme.'". L’écrivaine explique alors l’importance de la transmission : "le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression", le refus de mentir aux générations suivantes, ce qu’on fait "les filles d’Albert". Et Pour Cathy Bernheim, "c’est en tout cas ce qui nous donne envie aujourd’hui de fêter les quarante ans du Mouvement de libération des femmes en sortant, une fois encore, des placards poussiéreux de l’histoire".

Femmes, pauvreté et sans-abrisme
Sous le titre "Le SDF devient de plus en plus 'une' sans-abri", Le Soir du 1er mars faisait état d’une étude des universités de Liège et d’Anvers analysant l’aide aux sans-abri et les relations entre ceux-ci et les centres publics d'action sociale (CPAS). Selon l’étude, le profil des sans-abri change : "il y a de plus en plus de jeunes, de personnes ayant des problèmes psychiatriques, des familles avec enfants et surtout des femmes. En Wallonie, la féminisation des sans-abri est évidente pour les CPAS. Ils sont 40 % à mentionner ce phénomène contre à peine 17 % en Flandre". Parmi les causes évoquées : "avoir vécu des problèmes de violence conjugale ou familiale" … Le Soir avait déjà alerté ses lecteurs sur le phénomène le 30 janvier dernier. Sous le titre "Le wallon le plus pauvre est une femme", le journal indiquait que le service insertion professionnelle de la Fédération des CPAS de Wallonie avait réalisé une étude "dressant le portrait robot de l'homme le plus pauvre de Wallonie". Selon cette étude, "le profil de ce dernier serait une femme belge, chômeuse, âgée de 34 ans et issue d'un ménage monoparental" et "55 % des personnes considérées comme 'pauvres' en Wallonie sont des femmes". Enfin, cette femme a "un niveau scolaire bas, un niveau de santé faible, une espérance de vie également faible et des relations sociales faibles" et "serait hébergée dans un logement en mauvais état".

Trop dur de trouver un gynéco
Plusieurs mois d’attente pour décrocher un rendez-vous, des kilomètres à parcourir pour voir le médecin, des cabinets qui n’acceptent plus de nouvelles patientes… La gynécologie est-elle en voie de disparition, interroge Marie Claire en mai 2010 ? Une Française sur quatre consulte son médecin traitant, en raison de l’impossibilité d’obtenir un rendez vous en urgence avec son gynécologue ou de la distance pour arriver chez celui-ci. Difficulté davantage exprimée par celles qui sont suivies par un généraliste (81 % d’entre elles contre 74 %) de celle suivies par un gynécologue ou de la distance pour arriver chez celui ci. Une fois de plus, les gynécos lancent un cri d'alarme et en appellent à la ministre Roselyne Bachelot. Rappel des faits : en 1986, la gynécologie disparaît des facs de médecine. Reste l'obstétrique, mais ce n'est pas le même métier. Les obstétriciens sont des chirurgiens accoucheurs, quand les gynécos médicaux prennent en charge tous nos problèmes de femme, de notre première contraception aux traitements hormonaux de la ménopause, en passant par la prévention et le dépistage des cancers (frottis, palpation des seins, etc.). En 2003, après dix-sept ans de lutte (et trois millions de signatures), la gynécologie médicale revient dans les facs de médecine. Vingt internes par an sont formés, contre cent trente au début des années 80. A ce rythme-là, il ne restera que six cents gynécos en 2015, pour trente millions de femmes en âge de consulter. Conséquence : jusqu'à six mois d'attente pour un rendez-vous dans certaines régions. Sur la blogosphère, les pétitions et les soutiens aux gynécos circulent, des collectifs d’associations et de syndicats se mobilisent dans la presse régionale, les témoignages d’incidents se multiplient : la raréfaction des gynécos ne passe pas. Le journal Ouest France rapportait la situation dans un hôpital de Basse-Normandie. "Difficile d’assurer sur tous les fronts, avec 15.000 consultations par an", explique le Dr Michel André, du centre hospitalier de Flers. "Nous donnons aux suivis de grossesse et de cancers et nous avons du mal à produire des c onsultations pour la contraception, les frottis… " Les délais d’attente sont très variables selon les régions. A Paris, hors urgence, comptez un ou deux mois pour un rendez vous, dans le Nord, six mois. "Alors on voit de plus en plus de patientes franchir les portes des centres de protection maternelle et infantile. Ici elles retrouvent l’accueil, la disponibilité et l’écoute qu’elles n’ont plus forcément au cabinet ou à
l’hôpital", explique une gynécologue d’un centre de Seine-et-Marne En plus, c’est gratuit. "Le pire, c’est que certains médecins ne peuvent plus augmentent leur patientèle car ils croulent sous le travail", déplore le Dre Brigitte Letombe, présidente de la Fédération Nationale des collèges de la gynécologie médicale (FNCGM). "Et quand un gynécologue ferme son cabinet pour partir à la retraite, il n’y a pas de successeur. Et pourtant, Lille, c’est plutôt une grande ville, non ? Alors que dire des petites agglomérations et des déserts médicaux ? En Lozère, aucun médecin n’exerce une activité régulière de gynécologie médicale ou obstétrique, un seul dans le Cantal et la Haute Loire, deux dans la Meuse, trois en Haute-Corse. Les petites maternités mettent la clé sous la porte, donc les gynécologues obstétriciens qui y travaillaient, et qui y pratiquaient aussi la gynécologie médicale, sont obligés de rallier à de grandes maternités", ajoute le Dre Latombe, "On perd donc dans toutes ces petites structures, l’activité de consultation, et il faut parcourir de kilomètres pour voir un médecin ».
Pour signer la pétition et sauver la gynécologie médicale : www.cdgm.org.

