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Message ou FAQ

 

Je frappe mon conjoint

Email en pied de message
Août 2006

Bonjour je ne sais plus vers qui me tourner, je suis une jeune maman de 26ans separées depuis 1an 1/2 du papa de mon enfant et depuis 1 an je suis tres amoureuse d'un garcon qui fait partie integrante de la famille. Nous venons de nous separer car pour la enieme fois en 6 mois les coups ont plu. Seulement voila ce n'est pas lui qui les donne les coups, c'est moi. Je ne sais plus comment sortir de ca, j'en pleure enormement honnetement le fait de l'avoir perdu amplifie la culpabilite mais il faut a tout prix que je brise ce cercle. J'ai vraiment peur que plus rien ne sois possible entre nous pourtant nous nous aimons encore . La semaine derniere je crois que si mon enfant ne dormait pas juste a cote j'aurai pu le tuer. C'est terrible pour moi cette situation, c'est tellement siderant d'en etre arrivee la, d'avoir autant de colere et d'impuissance pour en arriver a porter la main sur un homme. Je vous en prie aidez moi, je ne vois pas comment m'en sortir, j'ai vraiment besoin d'un guide. Merci .

Bonjour,
La violence n'est pas réservée aux hommes ; il est faux de s'imaginer un monde en deux teintes comme beaucoup voudraient le croire.
Mais vous en parlez, vous, de ces "émotions" qui vous animent et destabilisent votre couple.
Maintenant, demandez vous ce qui vous destabilise, au point d'avoir recours à cette violence ; ce n'est pas du au hasard et il serait bon de chercher, dans votre vie, ce qui vous a fragilisée autant, pour que vous ne puissiez répondre qu'avec de la fureur !
Si vous ne parvenez pas à voir clair, faites vous aider par un soutien psychologique :
* http://www.sosfemmes.com/ressources/contacts_psys.htm
Il faut apprendre à verbaliser ce qui est enfoui en vous et qui vous fait peur.
Courage.

Cordialement,
Chantal POIGNANT
Conseil

bonjour,
par ou commencer, je tourne ce mail dans ma tete depuis le milieu de la nuit, je vais peut etre suivre la chronologie.

Entre 3 et 6 ans ( peut etre 4 ans ) le fils de ma marraine, alors agé de 10 ans de plus me montrait son sexe, il voulait que je le touche, je ne me souviens pas tres bien de tout ca et apparement personne ne s'en est rendu compte en dehors de ma soeur ( 10 ans de plus egalement ) qui l'aurait vu se " frotter " contre moi et lui aurait dis d'arreter en menancant d'en parler aux parents.
Ce dont je me souviens precisemment c'est d'une fois cache derriere le lit allongée par terre ou il me promettait un bonbon tt en haut de l'armoire si je lui faisait ce qu'il venait de faire ( embrasser mon sexe) heureux hasard son pere est arrivé alors et ses pas dans l'escalier ont brusquement fait cesser ce jeu qui me terrifiait.
Je ne me souviens pas de grand chose d'autre et peut etre que ca ne s'est pas reproduit. J'ai pu dater l'episode grace a une visite du pediatre a la maison qui n'a pas pu m'examiner car je lui mettait des coups de pieds j'etais allonge et lui ai meme crache dessus je n'avais pas 5 ans , allez savoir pourquoi je pensais qu'il voulais que je retire ma culote, maman m'a dit recement ( j'ai reussi a en parler a mes parents il y a 4 ans avant ca je pensait avoir tt imaginé) qu'il voulait juste regarder ma gorge.L'evenement du pediatre n'ayant interpelle personne a la maison, j'ai peu a peu enfouie ce qui c'etait passe, je me souviens clairement un jour en voiture ou j'ai voulu en parler, mais j'etais persuade d'avoir reve, que ce n'etait pas arrive...
J'esperais pouvoir un jour trouver la force de parler a S. pour savoir ce qui c'etait reellement passe et savoir comment lui avait percu son geste, mes questions resteront ouvertes j'ai appris recement par sa mere qu'il etait mort il y a environ un an, c'est etrange, personne ds la famille n'a juge utile de m'informer, mon pere etant mm persuade de m'en avoir parlé!

