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30 avril 2012
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois :
626.
Des fois, j'ai l'impression que
pour lui je n'existe pas. Elle ne trouve pas sa place
dans sa relation, et se sent rabaissée...
625.
Je vis donc avec ces lourds secrets. Elle lute pour ne pas tomber
dans la dépression...
624.
J'ai bien été abusée. Comment la justice peut lui rendre ce
qu'elle a subi...
623. Le compagnon à mon amie n'accepte pas la
séparation. Son amie subit des menaces de la part de son
ex-compagnon, sa fille est peut être en danger...
622. Son mari
la maltraite. Une famille tente d'aider leur voisine sans cesse
intimidée par son mari...
621. Mon enfance brisée. Elle se sert
de l'écriture pour exprimer sa douleur...
Allemagne
: projet fédéral sur la candidature anonyme
Le
Bureau fédéral contre les discriminations allemand a rendu publics
les résultats d’une étude qui montre que la candidature
anonyme, à niveau de qualification comparable, augmente les chances
de recrutement des femmes et des personnes issues de l’immigration,
sans dépenser plus de temps et d'argent dans la procédure de
recrutement. Selon l’étude, la candidature anonyme permet de mieux
répartir les chances entre les groupes, sans avoir toutefois la
capacité de « corriger
toutes les inégalités présentes sur le marché du travail
». Le Bureau fédéral souligne à cette occasion que refuser de
recourir aux femmes et aux personnes issues de l’immigration
représente une « destruction
de ressources »
que les entreprises allemandes ne peuvent se permettre. Dernier
enseignement : les entreprises qui utilisent ce système ont une
meilleure image de marque.
Joyce
Banda, une féministe à poigne à la tête du Malawi
Après
la mort du président du Malawi, c’est Joyce Banda, femme à poigne
et féministe convaincue de 61 ans qui lui a succédé à la tête du
pays. Deuxième femme à présider un pays africain après la
Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, elle sera chef de l'Etat jusqu'aux
élections de 2014, où elle a la ferme intention de se présenter.
Après un premier mariage malheureux avec un homme qui la battait,
Joyce Banda s'est fait connaître au début des années 1990 en
lançant un programme pour l'émancipation des femmes, voyageant à
travers le pays pour promouvoir l'Association nationale des femmes
d'affaires du Malawi, qu’elle a cofondée. Championne de l'égalité
entre les sexes, modèle pour son combat féministe dans une société
dominée par les hommes, elle a créé la Fondation Joyce Banda, qui
vise la libération des femmes par l'éducation des filles.
Campagne
du SAMU social « Alors
que la proportion de femmes à la rue ne cesse d'augmenter, l'un des
rares centres d'accueil d'urgence d’Île‐de‐France spécialement
consacré à cette population fermera ses portes le 31 mai »
annonce Le Monde dans son édition du 3 avril. Le quotidien revient
ainsi sur la campagne de l’association sur Internet et titre « Le
SAMU social s'alarme de la raréfaction des places d'hébergement
pour femmes ».
Voile
: un rapport sur la discrimination à l'égard des musulmans en
Europe « L'interdiction d'afficher des signes
religieux quand elle se fonde sur des spéculations ou des
présupposés plutôt que sur des faits démontrables constitue une
violation de la liberté de religion des individus » : c'est ce
qu'affirme Amnesty International dans un rapport sur « La
discrimination à l'égard des musulmans en Europe ». Interrogé
par Libération le même jour, Marco PEROLINI, « spécialiste des
questions de discrimination » au sein de l'organisation, dénonce
le fait que « des femmes musulmanes se voient refuser des emplois
» « pour la seule raison qu'elles portent des vêtements
traditionnels, comme le foulard ». L'Humanité enfin souligne
que le rapport est « imprégné d'une conception très
anglo-saxonne du multiculturalisme ».
Sarkozy
relance le débat sur l'accès des mineures à la
contraception
"Est-ce
qu'on peut donner la pilule à une adolescente, sans demander l'avis
des parents?",
se demandait encore il y a peu le président-candidat sur France
Inter. Des propos qui ont fait bondir les féministes et le
PS, qui voient dans ces propos une remise en cause de l'accès
des mineures à la contraception et "un
recul grave en matière de droit des femmes à disposer de leur
corps". Outre l'action
du Planning
familial,
une loi de 2001 permet en effet de délivrer la pilule à
une jeune fille sans le consentement parental. Et un récent
rapport soutenu par la secrétaire d'Etat à la Jeunesse
allait dans le sens de la gratuité et de l'anonymat.
