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30
avril 2008
Quoi
de neuf sur le site
Ajouts
d'éléments d'information quant aux conditions de référencement
de sites sur les pages avertissement
et faire
un lien vers sosfemmes.com
Mise
en ligne des rapports d'activité
pour l'année 2007, rubrique tout
sur SOS FA
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
374. Quand
le rêve tourne au cauchemar. Irina est russe : le rêve
de l'Ouest et de la France se heurte à une dure réalité
conjugale...
375. Malgré
les violences, une partie de moi l'aime. Echanges avec cette femme
qui réfléchit à sa situation.
376. Violence
psychologique. Humiliations, insultes, dénigrement, ... comment
résister aux conséquences de cette violence-là
?
377. Donnez
moi la clef pour m'en sortir. Comment peut-on continuer à
aimer l'homme qui vous a maltraité à ce point ?
378. Je
veux partir de chez moi. Il y a urgence ...
379. Faire
reconnaître les violences morales et psychiques. C. est partie,
elle et ses enfants vont beaucoup mieux.
380. Le
père de mes enfants était mon employeur. Adélaïde
conduit plusieurs procédures contre lui.
381. Marie.
Marie est morte.
Colloque
: femmes et pédophiles
La pédophilie au féminin, de la complicité inconsciente
au passage à l'acte sexuel : colloque organisé par La
fondation pour l'Enfance et le Centre des Buttes Chaumont à Paris,
Palais d'Iéna (9, place d'Iéna, 75016 Paris) le vendredi
13 juin 2008.
Renseignements : http://www.fondation-enfance.org/
Violences
conjugales : santé mentale et physique dégradée
Selon Le Parisien du 4 avril 2008, les femmes qui subissent des violences
conjugales ont une santé nettement plus dégradée
que les autres… et ce même si les violences ont cessé.
C’est la conclusion d’une grande étude menée dans 10 pays
par l’Organisation Mondiale de la Santé. Douleurs, troubles de
la mémoire, difficultés à gérer la vie quotidienne…
les tentatives de suicide sont quatre fois plus élevées
chez les victimes et ex-victimes de violences conjugales. Selon l'hebdomadaire
britannique The Lancet, qui a publié le résultat de cette
étude, l'OMS a comparé entre 2000 et 2003, dans quinze
sites de dix pays, l'état de santé de femmes de 15 à
49 ans ayant été l'objet de violences conjugales au moins
une fois dans leur vie, avec celui de femmes qui ne l'ont pas été.
Plus de 24.000 femmes ont été soumises à un
questionnaire. Les dix pays objets de l'enquête ont été
le Bangladesh, le Brésil, le Pérou, la Thaïlande,
la Tanzanie, l'Éthiopie, le Japon, la Namibie, les îles
Samoa et la Serbie-Montenegro. Parmi les femmes violentées, au
moins un tiers - sauf en Éthiopie - n'avaient pas subi de violence
au cours de l'année écoulée. Au terme de cette
étude, il apparaît que 19 % (en Éthiopie) à
55 % (dans la campagne péruvienne) des femmes violentées
rapportent des blessures. Mais surtout, des "associations significatives"
- sauf aux îles Samoa - apparaissent entre la violence du partenaire
et un mauvais état de santé ou des problèmes de
santé
récents : difficultés à marcher ou à gérer
les activités quotidiennes, souffrances, troubles de la mémoire,
problèmes vaginaux... Les femmes soumises à la violence
de leur partenaire au
moins une fois dans leur vie ont reconnu en outre nettement plus de
détresse émotionnelle et de désirs de suicide (trois
fois plus) ou tentatives de suicide (quatre fois plus) que les autres.
Commentant cette étude, Riyadh Lafta, de l'école de médecine
de Bagdad, a fait valoir que souvent la violence n'était pas
rapportée, par exemple quand les victimes "avaient trop
peur de leur partenaire" ou parce que la violence était
considérée comme "normale dans certaines
communautés". Pour lui, des études ultérieures
devraient mesurer la mortalité et l'espérance de vie des
femmes victimes de violence conjugale. Pour l'OMS, la violence conjugale
est un réel problème de santé publique, qui doit
faire l'objet de politiques de santé nationales et globales.
De
plus en plus d'ados tombent enceintes
Selon
Ouest France du 28 avril 2008, depuis trois ans, le nombre des avortements
augmente fortement chez les mineures. "Elles arrivent ici avec
une copine pour faire un test de grossesse. Quand on leur annonce qu'elles
sont enceintes, c'est l'effondrement. Souvent, elles affirment que ce
n'est pas possible." Françoise Berger, responsable du Centre
de planification, d'éducation familiale et d'interruption volontaire
de grossesse du centre hospitalier de Cornouaille, tire la sonnette
d'alarme. "Dans mon service, les interruptions volontaires de grossesse
(IVG) chez les mineures ont augmenté, depuis 1999, de 200 %.
Les moins de 15 ans sont de plus en plus concernées." Les
raisons de cette évolution inquiétante sont multiples.
D'abord, des jeunes filles ont des rapports sexuels plus précocement.
"Mais, ce qui m'inquiète le plus, c'est que les jeunes ont
une méconnaissance absolue en matière de contraception,
constate Françoise Berger. Ils utilisent parfois des méthodes
obsolètes. Hier, la contraception était vécue par
les ados comme une libération. Aujourd'hui, ils la vivent comme
une contrainte ! " A Quimper, 31 % des femmes en demande d'IVG
disent utiliser le préservatif. 15,5 % affirment calculer la
période d'ovulation et 10 % ont pratiqué la technique
du retrait. Par ailleurs, 23 % de ces femmes prennent la pilule ; la
plupart ne l'ont pas prise au bon moment... Aujourd'hui, certaines jeunes
filles reçues au Centre de planification n'ont aucune contraception.
Il s'agit souvent d'adolescentes déscolarisées, en rupture
avec leurs familles et qui souhaitent rester enceintes. "Avoir
un enfant est, pour elles, un moyen de reconnaissance. Il faut démystifier
ces grossesses. Et impliquer les garçons, conclut Françoise
Berger. Il faut qu'eux aussi se posent la question : est-ce que je veux
être père ?" Pour agir avec efficacité, le
centre hospitalier de Quimper lance une campagne de sensibilisation,
en partenariat avec le conseil Général du Finistère,
pour prévenir la grossesse chez les adolescentes. "Une plaquette
d'information a été réalisée et de grandes
affiches sont placardées en ville. L'objectif n'est surtout pas
de stigmatiser les jeunes filles. Elles sont et seront toujours les
bienvenues dans les centres de planification, assure Françoise
Berger, mais il faut interpeller la population."
Elections
municipales : parité, encore raté !
Malgré
l'inscription du principe de parité dans la Constitution, le
monde politique demeure très majoritairement masculin, d'après
Le Monde du 29 avril 2008 : selon l'Observatoire de la parité,
qui a dresséle bilan des élections municipales et cantonales
de mars, 86,2 % des villes françaises sont aujourd'hui dirigées
par des hommes. Dans les conseils généraux, la féminisation
est encore plus lente : 86,9 % des conseillers généraux
sont des hommes. "Les partis politiques résistent encore
à la parité", regrette Marie-Jo Zimmermann, rapporteure
générale de l'Observatoire et députée (UMP)
de Moselle. Pour favoriser la féminisation du monde politique,
l'Observatoire, créé en octobre 1995, demande par conséquent
au gouvernement de limiter le cumul des mandats "dans le temps
et dans l'espace" et d'imposer la parité dans les communautés
d'agglomération, qui ne sont pas concernées par ce principe.
