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J'ai
perdu la garde de mes enfants
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Juin 2009
Bonjour,
Je viens vers vous car je ne peux me taire et je ne sais plus vers où
me tourner.
CMP, psychologues, Droits de la femme, médiation, j'ai tout essayé
mais en vain.
Mon conjoint a obtenu légalement ce qu'il voulait après
trois ans de procédure.
Un premier avril (joli poisson/poison) il m'a dit : je te trompe,
j'ai trouvé une femme pour te remplacer, je l'ai essayée,
elle me convient. Va t'en je n'ai plus besoin de toi !. Elle gagne de
l'argent elle, toi tu ne me rapportes rien. Que veux tu ? j'aime l'argent".
C'est là que ma vie est devenue un cauchemard.
Après 6 mois de cohabitation forcée (il passait par les
fenêtres pour entrer dans la maison à notre insu et découchait
régulièrement) en attente de décision judiciaire...
il a dû quitter le domicile sur ordonnance. A dit aux enfants
: "elle m'a mis dehors" !
Après lui avoir refusé de prendre le même avocat
que lui et de le laisser faire sa loi, "si tu cèdes,
tu auras tout, si tu ne cèdes pas, tu n'auras rien", trois
altercations dont une où il m'a projetée sur le mur lui
objectant tout mon amour... il a déposé une requête
en divorce...
Le jour "j" la juge m'a simplement demandé si l'a cohabitation
était supportable car il demandait à rester dans
les lieux jusqu'à la vente de la maison que nous venions d'acheter
et dont il remboursait le crédit à hauteur de 2000 euros
par mois.
40 plis reccommandés et mails accusateurs durant trois ans. Un
seul contact téléphonique enregistré chez huissier.
Une première vente du bien immobilier commun à un particulier
a cassé faute de financement.
la vente s'est réalisée deux ans après son départ,
grâce à mes seules investigations, il réclame
la moitié du crédit durant l'occupation, soit environ
40000 euros.
Sans emploi depuis 10 ans, j'ai retrouvé un mi-temps, puis un
temps complet (au smig) dont j'ai été licenciée,
puis à nouveau un autre emploi (toujours au smig) dont je suis
licenciée économique prochainement.
J'ai vendu le bien, l'argent est sous séquestre. J'ai retrouvé
une location mais mon ex conjoint a profité de ma situation précaire
(sans domicile) pour demander la garde des deux enfants... qu'il manipule
contre moi en dénigrant mon mode de vie, mon niveau de culture
générale, mon manque de présence à leur
côté pour assurer leurs devoirs (ils ont 11 et 14 ans !)...
mon absence d'intérêt pour des activités typiquement
masculines (karting, paint ball, laser etc...) , mon manque de sorties
culturelles, etc...
Les enfants, tous deux des garçons se construisent sur l'image
du père. Comme lui, ils critiquent "la femme dans son ensemble",
la mère dans son rôle parental et maternel. Ils me disent
fusionnelle ce qui n'est absolument pas le cas (je travaille de 9h à
19 H au plus tôt).
J'ai pleuré un an mon mari, en demandant partout de l'aide car
j'étais éloignée de ma famille et sans aucune relation
amicale locale. Le vide complet avait été fait autour
de moi... L'abandon était inexplicable et consécutif à
des drames familiaux dans sa famille. Les enfants avaient peur de leur
père qu'ils disaient ne pas reconnaître ! (excès
de vitesse, non respect d'autrui, changements de goûts et centres
d'intérêt).
J'ai suivi une psychothérapie au cours de laquelle j'ai découvert
que mon mari était un manipulateur dominateur qui me considérait
comme "sa chose". Quel choc !
3 ans de procédure sans aucune communication : "on ne peut
pas communiquer avec qq dont le seul but est de réactiver
l'emprise qu'il a sur vous".
Les enfants étaient heureux d'emménager dans leur nouvelle
"toute petite" maison à deux pas de leur collège
mais voilà, Monsieur ne lâche pas prise et prétend
que je suis dans le déni, que je refuse de voir que mes enfants
souffrent et réclament leur père !!! (le père est
en manque de ses enfants et les appelle tous les jours depuis trois
ans !).
Les enfants me tiennent un tout autre langage : "nous n'avons jamais
dit vouloir vivre avec lui", "nous sommes bien ici".
Je me bats donc pour conserver leur garde.
Seulement, la différence de niveau de vie, le mépris du
père pour la mère, le non respect de la parité
parentale ont fait que les enfants ont fini par être convaincus
que seul leur père peut les élever "intelligemment"
; qu'il est le seul à avoir un niveau intellectuel suffisant
!
N'est ce pas là de la manipulation psychologique sur des enfants
mineurs ?
Et bien non, une assistante sociale, probablement séduite par
je ne sais et ne veux savoir quel procédé, accorde crédit
au père et à sa "douce" compagne et déclare
que la situation n'a guère évolué en trois années
pour moi, que rien n'a changé et que je fais porter le poids
de ma souffrance à mes enfants qui doivent m'assumer !!! (le
droit de visite a toujours été respecté et même
parfois élargi)
La garde est octroyée au père ainsi que la caf et les
pensions alimentaires ne sont plus dues au 1er juillet prochain.