Marisol
Touraine, responsable du pôle social de la campagne de François
Hollande, ainsi que des féministes engagées à gauche ont fustigé
les propos de Nicolas Sarkozy. Le candidat
UMP estime que les parents de mineures prenant une contraception
devraient en être informés. "Il
y a un débat : est-ce qu'on peut donner la pilule à une
adolescente, sans demander l'avis des parents ?"
s'est-il interrogé sur France Inter, alors qu'une auditrice
l'interrogeait sur le droit des femmes. "Je
pense que les parents doivent être associés d'une manière où
d'une autre, ça ferait tout drôle, me semble-t-il, à ces parents
d'apprendre que quelqu'un a donné la pilule à sa fille mineure sans
avoir un dialogue avec les parents de cette jeune fille".
[La
vidéo de son intervention]
Nicolas
Sarkozy avait ainsi relancé ainsi un débat qui semblait clos depuis belle
lurette. Et, réagit Marisol Touraine sur son compte
Twitter, "Nicolas Sarkozy renvoie dix ans en arrière"
: la loi de 2001 a en effet consacré que "le
consentement des titulaires de l'autorité parentale n'est pas requis
pour la prescription, la délivrance ou l'administration de
contraceptifs aux personnes mineures." Les
féministes signataires de l'appel "les
droits des femmes passent par la gauche" ont également
réagi : elles estiment qu'il s'agit d'un "recul
grave en matière de droits des femmes"
et que Nicolas Sarkozy remet ainsi "en
cause l'accès libre des mineures à la contraception". Cet
appel a été signé par 3.000 personnes, selon Caroline De Haas,
fondatrice d'Osez
le féminisme! et qui a lancé cette initiative. De fait, pour
avoir un accès anonyme et gratuit à la contraception, les mineures
doivent aller dans les centres de planification, souvent
inaccessibles aux jeunes, en raison de leurs heures d'ouverture ou de
leur localisation. Elle se rendent donc souvent en pharmacie, munies
de la carte Vitale de leurs parents assurés sociaux, de façon à
être remboursées, ce qui exclut donc tout anonymat et toute
discrétion.
La
secrétaire d'Etat préconisait en février l'accès anonyme et
gratuit : c'est
pour cette raison qu'un rapport récent a plaidé pour un véritable
accès gratuit et anonyme à la contraception pour les mineures. Il y
a deux mois, Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat à la
Jeunesse, écrivait en préface de ce rapport, comme l'indiquait Le
Monde en février : "Nous
devons rendre gratuits et anonymes tous les modes de contraceptions
et pas uniquement la pilule. Les laboratoires pharmaceutiques doivent
s'engager aux côtés de l'Etat pour aider ces jeunes filles".
Car derrière ces propositions, l'enjeu est aussi de réduire le
nombre d'IVG chez les adolescentes.
Le
conseil constitutionnel abroge la loi sur le harcèlement sexuel Saisi
par Gérard Ducret, ancien élu du Rhône, condamné en appel en 2011
pour harcèlement sexuel à trois mois de prison avec sursis et 5.000
euros d’amende, le conseil constitutionnel vient d’abroger
l’article du code pénal qui caractérise et punit le harcèlement
sexuel.
Un
article de loi, voté par la gauche il y a 20 ans, et qui protégeait
les droits des femmes est donc supprimé. Si
cette loi était encore perfectible – comme l’ont
régulièrement rappelé les associations féministes à la droite
depuis 10 ans – elle n’en demeurait pas moins indispensable
puisqu’elle était le seul outil au service des femmes pour
porter plainte contre harcèlement. En
2009, la mission d’information sur les violences faites aux femmes,
présidée par Danielle Bousquet, députée socialiste, recommandait
d’harmoniser les définitions du harcèlement sexuel prévues dans
le code du travail et dans le code pénal, en les alignant sur la
définition issue du droit communautaire.
La
décision prise par le conseil est la responsabilité directe de la
droite qui a fait la sourde oreille pendant toutes ces années.C’est
une décision lourde de conséquence toutes celles et ceux qui
attendent depuis parfois plusieurs années que justice soit rendue.
Cela enterre toutes les affaires en cours.