 

31 mars 2010

Quoi de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
506. Je sais que ma fille a souffert. Où il est aussi question de la fille de cette femme victime de violences.
507. Je suis en train de renaître. Cette jeune fille fait une thérapie.
508. Tabassée et violée à 15 ans. Gilberte cheche à s'exprimer et partager ce qu'elle a vécu.

509. C'est ma faute. Sophie a été violée et elle a le sentiment que son corps ne lui appartient plus.
510. Un énorme besoin de tendresse et d'affection ... qui s'achève en viol sous GHB ...

Le 3919 élargit à toutes les formes de violences
La lutte contre les violences faites aux femmes a été déclarée grande cause nationale en 2010. De ce fait, la plate forme d’appel du 3919 a été renforcée. Son domaine d’intervention est élargi à toutes les formes de violences, au delà des seules violences conjugales. Pour ce
faire, un pré-accueil est mis en place afin de faciliter l’orientation de tous les appels pendant les périodes de campagnes télévisuelles, c’est-à-dire en mars, en juin ou septembre et de novembre à décembre 2010.

Festival International de Films de Femmes
Du 2 au 11 avril 2010 aura lieu le 32ème Festival International de Films de Femmes à Créteil. Cette année, le festival met l’accent sur la rencontre de deux continents : l’Europe et l’Afrique. Dans le programme qui contient près de 80 films, le spectateur trouvera de nombreuses coproductions entre des pays africains et des pays européens.
Festival International de Films de Femmes
Maison des Arts
Place Salvador Allende
94000 Créteil
01 49 80 38 98
www.filmsdefemmes.com

Plus d'un commissariat sur trois ne protège pas les femmes étrangères victimes
de violences

Dans le cadre de la campagne "Ni une ni deux" initiée par La Cimade, un testing auprès de 75 commissariats, a été mis en place pour observer les conditions d’accueil et de prise en charge des femmes étrangères victimes de violences. Il en résulte que dans plus d’un
commissariat sur trois, une femme sans-papiers qui voudrait porter plainte contre des violences, risquerait l’expulsion. Pour les femmes étrangères victimes de violences, la plainte est parfois un élément indispensable pour la délivrance d’un titre de séjour. Or c’est
précisément parce qu’elles n’ont pas de titre de séjour qu’elles rencontrent des difficultés pour porter plainte. Certains agents de police, plutôt que de considérer ces femmes comme des victimes, les voient d’abord comme des délinquantes du seul fait qu’elles sont en
situation irrégulière. Et plutôt que d’assurer leur protection, certains choisissent de les placer en garde à vue et de prendre attache avec les services préfectoraux pour organiser leur expulsion.

