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d'Info année 2010
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30
juin 2010
Quoi
de neuf sur le site
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois :
518. Il n'y
a pas d'amour sans violence. C'est ce que voudrait croire et faire
croire ce nouveau compagnon ...
519. Drogue
du violeur. V. a porté plainte ... mais ...
520. Tout
me revient à la figure. Rosal se sent coupable d'avoir été
violée.
521. Protéger
mon petit garçon ... de son papa pédophile.
522. Drôle
de "colo". Christelle a été victime d'abus
sexuels
523. Le mot "fin".
Message d'espoir...
Les
bonnes pages
Le Cahier juridique des Actualités
sociales hebdomadaires (ASH) n° 2664 du 18 juin 2010 est titré
« Le traitement judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles
». Ce recueil de 156 pages a été écrit par
Florent Cochez, médecin psychiatre, et Yvan Guitz et Pierre Lemoussu,
magistrats. Il traite de l'ensemble de la problématique : les
infractions, les auteurs, les dispositifs procéduraux dérogatoires,
les sanctions, la prise en charge thérapeutique et la prise en
charge des victimes. Un ouvrage synthétique et complet qui permet
de faire le tour de la question avec des informations mises à
jour et fiables.
Corps
réels, corps trafiqués
Roger Cozien, docteur en mathématiques et ancien expert en criminologie,
a présenté à l'Assemblée Nationale un logiciel
nommé Tungstène, qui doit permettre de savoir si une photo
a été retouchée et à quel degré.
Pour M. Cozien, comme pour la député UMP des Bouches-du-Rhône
Valérie Boyer, à l'origine d'une proposition de loi pour
le signalement des publicités avec des personnes dont l'apparence
a été modifiée au moyen d'un traitement de l'image,
il s'agit de mettre fin au mensonge des photos que notre société
a trop tendance à tolérer. On peut citer les bourrelets
gommés des célébrités qui imposent une nouvelle
norme aux adolescentes et poussent ces dernières à l'anorexie
ou le missile apparu comme par magie sur une photo de guerre en première
page d'un magazine pour rendre la scène plus dramatique et propulser
les ventes. Mais il doit aussi servir dans le cadre judiciaire, comme
cela a été le cas lors d'un récent procès
contre un rugbyman en Irlande, avec la photo le mettant en cause qui
avait en fait été modifiée. Si cette technologie
développée par la société eXo maKina reste
pour l'instant réservée à de grosses structures
du fait d'un coût de plusieurs dizaines de milliers d'euros et
d'une formation spécifique pour son utilisation, une version
grand public est à l'étude. A noter également que
la société travaille sur une technologie similaire, mais
pour les vidéos cette fois-ci.
En septembre 2009, la députée UMP des Bouches du Rhône,
Valérie Boyer a déposé un projet de loi visant
à indiquer par une mention ad hoc les images retouchées.
Comme elle l’a indiqué le 26 mai 2010 durant sa conférence
de presse à l’Assemblée Nationale, Valérie Boyer
a déposé ce projet de loi dans le cadre d’un problème
de santé publique, pour "limiter les conséquences
psychologiques des images sur les corps et en particulier les corps
de femme" (sic). Elle rappelle, comme un crédo : "On
est choqué par le mensonge des mots [...] alors que le mensonge
des photos est permis et même valorisé." Malgré
cette volonté qu’elle incarne, Valérie Boyer s’est heurtée
à différentes réticences et notamment l’une portant
sur la faisabilité technique d’identifier une image retouchée
et la nature des retouches. Tungstène met fin à cette
difficulté.
Contraception
d'urgence : il est urgent de mieux informer les femmes
Selon Gynécologie Obstétrique Pratique de mai 2010, lLa
France se situe dans une situation paradoxale : la contraception est
fortement médicalisée avec plus de 80% des femmes ayant
recours à une méthode médicale, mais les échecs
demeurent fréquents, comme en atteste l'enquête Cocon,
d'où un tiers des grossesses sont non prévues (350 000)
et 60% se terminent par une IVG. Cet événement ne concerne
pas seulement les jeunes, même si l'incidence des IVG est maximale
chez les 20-24 ans, puisque 40% des IVG réalisées chez
les 25-35 ans. L'enquête COCON a montré que seulement 3%
des femmes, ne suivant aucune méthode contraceptive contribue
pour 35% aux grossesses non prévues, la plupart de ces femmes
avaient d'ailleurs arrêté temporairement la contraception.
(dont 21% la pilule) ce qui traduit l'écart entre efficacité
théorique et pratique des méthodes contraceptives. Les
méthodes les plus efficaces sont celles qui ne nécessitent
pas d'observance quotidienne. Les périodes de changement de contraception
sont également des périodes à haut risque de grossesse
non voulue. D'autre part, la contraception d'urgence reste largement
sous utilisée principalement parce que les femmes ne prennent
pas toujours conscience du risque ou qu'il est trop tard pour la prendre
ou simplement qu'elles n'y pensent pas. Il a été démontré
que la facilité d'accès par une prescription à
l'avance et la possibilité d'en disposer sans prescription en
pharmacie améliorer son utilisation. De fait, ce sont surtout
les femmes jeunes qui y ont recours. Pour 71% des utilisatrices, son
utilisation n'a pas d'impact sur la pratique contraceptive et ne conduit
que 20% des femmes à changer de méthode. Le risque de
grossesse est souvent sous estimé par les femmes et les difficultés
de gestion de la contraception au quotidien aboutissent à des
erreurs ou des arrêts temporaires. La contraception d'urgence
a beaucoup évolué depuis les années 70 en passant
de la méthode Yuzpe avec de fortes doses d'oestro-progestatifs
à Norlevo en 1999 (lévonorgestrel par blocage de l'ovulation)
et enfin par EllaOne (ullipristal acétate), efficace jusqu'à
5 jours après le rapport sexuel. Les gynécologues qui
suivent la contraception régulière ne sont que 3% à
prescrire une contraception d'urgence (Norlevo, EllaOne, DIU au cuivre).
Ils ont un véritable travail d'information et de prescription
systématique de CU en prévention à mener.
Faut-il
reconnaître les familles homoparentales ?
Ils ont grandi dans un monde où l'homosexualité n'était
plus un délit, ils peuvent s'unir en toute légalité
depuis la création du pacte civil de solidarité (pacs),
mais il leur reste encore un univers à conquérir, celui
de la parentalité. Alors que, selon Le Monde du 29 juin 2010,
dans les années 1970 et 1980, la plupart des couples homosexuels
s'interdisaient de fonder une famille, ceux qui se forment aujourd'hui
rêvent de devenir parents. Ils étaient des centaines de
milliers à le dire, samedi 26 juin, lors de la Marche des fiertés,
qui a demandé, comme tous les ans, la reconnaissance juridique
des familles homoparentales. Forgé en 1997 par l'Association
des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), le terme d'"homoparentalité"
est entré dans Le Robert en 2002. Ce mot désigne à
la fois les lesbiennes qui partent en Belgique pratiquer des inséminations
artificielles avec donneur, les gays qui reviennent des Etats-Unis avec
des enfants nés de mères porteuses ou les homosexuels
qui adoptent des bébés en passant sous silence leur vie
de couple. Il fait également référence aux "coparentalités",
ces couples d'hommes et de femmes qui s'associent pour élever
à quatre leurs enfants. De 24 000 à 250 000 enfants concernés.
Combien d'enfants sont aujourd'hui concernés par l'homoparentalité
? Nul ne le sait avec précision puisque la question n'est jamais
directement posée dans les enquêtes. En 2005, Patrick Festy,
de l'Institut national des études démographiques (INED),
aboutissait à un chiffre allant de 24 000 à 40 000
enfants, mais il ne prenait en compte que ceux qui vivaient avec un
couple de même sexe dans le même logement. L'Association
des parents et futurs parents gays et lesbiens arrive, elle, au chiffre
de 250 000 enfants en se fondant notamment sur un sondage réalisé
par le magazine Têtu en 1997.
Femmes
assassinées : les chiffres réels
A l’occasion de l’examen de la proposition de loi renforçant
la protection des victimes, la prévention et la répression
des violences faites aux femmes, la Fédération nationale
solidarité femmes et PSYTEL, ont organisé le mardi 22
juin au Sénat une conférence de presse sur le thème
« Femmes assassinées : les chiffres réels ».
Les deux organisations ont présenté une étude,
financée dans le cadre du programme européen DAPHNE, sur
l’estimation de la mortalité liée aux violences conjugales
en Europe et en France ainsi que le coût de cette mortalité.
Selon le communiqué, "en Europe les études concernant
les homicides de femmes victimes violences conjugales (en France 1 femme
tous les 2 jours et demi) sous-évaluent la mortalité totale.