Cette instance plaide également en faveur d'une modernisation
du statut de l'élu. Pour
permettre une meilleure articulation entre "vie personnelle, vie
professionnelle et engagement politique", l'Observatoire demande
des aménagements du temps de travail pour les adjoints et une
revalorisation des indemnités dans les municipalités.
Les partis politiques, quant à
eux, sont invités à "respecter une parité
tant qualitative que quantitative". Les conseils municipaux des
petites villes (moins de 3.500 habitants) comptent une femme sur trois,
ceux des villes plus importantes (plus de 3.500 habitants) une femme
sur deux. Au total, les
femmes représentent 35 % des élus municipaux. Depuis 2007,
la parité est obligatoire parmi les adjoints au maire, ce qui
devrait permettre, selon l'Observatoire, de "réorganiser
entièrement une traditionnelle division du travail entre les
sexes". L'usage voulait en effet que les femmes se voient confier
les affaires sociales, l'éducation, la famille ou la santé,
alors que les hommes prenaient en charge les transports ou la vie économique.
Les femmes restent en revanche extrêmement minoritaires (13,8
%) aux postes de maires, qui ne sont pas concernés par l'obligation
de parité. "Avec 83,5 % d'hommes investis tête de
liste aux élections municipales, les partis politiques français
continuent à faire figure de mauvais élèves tant
au niveau européen qu'au niveau international", souligne
l'Observatoire. Le pourcentage de femmes maires reste plus que modeste,
mais il progresse régulièrement depuis une
vingtaine d'années : la France comptait 5,5 % de femmes maires
en 1989, 7,5 % en 1995, 10,9 % en 2001 et 13,8 % en 2008.
Ecole
: la mixité en danger
Une
fois de plus, l'Europe a bon dos. Au nom d'une prétendue directive
européenne, le gouvernement français vient de faire adopter
par le Parlement, dans un texte de loi destiné à lutter
contre les discriminations, une disposition remettant en cause la mixité
à l'école. Selon Le Monde du 23 avril 2008, aucun ministre
de l'éducation, aussi réactionnaire fût-il, n'aurait
eu "l'audace" d'inscrire dans nos textes, ne serait-ce que
par voie de circulaire, la possibilité d'organiser "des
enseignements par regroupement des élèves en fonction
de leur sexe" sans s'exposer à la foudre des organisations
laïques et des syndicats de l'enseignement. Les
directives européennes, que nous avons à transposer dans
notre droit national, sont pour la plupart d'inspiration libérale
et il nous a souvent fallu batailler ferme pour préserver en
France nos spécificités. Or, dans le cas qui nous occupe,
l'Europe n'est pas en cause. Aucune des
directives européennes à transposer dans ce texte ne touche
au champ de l'enseignement, qui reste une compétence strictement
nationale. Dès lors, le gouvernement a menti au Parlement en
affirmant, à la tribune de l'Assemblée, que cette dérogation
à la mixité à l'école était une exigence
de la Commission européenne et qu'on ne pouvait donc s'y soustraire.
Au Sénat, tous les groupes parlementaires ainsi que la délégation
aux droits des femmes étaient d'accord pour supprimer cette disposition.
Or, contre toute attente, le 9 avril, lors de la discussion du texte
en séance publique, le gouvernement a maintenu sa position, ordonnant
à sa majorité de se plier. Cet épisode parlementaire
en dit long sur la liberté de parole et d'amendement de la majorité
et augure mal de la façon dont on entend donner plus de pouvoir
au Parlement. Il révèle aussi l'influence grandissante
des intégristes de tout poil au
sein du pouvoir d'Etat. La mixité est un acquis fragile. Parmi
ses détracteurs, trois arguments sont invoqués. Le premier,
d'ordre pédagogique, met en évidence le frein que peut
constituer la mixité aux performances respectives des filles
et des garçons. Le second, d'ordre
social, souligne la montée des violences dans les établissements,
et notamment des violences sexuelles. Le troisième, que l'on
peut classer, faute de mieux, dans la catégorie "morale",
déplore l'indécence qu'il y aurait à suivre, pour
les garçons et les filles, des cours en commun. La délégation
aux droits des femmes du Sénat s'était saisie de cette
question en 2004. Elle avait conclu que les réponses aux problèmes
soulevés se trouvaient non pas dans la ségrégation,
mais dans la formation des enseignants, l'encadrement éducatif,
le contenu des
manuels scolaires et surtout dans la volonté politique d'accompagner
les jeunes femmes dans des choix d'orientations professionnelles dont
elles ont tendance à s'auto-exclure.
Conseil
de l’Europe : Le droit à un avortement sûr et légal
enfin reconnu en Europe
Selon un communiqué de presse du Mouvement Français pour
le Planing Familial en date du 17 avril 2008, des parlementaires venant
de 47 pays européens ont adopté mercredi 16 avril un rapport
sur l’avortement sûr et légal en Europe par 102 voix contre
69 et 14 abstentions. Ce rapport invite les 47 Etats membres du Conseil
de l’Europe à adopter des mesures visant à :
- dépénaliser l’avortement dans les pays si cela n’a pas
encore été fait,
- garantir l’accès effectif à ce droit pour toutes les
femmes,
- respecter l’autonomie du choix des femmes,
- offrir les conditions d’un choix libre et éclairé.
Il appelle également les Etats à assurer l’accès
des femmes et des hommes à une contraception adaptée,
choisie par eux et à un coût raisonnable ainsi qu’une éducation
des jeunes à la sexualité et aux relations entre partenaires.
Le MFPF se félicite de l’adoption de ce rapport. Pour la première
fois une institution européenne adopte un texte qui appelle explicitement
à la dépénalisation de l’avortement au nom des
droits des femmes. C’est une grande victoire pour toutes les femmes
d’Europe, et en particulier pour celles qui se battent en Irlande, en
Pologne, à Malte ou ailleurs pour la reconnaissance de ce droit
fondamental. Dans un contexte où les clivages politiques, les
a priori idéologiques bloquent toutes avancées en matière
de droits et de santé sexuelle et reproductive dans l’Union européenne,
nous constatons, avec l’adoption de ce rapport par l’assemblée
parlementaire du Conseil de l’Europe, qu’il est possible de dépasser
ces clivages tout en déplorant la faible mobilisation des parlementaires
français à ce vote. Malgré le caractère
non obligatoire pour les Etats membres, ce rapport deviendra sans conteste
une référence incontournable pour toutes celles et ceux
qui se battent pour garantir le droit à l’avortement et en améliorer
l’accès à toutes les femmes sans distinction d’origine
ni de revenu.
Retraites
: les femmes paient le prix fort !
Après la réforme de 1993 et celle de 2003, imposées
au nom de l'équité, le premier ministre vient d'affirmer
que la durée de cotisation pour un taux plein serait portée
de quarante à quarante et un ans entre 2009 et 2012. Selon Le
Monde, il veut confirmer les orientations de
2003 sans qu'aucun bilan n'en soit tiré. Les femmes paient le
prix le plus lourd pour les réformes de 1993 et 2003. Les réformes
des retraites accroissent les inégalités de pensions entre
hommes et femmes. Les pensions de droit direct des femmes (référence
aux salaires) sont de moitié inférieures à celles
des hommes. Avec la réversion, la différence est encore
de près de 40 %. Les petites retraites, ce sont celles des femmes
: la moitié des femmes partant
en retraite dans le régime général sont au minimum
contributif. Elles constituent 75 % des bénéficiaires
de ce minimum. Ces inégalités sont la conséquence
logique des inégalités constatées sur le marché
du travail en termes d'emploi et de salaires. Celles-ci sont encore
aggravées avec la montée du temps partiel et des petits
boulots chez les femmes. Mais ce n'est pas tout : les réformes
des retraites qui privilégient la durée de cotisation
pénalisent d'abord les carrières courtes, discontinues
(chômage, retrait d'activité) et à temps partiel.