Plus tard vers 11 ou 12 ans j'etais tres libre , libre de mes sorties, de mes tenues, de mes frequentations, on ne me posait que peu de questions et j'evitais de tte facon les reponses claires qd on m'en posait. Un jour j'etais avec trois garcons, un ami d'enfance, mon " cheri" ( que je me contentait d'embrasser) (~peut etre 16 ou 17 ans je ne sais plusca n'a pas duré)et un copain a lui ( ~mm age?). c'etait l'apres midi et l'anniversaire d'un d'entre eux,ils ont acheté un pack de biere je pense et on est allés ds une sorte de parc ( en fait une petite aire a pique nique en bord de route) et puis sans trop comprendre comment ca c'est passe mon " cheri " n'etait plus la, peut etre alle cherché quelque chose? je me suis retrouve enferme ds les toilettes avec ce grand garcon tres fort qui m'horrifiait, mon copain d'enfance etant un garcon agile et tres " mouventé" est monte sur l'armature metalique des toilette a vite compris que je pleurais et est parti en courant cherche le "cheri" qd il est arrive, l'autre a fait mine que c'etait une plaisanterie, il avait eu le temps de dechirer mes collants et de glisser ses doigts. je suis rentre seule chez moi, mine defaite mascara jusqu'en bas des joues, j'ai alors dis a maman qu'il avait " essaye de me violer" je ne sais pas quel detail je lui ai donne ou non, lui ai fait promettre de n'en parler a personne, j'ai appris plus tard qu'elle en avait parle a mon pere, sur le moment je lui en ai voulu, maintenant je pense que je lui en ai voulu de leur discretion a tous les deux, de ne pas m'en avoir reparle, de ne pas avoir su me faire sortir tout ca, je n'ai compris qu'il y quelques jours en lisant un mail sur votre site qu'il s'agissait deja d'un viol. c'est pour ca que j'aimerais que vous publiez ce mail.Je sais maintenant que ce genre de temoignage est utile aux autres et non qu'a l'auteur.

Juste avant mes 15 ans j'ai rencontre un garcon age de 10 ans de plus que moi, pas franchement apprecie de nos amis il me fascinait, et puis j'ai toujours eu un cote saint bernard alors plus on le decriait plus je l'aimais, nous sommes reste pres d'un an ensemble, rapidement une nuit ou il dormait avec moi chez mes parents il est alle chercher un sac ds sa voiture m'a fait fermer les yeux et m'a "habillé" ce garcon etait fetichiste j'ai appris avec le temps tout ce que cela voulait dire, il avait de plus une facheuse tendance a disparaitre des jours entiers sans donner de nouvelles et rentrait comme une fleur, pretextant un copain en galere qu'il avait du amener en suisse, un autre dont la grand mere venait de deceder et qu'il avait chaperonne 3 jours craignant qu'il ne craque, jamais un coup de fil....etc. J'ai vecu un an ou ce qui aurait du etre mon premier amour n'a etait que manipulation et destruction.J'etait ds une dependance totale acceptais tout de lui moralement et physiquement. Et puis un jour un ami a moi est mort, M a essayé de se servir de ca, de mon chagrin de mon effondrement pour "m'accrocher " un peu plus et la j'ai pris conscience, j'ai compris qu'il n'etais pas une bonne chose pour moi alors je me suis jeté ds les bras du premier gentil garcon qui passait par la pour ne plus penser a lui, pour lui montrer que j ne lui appartenait pas.Ca a etait terriblement long de me detacher de lui, de ne plus me reveiller la nuit et larme j'ai mm reve pdt des semaines que je lui plantais des clous ds le dos, je n'avais jamais deteste quelqu'un avant j'ai cesse de le hair pour lui etre enfin indifferente au bout de 3 ou 4 ans.

Aujourd'ui j'ai 26 ans et un enfant de 2ans1/2, je suis separe de son papa depuis un bon moment deja et j'ai rencontre il y a 1 an un garcon merveilleux, pour la premiere fois de ma vie c'est quelqu'un de mon age, il est tendre, affectueux, doux et attentionne, il est de plus d'une innocence qui m'a fait un bien fou, seulement voila depuis six mois maintenant on a beaucoup de mal a communiquer et plusieurs fois je l'ai frappe, tout recemment je pense que si mon enfant ne dormait pas ds la piece a cote j'aurais pu le tuer avec mes mains. Je l'ai perdu alors et me suis effondree, sur le site ( je cherchais une reponse a comment j'avais pu en arriver la ) en lisant des temoignages j'ai pris conscience du mal que je lui avait fait. Je pensais l'avoir perdu mais il a encore de l'amour pour moi et dort a cote pendant que j'ecris ce mail, nous sommes tous les trois tellement heureux d'etre ensemble que je suis terrifiée a l'idee de recommencer, mais qd je vais me re habituer a sa presence, qd je vais oublier la douleur de son absence, j'ai tellement peur de recommencer, je suis desespere a l'idee de recommencer, j'ai besoin d'aide pour comprendre mon geste ( j'ai vu ma mere et mon pere se battre qd j'etait petite ma soeur m'a dis que c'etait toujours elle qui lui sautait dessus ses bleus a elle etait parce qu'il essayait de la contenir comme moi aujourd'hui).

Merci de m'avoir lu jusqu'au bout, et merci de m'aider, je ne veux pas gacher ma vie en passant a cote de lui.