Les violences conjugales impliquent toutes les relations intimes, tuent
aussi des enfants, les auteurs et surtout causent de nombreux suicides
de femmes. L’excuse du "crime passionnel" est aussi souvent
avancée". Cette étude est argumentée de situations
(homicides, suicides et analyse des mises à l’abri) rencontrées
par les associations accueillant près de 40 000 femmes chaque
année et des appels reçus au 3919, numéro d’écoute
national que gère la FNSF. Enfin, cette rencontre a été
l’occasion de débattre de la proposition de loi et des demandes
de la FNSF présentées à la mission parlementaire
de l’Assemblée Nationale et au Sénat. Elles concernent
en particulier la création d’un observatoire national des violences
faites aux femmes, celle concernant un délit spécifique,
l’ordonnance de protection et les moyens alloués à la
lutte contre les violences.
Nés
de l'inceste, ils brisent le silence
En France, selon Marie Claire de juillet 2010, 5% des femmes seraient
violées par un père, un oncle... Un chiffre effrayant
pour un crime longtemps "oublié", qui sort enfin de
l'ombre : un sondage choc en mai, un rapport gouvernemental dans les
tuyaux, des victimes qui parlent, certains enfants, nés de ces
viols, prennent aussi la parole. Doucement la chape de plomb se fissure.
L'inceste, jusqu'ici circonstance aggravante d'un viol, est désormais
entré dans le code pénal en février 2010. Et le
gouvernement a demandé un rapport sur l'amélioration de
la prise en charge des victimes. Il était temps : elles seraient
deux millions en France, soit 5% des femmes, donc. Parmi elles, combien
de jeunes filles tombées enceintes de leur père, combien
de mères malgré elles, combien de bébés
nés du pire ? "Ce sujet n'est tout simplement pas étudié,
ce qui rend difficile la prévention et l'accompagnement",
déplore Louis Jehel, psychiatre et traumatologue à l'hôpital
Tenon, à Paris. "Ces grossesses sont douloureuses. D'après
les cas cliniques que nous avons suivis, le déni de grossesse
est relativement fréquent chez les jeunes victimes d'inceste.
Beaucoup veulent une IVG, même tardive." Il y a trente ans,
Isabelle Aubry, enceinte de son beau-père, est aussi passée
par la case IVG. "L'assistante sociale m'a interrogée en
présence de ma mère, comment vouliez vous que je révèle
les viols dans ces conditions ?" raconte la présidente de
l'Association Internationale
des Victimes de l'Inceste (AIVI) . Aujourd'hui, ce n'est guère
mieux. En moyenne, l'inceste est dénoncé seize ans après
les faits, souvent par la victime. Une grossesse serait un moyen de
la détecter plus tôt mais médecins et travailleurs
sociaux méconnaissent les signaux d'alerte. Il est urgent de
leur offrir une meilleure formation. Et pourquoi ne pas conserver l'ADN
de l'embryon des jeunes filles demandant un avortement ? Cela constituerait
une preuve irréfutable du crime quand elles porteraient plainte.
Cette preuve, certains violeurs s'avèrent prêts à
tout pour effacer : avortement forcé, coups et blessures sur
la femme enceinte, ... Quand l'enfant naît, et que les femmes
réalisent qui est le géniteur, leur situation leur parait
tellement inacceptable qu'elles rejettent souvent le nourrisson. L'inceste
a des effets désastreux également sur l'enfant, qui peut
développer des tendances suicidaires ou des troubles de la personnalité.
La
polygamie décriée mais marginale
Dans les "Décryptages" de son édition datée
du 15 juin Le Monde publie une enquête sur les "Us
et dérives de la polygamie". "Marginale mais déstructurante
pour les femmes et les enfants, la polygamie", explique le quotidien,
"est en régression dans les familles d’origine africaine".
Mais d’ajouter qu’"elle se développe, dans la discrétion,
dans les milieux fondamentalistes musulmans". Le quotidien a enquêté
et fait le tour du sujet, évoquant en particulier la décohabitation,
ou donnant la parole à Isabelle Gilette-Faye, la directrice du
Groupe
pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS) qui a "vu
changer le profil des migrants". Le journal rappelle que "les
fondamentalistes comme Liès Hebbadj, en réalité
ne sont pas polygames : au regard de la loi, il n’a contracté
qu’un seul mariage". Et le quotidien de citer le ministère
de l’Intérieur : "ce sont des militants de la polygamie,
mais ils ne sont pas polygames".
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31
mai 2010
Quoi
de neuf sur le site
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois :
515.
Comme
un arbre dans la vie. Témoignage. Quand il s'agit de panser
les blessures ...
516. Diplomate
et violent. La violence conjugale touche toutes les catégories
socio-professionnelles mais certains statuts protègent ...
517. Le parcours
du combattant ... face à son kiné, et d'autres choses.
Les
bonnes pages
Libérée de la violence conjugale, de Martine Loiseau
et Emmanuel Jeudy, Hachette pratique coll. Témoin de vie, 2010,
215 p., 11,90 €. Martine LOISEAU a 48 ans. Mère de trois
adolescents, elle s'est évadée pour la deuxième
et dernière fois de l'enfer des violences conjugales. Malgré
la précarité de ses conditions de vie, elle a créé
l'association "Et les maux s'envolent" à Suippes dans
la Marne et consacre désormais son existence à son combat
: la reconnaissance de la victime de violences conjugales. Emmanuel
Jeudy quant à lui est journaliste indépendant, ancien
rédacteur en chef adjoint de l'hebdomadaire Télé
Star.
Une
sociologue se penche sur l'adultère
Libération sexuelle oblige, aujourd’hui tout semble permis. Sauf
l’infidélité. Et ce, de l’aveu même de celles qui
prennent un amant. C’est ce que montre Charlotte Le Van dans Les
Quatre Visages de l’infidélité en France. La sociologue,
s’est entretenue pendant deux ans avec cinquante "infidèles",
en couple hétérosexuel et ayant (ou ayant eu) des relations
sexuelles extraconjugales, à l’insu ou contre le gré de
leur conjoint pour cette grande recherche. Banal ? Justement, non. La
première surprise de l’étude est qu’elle démontre
que la fidélité reste la norme, y compris pour les infidèles,
et que l’infidélité s’accompagne presque toujours d’un
sentiment de culpabilité prégnant. On est bien loin de
l’idée courante qu’aujourd’hui chacun fait ce qu’il veut quand
il le veut, sans que l’infidélité soit vécue comme
"transgression". Charlotte Le Van introduit son travail en
rappelant que, sur 12 364 personnes, "seuls 0,6 % des femmes et
1,2 % des hommes qui vivent en couple déclarent avoir eu leur
dernier rapport sexuel avec une autre personne que celle qui partage
leur vie". La fidélité est considérée
comme un critère de réussite du couple par 84 % des Français
en 2008, contre 72 % en 1981. (...) Parmi les gens que j’ai interrogés,
seules des femmes se sont révélées être infidèles
dans le but d’"échapper à leur condition" ou
"par vengeance". J’ai enquêté dans un milieu
plutôt populaire. Les infidèles "par vengeance"
ont en commun de se sentir responsables des infidélités
de leur conjoint. C’est la fameuse phrase qu’assène l’entourage
: "Il va voir ailleurs parce que tu ne sais pas le garder."
On les persuade que, si elles portaient des dessous affriolants et faisaient
"un petit effort", leur compagnon ne les tromperait pas. Bien
sûr, la réciproque n’est pas vraie : on ne demande pas
aux hommes de se déguiser quand ils subissent ce type de blessure.
Responsables, elles en souffrent et rendent la monnaie avec un peu de
retard et d’autant plus de violence. Elles prennent un amant en s’arrangeant
pour que cela se sache. Quant à l’infidélité "pour
échapper à sa condition", il est plus facile pour
une femme de rêver d’un homme qui lui offre une nuit dans un palace
que pour un homme de faire payer, au sens propre, une femme. Tant que
les garçons s’initieront à la sexualité par la
pornographie, alors qu’on présente aux filles le rêve du
grand amour, le schisme entre les sexes n’est pas près de se
réduire. Lors de l’enquête, beaucoup de femmes se sont
déclarées déçues par la monotonie des pratiques,
ont l’impression de servir de déversoir, d’être instrumentalisées…
Tandis que les hommes ont expliqué, au contraire, ne pouvoir
pratiquer certains gestes, liés à l’agressivité,
qu’avec d’autres femmes que leur conjointe. Ils disent la respecter
trop pour certaines paroles et certains gestes. Parmi les cinquante
personnes que j’ai rencontrées, ce sont en grande majorité
les hommes qui étaient "infidèles par principe",
c’est-à-dire en choisissant ce mode de vie, plutôt qu’en
le subissant. Mais eux aussi défendent un type de fidélité,
puisqu’ils se déclarent "fidèles à l’infidélité".
Pour autant, si les hommes sont majoritaires, cette pratique n’a rien
d’exclusivement masculine.
La
polygamie, un phénomène difficile à appréhender
Le droit français ne permet pas de se marier avec plusieurs partenaires.