Dans le secteur privé, le passage des dix aux vingt-cinq meilleures
années pour le calcul du salaire de référence touche
les femmes, qui ont davantage de "mauvaises années".
Les
femmes sont donc victimes d'une discrimination indirecte : une disposition
(l'allongement de la durée de cotisation) apparemment neutre
désavantage les personnes relevant d'un genre. Le système
de décote constitue une double peine. Les droits familiaux, notamment
la majoration de durée d'assurance (huit trimestres par enfant
dans le régime général) et l'assurance-vieillesse
des parents au foyer permettent aux femmes de valider de nombreux trimestres
dans le secteur privé. Cela ne compense que faiblement les inégalités
de pensions, très fortes chez les salariés du privé.
La
Cour Européenne ouvre la voie aux pensions de réversion
pour les couples homosexuels
Selon Le Monde du 3 avril 2008, la Cour de justice des Communautés
européennes a donné raison, mardi 1er avril, au compagnon
d'un homme décédé qui souhaitait toucher une
pension de veuvage. En 2001, Tadao Maruko, qui vit en Allemagne, avait
noué un "partenariat de vie" - l'équivalent
allemand du pacte civil de solidarité (pacs) - avec un créateur
de costumes de théâtre. Décédé en
2005, son compagnon était affilié à l'assurance-vieillesse
du personnel artistique des théâtres allemands. Tadao Maruko
avait sollicité une pension de réversion mais sa demande
avait été rejetée au motif que les statuts de l'organisme
"ne prévoient pas un tel bénéfice pour les
partenaires de vie survivants". Dans leur arrêt, les juges
européens ont estimé que cette pension pouvait être
assimilée à une "rémunération"
: elle entre donc dans le cadre de la loi européenne contre les
discriminations en matière d'emploi et de travail. "Le refus
de faire bénéficier les partenaires de vie de la pension
de survie constitue une discrimination directe fondée sur l'orientation
sexuelle", note la Cour, à supposer que "les époux
survivants et les partenaires de vie survivants se trouvent dans une
situation comparable pour ce qui concerne cette pension". La justice
allemande doit donc vérifier que les bénéfices
de la caisse de vieillesse du compagnon survivant sont "analogues"
à ceux que percevrait un époux survivant. Pour la directrice
exécutive de l'International Lesbian and Gay Association-Europe
(ILGA), Patricia Prendiville, cette décision "montre sans
équivoque que le refus de réversion de la pension d'un
partenaire constitue une discrimination
directe sur la base de l'orientation sexuelle qui ne peut jamais être
justifiée". L'ILGA considère donc que cet arrêt
ouvre la voie au versement d'une pension de réversion dans les
pays européens ayant instauré, pour les couples de même
sexe, un partenariat impliquant un soutien financier mutuel. La décision
n'est sans doute pas transposable telle quelle en France - les pensions
de réversion n'y sont pas toujours considérées
comme une rémunération - mais elle conforte tous ceux
qui défendent le droit à une pension de réversion
pour les pacsés. En sept ans, le nombre de pacs a plus que quintuplé,
passant de 20.000 en 2001 à plus de 100.000 en 2007.
Les
femmes et le sida en France : enjeux sociaux et de santé publique
Les inégalités sociales et économiques sont à
l'origine des vulnérabilités des femmes face à
l'infection par le VIH, en particulier dans leurs comportements de prévention.
Lorsqu'elles
sont infectées, ces inégalités continuent à
s'exprimer principalement dans l'accès et le maintien à
l'emploi ainsi que dans l'isolement social et affectif. Telles sont
les principales
conclusions d'un numéro spécial de la revue Médecine/Sciences
qui a été rendu public le 19 février 2008 à
l'Assemblée nationale, au cours d'un colloque organisé
par l'ANRS rassemblant élus, chercheurs, décideurs en
santé publique et représentants associatifs. Ce numéro,
dont l'ANRS est à l'origine, est la première synthèse
de travaux en sciences sociales et santé publique consacrés
aux femmes face à l'infection par le VIH.
On peut commender
ce numéro hors-série de Médecine/Sciences chez
l'éditeur :
http://www.edk.fr
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31
mars 2008
Quoi
de neuf sur le site
Les nouveaux
témoignages retenus ce mois :
364.
Je
vous adresse ce petit mot. Malgré un viol non reconnu par
la justice, Catherine a beaucoup avancé. Elle témoigne,
message de lutte et d'espoir.
365. Ne
faites pas comme moi, n'attendez 20 ans pour réagir. Coralie
vient de séparer
366. Comment
faire reconnaître ce qu'il est ? Des années après
leur séparation, cette femme est toujours en prise avec le père
de ses enfants ...
367. Ce
n'est qu'en dominant et en faisant souffrir qu'il avait du plaisir.
Manue est tombée sous l'emprise d'un sadique.
368. Un
arroseur arrosé. Mariana recouvre ses droits.
369. Ce
viol m'obsède. Suzanna a décidé de faire face.
370. Les
hommes attentionnés peuvent être tout simplement vos fossoyeurs.
Corinne se bat contre cet homme qui l'a séduite après
des moments très éprouvants.
371. Mes
souvenirs sont-ils réels ? Liliane s'interroge sur les images
qui envahissent son psychisme.
372. La
violence que je subis depuis toujours. Rosa réfléchit
sur l'emprise dont elle est victime.
373. Je
me souviens avoir été violée. Nadège
a besoin d'aide.
Les
filles, têtes de classe en Europe
D'après Le Monde du 13 mars 2008, les filles ont de meilleurs
parcours scolaires que les garçons. La chose était déjà
bien décrite pour la France : on sait désormais qu'elle
vaut pour l'ensemble des vingt-sept pays de l'Union européenne.
C'est ce qui ressort d'une synthèse réalisée par
le ministère de l'éducation nationale (Note d'information,
du 11 février) à partir des données collectées
par l'Office statistique des Communautés européennes (Eurostat).
D'abord, les filles ont moins souvent des problèmes pour lire
que les garçons (18 % contre 30 %), quel que soit le pays de
l'Union européenne. Ensuite, elles sortent moins souvent du système
scolaire sans diplôme ou validation de l'enseignement secondaire.
En 2006, 15 % des jeunes Européens de 18 à 24 ans ont
écourté précocement leur scolarité secondaire,
mais
seulement 13 % des filles contre 18 % des garçons. Enfin, les
femmes sont plus souvent diplômées de l'enseignement secondaire
et de l'enseignement supérieur que les hommes. Cette situation
s'est construite très progressivement. Ainsi, pour la génération
âgée de
55 à 64 ans, la moyenne de taux d'accès des hommes à
un diplôme du second cycle du secondaire (le baccalauréat
en France) est de 59 % contre 49 % pour les femmes. Elle s'annule pour
les 35-44 ans et s'inverse pour les 25-34 ans au détriment des
hommes. Ce rattrapage a été particulièrement fort
dans les pays du Sud (Italie, Espagne ou Grèce), qui partaient
de loin. Dans l'Union européenne, les femmes sont majoritaires
dans les formations supérieures quel que soit le pays, mais pas
à tous les niveaux : leur proportion n'est que de 45 % pour ce
qui concerne les études menant à l'obtention d'un doctorat.