Bonjour,
Je vous suis reconnaissante de bien vouloir m'autoriser à publier vos témoignages ; en effet, des hommes m'écrivent souvent, pour me faire part de leur "colère" contre ce qu'ils considèrent comme une dissimulation volontaire et manipulatrice à leur égard, de la violence féminine, qui à leurs yeux, est constamment sous-évaluée et excusée.
Pour ma part : la violence n'a pas de sexe ; il se trouve que pour des raisons culturelles voire sociales, la violence est souvent attribuée à l'homme parce qu'elle fut, un temps, reliée à l'idée de force, de "virilité", qui fait encore partie de l'image masculine aujourd'hui ; il suffit de questionner notre entourage pour comprendre que le mythe de l'homme "viril" est encore bien présent dans les esprits masculins et... féminins ; combien de jeunes-filles et de femmes se pâment encore devant cette image de l'homme énergique, ferme, au caractère "bien trempé"? Combien de jeunes-hommes souffrent, de devoir cacher une personnalité qui ne semble pas correspondre aux stéréotypes, encore en vigueur?
Vous osez l'écrire : vous êtes une jeune-femme et vous êtes violente.
A partir de là, on comprend bien que si la violence féminine est moins mise à contribution sur la place publique, ce n'est pas parce qu'elle n'existe pas mais bien, parce qu'elle est plus "bridée" par des convenances culturelles et aussi, il faut bien l'avouer, parce qu'elle laisse souvent moins de traces visibles, car la femme utilise soit une violence pernicieuse, soit radicale (le meurtre). En effet, sa constitution physique ne lui permet guère de communiquer son mal-être, trop longtemps, en frappant.
Ce mal-être, c'est à quoi je voulais en venir : la violence, qu'elle soit "féminine" ou "masculine", traduit toujours une souffrance ancrée chez l'agresseur qui n'excuse en rien, bien évidemment, son comportement.
Souvent, la violence représente une défense contre un sentiment de mort psychique, c'est à dire une lutte envers une forme d'anesthésie sensorielle, due, cette anesthésie, aux meurtrissures du passé, trop souvent, restées sous silence ; pour se protéger et à la fois protéger l'autre ou la famille, l'enfant ne dit rien ; il s'enferme dans un simulacre de réconciliation, de vague complicité familiale, où beaucoup de "jeux érotiques interdits" semblent prendre une connotation anodine.
Mais l'enfant lui, sait que son territoire a été bafoué, que son intimité n'a pas été respectée et l'ambivalence familiale qui, sous couvert du doute, lui "ordonne" de se taire, peut le rendre "furieux" plus tard : il a compris que l'autre pouvait être un danger qui menace, même sous des apparences innocentes et pleines de sollicitudes comme la famille autrefois, qui bien qu'''aimante" est restée dans le non-dit.
Alors, vous ne supportez pas l'éventualité d'être une "pâte à modeler" aux mains des autres et vous tapez pour vous faire entendre, pour exister avec force.
Evidemment, ce mode de réaction qu'il vienne d'un homme ou d'une femme, n'est pas tolérable. Mais vous en avez conscience et vous exprimez vos craintes ; confusément, vous vous doutez que votre passé a laissé des traces et imprègne les modalités de vos réactions ; bien peu de personnes violentes sont capables de parvenir à votre niveau d'analyse et je ne peux que vous conseiller de continuer.
Votre agresseur est décédé ; vous l'avez appris fortuitement ; vos parents bien que conscients ont sans doute préféré minimisé les évènements pour votre bien, croyaient-ils, et aussi le bien de la famille ; ont-ils été maladroits? Certainement, mais qui ne fait pas d'erreur?
Cherchez à approfondir ce que vous préssentez avec un professionnel, pour dire : non à la violence, et pour vous soulager de votre vécu.
Merci.

Cordialement,
Chantal POIGNANT
Conseil

Bonjour et vraiment merci de votre reponse, certe elle me boulverse mais me donne de la force.
Nos echanges, je les fait lire a mon cheri, c'est pour moi un moyen "facile" de me livrer, sans avoir a soutenir son regard ou a maitriser l'etranglement des mots dans ma gorge.Je ne sais pas si je fais bien ou mal, peut etre que par la je pollue nos rapports plus que je n'apporte de reponse.
Je ne sais pas quelle attitude adopter entre tout taire et le grand flot de parole qui suit "l'ouverture des vannes"
Vis a vis de ma fille je ne sais pas non plus quelle attitude adopter, elle en comprends bien plus que je n'imagine mais je ne sais pas non plus quoi lui dire de mes rapports difficile avec mon ami, nos scenes elle y assiste, meme si elle ne m'a jamais vu lever la main sur lui, elle est a cote quelle dorme ou non et entends forcement des choses, que ressent elle, qu'imagine t elle? ces questions me terrifient.
Etant en contact avec le cidf ds le cadre d'une reconversion profesionnelle et apres avoir eu un premier echange avec vous j'ai pris rendez vous avec la psycologue du centre et abandonne donc mon analyste ( avec qui je n'avance pas, qui ne prend pas de note et perd 1/4 h a chaque seance a me faire recadrer les choses qu'il oublie). J'espere pouvoir la voir avec mon ami qui lui aussi doit avoir besoin de se retrouver.
Je suis vraiment contente si mon mail precedent permet a d'autre personne, homme et femme de faire avancer leur propre situation, merci infiniment d'avoir ete la, d'exister, de mettre votre energie pour nous.
J'espere pouvoir vous donner de bonne nouvelle d'ici peu.

tlv116@hotmail.com

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