Que connaît-on de cette pratique ? Combien de familles sont concernées
? Que dit la loi ? Le point sur la situation. Qu'est-ce que la polygamie
? L'origine du mot, en grec ancien, en explique le sens : poly (plusieurs)
et gamos (mariage) indique qu'il s'agit du mariage d'une personne avec
plusieurs partenaires. Dans son rapport publié en 2006 sur le
sujet, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH)
soulignait que le phénomène était "aussi vieux
que l'histoire de l'humanité". Ce rapport cite parmi les
causes probables et antiques, la volonté d'une descendance nombreuse
et la nécessité de composer avec une forte mortalité
des femmes et des enfants en bas âge. "Il existe une autre
forme de la polygamie, basée uniquement sur la domination de
l'homme sur la femme et l'utilisation de celle-ci comme signe extérieur
de richesse. Ces deux formes de polygamie se retrouvent aujourd'hui
dans différents pays, la seconde étant désormais
la plus fréquente" précise le rapport. Une cinquantaine
de pays autorisent toujours cette pratique.
Contraception
et IVG : le paradoxe français
Selon Profession gynécologue de mars 2010, en dépit
d’une bonne couverture contraceptive, le taux d’IVG reste élevé,
et concerne dans 72% des cas des femmes qui ont déjà une
pratique contraceptive. Une situation qui doit pousser les gynécologues
à s’interroger collectivement sur les moyens de remédier
aux échecs qui procèdent d’enchainements complexes mettant
en jeu de nombreux facteurs. Faut-il revoir les stratégies de
prescription en matière de contraception et sortir du schéma
du "tout pilule". "Le rapport de l’IGAS, d’une très
grande qualité, nous pousse à nous interroger sur les
attentes des fe mmes en matière de contraception", explique
Dr Elisabeth Aubény. (…) Premier constat : l’essentiel de la
couverture contraceptive repose sur des méthodes "médicales"
délivrées sur prescription. En tête, on trouve bien
sûr la pilule, contraceptif le plus utilisé quel que soit
l’âge. Parmi les femmes, qui déclarent faire quelquechose
pour éviter une grossesse, près de 60% utilisent la pilule.
Ce sont des jeunes femmes qui l’utilisent le plus : 80% des 15-19 ans,
90% des 20-24 ans. Le deuxième contraceptif le plus utilisé
est le DIU qui concerne une femme sur quatre. Mais il est employé
de façon marginale chez les moins de 30 ans (4%), ou les femmes
sans enfant (2%) ainsi que chez les femmes socialement moins favorisées.
Enfin, 11% des françaises utilisent un préservatif comme
moyen de contraception. Son utilisation est maximale entre 15 et 19
ans (20%). L’accès à la contraception se fait essentiellement
par un médecin ou un gynécologue. Aujourd’hui, la profession
assure plus de 60% des prescripteurs contre 39% par les généralistes.
Le rapport pointe une certaine inadéquation entre les méthodes
et les pratiques. Plus les femmes sont impliquées dans le choix
de leur contraception, plus elles en sont satisfaites et moins elles
connaissent d‘échecs. Mais la prescription procède rarement
d’un véritable choix en partenariat avec le médecin et
la patiente et le couple. Le schéma le plus courant privilégie
une "approche technique du prescripteur, elle aboutit à
une ordonnance de pilule dès lors qu’aucune contre-indication
médicale n’a été constatée. Ce schéma,
fondé sur un concept d’efficacité théorique, méconnait
le vécu de la contraception qui se traduit notamment par la fréquence
des oublis de pilule, indique l’IGAS. Il apparait que trop peu de prescripteurs
prennent le temps de délivrer des explications et conseils nécessaires
et moins encore de vérifier qu’ils ont été compris
et assimilés. La responsabilité n'incombe pas seulement
aux médecins, mais le rapport souligne la nécessité
d’améliorer les conditions de prescription. Sans jeter l’anathème
sur la pilule, le Dr Brigitte Lecombe, présidente ce la Fédération
Nationale des Collèges de gynécologie médicale,
considère qu'il n’est plus possible de continuer dans la voie
actuelle. "Pendant longtemps, le meilleur pour nous, c’était
forcément la pilule," explique t-elle. "Il ne s’agit
pas d’arrêter la contraception hormonale, mais à l’évidence,
cette méthode ne convient pas à un certain nombre de femmes".
Le Dr Françoise Tourmen, vice présidente de l’AFC, précise
: "Il serait beaucoup plus opportun de développer bien plus
largement la prescription du dispositif intra utérin en essayant
au passage de familiariser le grand public à ce terme, bien plus
adapté que "stérilet". Aujourd’hui, on voit
encore trop de femmes qui pensent que le stérilet, ca rend stérile.
Pour le Dr Marie-Laure Brival, "il est urgent de promouvoir d’autres
méthodes, y compris la stérilisation , encore très
taboue en France, pourtant 100% efficace, sans aucun risque et qui peut
parfaitement convenir à des femmes de 35-40 ans, ayant assez
d’un parcours pilule depuis plus de 20 ans". Les gynécologues
se sont félicités du remboursement de 2 pilules de 3e
génération (Varnoline et Désobel) Il serait maintenant
prioritaire de rembourser l’anneau ou le patch", estime le Dr Aubény.
Evolution
de la répartition des tâches domestiques après l'arrivée
d'un enfant
La Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) publie, dans Politiques
sociales et familiales n° 99 de mars 2010, un article d’Arnaud
Régnier-Loilier et Céline Hiron, respectivement chargé
de recherche et stagiaire à l’Institut national d’études
démographiques (INED), sur l’évolution de la répartition
des tâches domestiques après l'arrivée d'un enfant.
Selon le résumé, "malgré l’arrivée
massive des femmes sur le marché du travail à partir des
années 1960 et une progression de la 'norme' égalitaire,
le partage des tâches domestiques reste très inégalitaire
au sein du couple. Par ailleurs, la répartition du travail domestique
n’est pas figée et les inégalités entre femmes
et hommes se renforcent au fil des années ou au gré d’événements
familiaux ou professionnels." A partir de l’enquête longitudinale
Etude des relations familiales et intergénérationnelle,
réalisée par l’Institut national d’études démographiques
et l’Institut national de la statistique et des études économiques
en 2005 et 2008, cet article examine l’incidence de l’arrivée
d’un enfant sur le partage du travail domestique entre les conjoints.
Journée
internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie
Le 17 mai, dans un communiqué commun du Ministère des
Affaires étrangères et européennes et du Ministère
de la Santé et des Sports, Bernard Kouchner et Roselyne Bachelot-Narquin
rappellent que le 17 mai 1990, l'Organisation mondiale de la Santé
(OMS) annonçait sa décision de retirer l'homosexualité
de la liste des maladies mentales. Cette décision, que la France
avait prise dès 1981, a marqué une étape historique
dans la reconnaissance de la liberté d'orientation sexuelle et
d'identité de genre. Le 17 mai est la date choisie pour célébrer
dans le monde entier la Journée internationale de lutte contre
l'homophobie et la transphobie. La lutte contre les violations des droits
de l’Homme fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité
de genre est l’un des axes de la politique de la France en matière
de droits de l’Homme, soulignent les deux ministres. Cette journée
est l’occasion de rappeler que la France reste fortement mobilisée
dans la lutte contre la stigmatisation et les violations graves des
droits de l'Homme dont sont victimes les personnes lesbiennes, gay,
bisexuelles, transgenres (LGBT) partout dans le monde. Roselyne Bachelot-Narquin,
ministre de la Santé et des Sports a annoncé le 17 mai
2009 son intention de ne plus considérer la transidentité
comme une affection psychiatrique. La publication en février
dernier du décret a consacré cette décision faisant
ainsi de la France le premier pays au monde à agir dans ce sens
(synthèses des 15 et 24 février). Il reste que la transidentité
est toujours considérée comme une maladie mentale dans
de nombreux pays. C'est la raison pour laquelle, Bernard Kouchner, ministre
des Affaires étrangères et européennes et Roselyne
Bachelot-Narquin, ministre de la Santé et des Sports, ont décidé
de travailler ensemble pour porter cette question devant l'Organisation
mondiale de la Santé.
Un mari qui participe aux tâches ménagères
réduit les risques de divorce
Les risques de divorce se trouvent considérablement diminués
dans les couples où le mari participe activement aux tâches
ménagères, selon les conclusions d'une étude réalisée
auprès de 3 500 couples britanniques par la London School of
Economics (LSE). L'enquête, publiée mardi 18 mai (AFP)
et intitulée "Travail masculin non rémunéré
et divorce", précise que l'implication de l'homme dans le
ménage, les courses et le soin des enfants contribue dans tous
les cas de figure à la solidité du couple, indépendamment
du statut de l'épouse : qu'elle soit femme au foyer ou qu'elle
exerce un métier. "L'étude montre que pour les familles
dans lesquelles les femmes sont au foyer et les hommes participent peu
aux tâches ménagères et à la prise en charge
des enfants, le risque de divorce est 91 % plus élevé
que quand la mère travaille et son mari participe au moins en
partie aux tâches ménagères. Par ailleurs, il n'y
a pas d'augmentation du risque de divorce quand la femme travaille et
que son mari participe le plus possible aux tâches ménagères",
estiment les chercheurs. "La combinaison optimale présentant
les plus faibles risques [de divorce] est celle où la mère
ne travaille pas et où le père s'adonne à un maximum
de travaux ménagers et de prise en charge des enfants",
à en croire l'étude. Ces conclusions font voler en éclats
la théorie solidement ancrée depuis les années
1960 selon laquelle la meilleure garantie de stabilité du mariage
résulte de situations où l'homme travaille et la mère
s'occupe du foyer. Les sociologues estimaient ainsi qu'une mère
au foyer était souvent moins encline à divorcer en raison
des difficultés économiques qu'elle aurait à affronter.