Même
si le législateur intervient en urgence dès juillet pour créer un
nouveau délit (probablement sur la base de la définition européenne), la loi pénale n’est pas rétroactive et ne
pourra donc s’appliquer aux affaires en cours à la date
d’aujourd’hui. François
Hollande
a
écrit le 10 avril dernier à l’Association contre les Violences
faites aux Femmes au Travail (AVFT). Dans son courrier, il s’engage
à continuer la lutte contre les violences faites aux femmes,
impulsée par le travail des député-es de gauche à l’Assemblée
Nationale. Le législateur devra intervenir très rapidement pour
combler le vide juridique qui s’ouvre aujourd’hui. François
Hollande souligne dans son courrier à l’AVFT qu’il est favorable
à ce que la qualification du harcèlement sexuel s’appuie sur la
définition issue du droit communautaire**,
plus précise que celle qui existait jusqu’alors dans le code
pénal.
**
Il s’agit de la directive 2002/73/CE qui contient (art. 2) une
définition du harcèlement sexuel : « La situation dans
laquelle un comportement non désiré à connotation sexuelle,
s’exprimant physiquement, verbalement ou non verbalement, survient
avec pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité d’une
personne et, en particulier de créer un environnement intimidant,
hostile, dégradant, humiliant ou offensant ».
31 mars 2012
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois :
620.
Et aujourd'hui, je ne peux plus me taire. Cet homme dénonce le
développement des maltraitance sexuelles dans la pornographie...
619.
Je voudrais l'aider. Les démarches d'une mère pour sauver sa fille
du mal être...
618.
J'aimerais dire à toutes les victimes qu'il ne faut surtout pas
hésiter à aller jusqu'au bout. Après avoir subi une agression
sexuelle, elle a trouvé le courage de déposer plainte, la justice
lui a été rendue...
Lancement
d’une campagne contre le viol
"Chaque année en France, 70.000 femmes ne portent pas plainte
pour le viol qu’elles ont subi". Un manifeste, une
pétition, un site dédié, une campagne à suivre au jour
le jour, Sandrine GOLDSCHMIDT,
journaliste et militante féministe, et Muriel SALMONA,
psychiatre, présidente de l'association
Mémoire Traumatique et Victimologie, lance "pas de justice pas de
paix" et demandent "l’ouverture d’une vaste réflexion
sur le fonctionnement de notre système judiciaire pour qu’il
commence, enfin, à tous les niveaux, à abandonner ses
réflexes patriarcaux, et à envisager tous les moyens nécessaires
pour protéger les victimes de violences sexuelles, enfants,
femmes et hommes
qui subissent l’enfer au quotidien."
Les
femmes prêtres trouvent leur place dans l'Eglise anglicane
A l’heure où l’Église anglicane est traversée par des
tensions autour de la nomination de femmes évêques, trois
femmes témoignent de leur expérience de prêtres. La Croix du 8 mars
se penche sur trois de ces femmes prêtres (parfois mariées
et mère) qui, selon le quotidien "ont rencontré un accueil
chaleureux de leurs paroissiens". Le journal se
demande également si l’on ne verra pas des femmes évêques en
2014. En effet le synode général de
l’Eglise d’Angleterre s’est prononcé en février en faveur de
l’ordination épiscopale de femmes.
Lutte
contre les violences
"Elle était une fois", le conte d’une fée brisée : à l’occasion
du 8 mars, Journée internationale des femmes, la Fédération
nationale solidarité femmes (FNSF) a choisi de lancer un
film percutant qui décrit l’enfer vécu par des femmes au
domicile. Alors qu’elles vivent dans l’emprise et la peur,
elles tentent de dissimuler les violences à leurs enfants en
espérant les protéger. Ce film met aussi un grand coup de
projecteur sur les conséquences néfastes de ces violences sur
les enfants. Dans un traitement subtil et faussement joyeux, "La
Meilleure Maman du Monde", film réalisé par Jérôme GENEVRAY et
Camille HEDOUIN, aborde deux sujets : le cycle et
l’aggravation des violences au fil du temps lorsque les
femmes ne s’autorisent pas à parler, tétanisées par le peur, la
honte et la culpabilité, avec pour fin tragique un fémicide ;
les conséquences sur les enfants à la fois témoins et
victimes. Pourtant la question des conséquences sur les
enfants reste encore peu abordée en France, alors qu’elle
a émergé depuis plusieurs années au niveau européen et
international.
Développement
des postes de « référents » pour les femmes victimes de violences
Une
circulaire n°DGCS/SDFEFH‐B2/2012/112 du 9 mars 2012
relative à la mise en place de "référents" pour les
femmes victimes de violences au sein du couple dans chaque
département a été diffusé et mise en ligne. L’objet de la
circulaire est de poursuivre et renforcer le développement des
postes de "référents" pour les femmes victimes de violences au
sein du couple mis en place par la circulaire du 14 mai 2008.