Les maisons closes, encore et toujours ...
Thierry Schaffauser, représentant syndical élu du Syndicat du travail sexuel, Strass, prend position dans une tribune publiée par Libération le 5 mars pour des "maisons ouvertes, qui ne seraient nullement obligatoires mais qui apporteraient une solution de plus aux personnes qui souhaitent travailler ainsi". L’auteur cite le "débat sur la réouverture des maisons closes" et "la députée UMP Chantal Brunel, qui présentera un amendement, le 25 février, à l’Assemblée nationale, demandant l’abrogation du délit de racolage". Selon Thierry Schaffauser, "l’échec de la répression du racolage en matière de lutte contre le proxénétisme pousse en effet à abroger cet article de la loi sur la sécurité intérieure".
Fermées en 1946, les maisons closes font encore débat. Une députée relance le débat et un sondage Le Parisien/Aujourd'hui en France publié le 18 mars 2010 révèle que les Français y sont plutôt favorables. De quoi apporter de l’eau au moulin de Chantal Brunel, députée (UMP) de Seine-et-Marne, qui propose dans un livre tout juste paru de remettre au goût du jour les lupanars, au nombre de 1.400 avant que l’Etat n’ordonne leur fermeture en 1946. Son idée : protéger les prostituées en leur permettant de travailler au grand jour dans des lieux qui leur seraient réservés, comme cela se fait depuis une quinzaine d’années en Suisse, en Allemagne ou aux Pays-Bas. En les sortant de la rue et de la clandestinité, Chantal Brunel espère mettre fin à l’exploitation et à la maltraitance dont sont l’objet de plus en plus de péripatéticiennes. Une telle mesure permettrait, selon elle, d’éliminer les réseaux mafieux et leur offrirait davantage de sécurité que la rue. Par ailleurs, dans les pays où les maisons closes sont autorisées, les filles reversent certes une somme à leur "tenancier", mais beaucoup moins importante que celle qu’elles donnaient à leur "mac" lorsqu’elles racolaient. Qu’en pensent les principales intéressées dans l’Hexagone ? "Elles sont pour une décriminalisation de leur activité, mais pas sous l’autorité d’un patron, affirme Alice, une porte-parole de Griselidis, association toulousaine oeuvrant auprès des prostituées. Rouvrir des maisons de tolérance, éventuellement, mais dans lesquelles elles s’autogéreraient." Du côté du ministère de l'Intérieur, en tout cas, selon Chantal Brunel, on prend le sujet très au sérieux : "Un groupe de travail sur la prostitution, dont je ferai partie, est en cours d’élaboration. La première réunion préparatoire aura lieu le 25 mars."

Risque d'infection par le VIH : les femmes toujours plus exposées
Selon le Quotidien du Médecin du 8 mars 2010, l’ONUSIDA lance, avec la participation de la chanteuse et militante Annie Lennox, un plan d’action de cinq ans pour lutter contre les inégalités entre les sexes et les violations des droits de l’homme qui continuent à exposer davantage les femmes au risque d’infection par le VIH. "L’agenda pour l’intensification des mesures concernant les femmes, les filles, l’égalité entre les sexes et le VIH (2010-2014)" est au programme d’une réunion de haut niveau organisée dans le cadre de la 54ème session de la Commission de la condition de la femme qui se tient jusqu’au 12 mars à New York. Il s’agit pour les Nations Unies d’aider les gouvernements, la société civile et les partenaires du développement à renforcer les actions nationales visant à placer les femmes et les filles au centre de la riposte au sida, en s’assurant que leurs droits sont protégés. Ce qui est loin d’être le cas actuellement. L’ONUSIDA cite trois chiffres. Dans le monde, le VIH est la première cause de maladie et de décès chez les femmes en âge de procréer (15-49 ans). En Afrique australe, la prévalence du VIH chez les femmes de 15 à 24 ans est en moyenne trois fois plus élevée que celle observée chez les hommes de la même tranche d’âge. Et ce pourcentage auquel on a du mal à croire : 70 % des femmes dans le monde sont confrontées à la violence. Une donnée accompagnée de ce commentaire : "L’expérience de la violence réduit la capacité des femmes à négocier une sexualité sans risque." "Il est très difficile d’avoir une vie sexuelle active en étant séropositive, renchérit Suksma Ratri, membre du réseau des femmes séropositives d’Indonésie. Les choix des femmes et des filles qui vivent avec le VIH sont souvent limités lorsqu’il s’agit de leur sexualité. Elles ont besoin d’un dispositif de soutien approprié et accueillant, qui leur permette de prendre des décisions librement concernant leur sexualité sans qu’elles soient l’objet de discrimination ou de stigmatisation."

Déséquilibre des sexes en Asie
La Croix du 5 mars a consacré sa une et son dossier d’ouverture au "déséquilibre démographique qui inquiète l’Asie", "un phénomène dont les effets commencent tout juste à se faire sentir". La Croix fait le point en trois pages sur ce dossier : "les démographes les appellent les 'femmes manquantes', celles qui auraient dû naître et qui ont été éliminées à cause de leur sexe, créant un déséquilibre grave dans leur pays. En Chine, comme en Inde, elles seraient 60 millions, au Pakistan 5 millions, au Bangladesh 3 millions, en Afghanistan 1 million, à Taïwan 400 000, en Corée du Sud 150 000. Le phénomène touche également le Népal, le Vietnam, l’Azerbaïdjan, la Géorgie et l’Arménie. Au total, environ 150 millions de femmes ne sont pas nées depuis une trentaine d’années, surtout en Asie, et le même nombre d’hommes est menacé de ne pas trouver d’épouse".