"Deux Europe s'opposent", précise l'étude. L'Europe
du Sud (Italie, Espagne, Portugal, Chypre) ainsi qu'une partie des pays
de l'Est (Bulgarie, Roumanie, Estonie, Lituanie, Lettonie) ont une proportion
de femmes docteurs majoritaires, contrairement au reste
de l'Europe. La France, avec un taux de 41 %, reste en deçà
de la moyenne. Si les femmes sont surreprésentées dans
l'enseignement supérieur, elles sont moins souvent diplômées
en mathématiques, sciences et technologie que les hommes. En
2005, elles ne
représentaient que 31 % des diplômés de ces matières.
Une proportion qui stagne depuis l'an 2000.
Les
amours incestueuses d’un frère et d’une sœur condamnées
par la justice allemande
D'après Libération du 17 mars 2008, l’histoire de ces
frère et sœur de Leipzig (ex-RDA) tient l’opinion allemande,
mais aussi la justice, en haleine depuis des années. Patrick
(31 ans) et Susan (26 ans) disent s’aimer et ne pas pouvoir vivre l’un
sans l’autre. Ils ont ensemble quatre enfants. Mais jeudi, la plus haute
juridiction allemande, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe, a rendu
un arrêt qui risque de mener de nouveau Patrick en prison : elle
vient de confirmer la validité du paragraphe 173 du code civil,
qui prévoit jusqu’à deux ans de prison et une amende en
cas d’inceste entre frère et sœur. L’avocat des deux jeunes gens,
qui n’ont pas grandi ensemble, envisage désormais de se tourner
vers la Cour européenne de Strasbourg. Mais la procédure,
longue et coûteuse, ne changera dans un premier temps rien au
sort de Patrick et Susan. L’inceste entre frère et sœur n’est
délictueux ni en France, ni en Belgique, ni aux Pays-Bas, ni
au Luxembourg, ni au Portugal. Pas même en Italie, où les
amants incestueux ne risquent rien tant que leur relation ne provoque
aucun scandale… La Turquie, la Chine et la Russie ignorent l’inceste
entre frère et sœur du point de vue juridique. L’inceste est,
par contre, formellement interdit en Grande-Bretagne, en Pologne, en
Suisse, au Danemark et dans nombre d’Etats américains. En France,
la dépénalisation de l’inceste entre frère et sœur
remonte à 1810 et au code napoléonien. "En Allemagne,
l’interdit n’est justifié que par la morale", s’insurgent
les juristes qui ont soutenu la plainte de Patrick S. De fait, la Cour
constitutionnelle semble avoir le plus grand mal à justifier
sa décision et invoque le risque élevé de naissances
d’enfants handicapés en cas de trop forte consanguinité.
"Cela est inacceptable, s’indigne un juriste. Dans ce cas, il faudrait
aussi interdire aux handicapés d’avoir des enfants, ce qui est
bien sûr impensable !" Les juristes font du cas de Leipzig
une affaire de principe. Cinq à six cas seulement se présentent
chaque année devant les tribunaux allemands. Pas question pour
les juges et avocats soutenant le couple d’encourager l’inceste, bien
évidemment. D’autant que l’histoire de Patrick et Susan n’a rien
d’une belle romance. Patrick est confié très jeune à
un foyer, puis adopté par une famille de Potsdam. A 24 ans, il
décide d’en savoir plus sur ses origines, et se rend à
Leipzig. Il y fait connaissance de sa mère (le père est
entre-temps décédé) et de Susan, 16 ans. Légèrement
débile, la jeune femme souffrirait d’un trouble de la personnalité.
Tous deux disent s’être "immédiatement reconnus".
Plusieurs de leurs enfants sont handicapés, et Patrick, condamné
pour inceste, se retrouve en prison.
Un
collectif entend faire reconnaître la qualité d’être
sexué des personnes handicapées
Selon Actualités Sociales Hebdomadaires du 14 mars 2008, le "Collectif
handicaps et sexualité" a été officiellement
créé le 7 Mars à Paris dans l’enceinte du Sénat.
L’Association des Paralysés de France (APF), la coordination
Handicap et Autonomie et Handicap International entendent poser haut
et fort sur la place publique la question de la vie affective et sexuelle
des personnes handicapées, et plus précisément
ses conditions d’accomplissement de cette dimension de l’existence,
pour les personnes en situation de grande dépendance. Après
avoir orchestré au printemps dernier le cri de colère
des "naufragés de l’amour" dans le cadre du colloque
international qu’elles avaient co-organisé au Parlement européen
de Strasbourg, les quatre associations veulent poursuivre la réflexion
et envisager les réponses concrètes à apporter
aux hommes et aux femmes qui ont besoin d’une assistance pour exprimer
et satisfaire leurs attentes en matière de sensualité.
Revendiquer, proposer et promouvoir la mise en œuvre d’actions favorisant
l’épanouissement et le respect de la vie intime affective et
sexuelle des personnes en
situation de handicap, quel que soit leur âge. "Actuellement
être handicapé et parler de ses frustrations c’est risquer
de se retrouver face à un mur de silence", déclare
Marcel Nuss, président de la CH. L’objectif est de lever la chape
de plomb sur le sujet, de
sensibiliser les pouvoirs publics et les responsables de structures
afin de respecter le droit pour les personnes handicapées de
décider pour elles-mêmes en ce qui concerne leur vie intime.
Ils envisagent également de prévoir des sessions de formation
initiale et continue
pour les professionnels, de l’éducation à la sexualité
pour les enfants et les adolescents, sans oublier d’étudier l’option
de "services de prestations d’assistance érotique et/ou
sexuelle des personnes en situation de grande dépendance",
c’est-à-dire le concours d’un tiers pour quelles puissent grâce
à lui connaître des jouissances physiques ou avoir des
relations sexuelles avec leur partenaire. Tout est à faire et
notamment une réflexion sur les
conditions juridiques, éthiques et pratiques à remplir
pour lancer de telles initiatives en France car quelques services existent
en Europe. Aussi importante que soit la question de l‘accompagnement
sexuel, cela ne doit pas non plus occulter l’affectivité et le
désarroi des personnes en grande dépendance. La révolution
consiste à promouvoir d’être dans l’écoute des intéressés
qui ne veulent plus voir nier leur qualité d’être sexué.
Le
nombre de cancers du sein est en diminution en France depuis 2005
Alors qu'elle ne cessait d'augmenter dans des proportions inquiétantes
depuis une trentaine d'années, l'incidence du cancer du sein
est en diminution en France depuis 2005 selon Le Monde du 20 mars 2008
. Ce phénomène est également observé aux
Etats-Unis. Pour l'heure, la seule explication
rationnelle semble résider dans la désaffection massive
vis-à-vis des traitements hormonaux substitutifs (THS) de la
ménopause. Tels sont les principaux enseignements d'un rapport
rendu public, lundi 18 février, par l'Académie nationale
de médecine, qui formule par ailleurs une série de recommandations
pour tenter d'organiser une prévention de cette pathologie à
l'origine, chaque année, d'environ 10.000 décès
prématurés. Les conclusions du groupe de travail de l'Académie
nationale de médecine créé à l'initiative
du professeur Maurice Tubiana se fondent pour partie sur une publication
du dernier numéro, daté de janvier, du Bulletin du cancer.