Roselyne BACHELOT‐NARQUIN, ministre des Solidarités et de la
Cohésion sociale souhaite que l’installation de ce
dispositif dans tous les départements soit effective à
l’échéance 2013. En conséquence, le dispositif sera maintenu
dans les 43 départements où il existe déjà, et développé dans
26 départements en 2012, et enfin 32 départements en 2013. Un
premier bilan sera effectué à la fin de l’année 2012.
Le
Nouvel Observateur dénonce les « Coups bas »
Sous
le titre "Coups bas", Le supplément télévision du
Nouvel Observateur du 22 mars consacre son éditorial à
l’émission de France 2 "Envoyé spécial, la suite".
L’hebdomadaire indique qu’en France "une femme meurt tous
les deux jours sous les coups de son compagnon" et
dénonce "l’indifférence" et "le manque de moyen".
Pour Le Nouvel Observateur, "la lutte contre les violences
conjugales reste insuffisante".
Belgique
: Afflelou contre les violences conjugales
"Trop de femmes portent des lunettes" est le titre de la
campagne
lancée par Amnesty International contre les
violences conjugales.
L’opticien Alain AFFLELOU s’associe
momentanément avec l’association
pour dénoncer les
violences conjugales. Cette campagne, conçue par
l'agence de
publicité Air, utilise les premiers jours du printemps pour
communiquer avec ce message inattendu pendant plusieurs jours,
dans
toutes les boutiques AFFLELOU de Belgique, un petit
autocollant Amnesty
sera collé sur chaque paire de lunettes de
soleil portant la griffe AFFLELOU.
28 février 2012
617.
Je
suis victime de violence morale (suite).
Elle subit des violences morales de la part de son mari... 616.
Comment
lui faire payer les dommages morales qu'il a engendrés? Elle
essaie de se reconstruire après un abus d'un proche... 615.
Ses
actes qu'il a fait subir à mon corps (suite). Elle raconte 3 ans
de sa vie, aujourd'hui elle s'en sort (suite)... 614. Je
ne supporte pas que mon conjoint regarde d'autres filles. Manque
de confiance en elle ou conséquences de ses dernières relations,
elle ne supporte pas que son conjoint regarde une autre femme... 613.
Je
suis dans l'impossibilité d'avoir une relation amoureuse.
Victime de plusieurs attouchements sexuelles, elle n'arrive pas à
entretenir une relation amoureuse... 612. J'ai
le sentiment d'avoir été abusée. Sa première relation a
changé sa vie affective...
Charge contre l'avortement.
Louis
Aliot, compagnon de Marine Le Pen, s'est prononcé en faveur d'un
déremboursement de l'IVG de "confort" lundi 30
janvier dans l'émission "Mots croisés" sur France
2. Louis Aliot souhaite "le non remboursement de l'IVG non
thérapeutique", qu'il qualifie d'"IVG de confort".
Selon le conjoint de Marine Le Pen, "tout est fait pour
qu'elles le laissent, cet enfant. Tout est fait pour inciter à
l'avortement et rien n'est fait pour préserver la vie."
Daniel Cohn-Bendit (Europe Écologie Les Verts), aussi invité de
l'émission, réagit promptement : "c'est aux femmes de
décider, pas à vous". Pour le directeur opérationnel de
campagne de Marine Le Pen, il suffit de visiter les plannings
familiaux "et vous verrez la détresse des jeunes filles qui
voudraient garder leurs enfants. Mais elles ne le peuvent pas."
Dans un entretien accordé en février 2011 au quotidien "La
Croix", Marine Le Pen affirmait : "je pense également
qu'il faut cesser de rembourser l'avortement". Pourtant, sur ce thème, le
programme présidentiel de la candidate du Front national reste flou.
Il n'est plus question du non-remboursement de l'IVG : "Le
libre choix pour les femmes doit pouvoir être aussi celui de ne pas
avorter", est-il écrit dans le projet de la présidente du
Front national. Marine Le Pen propose "une meilleure
prévention", une "responsabilisation des parents",
la possibilité d'une "adoption prénatale" et une
amélioration des "prestations familiales pour les familles
nombreuses".
(voir
vidéo)
http://www.dailymotion.com/video/xo7isj_louis-aliot-no-2-du-fn-veut-derembourser-les-ivg-de-confort_news
Un
concours "mini-miss" devant la justice
L'organisatrice
déboutée en justice : Mireille Meignan réclamait 9.600 euros de
dommages et intérêts pour ne pas avoir pu organiser son concours.