La tyrannie de l'épilation
En publiant, en janvier, son enquête sur "les nouvelles tendances de l'épilation maillot", le magazine Elle n'imaginait pas provoquer autant de réactions parmi ses lectrices et sur nombre de forums Internet. Le dossier de huit pages, illustré de photos de jeunes femmes dénudées du bas, livrait toutes sortes de conseils pour "bien cultiver son jardin secret". On y apprenait que, "malgré la douleur", la tendance actuelle est à "l'épilation semi-intégrale", ne laissant qu'une pilosité réduite à la forme d'un ticket de métro. Voire beaucoup moins, les esthéticiennes interrogées par Elle déclarant être confrontées à une "augmentation
constante de la demande d'épilations intégrales". Choix personnel ou diktat de la mode et de la publicité ? Souci hygiéniste ou influence - consciente ou non - du porno et de ses professionnelles qui s'affichent totalement glabres sur Internet ? Soumission aux injonctions masculines ou simple désir d'être bien dans son corps sans poils ? "Le pubis, pourtant la plupart du temps dissimulé, serait plus contraint esthétiquement que tout autre lieu corporel", souligne l'auteure du dossier, Paola Bataille. Sur le site du magazine, cette question, apparemment futile, a suscité des échanges souvent enflammés entre défenseures du droit des femmes à disposer librement de leur corps et adeptes du pubis lisse.

 

28 février 2010

Quoi de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
501. Comment accepter ses critiques ? ... ou comment refuser cette violence ?
502. Il faut que je me relève. Un viol.
503. J'ai peur du syndrome de Diogène. Une forme de violence intrafamiliale rarement évoquée, avec ses conséquences inattendues.
504. Je suis un homme ... victime de violences conjugales.
505. Coupable d'avoir aimé. Rachel témoigne des violenbces subies et de son histoire.

Femmes, parité, Europe
Dans son rapport annuel sur l'égalité entre les hommes et les femmes dans l'Union européenne, le Parlement européen a demandé une directive en matière de lutte contre la violence envers les femmes, l'instauration d'un congé de paternité au niveau européen et une révision de la législation en matière d'égalité salariale. "Les femmes doivent avoir le contrôle de leurs droits sexuels et reproductifs, notamment grâce à un accès aisé à la contraception et à l'avortement", a également approuvé une majorité de députés. Le rapport, rédigé par Marc Tarabella été adopté par 381 voix pour, 253 contre et 31 abstentions.
Sur le site du Parlement européen
"Le congé de maternité minimal dans l'Union européenne devrait être allongé de 14 à 20 semaines et être entièrement rémunéré", estiment les députés de la commission des droits de la femme du Parlement européen. Un droit à un congé de paternité payé, de deux semaines au moins, a également été approuvé par la commission parlementaire. Les modifications apportées au projet de réglementation sur la santé et la sécurité des travailleuses enceintes, préparées par le rapporteur, Edite Estrela, ont été adoptées par 19 voix pour, 13 contre et 1 abstention. La législation vise à établir des règles minimales au niveau de l'UE. Les États membres pourront introduire ou conserver les règles existantes qui s'avèreraient plus favorables aux travailleurs que celles de la directive. Le vote en session plénière est fixé au 24 mars.
sur le site du Parlement européen

La faillite des banques ...
Jean Louis Masson a attiré l'attention de la secrétaire d'Etat chargée de la famille (Journal officiel Sénat du 13 novembre 2009) sur le fait que "lorsqu'une femme mariée demande à ouvrir un compte en banque, la plupart des agences exigent que le mari signe 'un certificat d'hébergement' au bénéfice de son épouse". "L'agence demande en outre parfois la photocopie recto verso de la carte d'identité du mari", ajoute-t-il. Le sénateur souhaitait que la secrétaire d’Etat lui indique "si dès à présent, un rappel à l'ordre sévère ne pourrait pas être adressé à toutes les banques". La réponse du ministère du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville a été publiée dans le JO Sénat du 18 février. Lire ici : http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ081106196
On relira aussi cette page de notre site avec avantage.