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30
avril 2010
Quoi
de neuf sur le site
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois :
511. Bouche-trou.
Victime d'abus sexuels enfant, la femme de cet homme s'est éloigné
peu à peu.
512. Impossible
de subir un examen gynécologique. Cette jeune femme cherche
des solutions.
513. Je
refuse de fournir mon adresse au père de ma fille. Une impasse
juridique qui pourrait mal finir ...
514. Cet
horrible sourire. Un exemple de réparation ...
L’enjeu
de l’égalité entre les femmes et les hommes pour financer
les retraites
Plusieurs sites ont mis en ligne un texte de Christiane Marty, ingénieure,
chercheuse, militante altermondialiste (ATTAC) et féministe titré
"L’enjeu de l’égalité entre les hommes et les
femmes pour financer les retraites". Ce texte présente,
selon son auteure, « une voie qui permet à la fois d’améliorer
de manière déterminante le financement des retraites,
de corriger durablement les inégalités entre les hommes
et les femmes et de créer des emplois répondant aux besoins
sociaux, loin de tout productivisme et nuisance environnementale. C’est
une voie qui est absente des réflexions du Conseil d’orientation
des retraites (COR) et du gouvernement. "A l’heure où près
d’un actif sur deux est une femme et où le niveau des inégalités
envers les femmes est largement reconnu … mais aussi délaissé,
la question des retraites des femmes ne peut pas être reléguée
à une rubrique spécifique de la question des retraites.
A plus forte raison quand elle fait partie des solutions".
Retrouver
le texte sur le site Europe solidaire sans frontières
La
violence homophobe est plus présente qu'on ne croit
Selon Le Monde du 25 avril 2010, malgré une reconnaissance
accrue des couples homosexuels, liée pour une grande part à
l'instauration du pacte civil de solidarité, force
est de constater que l'homophobie demeure très virulente en France,
en particulier à l'égard des jeunes. Et alors que se tiendra
le 17 mai prochain la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie,
son fondateur, l'universitaire Louis-Georges Tin, dresse l'état
des lieux de cette discrimination.Il existe beaucoup de convergences
avec le racisme, l'antisémitisme, le sexisme ... Par exemple,
la domination intériorisée par les victimes, les arguments
qui procèdent par la naturalisation de propriétés
sociales, le vocabulaire de l'infériorisation souvent animalisant ...
En revanche, si raciste que soit l'environnement où il naît,
un enfant a toutes les chances de grandir dans une famille de la même
couleur de peau que lui, et qui ne le rejette pas pour cette raison.
Alors que la plupart des homosexuels grandissent dans des familles hétérosexuelles.
Ils sont donc exposés à une homophobie sociale, mais aussi
familiale. Là réside la véritable différence
entre l'homophobie et la plupart des autres formes de discrimination.
Le
divorce par consentement mutuel est simplifié
"Au nom de la simplification des procédures, le gouvernement
s'apprête à autoriser les couples qui le souhaitent à
éviter cette étape : en cas de divorce par consentement
mutuel, les époux ne seront plus tenus de comparaître personnellement
devant le juge aux affaires
familiales. Selon Le Monde du 23 avril 2010, ils pourront, s'ils
le souhaitent, se contenter de faire parvenir au magistrat la convention
de divorce rédigée avec leur(s) avocat(s). Après
vérification des consentements et examen du texte, le divorce
sera signifié par un simple courrier. Divorce express ? Le porte-parole
de la chancellerie, Guillaume Didier, réfute cette expression.
"Il ne s'agit ni d'un divorce au rabais ni d'un divorce éclair,
explique-t-il. Nous essayons simplement d'alléger les procédures
judiciaires qui concernent la vie quotidienne des Français. Si
les deux époux sont d'accord et qu'ils ont réglé
les détails de leur séparation, il n'y a aucune bonne
raison de leur imposer une audience. Cette réforme permettra
en outre au juge de se concentrer sur son véritable métier
: trancher des litiges." Pour éviter toute dérive,
le projet de loi présenté en mars au conseil des ministres
par la garde des sceaux, Michèle Alliot-Marie, prévoit
des garde-fous : l'audience sera de droit si l'un des époux le
souhaite, et seuls les divorces par consentement mutuel n'impliquant
aucun enfant mineur seront concernés. Si l'on se fonde sur les
chiffres de 2007, 35.000 divorces par an, soit la moitié des
procédures par consentement mutuel, pourront ainsi se conclure
sans audience devant le juge aux affaires familiales. Cette réforme
n'est pas du goût de tous : le Conseil national des barreaux (CNB),
un des organes de représentation des avocats, estime que l'intervention
systématique du juge est le "seul garant des droits et libertés
fondamentaux du citoyen". "Dans la réalité,
un divorce par consentement mutuel, c'est tout sauf simple ! affirme
Hélène Poivey-Leclerq, membre du CNB. L'audience permet
au juge de vérifier que le consentement des époux est
vraiment libre. Il y a des gens apeurés qui ne disent pas tout
à leur avocat, notamment des femmes qui sont en situation d'infériorité."
Les
filles d’Albert et le MLF
Cathy Bernheim, écrivaine, a publié dans L’Humanité
du 21 avril une tribune intitulée "Les filles d’Albert".
Faisant référence à Albert Camus, Jean-Paul Sartre
et Simone de Beauvoir, Cathy Bernheim y rappelle "l’histoire
(…) telle qu’elle fut longtemps racontée à notre génération,
la suivante". L’écrivaine raconte : "il y régnait
un sexisme de mauvais aloi qui retenait en priorité les exploits
des garçons et taisait ceux des filles, qu’ils fussent intellectuels,
artistiques, techniques, politiques, guerriers ou intimes".
Et de se souvenir : "notre génération (la suivante)
fut celle qui rappela l’existence d’un peuple encore plus oublié
que les autres dans l’histoire de l’humanité : le peuple des
femmes. Ce fut elle, notre génération (la suivante), qui
proclama, au nez et à la barbe de la France médusée,
un beau jour de l’été 1970, cette vérité
toujours bonne à dire : 'Un homme sur deux est une femme.'".
L’écrivaine explique alors l’importance de la transmission :
"le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance
à l’oppression", le refus de mentir aux générations
suivantes, ce qu’on fait "les filles d’Albert". Et Pour Cathy
Bernheim, "c’est en tout cas ce qui nous donne envie aujourd’hui
de fêter les quarante ans du Mouvement de libération des
femmes en sortant, une fois encore, des placards poussiéreux
de l’histoire".
Femmes,
pauvreté et sans-abrisme
Sous le titre "Le SDF devient de plus en plus 'une' sans-abri",
Le Soir du 1er mars faisait état d’une étude des
universités de Liège et d’Anvers analysant l’aide aux
sans-abri et les relations entre ceux-ci et les centres publics d'action
sociale (CPAS). Selon l’étude, le profil des sans-abri change
: "il y a de plus en plus de jeunes, de personnes ayant des
problèmes psychiatriques, des familles avec enfants et surtout
des femmes. En Wallonie, la féminisation des sans-abri est évidente
pour les CPAS. Ils sont 40 % à mentionner ce phénomène
contre à peine 17 % en Flandre". Parmi les causes évoquées
: "avoir vécu des problèmes de violence conjugale
ou familiale" … Le Soir avait déjà
alerté ses lecteurs sur le phénomène le 30 janvier
dernier. Sous le titre "Le wallon le plus pauvre est une femme",
le journal indiquait que le service insertion professionnelle de la
Fédération des CPAS de Wallonie avait réalisé
une étude "dressant le portrait robot de l'homme le plus
pauvre de Wallonie". Selon cette étude, "le
profil de ce dernier serait une femme belge, chômeuse, âgée
de 34 ans et issue d'un ménage monoparental" et "55
% des personnes considérées comme 'pauvres' en Wallonie
sont des femmes". Enfin, cette femme a "un niveau scolaire
bas, un niveau de santé faible, une espérance de vie également
faible et des relations sociales faibles" et "serait
hébergée dans un logement en mauvais état".