Dirigés par le docteur Hubert Allemand (Caisse nationale d'assurance-maladie),
les auteurs se penchent sur un phénomène assez paradoxal
: alors que le nombre des examens radiologiques de dépistage
du cancer du sein ne cesse d'augmenter en France, celui des cas diagnostiqués
diminue notablement depuis 2005. "Entre 2000 et 2004, la croissance
annuelle moyenne du taux d'incidence a été de 2,1 %, écrivent-ils.
Puis ce taux a décliné. Il a diminué de 4,3 % entre
2004 et 2005 et de 3,3 % entre 2005 et 2006." La diminution a avant
tout concerné la catégorie des femmes âgées
de 50 ans et plus avec des diminutions respectives de 6 % et 5,3 %.
Le nombre de cas diagnostiqués avait atteint 49.236 en 2004.
Enfanter tôt et allaiter offrent une certaine protection. Pour
réduire l'incidence du cancer du sein, l'Académie nationale
de médecine recommande des mesures permettant de bénéficier
de l'effet protecteur que procurent les premières grossesses
précoces. En France, l'âge moyen à la naissance
du
premier enfant a notablement augmenté : il est passé de
24 ans en 1970 à 28-29 ans depuis 2001. "Les femmes doivent
être informées du bénéfice d'une première
grossesse avant 25 ans", estiment les auteurs du rapport. Cet objectif
pourrait être plus facilement
atteint via différentes mesures de politique familiale parmi
lesquelles une augmentation des allocations familiales dès le
premier enfant et l'augmentation de l'offre des crèches. "Il
sera alors aussi plus facile d'encourager les femmes à allaiter
leur enfant au sein, si possible pendant au moins six mois, ajoutent-ils.
Outre les bénéfices de l'allaitement pour l'enfant, l'épidémiologie
a démontré qu'il conférait une protection pour
la femme."
Les
pères réclament du temps pour s'occuper de leurs enfants
Selon une étude rapportée par Libération du 18
mars 2008, les cadres supérieurs s’impliquent plus dans leur
foyer. Des pères qui rentraient tard du bureau et ne faisaient
jamais faire les devoirs à leurs enfants. Des pères qui
n’avaient pas le temps de les emmener à l’école le matin,
ni de leur lire des histoires le soir. Des pères perdus en cuisine
dès qu’il fallait cuire deux œufs. Des pères d’autrefois.
Des dinosaures comme il
semble finalement en rester peu. "La paternité a muté
à l’échelle d’une génération", affirme
une enquête menée par le cabinet Equilibres auprès
de cadres dirigeants âgés de 30 à 40 ans. Exit les
pater familias : "Le père est devenu autonome sur
l’ensemble des activités parentales et surtout avide d’échanger
au quotidien avec ses enfants." Trop beau pour être vrai
? L’étude distingue en tout cas trois profils de pères
managers. Les "équilibristes" forment le gros du bataillon
(52 % de l’échantillon). Particulièrement demandeurs l’aménagement
de leur temps de travail, ils comptent souvent parmi les plus jeunes
et sont
pères d’enfants de moins de 3 ans. Ils vivent leur paternité
comme un épanouissement et se prononcent pour une "déspécialisation
des rôles". Les plus convaincus sont les "égalitaires"
(33 % de l’échantillon), sorte de pionniers de l’égalité
hommes-femmes dans
leur couple autant qu’au travail. Ceux-là seraient demandeurs
d’une "révolution culturelle" au sein de l’entreprise.
Ils ont identifié un certain nombre de freins qu’ils déplorent
: préjugés sur le rôle d’un homme, culture de l’implication
totale encore augmentée par les
outils technologiques (mails, BlackBerry…) et tabous autour des temps
de respiration professionnelle (congés parentaux, temps partiels,
etc.). Pour les "égalitaires", peu importe qui de l’homme
ou de la femme apporte des revenus : ils se disent prêts à
arbitrer
en couple des temps de pause dans leur carrière. Reste enfin
le groupe des "pourvoyeurs de revenus"(15 % de l’échantillon),
finalement encore assez proche du modèle classique : des hommes
qui ont construit leur identité à travers le travail.
Ils sont prêts à des sacrifices personnels et à
des compromis professionnels. Leur temps de travail déborde largement
sur leur temps familial. Et ils se reposent beaucoup sur leurs femmes
pour les tâches domestiques. Mais ils ressentiraient "tensions
et frustrations" autour de "la difficulté d’être
père" et de "la maîtrise de leur emploi du temps",
résume l’étude. Leurs enfants ont souvent 7 ans et plus.Globalement,
deux tiers des hommes interrogés ont utilisé leur congé
paternité. Mais tous ont encore du mal à oser s’absenter
durant une journée pour organiser la garde d’un enfant malade.
Quand ils le font, c’est souvent en douce, sans rien dire. Ils se sentent
encore très fortement contraints au "présentéisme".
On pourrait regretter que cette étude ne concerne que des cadres
dirigeants. Mais c’est précisément parce qu’ils sont décisionnaires
dans leurs entreprises que l’enquête s’est concentrée sur
eux : ils sont en situation d’adapter les règles du jeu. Intitulée
"Les pères managers en quête d’équilibre, portrait
d’une génération qui entend réconcilier travail
et paternité", l’étude fait le pari que "l’exemple
[vienne] d’en haut".
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29
février 2008
Quoi
de neuf sur le site
Publication
d'un communiqué
de presse de l'Observatoire de la vie Etudiante quant à la prostitution
étudiante, qui vient conforter le point de vue défendu
à ce propos dans notre article Les
yeux de Kaa, rubrique points de vue.
Les nouveaux
témoignages retenus ce mois :
355. Quelqu'un
à qui parler ? Qu'est-ce qui pousse Ania à s'occuper
des autres jusqu'à s'oublier elle-même ?
356. Je
suis perdue. Coralie est victime de maltraitances graves et d'abus
sexuels de la part de son mari. Elle a besoin de soutien.
357. Enfin,
toute cette histoire va se terminer. Sept ans après les faits
et après quatre ans d'instruction, il va être enfin jugé
.... F. donne des nouvelles.
358. J'ai
été agressée et violée par ce voisin.
Catherine a demandé la publication de ses échanges avec
notre conseil, Chantal.
359. J'ai
réussi à me défaire de son emprise. MC a souhaité
témoigné de son histoire qui peut aider d'autres femmes.
360. Un homme
peu affectueux. Cette femme évoque ses difficultés
de couple et demande conseil.
361. Après
6 ans de séparation, je me sens encore prisonnière.
Kris s'entretient des difficultés avec son ancien concubin, notamment
quant à leur enfant commun.
362. De simples disputes.
Coraline s'alerte du manque de "réactivité"
des autorités de police alertées par des voisins.
363. Après quelques
mois d'une vie de couple difficile, je suis enceinte. S. s'inquiète
de l'avenir ...
Les
bonnes pages
La Gifle
est le récit, véridique, de neuf années d'une descente
aux enfers conjugale. Insultée, humiliée, battue des heures
durant à coups de pied, de branche d'arbre, de tuyau d'arrosage
ou de batte de base-ball, Sabrina a cru plusieurs fois succomber. De
douleur d'abord. De tristesse et de honte, ensuite. Mais cette jeune
mère a décidé de ne plus baisser la tête.
Elle a pris la plume pour témoigner, comprendre ce qui est arrivé.