Elle devra payer les frais d'avocat des parties adverses. On
est loin, très loin des 9.600 euros de dommages et intérêts
qu'elle réclamait pour réparer le préjudicie qu'elle estimait
avoir subi en étant empêchée d'organiser le concours de mini-miss
qui devait se tenir à Auch il y a un an. Mireille
Meignan a été déboutée de ses demandes lundi 20 février, jugées
non fondées par le tribunal d'instance. Cette directrice d'une école
de coiffure et d'esthétique auscitaine avait vu sa manifestation
amputée du concours en février dernier après que la mairie d'Auch
avait reçu des courriers indignés du Planning familial et d'une
psychologue à la retraite, estimant un tel défilé de petites
filles « dégradant pour l'image des filles en particulier et des
femmes en général ». C'est l'affiche de la soirée représentant
une petite fille dans une pose suggestive qui avait à l'époque mis
le feu aux poudres.
Payer l'IVG plutôt que la contraception ?
« Notre
pays préfère-t-il payer l'IVG plutôt que la contraception ? » s'interroge
Israël Nisand. Aujourd'hui, la réponse est malheureusement oui. Le
gynécologue a travaillé avec deux consœurs, Brigitte Letombe et
Sophie Marinopoulos sur la question des grossesses non prévues chez
les jeunes filles. Leur rapport remis jeudi 16 février à Jeannette
Bougrab, secrétaire d’État chargée de la jeunesse et de la vie
associative, pointe du doigt ce « dérangeant
paradoxe » :
en France, les mineures peuvent avoir recours à des interruptions
volontaires de grossesse de manière anonyme et gratuite mais la
contraception est payante et non confidentielle. Si ce n'est dans les
centres de planning familial. Mais quatre femmes sur 5 habitent à
plus de 100 kilomètres d'un de ces centres, souligne Israël Nisand.
Selon le gynécologue, les deux tiers des 60.000 IVG recensées en
France chez les moins de 25 ans pourraient être évitées par un
vrai choix de politique publique. « Je suis pour l'avortement,
mais terminer sa première histoire d'amour par une IVG, c'est
dur, » observe Israël Nisand. Les trois spécialistes apportent
dans leur
rapport « des solutions à court, moyen et long terme, » juge
Jeannette Bougrab. La première d'entre elles, c'est de
permettre aux mineures l'accès généralisé, anonyme et gratuit, à
la contraception.
Problème :
ce rapport n'est pas le premier à préconiser cette mesure. La
députée UMP Bérengère Poletti a même déposé en novembre une
proposition de loi sur le sujet (et dans un communiqué ce jeudi,
« soutien[t] la démarche du Professeur Nisand »). En
juillet dernier, le Centre d'Analyse stratégique rendait la même
conclusion. Mais le ministère de la Santé ne veut pas entendre
parler de la généralisation de la pilule pour les mineures.
Jeannette Bougrab assure porter le sujet lors de réunions
interministérielles. « Je vais continuer à me battre »,
lance la secrétaire d’État, soulignant que cette mesure ne
nécessite pas une loi ou un décret, mais une convention. Plusieurs
laboratoires sont prêts à « faire la moitié du chemin »,
à fournir à bas prix des contraceptifs innovants, souligne Israël
Nisand. Certes, mais la balle reste dans le camp du ministère de la
Santé. Israël
Nisand, Brigitte Letombe et Sophie Marinopoulos réclament une réelle
application de la loi de 2001 sur l'information à la sexualité en
milieu scolaire. Et estiment que les enseignants devraient être
formés pour pouvoir, dès la maternelle, dispenser des informations
sur la vie affective, le rapport au corps.
La
Marche mondiale des femmes dénonce Pôle Emploi
«
Parce que les femmes sont les plus discriminées dans le monde du
travail, elles se disent prêtes à accepter « toute offre de
quelque nature que ce soit » mais s’attendaient‐elles à une
telle proposition ?! Un communiqué de la Marche mondiale
des femmes (MMF) diffusé le 3 février accuse Pôle Emploi
d’avoir diffusé sur son site internet une offre de «
strip-teaseuse topless » dans l’Hérault. « Des chômeuses de
l’Hérault ont reçu cette proposition d’offre par courrier »
souligne l’association qui dénonce également des offres
d’emplois dans des domaines comme les « films érotiques,
pornographiques, le téléphone rose, animatrices de chat
porno sur internet, » etc. Des « offres d’emploi qui sont
très largement, voire exclusivement proposés à des femmes »
s’indigne la MMF qui se demande si « à l’heure de l’offre
raisonnable d’emploi » le service public de l’emploi va «
obliger les
femmes à commercialiser leur corps et leur sexe sous peine d’être
radiées » ?