Trop
dur de trouver un gynéco
Plusieurs mois d’attente pour décrocher un rendez-vous, des kilomètres
à parcourir pour voir le médecin, des cabinets qui n’acceptent
plus de nouvelles patientes… La gynécologie est-elle en voie
de disparition, interroge Marie Claire en mai 2010 ? Une Française
sur quatre consulte son médecin traitant, en raison de l’impossibilité
d’obtenir un rendez vous en urgence avec son gynécologue ou de
la distance pour arriver chez celui-ci. Difficulté davantage
exprimée par celles qui sont suivies par un généraliste
(81 % d’entre elles contre 74 %) de celle suivies par un gynécologue
ou de la distance pour arriver chez celui ci. Une fois de plus, les
gynécos lancent un cri d'alarme et en appellent à la ministre
Roselyne Bachelot. Rappel des faits : en 1986, la gynécologie
disparaît des facs de médecine. Reste l'obstétrique,
mais ce n'est pas le même métier. Les obstétriciens
sont des chirurgiens accoucheurs, quand les gynécos médicaux
prennent en charge tous nos problèmes de femme, de notre première
contraception aux traitements hormonaux de la ménopause, en passant
par la prévention et le dépistage des cancers (frottis,
palpation des seins, etc.). En 2003, après dix-sept ans de lutte
(et trois millions de signatures), la gynécologie médicale
revient dans les facs de médecine. Vingt internes par an sont
formés, contre cent trente au début des années
80. A ce rythme-là, il ne restera que six cents gynécos
en 2015, pour trente millions de femmes en âge de consulter. Conséquence
: jusqu'à six mois d'attente pour un rendez-vous dans certaines
régions. Sur la blogosphère, les pétitions et les
soutiens aux gynécos circulent, des collectifs d’associations
et de syndicats se mobilisent dans la presse régionale, les témoignages
d’incidents se multiplient : la raréfaction des gynécos
ne passe pas. Le journal Ouest France rapportait la situation
dans un hôpital de Basse-Normandie. "Difficile d’assurer
sur tous les fronts, avec 15.000 consultations par an", explique
le Dr Michel André, du centre hospitalier de Flers. "Nous
donnons aux suivis de grossesse et de cancers et nous avons du mal à
produire des c onsultations pour la contraception, les frottis… "
Les délais d’attente sont très variables selon les régions.
A Paris, hors urgence, comptez un ou deux mois pour un rendez vous,
dans le Nord, six mois. "Alors on voit de plus en plus de patientes
franchir les portes des centres de protection maternelle et infantile.
Ici elles retrouvent l’accueil, la disponibilité et l’écoute
qu’elles n’ont plus forcément au cabinet ou à
l’hôpital", explique une gynécologue d’un centre de
Seine-et-Marne En plus, c’est gratuit. "Le pire, c’est que certains
médecins ne peuvent plus augmentent leur patientèle car
ils croulent sous le travail", déplore le Dre Brigitte Letombe,
présidente de la Fédération Nationale des collèges
de la gynécologie médicale (FNCGM). "Et quand un
gynécologue ferme son cabinet pour partir à la retraite,
il n’y a pas de successeur. Et pourtant, Lille, c’est plutôt une
grande ville, non ? Alors que dire des petites agglomérations
et des déserts médicaux ? En Lozère, aucun médecin
n’exerce une activité régulière de gynécologie
médicale ou obstétrique, un seul dans le Cantal et la
Haute Loire, deux dans la Meuse, trois en Haute-Corse. Les petites maternités
mettent la clé sous la porte, donc les gynécologues obstétriciens
qui y travaillaient, et qui y pratiquaient aussi la gynécologie
médicale, sont obligés de rallier à de grandes
maternités", ajoute le Dre Latombe, "On perd donc dans
toutes ces petites structures, l’activité de consultation, et
il faut parcourir de kilomètres pour voir un médecin ».
Pour signer la pétition et sauver la gynécologie médicale
: www.cdgm.org.
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31
mars 2010
Quoi
de neuf sur le site
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois :
506.
Je sais que
ma fille a souffert. Où il est aussi question de la fille
de cette femme victime de violences.
507. Je
suis en train de renaître. Cette jeune fille fait une thérapie.
508. Tabassée
et violée à 15 ans. Gilberte cheche à s'exprimer
et partager ce qu'elle a vécu.
509. C'est
ma faute. Sophie a été violée et elle a le
sentiment que son corps ne lui appartient plus.
510. Un
énorme besoin de tendresse et d'affection ... qui s'achève
en viol sous GHB ...
Le
3919 élargit à toutes les formes de violences
La lutte contre les violences faites aux femmes a été
déclarée grande cause nationale en 2010. De ce fait, la
plate forme d’appel du 3919 a été renforcée. Son
domaine d’intervention est élargi à toutes les formes
de violences, au delà des seules violences conjugales. Pour ce
faire, un pré-accueil est mis en place afin de faciliter l’orientation
de tous les appels pendant les périodes de campagnes télévisuelles,
c’est-à-dire en mars, en juin ou septembre et de novembre à
décembre 2010.
Festival
International de Films de Femmes
Du 2 au 11 avril 2010 aura lieu le 32ème Festival International
de Films de Femmes à Créteil. Cette année, le festival
met l’accent sur la rencontre de deux continents : l’Europe et l’Afrique.
Dans le programme qui contient près de 80 films, le spectateur
trouvera de nombreuses coproductions entre des pays africains et des
pays européens.
Festival International de Films de Femmes
Maison des Arts
Place Salvador Allende
94000 Créteil
01 49 80 38 98
www.filmsdefemmes.com
Plus
d'un commissariat sur trois ne protège pas les femmes étrangères
victimes
de violences
Dans le cadre de la campagne "Ni une ni deux" initiée
par La Cimade,
un testing auprès de 75 commissariats, a été mis
en place pour observer les conditions d’accueil et de prise en charge
des femmes étrangères victimes de violences. Il en résulte
que dans plus d’un
commissariat sur trois, une femme sans-papiers qui voudrait porter plainte
contre des violences, risquerait l’expulsion. Pour les femmes étrangères
victimes de violences, la plainte est parfois un élément
indispensable pour la délivrance d’un titre de séjour.
Or c’est
précisément parce qu’elles n’ont pas de titre de séjour
qu’elles rencontrent des difficultés pour porter plainte. Certains
agents de police, plutôt que de considérer ces femmes comme
des victimes, les voient d’abord comme des délinquantes du seul
fait qu’elles sont en
situation irrégulière. Et plutôt que d’assurer leur
protection, certains choisissent de les placer en garde à vue
et de prendre attache avec les services préfectoraux pour organiser
leur expulsion.
Les
maisons closes, encore et toujours ...
Thierry Schaffauser, représentant syndical élu du Syndicat
du travail sexuel, Strass, prend position dans une tribune publiée
par Libération le 5 mars pour des "maisons ouvertes, qui
ne seraient nullement obligatoires mais qui apporteraient une solution
de plus aux personnes qui souhaitent travailler ainsi". L’auteur
cite le "débat sur la réouverture des maisons closes"
et "la députée UMP Chantal Brunel, qui présentera
un amendement, le 25 février, à l’Assemblée nationale,
demandant l’abrogation du délit de racolage". Selon Thierry
Schaffauser, "l’échec de la répression du racolage
en matière de lutte contre le proxénétisme pousse
en effet à abroger cet article de la loi sur la sécurité
intérieure".
Fermées
en 1946, les maisons closes font encore débat. Une députée
relance le débat et un sondage Le Parisien/Aujourd'hui en
France publié le 18 mars 2010 révèle que les
Français y sont plutôt favorables.
De quoi apporter de l’eau au moulin de Chantal Brunel, députée
(UMP) de Seine-et-Marne, qui propose dans un livre tout juste paru de
remettre au goût du jour les lupanars, au nombre de 1.400 avant
que l’Etat n’ordonne leur fermeture en 1946. Son idée : protéger
les prostituées en leur permettant de travailler au grand jour
dans des lieux qui leur seraient réservés, comme cela
se fait depuis une quinzaine d’années en Suisse, en Allemagne
ou aux Pays-Bas. En les sortant de la rue et de la clandestinité,
Chantal Brunel espère mettre fin à l’exploitation et à
la maltraitance dont sont l’objet de plus en plus de péripatéticiennes.
Une telle mesure permettrait, selon elle, d’éliminer les réseaux
mafieux et leur offrirait davantage de sécurité que la
rue. Par ailleurs, dans les pays où les maisons closes sont autorisées,
les filles reversent certes une somme à leur "tenancier",
mais beaucoup moins importante que celle qu’elles donnaient à
leur "mac" lorsqu’elles racolaient. Qu’en pensent les principales
intéressées dans l’Hexagone ? "Elles sont pour une
décriminalisation de leur activité, mais pas sous l’autorité
d’un patron, affirme Alice, une porte-parole de Griselidis, association
toulousaine oeuvrant auprès des prostituées. Rouvrir des
maisons de tolérance, éventuellement, mais dans lesquelles
elles s’autogéreraient." Du côté du ministère
de l'Intérieur, en tout cas, selon Chantal Brunel, on prend le
sujet très au sérieux : "Un groupe de travail sur
la prostitution, dont je ferai partie, est en cours d’élaboration.