Plus l'encadrement est féminin, plus l'entreprise réussit
Le site Rue89 a mis en ligne un texte de Michel Ferrary titré Plus l'encadrement est féminin, plus l'entreprise réussit. Ce texte est une synthèse des conclusions d'un article de recherche qui sera publié dans le numéro d'avril de la revue Travail, genre et sociétés indique le site. Selon l’auteur, "une étude réalisée sur les entreprises du CAC40 sur la période 2002-2006 montre que les entreprises ayant un taux de féminisation de leur encadrement supérieur à 35 % ont des performances supérieures aux autres en matière de croissance, de rentabilité, de productivité du travail et de création d'emplois".
http://eco.rue89.com/2010/02/21/plus-il-y-a-de-femmes-responsables-plus-lentreprise-reussit-139778

Les femmes commencent à tirer profit de leur réussite scolaire
"Femmes et hommes en début de carrière. Les femmes commencent à tirer profit de leur réussite scolaire", le numéro 1284 d’INSEE Première, publié par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), nous donne à lire une note presque optimiste dans le domaine de l’égalité professionnelle. Selon le résumé, "depuis 25 ans, en métropole, les taux de chômage des femmes et des hommes en début de vie active se sont rapprochés. Les jeunes femmes ont même désormais un léger avantage en matière de chômage grâce à leur niveau de formation plus élevé que celui des hommes. Toutefois, à niveau de diplôme identique, le taux de chômage des jeunes femmes reste souvent plus élevé et leurs salaires sont inférieurs à ceux des hommes. En effet, les spécialités de formation qu’elles choisissent ne correspondent pas toujours aux besoins du marché du travail. En 2008, à diplôme et spécialité équivalents, les taux de chômage des débutants et des débutantes sont très proches, la crise affectant davantage les jeunes hommes". L’enquête est annoncée le 24 février dans Le Figaro économie qui souligne que les jeunes femmes "obtiennent plus de poste de cadres en début de carrière". Le Monde, daté du 25 février, est moins optimiste et titre "Les femmes gagnent moins dès le début de carrière". Et le quotidien du boulevard Blanqui de citer "le regretté Prix Nobel d’économie, Paul Samuelson, (The Economist du 2 janvier)": "les femmes ne sont que des hommes avec moins d’argent".

Cinq jours pour une contraception d'urgence
L’efficacité de la contraception d’urgence dépend essentiellement de la rapidité de son utilisation après un rapport sexuel et avant l’ovulation. Selon JIM du 11 février dernier, une étude a comparé l’efficacité de l’acétate d’ulipristal versus lévonorgestrel pris dans les 5 jours suivant un rapport non protégé. Le lévonorgestrel est le contraceptif d’urgence le plus couramment utilisé actuellement et doit être pris dans les 3 jours suivant un rapport pour une efficacité d’environ 50 % d’inhibition de l’ovulation. L’acétate d’ulipristal est un modulateur sélectif du récepteur de la progestérone, qu’on espère plus efficace que le lévonorgestrel et ce indépendamment de la période du cycle lors du rapport. Les résultats de cette étude montrent que l’acétate d’ulipristal offre une alternative intéressante dans la contraception d’urgence permettant une utilisation jusqu’à 5 jours après un rapport non protégé.

Les troubles précoces de l'identité de genre retirés de la liste des affections psychiatriques
Un décret n° 2010-125 du 8 février 2010 portant modification de l'annexe figurant à l'article D. 322-1 du code de la sécurité sociale relative aux critères médicaux utilisés pour la définition de l'affection de longue durée "affections psychiatriques de longue durée" est paru au Journal officiel du 10 février. Plusieurs journaux soulignent que la France devient ainsi le premier pays au monde à sortir le transsexualisme de la liste des affections psychiatriques. Et de rappeler que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports avait annoncé le 16 mai 2009, à la veille de la journée mondiale de la lutte contre l'homophobie et la transphobie, que le transsexualisme ne serait plus considéré comme une affection psychiatrique en France.

 

31 janvier 2010

Quoi de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
494. Je n'ose pas en parler à mes amis. Témoignage sur la violence psychologique.
495. Que du dégoût pour cet homme. Neuf années de relations sexuelles contraintes par son conjoint ...
496. Le coup de trop est arrivé. Entre le premier et le dernier message, A. a décidé de fuir son conjoint violent, un homme si doux et attentionné au départ ...
497. Il est mort maintenant. Que faire lorsque l'action au pénal est éteinte ?
498. Les femmes ne sont pas tendres. Cet homme espère que son témoignage pourra servir à d'autres hommes en souffrance.
499. Je ne sais jamais ce qui va le mettre en colère. Jalousie pathologique.
500. Je n'en peux plus d'être aussi jalouse. Comment cette jeune femme peut-elle extirper cette souffrance ?