Administrations
: une circulaire du Premier ministre supprime le terme «
Mademoiselle »
La
mobilisation des chercheuses et des associations et la
détermination de Roselyne Bachelot-Narquin ont porté leurs fruits : une circulaire (n°
5575/SG) relative à la suppression des termes « Mademoiselle
», « nom de jeune fille », « nom patronymique », « nom
d'épouse » et « nom d'époux » des formulaires et correspondances
des administrations a été signée par le Premier ministre le 21
février et va être diffusée dans l’ensemble des services de
l’État.
Protéger
l’image de l’enfant dans les médias : signature d’une Charte
Roselyne
Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion
sociale, s’est vue remettre, le 21 février, la Charte sur la «
Protection de l’enfant dans les médias » par Jacques Hintzy,
président de l’UNICEF France. Cette Charte rappelle l’ensemble
des droits de l’enfant et définit les engagements des médias en
matière de protection de l’enfant. Concernant l’utilisation de
l’image des enfants dans les médias, la Charte énonce
notamment des principes sur le mode de traitement médiatique
des sujets liés à un enfant et la lutte contre le phénomène de
l'hypersexualisation. Elle a pour vocation à être signée par des
responsables des médias de la presse écrite et de la presse
audiovisuelle.
Charte :
http://www.solidarite.gouv.fr/actualite-presse,42/communiques,95/signature-d-une-charte-pour,14521.html
Allemagne
: 300 euros contre une promesse de ne pas avorter
Une
caisse d’assurance maladie allemande, BKK IHV, encourage ses
membres à renoncer à l’IVG. Une prime de 300 euros est accordée
à la naissance d'un enfant, en échange d'une promesse solennelle de
ne jamais avorter et d’une adhésion à l’association
ProLife, partenaire de la BKK IHV. Cette initiative est
largement saluée dans les milieux catholiques conservateurs. Ainsi
la branche allemande de la controversée confrérie sacerdotale
de Saint Pie X fait son éloge sur son site internet.
Italie : être payée pour ne pas avorter
Pour
qui renonce à avorter, 250 euros par mois pendant un an et demi, une
contribution financière qui crée déjà la polémique, avant même
son approbation définitive par le Conseil Régional. La commission
Bilancio de la Région Piémont a donné son accord à la création
d’un fond destiné à soutenir toutes les femmes qui renonceront à
avorter si leur décision a été prise à cause de problèmes
économiques.
Ce
fond, durement critiqué par les associations laïques et féminines
de tout le pays et particulièrement par la « Casa delle Donne » qui
travaille depuis des années sur le terrain et offre des aides dans
les domaines de la santé, des violences faites aux femmes et de la
maternité, sera distribué sous la forme d’un chèque mensuel.
Bilan
du programme Daphné : « une violence qui fait mâle »
«
Combattre les violences reste une priorité de l'Union », a affirmé
Regina BASTOS, euro‐députée portugaise, membre du Parti populaire
européen et rapporteure au Parlement européen sur le
programme Daphné. En Europe, un quart des femmes, des enfants et
des jeunes auraient déjà été victimes de violences physiques.
Des coups qui ont un coût très élevé pour la société :
les agressions conjugales représentent à elles seules près de 16
milliards d'euros par an, sans compter les dramatiques
conséquences psychologiques. Le rapport sur le programme
Daphnée a été
adopté le 2 février.Interview.
31 janvier 2012
Les
nouveaux témoignages retenus ce mois :
611. Je souffre d'injustice. Un enfant victime de violences sexuelles et de maltraitances a toujours besoin d'aide pour devenir un adulte résilient...
610. J'ai un besoin immense d'extérioriser, de me confier. 12 ans après avoir été victime d'un viol, elle a besoin d'en parler, de se confier et de soutenir d'autres victimes...
609. Ses actes qu'il a fait subir à mon corps. Elle raconte 3 ans de sa vie, aujourd'hui elle s'en sort...
608. Immunité entre époux. L'immunité entre époux ne la protège pas suffisamment...
607. Dois-je signaler les faits au procureur? Esmeralda a subit un viol de de la part d'un ami, elle se demande si elle doit signaler les faits...