La première réunion préparatoire aura lieu le 25
mars."
Risque
d'infection par le VIH : les femmes toujours plus exposées
Selon le Quotidien du Médecin du 8 mars 2010, l’ONUSIDA lance,
avec la participation de la chanteuse et militante Annie Lennox, un
plan d’action de cinq ans pour lutter contre les inégalités
entre les sexes et les violations des droits de l’homme qui continuent
à exposer davantage les femmes au risque d’infection par le VIH.
"L’agenda pour l’intensification des mesures concernant les femmes,
les filles, l’égalité entre les sexes et le VIH (2010-2014)"
est au programme d’une réunion de haut niveau organisée
dans le cadre de la 54ème session de la Commission de la condition
de la femme qui se tient jusqu’au 12 mars à New York. Il s’agit
pour les Nations Unies d’aider les gouvernements, la société
civile et les partenaires du développement à renforcer
les actions nationales visant à placer les femmes et les filles
au centre de la riposte au sida, en s’assurant que leurs droits sont
protégés. Ce qui est loin d’être le cas actuellement.
L’ONUSIDA cite trois chiffres. Dans le monde, le VIH est la première
cause de maladie et de décès chez les femmes en âge
de procréer (15-49 ans). En Afrique australe, la prévalence
du VIH chez les femmes de 15 à 24 ans est en moyenne trois fois
plus élevée que celle observée chez les hommes
de la même tranche d’âge. Et ce pourcentage auquel on a
du mal à croire : 70 % des femmes dans le monde sont confrontées
à la violence. Une donnée accompagnée de ce commentaire
: "L’expérience de la violence réduit la capacité
des femmes à négocier une sexualité sans risque."
"Il est très difficile d’avoir une vie sexuelle active en
étant séropositive, renchérit Suksma Ratri, membre
du réseau des femmes séropositives d’Indonésie.
Les choix des femmes et des filles qui vivent avec le VIH sont souvent
limités lorsqu’il s’agit de leur sexualité. Elles ont
besoin d’un dispositif de soutien approprié et accueillant, qui
leur permette de prendre des décisions librement concernant leur
sexualité sans qu’elles soient l’objet de discrimination ou de
stigmatisation."
Déséquilibre
des sexes en Asie
La Croix du 5 mars a consacré sa une et son dossier d’ouverture
au "déséquilibre démographique qui inquiète
l’Asie", "un phénomène dont les effets commencent
tout juste à se faire sentir". La Croix fait le point en
trois pages sur ce dossier : "les démographes les appellent
les 'femmes manquantes', celles qui auraient dû naître et
qui ont été éliminées à cause de
leur sexe, créant un déséquilibre grave dans leur
pays. En Chine, comme en Inde, elles seraient 60 millions, au Pakistan
5 millions, au Bangladesh 3 millions, en Afghanistan 1 million, à
Taïwan 400 000, en Corée du Sud 150 000. Le phénomène
touche également le Népal, le Vietnam, l’Azerbaïdjan,
la Géorgie et l’Arménie. Au total, environ 150 millions
de femmes ne sont pas nées depuis une trentaine d’années,
surtout en Asie, et le même nombre d’hommes est menacé
de ne pas trouver d’épouse".
La
tyrannie de l'épilation
En publiant, en janvier, son enquête sur "les nouvelles tendances
de l'épilation maillot", le magazine Elle n'imaginait
pas provoquer autant de réactions parmi ses lectrices et sur
nombre de forums Internet. Le dossier de huit pages, illustré
de photos de jeunes femmes dénudées du bas, livrait toutes
sortes de conseils pour "bien cultiver son jardin secret".
On y apprenait que, "malgré la douleur", la tendance
actuelle est à "l'épilation semi-intégrale",
ne laissant qu'une pilosité réduite à la forme
d'un ticket de métro. Voire beaucoup moins, les esthéticiennes
interrogées par Elle déclarant être confrontées
à une "augmentation
constante de la demande d'épilations intégrales".
Choix personnel ou diktat de la mode et de la publicité ? Souci
hygiéniste ou influence - consciente ou non - du porno et de
ses professionnelles qui s'affichent totalement glabres sur Internet
? Soumission aux injonctions masculines ou simple désir d'être
bien dans son corps sans poils ? "Le pubis, pourtant la plupart
du temps dissimulé, serait plus contraint esthétiquement
que tout autre lieu corporel", souligne l'auteure du dossier, Paola
Bataille. Sur le site du magazine, cette question, apparemment futile,
a suscité des échanges souvent enflammés entre
défenseures du droit des femmes à disposer librement de
leur corps et adeptes du pubis lisse.
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28
février 2010
Quoi
de neuf sur le site
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois :
501. Comment
accepter ses critiques ? ... ou comment refuser cette violence ?
502. Il
faut que je me relève. Un viol.
503. J'ai
peur du syndrome de Diogène. Une forme de violence intrafamiliale
rarement évoquée, avec ses conséquences inattendues.
504. Je
suis un homme ... victime de violences conjugales.
505. Coupable
d'avoir aimé. Rachel témoigne des violenbces subies
et de son histoire.
Femmes,
parité, Europe
Dans son rapport annuel sur l'égalité entre les hommes
et les femmes dans l'Union européenne, le Parlement européen
a demandé une directive en matière de lutte contre la
violence envers les femmes, l'instauration d'un congé de paternité
au niveau européen et une révision de la législation
en matière d'égalité salariale. "Les femmes
doivent avoir le contrôle de leurs droits sexuels et reproductifs,
notamment grâce à un accès aisé à
la contraception et à l'avortement", a également
approuvé une majorité de députés. Le rapport,
rédigé par Marc Tarabella été adopté
par 381 voix pour, 253 contre et 31 abstentions.
Sur
le site du Parlement européen
"Le congé de maternité minimal dans l'Union européenne
devrait être allongé de 14 à 20 semaines et être
entièrement rémunéré", estiment les
députés de la commission des droits de la femme du Parlement
européen. Un droit à un congé de paternité
payé, de deux semaines au moins, a également été
approuvé par la commission parlementaire. Les modifications apportées
au projet de réglementation sur la santé et la sécurité
des travailleuses enceintes, préparées par le rapporteur,
Edite Estrela, ont été adoptées par 19 voix pour,
13 contre et 1 abstention. La législation vise à établir
des règles minimales au niveau de l'UE. Les États membres
pourront introduire ou conserver les règles existantes qui s'avèreraient
plus favorables aux travailleurs que celles de la directive. Le vote
en session plénière est fixé au 24 mars.
sur
le site du Parlement européen
La
faillite des banques ...
Jean Louis Masson a attiré l'attention de la secrétaire
d'Etat chargée de la famille (Journal officiel Sénat du
13 novembre 2009) sur le fait que "lorsqu'une femme mariée
demande à ouvrir un compte en banque, la plupart des agences
exigent que le mari signe 'un certificat d'hébergement' au bénéfice
de son épouse". "L'agence demande en outre parfois
la photocopie recto verso de la carte d'identité du mari",
ajoute-t-il. Le sénateur souhaitait que la secrétaire
d’Etat lui indique "si dès à présent, un rappel
à l'ordre sévère ne pourrait pas être adressé
à toutes les banques". La réponse du ministère
du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité
et de la Ville a été publiée dans le JO Sénat
du 18 février. Lire ici : http://www.senat.fr/basile/visio.do?id=qSEQ081106196
On relira aussi cette
page de notre site avec avantage.
Plus
l'encadrement est féminin, plus l'entreprise réussit
Le site Rue89 a mis en ligne un texte de Michel Ferrary titré
Plus l'encadrement est féminin, plus l'entreprise réussit.
Ce texte est une synthèse des conclusions d'un article de recherche
qui sera publié dans le numéro d'avril de la revue Travail,
genre et sociétés indique le site. Selon l’auteur, "une
étude réalisée sur les entreprises du CAC40 sur
la période 2002-2006 montre que les entreprises ayant un taux
de féminisation de leur encadrement supérieur à
35 % ont des performances supérieures aux autres en matière
de croissance, de rentabilité, de productivité du travail
et de création d'emplois".
http://eco.rue89.com/2010/02/21/plus-il-y-a-de-femmes-responsables-plus-lentreprise-reussit-139778
Les
femmes commencent à tirer profit de leur réussite scolaire
"Femmes et hommes en début de carrière. Les femmes
commencent à tirer profit de leur réussite scolaire",
le numéro 1284 d’INSEE Première, publié
par l’Institut national de la statistique et des études économiques
(INSEE), nous donne à lire une note presque optimiste dans le
domaine de l’égalité professionnelle. Selon le résumé,
"depuis 25 ans, en métropole, les taux de chômage
des femmes et des hommes en début de vie active se sont rapprochés.