La loi inscrivant l'inceste dans le code pénal est définitivement adoptée
Jusqu'à présent, l'inceste ne faisait l'objet d'aucune définition juridique et n'apparaissait qu'implicitement dans le code pénal au travers soit des circonstances aggravantes au viol et aux autres agressions sexuelles, soit des interdictions au mariage dans le code civil. Pour mettre fin à cette situation, le Parlement a, le 26 janvier 2010, adopté définitivement une proposition de loi inscrivant l'inceste commis sur les mineurs dans le code pénal et tendant à améliorer la détection et la prise en charge des victimes d'actes incestueux. La loi qualifie désormais d'inceste les viols et les agressions sexuelles commis au sein de la famille sur un mineur par son ascendant, son frère ou sa soeur, ou par toute autre personne, y compris s'il s'agit d'un concubin, d'un membre de la famille, ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait. Cette qualification est aussi retenue lorsque l'une de ces personnes majeures exerce sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur un mineur. D'ailleurs, le texte précise dorénavant que la contrainte peut être physique ou morale, soulignant que "la contrainte morale peut résulter de la différence d'âge existant entre une victime mineure et l'auteur des faits et de l'autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur cette victime". Signalons que l'inceste n'ayant pas été érigé en une infraction spécifique, ces dispositions sont donc de nature interprétative et s'appliqueront aux affaires concernant des faits commis avant la publication de la loi au Journal officiel. En outre, la loi souligne que, lorsque le viol incestueux ou l'agression sexuelle incestueuse est commis contre un mineur par une personne titulaire de l'autorité parentale, la juridiction de jugement se prononce sur le retrait total ou partiel de cette autorité, y compris en ce qui concerne les frères et soeurs mineurs de la victime. Une démarche qui n'était prévue jusqu'alors qu'en cas de simple agression sexuelle. La loi harmonise en conséquence les articles du code pénal prévoyant les circonstances aggravantes de diverses infractions en cas d'inceste. A titre d'exemple, alors que l'article 222-24 prévoyait jusqu'à présent que le viol est puni de 20 ans de réclusion criminelle "lorsqu'il est commis par un ascendant légitime, naturel ou adoptif, ou par toute autre personne ayant autorité sur la victime", la loi précise désormais que tel sera le cas "lorsqu'il est commis par un ascendant ou par toute autre personne ayant sur la victime une autorité de droit ou de fait". Notons qu'en première lecture l'Assemblée nationale avait souhaité distinguer clairement les faits incestueux de ceux commis par une personne ayant autorité sur la victime afin de mieux identifier, parmi les victimes d'infractions sexuelles, celles qui ont été victimes de faits incestueux et les autres afin, notamment, d'adapter la prise en charge des victimes d'inceste à la spécificité des traumatismes qu'elles ont subis. Mais la commission des lois du Sénat n'a pas retenu cette rédaction qui aurait fait de l'inceste une nouvelle infraction et n'aurait donc été applicable qu'aux seuls faits commis après la publication de la loi au Journal officiel.
A
fin d'améliorer la prévention, la loi complète les missions du service public de l'enseignement en prévoyant que les écoles, les collèges et les lycées assurent désormais une mission d'information sur les violences et une éducation à la sexualité. Aussi, souligne le texte, la problématique des "violences intrafamiliales à caractère sexuel" doit-elle être abordée avec les élèves dans le cadre de la séance annuelle d'information et de sensibilisation sur l'enfance maltraitée organisée par les chefs d'établissement et associant les familles, l'ensemble des personnels, ainsi que les services publics de l'Etat, les collectivités locales et les associations intéressées à la protection de l'enfance. En outre, la loi prévoit que la formation des personnels enseignants ainsi que de toutes les personnes intervenant auprès des enfants (médecins, travailleurs sociaux...) en matière de prévention des mauvais traitements doit comporter un module pluridisciplinaire relatif aux infractions sexuelles à l'encontre des mineurs et leurs effets.
Pour accompagner les victimes dans leurs démarches judiciaires, la loi prévoit que les associations de protection de l'enfance régulièrement déclarées depuis au moins cinq ans à la date des faits peuvent désormais exercer les droits reconnus à la partie civile en cas d'inceste. Le texte stipule également que, lorsqu'il est saisi de faits à caractère incestueux, le procureur de la République ou le juge d'instruction désigne obligatoirement un administrateur ad hoc pour protéger les intérêts du mineur et exercer, le cas échéant, au nom de celui-ci les droits reconnus à la partie civile. Enfin, la loi prévoit que le gouvernement remettra au parlement, avant le 30 juin 2010, un rapport examinant, d'une part, les modalités d'amélioration de la prise en charge des soins, notamment psychologiques, des victimes d'inceste et, d'autre part, celles de mise en oeuvre de mesures de sensibilisation du public, notamment des mesures d'éducation et de prévention à destination des enfants.