Se comprendre aussi. Pourquoi est-elle restée ? Quels mécanismes
l'enchaînaient ainsi à son bourreau ? De
ce texte éprouvant et prenant, l'on retient aussi la longue impunité
de celui qui frappe, l'inefficacité des sanctions, la lâcheté
des voisins et passants qui voient pleuvoir les coups, la stupéfiante
mauvaise foi de sa belle-famille. Et l'on reste coi devant la manière
dont un homme transforme sa névrose en une inépuisable
haine envers la femme qui partage sa vie. Sabrina
envoie à toutes les victimes de violences conjugales un appel
vibrant à ne pas se laisser engloutir par le malheur et la culpabilité.
Sabrina
R. a 38 ans et habite à Lyon.
La Gifle, Sabrina R., éditions Danger Public, 396 pages,
16,90 €, sortie librairie le 6 mars 2008.
Parution
des chiffres de la DREES : nombre relativement stable d'IVG
Selon le Bulletin Etudes & Résultats / DREES n° 624 février
2008 (Les
interruptions volontaires de grossesse en 2005, Annick Vilain),
le nombre d'interruptions volontaires de grossesse reste relativement
stable, avec 206.300 IVG en 2005, contre 210.700 l'année précédente,
mais il a augmenté chez les mineures, passant de 11.500 à
12.140, selon une étude de la Drees (ministères). Avec
quelques petites fluctuations d'une année sur l'autre, le nombre
d'IVG a peu varié depuis leur légalisation en 1975, malgré
le développement de la contraception d'urgence (pilule du lendemain),
mais il continue à croître chez les mineures et les femmes
de moins de 20 ans. Près de 12.140 filles de 15 Ã 17 ans
et 850 moins de 15 ans ont pratiqué une IVG en 2005. Parmi les
plus de vingt ans, le nombre d'IVG a diminué légèrement
en 2005 pour toutes les tranches d'âge. Le nombre d'IVG reste
stable, et en augmentation chez les jeunes, malgré une utilisation
intensive des méthodes de contraception. En effet, d'après
le baromètre santéde l'Institut de prévention et
d'éducation pour la santé(INPES), 71% des personnes âgées
de 15 à54 ans déclarent "faire quelque chose pour
éviter une grossesse", le plus souvent la pilule. Les femmes
connaissent et utilisent de plus en plus la contraception d'urgence.
Depuis juin 1999, date à laquelle celle-ci est devenue accessible
en pharmacie sans prescription médicale, son utilisation s'est
très fortement développée: il s'est vendu sept
fois plus de Norlevo (pilule du lendemain) en 2006 qu'en 1999. La part
dans le total des IVG médicamenteuses, qui peuvent être
pratiquées jusqu'à sept semaines d'aménorrhée
(fin de la cinquième semaine de grossesse) dans un établissement
public et privé autorisé, et depuis 2004, par un praticien
ayant passé convention, est passée de 16% en 1995 à
44% en 2005. Les IVG sont réalisées essentiellement dans
le secteur public, plus souvent qu'avant : 72% en 2005 contre 60% en
1990. L'activité est très concentrée sur certains
établissements, puisque 6% d'entre eux représentent plus
du quart du total des IVG effectuées dans l'année. Près
des trois quarts des IVG concernent des femmes âgées de
18 à 35 ans. Ce sont celles de 20 à 24 ans qui y ont le
plus souvent recours (27 IVG pour 1000 en 2005). De fortes disparités
régionales dans le nombre d'IVG persistent. Elles sont plus fréquentes
dans les Dom, le Sud de la métropole et en Ile-de-France. La
France se situe avec la Suède et le Royaume-Uni parmi les pays
de l'Union européenne qui ont les taux de recours à l'IVG
les plus élevés.
Les
MST explosent à nouveau en France
Selon Le Figaro du 12 février 2008, la recrudescence des gonocoques,
des chlamydia et de la syphilis serait la conséquence d'une reprise
des comportements sexuels à risques. La politique de prévention
des maladies sexuellement transmissibles (MST) a du plomb dans l'aile.
Tous les indicateurs montrent une recrudescence des infections (gonocoques,
chlamydia, syphilis), transmises lors de rapports sexuels, qu'il s'agisse
de relations hétéro ou homosexuelles. Le Bulletin épidémiologique
hebdomadaire de l'Institut de veille sanitaire publie en effet cette
semaine des chiffres attestant de cette augmentation des MST en France.
Outre les conséquences sanitaires propres à ces infections
(maladies
chroniques chez l'homme, risques de stérilité chez la
femme), ces données sont la traduction d'une reprise des comportements
à risques, d'un moindre recours au préservatif et donc
d'un risque accru de transmission du virus du sida. Les infections à
gonocoques présentent la particularitéd'avoir une courte
période d'incubation et de donner des symptômes "bruyants"
chez l'homme. Elles sont donc à ce titre un indicateur très
réactif des comportements sexuels à risques. Un réseau
de laboratoires d'analyses médicales analyse chaque année
le nombre de souches de gonocoques isolées. Au cours des trois
dernières années, la croissance du nombre de cas est constante,
avec 50 % en plus en 2006 par rapport à 2005. Avec une augmentation
très marquée chez les femmes (plus 264 %) et en province
(plus 94 %). L'âge moyen des patients concernés est de
30 ans pour les hommes et de 23 ans pour les femmes. Il faut enfin noter
une progression des souches résistantes à la ciprofloxacine,
un des antibiotiques de référence dans cette affection.
L'infection à chlamydia trachomatis est la plus fréquente
chez la femme. Elle ne provoque que peu de symptômes mais, en
l'absence de traitement, elle peut induire des lésions au niveau
des trompes, responsables de stérilité ou de grossesse
extra-utérine. Depuis le début des années 2000,
une croissance des infections à chlamydia est observée
en France, comme dans tous les autres pays industrialisés. En
Angleterre par exemple, cette augmentation peut être mise sur
le compte d'un dépistage systématique proposé aux
moins de 25 ans, dans le cadre de la lutte contre la stérilité.
Il faut souligner qu'en France, entre 2003 et 2006, le nombre de cas
a augmenté de 55 % chez l'homme et de 62 % chez la femme. Reste
à savoir si une telle augmentation est à mettre sur le
compte de la progression de la maladie ou seulement sur l'amélioration
du dépistage et du diagnostic.
Lutte
contre les violences conjugales : l'Assemblée Nationale dresse
un
bilan mitigé de l'application de la loi du 4 Avril 2006
Selon Actualités Sociales Hebdomadaires du 25 janvier 2008, l'Assemblée
Nationale reconnaît dans un bilan que la loi du 4 Avril 2006 a
permis de renforcer la prévention et la répression des
violences au sein du couple ou commises contre les mineurs et d'introduire
un dispositif pénal plus efficace. Mais il n'empêche que
son application se heurte à une limite importante : la disparité
des politiques pénales menées par des parquets. C'est
un constat mitigé que dressent ainsi les députés
dans un rapport d'information de l'application de ce texte, rendu public
en décembre dernier. Les parlementaires jugent en effet inacceptables
les disparités
flagrantes demeurant entre parquets sur le territoire de la République.
Et plus particulièrement que soient encore classés sans
suite des plaintes, assorties d'une incapacité totale de travail
ou soit encore proposée une médiation pénale pour
des faits commis en récidive. Sur ce dernier point, bien qu'une
circulaire de la chancellerie du 19 Avril 2006 précisant les
dispositions de la loi du 4 Avril 2006 ait préconisé un
recours exceptionnel à cette
mesure, les parlementaires ont noté une utilisation encore trop
fréquente de ce dispositif sur la capacité du mis en cause
à se remettre en question. Plus globalement, l'Assemblée
Nationale insiste sur la nécessité de prolonger les actions
de formation pour améliorer les conditions d'accueil dans les
commissariats et surtout de former les nouveaux fonctionnaires de police
à la spécificité de ces problématiques.