Les jeunes femmes ont même désormais un léger avantage
en matière de chômage grâce à leur niveau
de formation plus élevé que celui des hommes. Toutefois,
à niveau de diplôme identique, le taux de chômage
des jeunes femmes reste souvent plus élevé et leurs salaires
sont inférieurs à ceux des hommes. En effet, les spécialités
de formation qu’elles choisissent ne correspondent pas toujours aux
besoins du marché du travail. En 2008, à diplôme
et spécialité équivalents, les taux de chômage
des débutants et des débutantes sont très proches,
la crise affectant davantage les jeunes hommes". L’enquête
est annoncée le 24 février dans Le Figaro économie
qui souligne que les jeunes femmes "obtiennent plus de poste de
cadres en début de carrière". Le Monde, daté
du 25 février, est moins optimiste et titre "Les femmes
gagnent moins dès le début de carrière". Et
le quotidien du boulevard Blanqui de citer "le regretté
Prix Nobel d’économie, Paul Samuelson, (The Economist
du 2 janvier)": "les femmes ne sont que des hommes avec moins
d’argent".
Cinq
jours pour une contraception d'urgence
L’efficacité de la contraception d’urgence dépend essentiellement
de la rapidité de son utilisation après un rapport sexuel
et avant l’ovulation. Selon JIM du 11 février dernier, une étude
a comparé l’efficacité de l’acétate d’ulipristal
versus lévonorgestrel pris dans les 5 jours suivant un rapport
non protégé. Le lévonorgestrel est le contraceptif
d’urgence le plus couramment utilisé actuellement et doit être
pris dans les 3 jours suivant un rapport pour une efficacité
d’environ 50 % d’inhibition de l’ovulation. L’acétate d’ulipristal
est un modulateur sélectif du récepteur de la progestérone,
qu’on espère plus efficace que le lévonorgestrel et ce
indépendamment de la période du cycle lors du rapport.
Les résultats de cette étude montrent que l’acétate
d’ulipristal offre une alternative intéressante dans la contraception
d’urgence permettant une utilisation jusqu’à 5 jours après
un rapport non protégé.
Les
troubles précoces de l'identité de genre retirés
de la liste des affections psychiatriques
Un décret n° 2010-125 du 8 février 2010 portant modification
de l'annexe figurant à l'article D. 322-1 du code de la sécurité
sociale relative aux critères médicaux utilisés
pour la définition de l'affection de longue durée "affections
psychiatriques de longue durée" est paru au Journal officiel
du 10 février. Plusieurs journaux soulignent que la France devient
ainsi le premier pays au monde à sortir le transsexualisme de
la liste des affections psychiatriques. Et de rappeler que Roselyne
Bachelot, ministre de la Santé et des Sports avait annoncé
le 16 mai 2009, à la veille de la journée mondiale de
la lutte contre l'homophobie et la transphobie, que le transsexualisme
ne serait plus considéré comme une affection psychiatrique
en France.
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31
janvier 2010
Quoi
de neuf sur le site
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois :
494. Je
n'ose pas en parler à mes amis. Témoignage sur la
violence psychologique.
495. Que
du dégoût pour cet homme. Neuf années de relations
sexuelles contraintes par son conjoint ...
496. Le coup
de trop est arrivé. Entre le premier et le dernier message,
A. a décidé de fuir son conjoint violent, un homme si
doux et attentionné au départ ...
497. Il
est mort maintenant. Que faire lorsque l'action au pénal
est éteinte ?
498. Les
femmes ne sont pas tendres. Cet homme espère que son témoignage
pourra servir à d'autres hommes en souffrance.
499. Je
ne sais jamais ce qui va le mettre en colère. Jalousie pathologique.
500. Je n'en
peux plus d'être aussi jalouse. Comment cette jeune femme
peut-elle extirper cette souffrance ?
La
loi inscrivant l'inceste dans le code pénal est définitivement
adoptée
Jusqu'à
présent, l'inceste ne faisait l'objet d'aucune définition
juridique et n'apparaissait qu'implicitement dans le code pénal
au travers soit des circonstances aggravantes au viol et aux autres
agressions sexuelles, soit des interdictions au mariage dans le code
civil. Pour mettre fin à cette situation, le Parlement a, le
26 janvier 2010, adopté définitivement une proposition
de loi inscrivant l'inceste commis sur les mineurs dans le code pénal
et tendant à améliorer la détection et la prise
en charge des victimes d'actes incestueux. La
loi qualifie désormais d'inceste les viols et les agressions
sexuelles commis au sein de la famille sur un mineur par son ascendant,
son frère ou sa soeur, ou par toute autre personne, y compris
s'il s'agit d'un concubin, d'un membre de la famille, ayant sur la victime
une autorité de droit ou de fait. Cette
qualification est aussi retenue lorsque l'une de ces personnes majeures
exerce sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle
sur un mineur. D'ailleurs, le texte précise dorénavant
que la contrainte peut être physique ou morale, soulignant que
"la contrainte morale peut résulter de la différence
d'âge existant entre une victime mineure et l'auteur des faits
et de l'autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur
cette victime". Signalons que l'inceste n'ayant pas été
érigé en une infraction spécifique, ces dispositions
sont donc de nature interprétative et s'appliqueront aux affaires
concernant des faits commis avant la publication de la loi au Journal
officiel. En
outre, la loi souligne que, lorsque le viol incestueux ou l'agression
sexuelle incestueuse est commis contre un mineur par une personne titulaire
de l'autorité parentale, la juridiction de jugement se prononce
sur le retrait total ou partiel de cette autorité, y compris
en ce qui concerne les frères et soeurs mineurs de la victime.
Une démarche qui n'était prévue jusqu'alors qu'en
cas de simple agression sexuelle. La
loi harmonise en conséquence les articles du code pénal
prévoyant les circonstances aggravantes de diverses infractions
en cas d'inceste. A titre d'exemple, alors que l'article 222-24 prévoyait
jusqu'à présent que le viol est puni de 20 ans de réclusion
criminelle "lorsqu'il est commis par un ascendant légitime,
naturel ou adoptif, ou par toute autre personne ayant autorité
sur la victime", la loi précise désormais que tel
sera le cas "lorsqu'il est commis par un ascendant ou par toute
autre personne ayant sur la victime une autorité de droit ou
de fait". Notons qu'en première lecture l'Assemblée
nationale avait souhaité distinguer clairement les faits incestueux
de ceux commis par une personne ayant autorité sur la victime
afin de mieux identifier, parmi les victimes d'infractions sexuelles,
celles qui ont été victimes de faits incestueux et les
autres afin, notamment, d'adapter la prise en charge des victimes d'inceste
à la spécificité des traumatismes qu'elles ont
subis. Mais la commission des lois du Sénat n'a pas retenu cette
rédaction qui aurait fait de l'inceste une nouvelle infraction
et n'aurait donc été applicable qu'aux seuls faits commis
après la publication de la loi au Journal officiel.
Afin
d'améliorer la prévention, la loi complète les
missions du service public de l'enseignement en prévoyant que
les écoles, les collèges et les lycées assurent
désormais une mission d'information sur les violences et une
éducation à la sexualité. Aussi, souligne le texte,
la problématique des "violences intrafamiliales à
caractère sexuel" doit-elle être abordée avec
les élèves dans le cadre de la séance annuelle
d'information et de sensibilisation sur l'enfance maltraitée
organisée par les chefs d'établissement et associant les
familles, l'ensemble des personnels, ainsi que les services publics
de l'Etat, les collectivités locales et les associations intéressées
à la protection de l'enfance. En
outre, la loi prévoit que la formation des personnels enseignants
ainsi que de toutes les personnes intervenant auprès des enfants
(médecins, travailleurs sociaux...) en matière de prévention
des mauvais traitements doit comporter un module pluridisciplinaire
relatif aux infractions sexuelles à l'encontre des mineurs et
leurs effets.
Pour
accompagner les victimes dans leurs démarches judiciaires, la
loi prévoit que les associations de protection de l'enfance régulièrement
déclarées depuis au moins cinq ans à la date des
faits peuvent désormais exercer les droits reconnus à
la partie civile en cas d'inceste. Le
texte stipule également que, lorsqu'il est saisi de faits à
caractère incestueux, le procureur de la République ou
le juge d'instruction désigne obligatoirement un administrateur
ad hoc pour protéger les intérêts du mineur
et exercer, le cas échéant, au nom de celui-ci les droits
reconnus à la partie civile. Enfin,
la loi prévoit que le gouvernement remettra au parlement, avant
le 30 juin 2010, un rapport examinant, d'une part, les modalités
d'amélioration de la prise en charge des soins, notamment psychologiques,
des victimes d'inceste et, d'autre part, celles de mise en oeuvre de
mesures de sensibilisation du public, notamment des mesures d'éducation
et de prévention à destination des enfants.