Fermeture programmée d’un certain nombre de centres d’IVG parisiens
Dans un communiqué diffusé le 14 janvier, Anne Hildalgo, première adjointe à la mairie de Paris, et Fatima Lalem, adjointe chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, assurent de leur soutien les associations mobilisées contre la fermeture programmée d’un certain nombre de centres d’interruption volontaire de grossesse (IVG) parisiens. "L’arrêt de l’activité de ces structures hospitalières à Paris, et notamment dans l’est parisien avec la fermeture du centre IVG de l’hôpital Tenon et le démantèlement annoncé à Saint-Antoine, sont le signal d’une fragilisation inquiétante des droits fondamentaux des femmes. Cette fragilisation s’opère dans un contexte d’accès très difficile à l’IVG, déjà parent pauvre de la médecine, et qui souffre d’une dévalorisation de ses études médicales, de sa pratique professionnelle ou de sa tarification. Cette situation est d’autant plus préoccupante que certains médecins militant pour le droit des femmes à disposer de leur corps vont prochainement partir à la retraite" indique le communiqué. Selon les deux signataires, "il y a donc urgence à trouver aujourd’hui les voies et moyens de pallier le transfert potentiel de ces activités au sein des nouveaux pôles hospitaliers, d’autant que ce redéploiement annoncé s’accompagne de coupes sombres en matière budgétaire et d’une diminution drastique du personnel hospitalier, au risque de sacrifier la qualité et l’égalité d’accès aux soins". Anne Hidalgo et Fatima Lalem annoncent qu’elles interpelleront les responsables de la santé au niveau national et local et prendront l’attache de la direction de l’AP-HP.

Evolution du recours à l’IVG en France entre 1990 et 2005
On trouvera dans le numéro 2009-3 de la revue Population, publiée par l’Institut national d’études démographiques (INED) un article de Clémentine Rossier, Laurent Toulemon et France Prioux consacré à l’évolution du recours à l’interruption volontaire de grossesse en France entre 1990 et 2005. Selon le résumé, "la loi autorisant l’avortement depuis 1975 en France a été modifiée en 2001 dans le but de faciliter l’accès des femmes aux services d’interruption volontaire de grossesse (IVG), en particulier par l’augmentation de deux semaines de la durée de gestation maximale autorisée. Les données provenant des bulletins d’IVG permettent d’étudier l’impact de ces modifications législatives, en utilisant la durée de gestation au moment de l’IVG comme indicateur des difficultés d’accès à ce service. Par ailleurs, la loi autorise la contraception médicalisée depuis 1967 en France; la diminution des grossesses non prévues et des IVG jusqu’au milieu des années 1990 est attribuable au succès de la diffusion de ces méthodes dans les années 1970 et 1980. Le recours à l’avortement reste cependant élevé en France par rapport aux autres pays d’Europe de l’Ouest. Cela pose la question de la persistance ou de la recrudescence des grossesses non prévues chez les femmes les plus jeunes et celle du recours répété à l’avortement au cours de la vie de certaines femmes."
http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1489/publi_pdf2_fr_ivg_pop3.pdf

Peu de femmes dirigent des entreprises
Selon l’Observatoire des inégalités (10 décembre 2009), "Peu de femmes dirigent des entreprises". L’Observatoire a mis en ligne les chiffres de l’enquête annuelle 2009 de l'association Action de femme. Selon l’Observatoire, "les femmes sont de plus en plus diplômées, mais le 'plafond de verre' demeure une réalité. Seules 17,2 % des entreprises françaises sont dirigées par une femme. Une proportion similaire se retrouve au sein du secteur public. Des disparités apparaissent cependant suivant le secteur d’activité et la taille de l’entreprise. Il y a davantage de dirigeantes dans le commerce ou les services que dans l’industrie, secteur globalement moins féminisé. Plus la taille de l’entreprise est importante, moins il y a de femmes dirigeantes : elles sont 8,6 % dans les entreprises de plus de 250 salariés contre 18,9 % dans les entreprises de moins de 10 salariés."
http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=1126

L'égalité des genres : les règles de l'UE et leur transposition en droit national
La dernière version de la publication de la Commission européenne relative au droit européen de l’égalité des genres a été mise en ligne sur le site de l’Union européenne. Cette publication vise à donner un aperçu succinct et général des grandes caractéristiques du droit européen de l’égalité des genres et de sa transposition dans les 27 Etats membres de l’UE et dans les pays de l’EEE où s’applique la majeure partie de ce droit, à savoir l’Islande, le Liechtenstein et la Norvège. Elle s’adresse à un vaste public, et pas uniquement à des juristes, et décrit les principales tendances et difficultés de la transposition en droit national des règles communautaires en matière d’égalité des genres. Les différentes sections correspondent aux principaux domaines visés par la législation européenne touchant l’égalité entre les femmes et les hommes.
Sur le site de l'UE