Il faut en outre, selon elle, remobiliser les
différents acteurs de la chaîne pénale sur les questions
de violences conjugales. Il conviendrait également de mieux articuler
les décisions judiciaires au plan pénal et au plan civil,
à savoir de mieux coordonner les décisions relatives à
l'attribution du logement et de l'autorité parentale, notamment
la décision de l'éviction du conjoint violent du domicile
conjugal et, d'autre part, la décision d'attribution de la garde
des enfants. Les parlementaires admettent aussi qu'il faudrait mieux
coordonner les décisions prises entre les juges des enfants et
les juges aux affaires familiales. Enfin, ils soulignent l'importance
de mieux
prendre en charge les violences psychologiques et de développer
des structures d'accueil d'urgence, tout autant pour les victimes qui
doivent se sentir soutenues que pour les auteurs, condition de mise
à exécution effective de la mesure d'éviction du
domicile du
conjoint violent.
Stérilisation
: 30 000 Françaises sautent le pas chaque année
Selon Destination Santé du 15 février 2008, depuis la
loi du 4 juillet 2001, la stérilisation féminine est autorisée
en France dans un but contraceptif. C'est évidemment un choix
déterminant, dans la mesure où il implique le renoncement
à une future maternité. Pour éviter une décision
trop précipitée, la patiente bénéficie donc
d'un délai de réflexion de 4 mois avant l'intervention.
"Les femmes qui choisissent la stérilisation ont en moyenne
35 ans", précise le Dr Aubert Agostini, gynécologue-obstétricien
à l'hôpital de la Conception de Marseille. "Leurs
motifs sont de deux ordres. Le premier est médical, s'agissant
de patientes chez qui une contraception classique est médicalement
déconseillée. Mais de manière générale,
les demandes viennent de femmes qui ont déjà réalisé
leur désir de maternité et ne veulent plus être
contraintes par une contraception. " Le 31 octobre 2007, la Haute
Autorité de Santé (HAS) a reconnu la technique Essure
comme méthode de stérilisation permanente. Celle-ci est
"susceptible d'être proposée comme technique de stérilisation
en première intention, chez la femme autour de 40 ans n'ayant
plus de désir de maternité." Cette technique repose
sur l'insertion dans chaque trompe d'un micro-implant. Elle se fait
par les voies naturelles. Cet implant est une sorte de petit ressort
qui, une fois libéré, prend la forme de la trompe. A l'intérieur
de l'implant, des fibres de polyéthylène vont boucher
définitivement les trompes au
bout de trois mois. Pendant ces trois mois, le recours à une
contraception classique reste nécessaire. Au terme de cette période,
un contrôle radio obligatoire vérifie le bon positionnement
des implants. "Cette technique se pratique sans anesthésie
générale et
en ambulatoire. La patiente ne reste que quelques heures en milieu hospitalier,
et elle peut reprendre une activité normale dès le lendemain",
souligne le Dr Agostini. L'autre technique autorisée en France
repose sur la ligature des trompes. C'est un acte chirurgical qui se
fait sous cœlioscopie. Dans ce cas, une anesthésie générale,
une hospitalisation et un arrêt de travail d'une semaine sont
nécessaires.
De petites cicatrices abdominales subsistent alors, et
le niveau de risque de cette méthode, plus ancienne, serait légèrement
plus élevé. La stérilisation en revanche, est immédiate
mais apparemment pas toujours définitive. Quelques cas de grossesses
obtenues après stérilisation chirurgicale sont en effet
connus. "A
l'inverse", insiste le Dr Agostini, "la stérilisation
par voie naturelle est totalement irréversible."
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31
janvier 2008
Quoi
de neuf sur le site
Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
350. Je
sais que je dois partir. Camille subit des violences psychologiques.
351. Je
suis la reine du mensonge. Victime de violences, Jade se dévalorise.
352. Un
grain de sable parmi tant d'autres. P. a été victime
d'abus sexuels et de viols chez sa nourrice.
353. Il
a tué ma soeur. Message d'Aurore.
354. Mon
père veut me marier avec mon cousin. Assa appelle à
l'aide.
Victimes
d'inceste : le congrès d'AIVI
Sous le patronage du Ministère de la Santé, le 4 octobre
2008, l'Association Internationale des Victimes de l'Inceste (AIVI)
propose un congrès international sur le thème "Soigner
les victimes d'inceste". L’inceste provoque chez les victimes d’inceste
, des troubles et symptômes qui génèrent une souffrance
intense. Cela peut durer des années sans que le moindre soulagement
intervienne. Automutilations, tentatives de suicide, anorexie, boulimie,
alcoolisme, toxicomanie, prostitution, dépressions, phobies...
peuvent être le quotidien des enfants, adolescents et adultes
qui ont traversé le traumatisme de l’inceste. Le Congrès
d’AIVI 2008 va tenter de répondre à une double problématique
: d’une part l’errance thérapeutique des victimes d’inceste et
d’autre part l’isolement des professionnels face à ce traumatisme
si peu étudié et rarement enseigné. L'AIVI souhaite
proposer aux participants plusieurs techniques de soin pour les victimes
enfants et adultes expérimentées en France, Belgique et
au Canada. Quelques présentations seront suivies du témoignage
d’une survivante ou d’un survivant qui s’est soigné grâce
à cette technique.
Dossier d'information au format PDF : http://aivi.org/congres/docs/DPcongres2008.pdf
Site dédié http://aivi.org/congres
où vous pouvez vous inscrire en ligne.
Dépliants et affiches à disposition sur simple demande
à congres@aivi.org.
Elections
municipales : où en est la parité ?
L’Observatoire
de la parité entre les femmes et les hommes a présenté
le 23 janvier 2008 un rapport intitulé "2001 l’odyssée
paritaire : rencontres avec les élues municipales" et faisant
le bilan de la loi du 6 juin 2000 imposant la parité sur les
listes de candidatures pour les élections municipales dans les
villes de plus de 3500 habitants. Il essaie également de dégager
les possibles conséquences de la récente loi du 31 janvier
2007 sur "l’égal accès des femmes et des hommes aux
mandats électoraux et fonctions électives" pour les
élections de mars 2008. La
loi de 2000, qui impose la parité sur les listes sans pourtant
contraindre à une stricte alternance, a permis de faire passer
le pourcentage de femmes dans les conseils municipaux de 21,7% en 1995
à 33% en 2001. Le nombre de femmes élues maires a progressé
mais reste faible (11,9% au total) même s’il est plus important
dans les grandes villes (13,9% pour les villes de plus de 100 000 habitants).
La
loi de 2007 impose pour les municipales de 2008 une stricte alternance
sur les listes entre les hommes et les femmes et, surtout, elle exige
que la parité soit également respectée pour les
adjoints au maire. L’enquête menée par l’Observatoire laisse
pourtant craindre que les têtes de listes, donc les futurs maires,
soient encore très majoritairement des hommes en 2008. Ce devrait
être le cas pour 85% des listes présentées dans
les villes de plus de 20 000 habitants.
Mutilations
sexuelles : combien de femmes concernées en France ?