Fermeture
programmée d’un certain nombre de centres d’IVG parisiens
Dans un communiqué diffusé le 14 janvier, Anne Hildalgo,
première adjointe à la mairie de Paris, et Fatima Lalem,
adjointe chargée de l’égalité entre les femmes
et les hommes, assurent de leur soutien les associations mobilisées
contre la fermeture programmée d’un certain nombre de centres
d’interruption volontaire de grossesse (IVG) parisiens. "L’arrêt
de l’activité de ces structures hospitalières à
Paris, et notamment dans l’est parisien avec la fermeture du centre
IVG de l’hôpital Tenon et le démantèlement annoncé
à Saint-Antoine, sont le signal d’une fragilisation inquiétante
des droits fondamentaux des femmes. Cette fragilisation s’opère
dans un contexte d’accès très difficile à l’IVG,
déjà parent pauvre de la médecine, et qui souffre
d’une dévalorisation de ses études médicales, de
sa pratique professionnelle ou de sa tarification. Cette situation est
d’autant plus préoccupante que certains médecins militant
pour le droit des femmes à disposer de leur corps vont prochainement
partir à la retraite" indique le communiqué. Selon
les deux signataires, "il y a donc urgence à trouver aujourd’hui
les voies et moyens de pallier le transfert potentiel de ces activités
au sein des nouveaux pôles hospitaliers, d’autant que ce redéploiement
annoncé s’accompagne de coupes sombres en matière budgétaire
et d’une diminution drastique du personnel hospitalier, au risque de
sacrifier la qualité et l’égalité d’accès
aux soins". Anne Hidalgo et Fatima Lalem annoncent qu’elles interpelleront
les responsables de la santé au niveau national et local et prendront
l’attache de la direction de l’AP-HP.
Evolution
du recours à l’IVG en France entre 1990 et 2005
On trouvera dans le numéro 2009-3 de la revue Population,
publiée par l’Institut national d’études démographiques
(INED) un article de Clémentine Rossier, Laurent Toulemon et
France Prioux consacré à l’évolution du recours
à l’interruption volontaire de grossesse en France entre 1990
et 2005. Selon le résumé, "la loi autorisant l’avortement
depuis 1975 en France a été modifiée en 2001 dans
le but de faciliter l’accès des femmes aux services d’interruption
volontaire de grossesse (IVG), en particulier par l’augmentation de
deux semaines de la durée de gestation maximale autorisée.
Les données provenant des bulletins d’IVG permettent d’étudier
l’impact de ces modifications législatives, en utilisant la durée
de gestation au moment de l’IVG comme indicateur des difficultés
d’accès à ce service. Par ailleurs, la loi autorise la
contraception médicalisée depuis 1967 en France; la diminution
des grossesses non prévues et des IVG jusqu’au milieu des années
1990 est attribuable au succès de la diffusion de ces méthodes
dans les années 1970 et 1980. Le recours à l’avortement
reste cependant élevé en France par rapport aux autres
pays d’Europe de l’Ouest. Cela pose la question de la persistance ou
de la recrudescence des grossesses non prévues chez les femmes
les plus jeunes et celle du recours répété à
l’avortement au cours de la vie de certaines femmes."
http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1489/publi_pdf2_fr_ivg_pop3.pdf
Peu
de femmes dirigent des entreprises
Selon l’Observatoire des inégalités (10 décembre
2009), "Peu de femmes dirigent des entreprises". L’Observatoire
a mis en ligne les chiffres de l’enquête annuelle 2009 de l'association
Action de femme. Selon l’Observatoire, "les femmes sont
de plus en plus diplômées, mais le 'plafond de verre' demeure
une réalité. Seules 17,2 % des entreprises françaises
sont dirigées par une femme. Une proportion similaire se retrouve
au sein du secteur public. Des disparités apparaissent cependant
suivant le secteur d’activité et la taille de l’entreprise. Il
y a davantage de dirigeantes dans le commerce ou les services que dans
l’industrie, secteur globalement moins féminisé. Plus
la taille de l’entreprise est importante, moins il y a de femmes dirigeantes
: elles sont 8,6 % dans les entreprises de plus de 250 salariés
contre 18,9 % dans les entreprises de moins de 10 salariés."
http://www.inegalites.fr/spip.php?page=article&id_article=1126
L'égalité
des genres : les règles de l'UE et leur transposition en droit
national
La dernière version de la publication de la Commission européenne
relative au droit européen de l’égalité des genres
a été mise en ligne sur le site de l’Union européenne.
Cette publication vise à donner un aperçu succinct et
général des grandes caractéristiques du droit européen
de l’égalité des genres et de sa transposition dans les
27 Etats membres de l’UE et dans les pays de l’EEE où s’applique
la majeure partie de ce droit, à savoir l’Islande, le Liechtenstein
et la Norvège. Elle s’adresse à un vaste public, et pas
uniquement à des juristes, et décrit les principales tendances
et difficultés de la transposition en droit national des règles
communautaires en matière d’égalité des genres.
Les différentes sections correspondent aux principaux domaines
visés par la législation européenne touchant l’égalité
entre les femmes et les hommes.
Sur
le site de l'UE
Des
imams interdisent l’excision en Mauritanie
Trente quatre imams et oulémas mauritaniens ont signé
le 12 janvier à Nouakchott une fatwa (avis juridique qui a valeur
de loi) interdisant la pratique de l’excision dans leur pays. Cette
fatwa stipule que les excisions "ont été avérées
néfastes par les experts. Une telle pratique est donc interdite
au vu des dommages qu’elle entraîne". Ses auteurs étaient
réunis au Palais des Congrès de Nouakchott dans un atelier
organisé par le ministère des Affaires sociales, de l’Enfance
et de la Famille, le Forum de la Pensée Islamique et du Dialogue
des Cultures, et appuyé par l’Unicef (Le Fonds des Nations
unies pour l’enfance). Le docteur Cheikh ould Zein, secrétaire
général du Forum de la pensée islamique,
a expliqué les raisons qui les ont conduits à cette décision.
"Les points essentiels sur lesquels il convient de s’interroger
: est-ce qu’il y a dans le Coran des textes très clairs qui demandent
cette chose-là ? Ils n’existent pas", a-t-il déclaré.
Les mutilations génitales sur les femmes n’ont pas de lien avec
la religion, contrairement à ce que de nombreuses familles tendent
à faire croire. Les oulémas et imams réunis ont
même déclaré que l’excision est une pratique anti-islamique,
la religion condamnant tout acte ayant des répercussions négatives
sur la santé. D’après les chiffres fournis par le gouvernement
et l’UNICEF, l’excision touche près de 72% des Mauritaniennes.
Officiellement, elle est prohibée depuis que le pays a ratifié
la Convention Internationale des Droits des Enfants en 1989. Cependant,
cette prohibition formelle n’a pas mis fin à l’activité
des exciseuses. Nombre de fillettes de quelques jours sont toujours
conduites par leurs proches chez la chirurgienne traditionnelle du village.
Les enfants des ethnies soninkés et peuls étant les plus
fréquemment victimes de cette pratique. Mais
Cheik ould Zein est convaincu que la fatwa édictée la
semaine dernière aura un grand impact sur les mentalités.
""L’excision féminine était un tabou. L‘excision
est désormais vue comme un crime contre l‘espèce humaine",
a-t-il déclaré. A la suite de ce colloque, le gouvernement
s’est engagé à lancer des actions de sensibilisation pour
mettre fin à l’excision.
Près
d'un Français sur 2 juge la maternité comme un frein dans
une carrière
La Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour
l'égalité (Halde) lance une campagne de sensibilisation
sur les discriminations liées à la grossesse et à
la maternité, souvent perçues comme l'une des principales
causes d'inégalités au travail. Avec un taux d'activité
des femmes qui dépasse les 65 %, la France fait partie des bons
élèves en Europe. Mais l'évolution comparée
des carrières des hommes et des femmes demeure un point noir
dans la politique d'égalité au travail. En cause, notamment,
les grossesses qui peuvent freiner l'évolution professionnelle
des mères et, pis, donner lieu à de véritables
discriminations. Les Français en sont bien conscients. Dans un
sondage commandé par la Haute Autorité de lutte contre
les discriminations et pour l'égalité (Halde) à
l'institut CSA, 46 % des personnes interrogées (hommes et femmes
confondus) estiment que le fait d'être enceinte constitue un inconvénient
dans la vie professionnelle. Par ailleurs, 23 % des femmes sondées
disent avoir été interrogées sur leurs projets
parentaux lors de leur entretien d'embauche, alors que ce type de questions
est interdit par la loi. Depuis sa création, la Halde a reçu
plus de 400 réclamations liées à la grossesse,
dont plus de 60 % au cours de l'année 2009. Parmi ces réclamations,
certaines ont donné lieu à des condamnations, avec des
indemnités à verser par l'employeur pouvant aller de 15.000
à 203.416 euros. La plupart des femmes restent néanmoins
largement ignorantes de leurs droits pendant la grossesse et à
leur retour au travail. Selon le même sondage CSA, 37 % des femmes
qui ont subi une discrimination n'ont pas réagi. Pour faire face
à ce constat, la Halde a publié un dépliant d'information
à 1,5 million d'exemplaires. La Haute Autorité conseille
par exemple d'annoncer toute grossesse par une lettre recommandée
accompagnée d'un certificat médical...
http://www.halde.fr/IMG/pdf/Depliant_grossesse.pdf
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