606. Dois-je en parler à ma mère? Elle subit des attouchements par un proche...
605. Je faisais partie de ces femmes battues. Elle raconte son combat et dénonce l'attitude de son ex-conjoint..
Comment
avorter à domicile: la photo qui fâche Facebook
Une
militante pour le droit des femmes néerlandaises, directrice de
l'association Women on Waves, a posté comme photo de profil Facebook
les instructions nécessaires pour avorter à domicile. Une photo que
Facebook a décidé d'ôter avant de se rétracter. Accusé de
censure, le réseau a présenté ses excuses et la militante a pu
reposter sa photo. Rebecca Gomperts fait, avec cette photo, la
promotion du médicament Cytotec. La photo a probablement été
enlevée parce qu'elle donnait des conseils médicaux qui pourraient
avoir des conséquences dangereuses pour la santé des femmes. Dans
les pays qui autorisent l'avortement, on conseille impérativement de
voir un médecin si on désire avorter et de ne surtout pas prendre
pour argent comptant les conseils médicaux trouvés sur Internet.
C'est justement là que Gomperts intervient : elle milite pour
l'avortement dans les pays qui ne l'autorisent pas encore. Voir un
médecin n'est alors pas une option et avorter toute seule à
domicile est peut-être la seule manière de faire pour les femmes
qui vivent dans ces pays. Les instructions postées sur Facebook font
état des risques encourus : fièvre, douleur, saignement excessif.
Dans ces cas-là, la militante précise qu'il faut alors aller
consulter un médecin. Si c'est possible en tout cas.
La page en question : http://www.facebook.com/rebecca.gomperts
Le
salaire des hommes est supérieur de 25% à celui des femmes
Le
salaire mensuel net moyen des hommes est de 2.221 euros pour un
équivalent temps plein, celui des femmes de 1.777 euros (données
2009). Les hommes perçoivent donc, en moyenne, un salaire supérieur
de 25% (en équivalent temps plein) à celui des femmes. Ou, ce qui
revient au même, les femmes touchent un salaire équivalent à 80%
de celui des hommes, donc inférieur de 20%. L’écart mensuel
moyen est de 445 euros, soit presque un demi Smic.
Proposition
de loi relative à l'égalité salariale entre les hommes et les
femmes
Claire‐Lise
CAMPION, sénatrice de l'Essonne, et plusieurs de ses collègues ont déposé au
Sénat le 23 décembre 2011 une
proposition de loi relative à l'égalité salariale entre les hommes
et les femmes. L’exposé des
motifs de ce nouveau texte présente un historique des
nombreuses dispositions juridiques
en matière d’égalité professionnelle et salariale.
Lire ici sur son site : http://www.clairelisecampion.fr/article/articleview/14688/1/414/
Comment
le rose vient aux filles ?
Enfin
une initiative qui s’attaque aux stéréotypes sexistes à l’école.
Trente mille écoliers de primaire parisiennes s’apprêtent à recevoir
un petit livret concocté par
la Ligue de l’Enseignement de Paris et l’association "Mixcité".
A l’intérieur, des jeux et des histoires qui poussent à se poser
des questions sur les stéréotypes de genre. Dès la deuxième page,
des images d’ours parfaitement identiques, qui repassent,
cuisinent, bricolent, pouponnent. Ensuite vient le moment fatidique
de répondre à cette question : Monsieur Ours ou Madame Ours ? L’idée
est en fait assez brillante, et permet de montrer aux enfants que
leur esprit associe systématiquement certaines tâches à un genre
puis de leur prouver avec pédagogie qu’en réalité les activités
dépendent des goûts de chacun et non du fait d’être fille ou
garçon. Les
enseignants recevront eux aussi un livret, proposant des idées pour
animer un débat et accompagner les enfants dans leur réflexion.
Quant aux parents, la ligue de l’Enseignement de Paris ne les a pas
oubliés. Un livret spécialement conçu pour eux explique, avec
presque autant de pédagogie que pour les enfants, le rôle des
jouets ou des livres jeunesse dans la construction des stéréotypes
sexués. En espérant que ces brochures susciteront le débat à
l’école, mais aussi dans les familles.
http://www.mix-cite.org/communique/index.php3?RefArticle=493
Violences
conjugales : résultats "encourageants" pour une loi "mal
connue"
Dans
leur bilan, les députés Danielle
Bousquet (PS)
et Guy
Geoffroy (UMP)
rapportent que la loi contre les violences faites aux femmes,
adoptée en juillet 2010, reste "mal
connue",
malgré des premiers
résultats "encourageants".