Selon La Croix le 29 janvier 2008, une première enquête
va êttre conduite en février et mars 2008 dans les 42 maternités
et 126 centres de protection maternelle infantile de la région
Procence-Alpes-Côte d'Azur en vue d'évaluer le nombre de
femmes victimes de mutilations sexuelles. Cette enquête sera la
première du genre. Le ministère de la santé estime
à 60.000 les individus de sexe féminin excisés
ou en danger de l'être en France.
Voir aussi sur l'espace Femmes/Egalité sur le site du ministère
du travail, des relations sociales et de la solidarité : cliquez
ici.
Fiasco
pour la réforme dun nom de famille
Selon Le Figaro du 5 janvier 2008, peu de parents ont recours à
la nouvelle loi sur le nom de famille en vigueur depuis janvier 2005.
Les enfants continuent à porter le nom de leur père. Trois
ans après la réforme du nom de famille, le bilan trahit
une impopularité certaine de la loi, pour ne pas dire un échec.
Peu de parents, en effet, ont choisi d'accoler leurs deux noms pour
l'état civil de leur enfant, et encore moins ont donné
le seul nom de la mère. Ainsi, la très grande majorité
des nouveau-nés continuent aujourd'hui de porter traditionnellement
le nom de leur père. Sur les 10.114 déclarations de naissance
avec reconnaissance en 2007 à Lille (selon l'Insee, le département
du Nord comptait l'année dernière encore le plus grand
nombre de naissances des villes de province), seules 479 demandes ont
été faites.
Le
quai d'Orsay limite l'accès au PACS pour les homosexuels expatriés
Interviewés par Le Monde du 19 décembre 2007, ils ont
tous deux choisi de vivre en Asie mais ils croyaient pouvoir se pacser
sans difficultés à l'ambassade de France. "Nous avons
vite déchanté, raconte ce ressortissant français
qui souhaitait s'unir avec son compagnon. Les services étaient
très réticents, ils nous ont fait longuement patienter,
puis l'ambassadeur a tenté de nous dissuader en nous mettant
en garde contre les troubles à l'ordre public local, qui pénalise
l'homosexualité. Nous avons finalement réussi à
obtenir une date mais elle a été annulée sans explication.
Depuis, aucune nouvelle." L'ambassade de France ne faisait sans
doute qu'appliquer la circulaire du ministère des affaires étrangères
du 28 septembre 2007, qui limite considérablement la portée
du PACS à l'étranger. Avant d'examiner une demande, l'ambassadeur
ou le chef de poste doivent désormais "s'assurer que l'ordre
public local ne
prohibe pas la vie de couple, hors mariage, de deux personnes de sexe
différent ou de même sexe". Si l'union libre ou l'homosexualité
sont interdites, la demande "ne peut être examinée",
selon la circulaire. La porte n'est pas complètement fermée
pour autant : lorsque les demandeurs sont tous deux français
et qu'ils "persistent dans leur volonté en dépit
de la mise en garde de l'ambassadeur ou du chef de poste consulaire",
la demande peut être examinée à une condition :
les futurs pacsés doivent reconnaître dans une lettre qu'ils
ont reçu une "mise en garde" et qu'ils en ont "compris
la portée". Cette "reconnaissance d'avis donné"
doit être conservée par l'ambassade ou le consulat. Les
partenaires doivent également s'engager à ne pas se prévaloir
du PACS dans le pays concerné. Pour le ministère, cet
encadrement des PACS homosexuels signés à l'étranger
a pour but de garantir la sécurité des ressortissants
français. "Nous ne souhaitons pas qu'ils aient des difficultés
dans les pays où l'homosexualité est réprimée",
note le Quai d'Orsay. Ces restrictions concernent près de quarante
pays, qui vont de l'Algérie au Cameroun en passant par l'Egypte,
l'Inde, le Liban, le Maroc, le Nigeria, le Togo, la Tunisie ou la Syrie.
Les
Françaises ont de plus en plus de difficultés à
accéder à l'avortement
Selon Le Monde du 8 décembre 2007, de nombreux médecins
font jouer la clause de conscience, surtout pour les interventions tardives.
Chaque année, entre 3.000 et 5.000
femmes se rendent à l'étranger pour pouvoir avorter, après
avoir dépassé le délai légal d'interruption
volontaire de grossesse (IVG) en France. Sur Internet, elles s'échangent
les bons tuyaux. L'adresse du Planning familial le plus proche, les
contacts avec les cliniques néerlandaises ou anglaises, une évaluation
du prix qui leur en coûtera (entre 500 et 1.000 euros selon les
cas). La loi du 4 juillet 2001 avait pourtant relevé le seuil
de l'IVG de dix à
douze semaines de grossesse, essentiellement dans le but d'éviter
ces départs. Mais l'allongement du délai légal
est peu voire pas respecté dans les hôpitaux, et les difficultés
d'accès à l'IVG chirurgicale persistent. "La gestion
de la pénurie et le bricolage
militant deviennent la règle, analyse Fatima Belal, coordinatrice
régionale Ile-de-France du Planning familial. Les dix-douze semaines,
seuls les médecins militants acceptent de les faire.
Au-delà, c'est l'étranger, et cela n'a plus rien de subversif."
Plus de trente ans après la loi Veil de 1975, l'avortement reste
un droit précaire. "La France a autorisé l'IVG mais
n'a toujours pas organisé de politique nationale de santé
publique qui conforterait et favoriserait son application", explique
Marie-Laure Brival, gynécologue-obstétricienne, présidente
de l'Association nationale des centres d'interruption de grossesse et
de contraception (Ancic).
L'application de la loi est erratique, soumise à la bonne volonté
des médecins. Partout en France, en dehors des centres d'interruption
de grossesse, dont c'est la finalité, l'IVG continue à
être considérée comme une activité peu gratifiante
pour les médecins. La clause de conscience est souvent opposée,
spécialement pour ne pas pratiquer les IVG entre dix et douze
semaines de grossesse. Les médecins qui acceptent se retrouvent
donc en première
ligne, confrontés au regard réprobateur de leurs collègues.L'autre
raison du désengagement des établissements est d'ordre
financier. A 250 euros le forfait pour une IVG chirurgicale contre 652
euros pour une fausse couche, l'IVG est un acte sous-évalué,
réalisé à perte
par les hôpitaux. "Or, avec la tarification à l'activité
à 100 % en 2008, qui impose une rentabilité maximum aux
hôpitaux, l'IVG risque d'être encore plus en difficulté",
craint Marie-Laure Brival. Pour parer cette évolution la ministre
de la santé a accepté le principe d'une revalorisation
de l'IVG chirurgicale, au 1er mars 2008. Roselyne Bachelot a également
fait adopter, dans le projet de loi de finances de la Sécurité
sociale pour 2008, l'extension de la pratique de l'IVG médicamenteuse
aux centres de planification et d'éducation familiale. Cette
avancée ne concerne cependant qu'une partie des femmes, puisque
l'IVG médicamenteuse n'est pratiquée que jusqu'à
sept semaines de grossesse. Le problème reste entier pour les
milliers de femmes qui découvrent tardivement leur grossesse
non désirée.
30
millions de chinois célibataires
Selon la Gazette des femmes de mai-juin 2007, inquiet du déséquilibre
(le ratio des naissances est désormais de 118 garçons
pour 100 filles et on prévoit que 30 millions d'hommes seront
célibataires en 2020), le gouvernement vient d'annoncer de nouvelles
mesures pour protéger les fillettes. Les échographies
déterminant le sexe de l'enfant à naître et les
avortements de fœtus féminins seront contrôlés plus
sévèrement. Des allocations spéciales seront aussi
versées aux parents qui ont des bébés filles.
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