Des imams interdisent l’excision en Mauritanie
Trente quatre imams et oulémas mauritaniens ont signé le 12 janvier à Nouakchott une fatwa (avis juridique qui a valeur de loi) interdisant la pratique de l’excision dans leur pays. Cette fatwa stipule que les excisions "ont été avérées néfastes par les experts. Une telle pratique est donc interdite au vu des dommages qu’elle entraîne". Ses auteurs étaient réunis au Palais des Congrès de Nouakchott dans un atelier organisé par le ministère des Affaires sociales, de l’Enfance et de la Famille, le Forum de la Pensée Islamique et du Dialogue des Cultures, et appuyé par l’Unicef (Le Fonds des Nations unies pour l’enfance). Le docteur Cheikh ould Zein, secrétaire général du Forum de la pensée islamique, a expliqué les raisons qui les ont conduits à cette décision. "Les points essentiels sur lesquels il convient de s’interroger : est-ce qu’il y a dans le Coran des textes très clairs qui demandent cette chose-là ? Ils n’existent pas", a-t-il déclaré. Les mutilations génitales sur les femmes n’ont pas de lien avec la religion, contrairement à ce que de nombreuses familles tendent à faire croire. Les oulémas et imams réunis ont même déclaré que l’excision est une pratique anti-islamique, la religion condamnant tout acte ayant des répercussions négatives sur la santé. D’après les chiffres fournis par le gouvernement et l’UNICEF, l’excision touche près de 72% des Mauritaniennes. Officiellement, elle est prohibée depuis que le pays a ratifié la Convention Internationale des Droits des Enfants en 1989. Cependant, cette prohibition formelle n’a pas mis fin à l’activité des exciseuses. Nombre de fillettes de quelques jours sont toujours conduites par leurs proches chez la chirurgienne traditionnelle du village. Les enfants des ethnies soninkés et peuls étant les plus fréquemment victimes de cette pratique.
Mais Cheik ould Zein est convaincu que la fatwa édictée la semaine dernière aura un grand impact sur les mentalités. ""L’excision féminine était un tabou. L‘excision est désormais vue comme un crime contre l‘espèce humaine", a-t-il déclaré. A la suite de ce colloque, le gouvernement s’est engagé à lancer des actions de sensibilisation pour mettre fin à l’excision.

Près d'un Français sur 2 juge la maternité comme un frein dans une carrière
La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) lance une campagne de sensibilisation sur les discriminations liées à la grossesse et à la maternité, souvent perçues comme l'une des principales causes d'inégalités au travail. Avec un taux d'activité des femmes qui dépasse les 65 %, la France fait partie des bons élèves en Europe. Mais l'évolution comparée des carrières des hommes et des femmes demeure un point noir dans la politique d'égalité au travail. En cause, notamment, les grossesses qui peuvent freiner l'évolution professionnelle des mères et, pis, donner lieu à de véritables discriminations. Les Français en sont bien conscients. Dans un sondage commandé par la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) à l'institut CSA, 46 % des personnes interrogées (hommes et femmes confondus) estiment que le fait d'être enceinte constitue un inconvénient dans la vie professionnelle. Par ailleurs, 23 % des femmes sondées disent avoir été interrogées sur leurs projets parentaux lors de leur entretien d'embauche, alors que ce type de questions est interdit par la loi. Depuis sa création, la Halde a reçu plus de 400 réclamations liées à la grossesse, dont plus de 60 % au cours de l'année 2009. Parmi ces réclamations, certaines ont donné lieu à des condamnations, avec des indemnités à verser par l'employeur pouvant aller de 15.000 à 203.416 euros. La plupart des femmes restent néanmoins largement ignorantes de leurs droits pendant la grossesse et à leur retour au travail. Selon le même sondage CSA, 37 % des femmes qui ont subi une discrimination n'ont pas réagi. Pour faire face à ce constat, la Halde a publié un dépliant d'information à 1,5 million d'exemplaires. La Haute Autorité conseille par exemple d'annoncer toute grossesse par une lettre recommandée accompagnée d'un certificat médical...
http://www.halde.fr/IMG/pdf/Depliant_grossesse.pdf

 

Haut de la page
 

accueil l violences conjugales | viol | harcèlement sexuel | prostitution | homosexuelles | santé | maîtrise de la fécondité & IVG
coeur, corps | liens, contacts | pros | | questions, messages, réponses | quoi de neuf sur le site ? | tout sur sos femmes accueil | @