Les députés à l’origine du texte se félicitent notamment de la
mise en œuvre de l’ordonnance de protection, une mesure-phare qui
vise à mettre hors danger, le plus vite possible, les femmes
victimes de leur conjoint violent. Concrètement,
un juge saisi par une plaignante statue en urgence et peut décider
d’évincer du domicile familial l’auteur des violences. Si la
victime souhaite quitter le domicile conjugal, le juge peut décider
d'organiser son relogement pour la mettre hors de portée de
son conjoint tout en statuant provisoirement sur la garde
des enfants. Le bilan stipule que, sur la période allant du 1er
octobre 2010 au 1er mai 2011, 854 ordonnances de protection ont
été sollicitées, et 584 délivrées par les 122 tribunaux de
grande instance qui ont répondu à un questionnaire du ministère de
la Justice. La principale difficulté pour la délivrance de
cette ordonnance de protection réside dans l'administration de la
preuve. Les parlementaires soulignent que le taux relativement
important de refus de délivrance est généralement dû
au désistement
de la requérante.
En cause également, le délai moyen séparant la saisine du juge aux
affaires familiales de la décision : il est de 26
jours, "un délai bien supérieur à celui envisagé par le législateur", selon le bilan. La pratique diffère beaucoup selon les tribunaux
de grande instance (TGI). Les rapporteurs saluent la "bonne
pratique" du TGI de Bobigny où le délai n'est "que" de 9
jours. Le manque de locaux prévus pour autoriser des rencontres
médiatisées entre parents et enfants constitue aussi souvent un
obstacle. Les professionnels concernés estiment que la durée de
protection des victimes – quatre mois au plus – est largement
insuffisante et devrait être élevée à six mois. Parmi
les autres mesures innovantes de la loi figurent la création d'un
délit de "violence psychologique", l'expérimentation
pour trois ans du bracelet électronique destiné à maintenir à
distance le conjoint violent ainsi que celle d'un "téléphone de
grand danger" à l'usage des femmes menacées. Le port du bracelet
électronique est en expérimentation depuis le 1er janvier 2012
seulement dans les TGI d'Aix-en-Provence, Strasbourg et Amiens. Quant
au téléphone de grand danger, il est expérimenté en
Seine-Saint-Denis, à Strasbourg et le sera bientôt dans le Val
d'Oise et à Dijon.
Appel
à projet : "Maisons pour les familles"
Dans
le cadre des dix propositions de la politique nationale de
soutien à la
parentalité, présentées le 17 novembre dernier, la
secrétaire d’Etat à la Famille,
Claude GREFF, porte un projet central : la Maison
pour les
familles, lieu de proximité unique et visible au service de
chaque
famille. La secrétaire d’Etat rappelle qu’un
récent sondage de l’institut TNS
SOFRES "a mis en
évidence une demande nouvelle de soutien à la parentalité :
pour
74 % des français, il est devenu plus difficile d’éduquer
des enfants et d’exercer
l’autorité parentale. Cette action répond surtout au
souhait des
familles, exprimé à travers le sondage, d’une
meilleure coordination des acteurs". Un appel à
candidature est lancé pour l’attribution de l’appellation "Maison pour les familles", une appellation
qui sera décernée
aux structures existantes qui feront preuve d’innovation sociale.
http://www.solidarite.gouv.fr/
Belgique
: et si les enfants portaient (aussi) le nom de maman ?
"Et si les enfants portaient (aussi) le nom de maman ?" se demande
Le Soir du 20 janvier dans son
cahier "Polémiques" rappelant qu’en Belgique, l’enfant porte le nom
de son père. "Néantisation de la
femme ?" se questionne le quotidien qui annonce que la
ministre de l’Egalité des chances "réfléchit à une modification de la législation". Le
quotidien de Bruxelles donne la parole à la
ministre,
qui explique que "le double nom serait le système le
plus égalitaire", et à la militante féministe,
Anne HERSCOVICI, qui se félicite de cette initiative et
indique que pour elle "ce serait important
que les parents puissent choisir".
Pas
de QPC sur la question du viol par l’ex‐concubin
Virginie
LARRIBEAU‐TERNEYRE, professeure des universités, signe une
note dans Droit de la famille sur le refus par la chambre criminelle de la Cour de cassation
de renvoyer au Conseil constitutionnelle
la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant
sur l’article 132‐80 du Code
pénal qu’elle "considère comme dépourvue de caractère
sérieux". Ce texte qui permet
d’aggraver
les peines encourues lorsqu’une infraction est commise par le
conjoint, le concubin ou le
partenaire
lié à la victime par un Pacs ou par l’ex‐conjoint, concubin ou
partenaire, "en raison des
relations
ayant existé entre l’auteur des faits et la victime". La Cour de
cassation a considéré que le texte "est rédigé dans des termes suffisamment clairs et précis
et que son application relève de
l’appréciation
par les juges du fond des éléments constitutifs de la circonstance
aggravante".
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