Monsieur s'est éloigné du domicile familial pour être
logé chez sa maîtresse à 45 km, il y logera ses
enfants et c'est à la mère que revient l'humiliation d'aller
chercher ses enfants et d'effectuer à sa charge les trajets...
parce qu'elle n'a pas voulu détruire l'image du père aux
yeux de ses enfants en l'attaquant pour faute !
Bien entendu aucune contribution financière est demandée
à la mère pour ses enfants, ce qui sous entend qu'elle
n'est même pas à même d'assumer financièrement
ses enfants... qu'elle ne sera pas plus à même d'assurer
financièrement le droit de visite malgré les 70 euros
proposés par le père... que le père a détruit
l'image de la mère et est en train de rompre totalement les liens
mère/enfants. Et tout cela en toute légalité !
Aujourd'hui, j'ai honte de la justice française ! je ne suis
pas une maman fusionnelle mais je suis une maman qui a prouvé
qu'elle cherchait à s'en sortir malgré un niveau de vie
divisé par 4 et à qui cette démarche n'a même
pas été reconnue. Je suis trahie par mes enfants et humiliée
par cet homme et victime d'injustice.
Abandonnée par mon mari, répudiée ; abandonnée
par mes enfants... on m'accusera probablement prochainement d'abandon
d'enfants... car rien ne l'arrêtera.
Il a mis trois années à me réduire à néant
mais il a réussi. Quelle victoire narcissique !
Je n'ai plus la force de me battre... contre une telle perversité
machiavélique...
Qui peut m'aider ? Y a t'il encore qqch à tenter ? je ne sais
pas ce que je vais devenir, je baisse les bras... car je ne peux lutter
contre mes enfants.
Les aimer, c'est accepter de les laisser partir... même si je
ne dois plus les revoir...
La femme n'est toujours pas respectée à notre époque.
Nous avons accordé plus de place aux hommes dans les tâches
ménagères et éducatives et nous allons le payer
lourdement dans les années à venir... Nous sommes spoliées
dans notre intégrité de maman et ramenées à
une simple fonction d'utérus ! Et qui osera encore me parler
de l'égalité des sexes après cela ?
Merci de m'avoir écoutée.
Salutations
CD
Bonjour,
Votre détresse mériterait d'être entendue mais vous
me dites que rien n'y fait, ni CMP, ni psychologue, ni les professionnelles
chargées de soutenir les droits des femmes...
Vous avez tout essayé et vous vous sentez complètement
abandonnée, écrivez vous.
Cependant, on sent bien que les émotions non contenues font encore
des ravages en vous et je vous conseille avant tout de poursuivre une
thérapie même s'il vous semble ne pas en avoir de bénéfices
immédiats.
Il faut que ce flot d'émotions s'évacue et cela demande
du temps ; ne croyez pas que le psychologue va vous donner directement
les clefs vous permettant de vous retrouver avec les enfants : c'est
vous qui les trouverez.
Mais surtout, ne pensez pas non plus que ces enfants vous ont "trahie":
ils ne sont aucunement responsables des remous qui s'agitent autour
d'eux et, à vrai dire, ils sont eux-mêmes poussés
par ces remous.
Laissez un peu le temps calmer la situation puis vous pourrez revenir
vers le juge aux affaires familiales et proposer des autres modalités
d'exercice de l'autorité parentale ; en effet, les décisions
du juge ne sont pas irréversibles et peuvent évoluer.
L'urgence est que vous retrouviez un peu de forces et, pour cela, il
faudra peut-être abandonner momentanément le "combat",
afin de reconsolider vos propres bases et envisager un minimum de sérénité.
Prenez le temps de vous retrouver vous-même et soyez certaine
que vos enfants reviendront vers vous, si vous parvenez à apaiser
le conflit bien compréhensible qui vous oppose à leur
père.
Avez vous pensé à des groupes de paroles ?
Il en existe dans certains plannings familiaux et dans d'autres associations.
Voulez vous que nous publions votre témoignage avec cet e-mail
ou un autre afin que d'autres personnes puissent vous contacter? Cordialement,
Chantal POIGNANT
Conseil
Bonsoir,
Merci de votre réponse.
Je poursuis une thérapie ou plutôt j'ai repris avec un
nouveau thérapeute une psychothérapie, mais à raison
d'une visite mensuelle uniquement, des rencontres plus rapprochées
ne lui paraissant pas nécessaires, le gros du travail étant
déjà fait antérieurement.
Pour répondre à votre question, je ne suis jamais entrée
en conflit avec le père des enfants bien au contraire, j'ai refusé
ce conflit auquel j'ai opposé un silence pour ne pas retomber
dans la dépendance par le biais de la manipulation.
Un combat, oui, mais pour moi-même, pas contre lui...
Je l'ai laissé partir mais j'estime avoir le droit au respect
et à mon intégrité. Je refuse que l'on me salisse
plus avant.
Je ne sais si mes enfants me reviendront un jour, car la manipulation
est malsaine et si bien menée. J'en ai moi même été
victime pendant 15 années sans l'avoir soupçonnée
alors des enfants ????
Comment pourraient-ils l'imaginée ??? Les parents ne sont-ils
pas là pour les protéger et non leur faire du mal ????
Je pense de tout mon coeur qu'ils sont "en danger" et c'est
mon impuissance face à cela qui me ronge et me fait souffrir.
Je vous autorise bien sûr à publier mon texte ou simplement
une partie, à votre convenance.
Merci de votre soutien.
CD
souriezlesoleilbrille@live.fr
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