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Archives > Bulletins d'Info année 2012

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30 avril 2012

Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
626. Des fois, j'ai l'impression que pour lui je n'existe pas. Elle ne trouve pas sa place dans sa relation, et se sent rabaissée...
625. Je vis donc avec ces lourds secrets. Elle lute pour ne pas tomber dans la dépression...
624. J'ai bien été abusée. Comment la justice peut lui rendre ce qu'elle a subi...
623. Le compagnon à mon amie n'accepte pas la séparation. Son amie subit des menaces de la part de son ex-compagnon, sa fille est peut être en danger...
622. Son mari la maltraite. Une famille tente d'aider leur voisine sans cesse intimidée par son mari...
621. Mon enfance brisée. Elle se sert de l'écriture pour exprimer sa douleur...

Allemagne : projet fédéral sur la candidature anonyme
Le Bureau fédéral contre les discriminations allemand a rendu publics les résultats d’une étude qui montre que la candidature anonyme, à niveau de qualification comparable, augmente les chances de recrutement des femmes et des personnes issues de l’immigration, sans dépenser plus de temps et d'argent dans la procédure de recrutement. Selon l’étude, la candidature anonyme permet de mieux répartir les chances entre les groupes, sans avoir toutefois la capacité de « corriger toutes les inégalités présentes sur le marché du travail ». Le Bureau fédéral souligne à cette occasion que refuser de recourir aux femmes et aux personnes issues de l’immigration représente une « destruction de ressources » que les entreprises allemandes ne peuvent se permettre. Dernier enseignement : les entreprises qui utilisent ce système ont une meilleure image de marque.

Joyce Banda, une féministe à poigne à la tête du Malawi
Après la mort du président du Malawi, c’est Joyce Banda, femme à poigne et féministe convaincue de 61 ans qui lui a succédé à la tête du pays. Deuxième femme à présider un pays africain après la Libérienne Ellen Johnson Sirleaf, elle sera chef de l'Etat jusqu'aux élections de 2014, où elle a la ferme intention de se présenter. Après un premier mariage malheureux avec un homme qui la battait, Joyce Banda s'est fait connaître au début des années 1990 en lançant un programme pour l'émancipation des femmes, voyageant à travers le pays pour promouvoir l'Association nationale des femmes d'affaires du Malawi, qu’elle a cofondée. Championne de l'égalité entre les sexes, modèle pour son combat féministe dans une société dominée par les hommes, elle a créé la Fondation Joyce Banda, qui vise la libération des femmes par l'éducation des filles.

Campagne du SAMU social
« Alors que la proportion de femmes à la rue ne cesse d'augmenter, l'un des rares centres d'accueil d'urgence d’Île‐de‐France spécialement consacré à cette population fermera ses portes le 31 mai » annonce Le Monde dans son édition du 3 avril. Le quotidien revient ainsi sur la campagne de l’association sur Internet et titre « Le SAMU social s'alarme de la raréfaction des places d'hébergement pour femmes ».

Voile : un rapport sur la discrimination à l'égard des musulmans en Europe
« L'interdiction d'afficher des signes religieux quand elle se fonde sur des spéculations ou des présupposés plutôt que sur des faits démontrables constitue une violation de la liberté de religion des individus » : c'est ce qu'affirme Amnesty International dans un rapport sur « La discrimination à l'égard des musulmans en Europe ». Interrogé par Libération le même jour, Marco PEROLINI, « spécialiste des questions de discrimination » au sein de l'organisation, dénonce le fait que « des femmes musulmanes se voient refuser des emplois » « pour la seule raison qu'elles portent des vêtements traditionnels, comme le foulard ». L'Humanité enfin souligne que le rapport est « imprégné d'une conception très anglo-saxonne du multiculturalisme ».

Sarkozy relance le débat sur l'accès des mineures à la contraception
"Est-ce qu'on peut donner la pilule à une adolescente, sans demander l'avis des parents?", se demandait encore il y a peu le président-candidat sur France Inter. Des propos qui ont fait bondir les féministes et le PS, qui voient dans ces propos une remise en cause de l'accès des mineures à la contraception et "un recul grave en matière de droit des femmes à disposer de leur corps". Outre l'action du
Planning familial, une loi de 2001 permet en effet de délivrer la pilule à une jeune fille sans le consentement parental. Et un récent rapport soutenu par la secrétaire d'Etat à la Jeunesse allait dans le sens de la gratuité et de l'anonymat.
Marisol Touraine, responsable du pôle social de la campagne de François Hollande, ainsi que des féministes engagées à gauche ont fustigé les propos de Nicolas Sarkozy. Le candidat UMP estime que les parents de mineures prenant une contraception devraient en être informés. "Il y a un débat : est-ce qu'on peut donner la pilule à une adolescente, sans demander l'avis des parents ?" s'est-il interrogé sur France Inter, alors qu'une auditrice l'interrogeait sur le droit des femmes. "Je pense que les parents doivent être associés d'une manière où d'une autre, ça ferait tout drôle, me semble-t-il, à ces parents d'apprendre que quelqu'un a donné la pilule à sa fille mineure sans avoir un dialogue avec les parents de cette jeune fille". [La vidéo de son intervention]
Nicolas Sarkozy avait ainsi relancé ainsi un débat qui semblait clos depuis belle lurette. Et, réagit Marisol Touraine sur son compte Twitter, "Nicolas Sarkozy renvoie dix ans en arrière" :  la loi de 2001 a en effet consacré que "le consentement des titulaires de l'autorité parentale n'est pas requis pour la prescription, la délivrance ou l'administration de contraceptifs aux personnes mineures."
Les féministes signataires de l'appel "les droits des femmes passent par la gauche" ont également réagi : elles estiment qu'il s'agit d'un "recul grave en matière de droits des femmes" et que Nicolas Sarkozy remet ainsi "en cause l'accès libre des mineures à la contraception".
Cet appel a été signé par 3.000 personnes, selon Caroline De Haas, fondatrice d'Osez le féminisme! et qui a lancé cette initiative. De fait, pour avoir un accès anonyme et gratuit à la contraception, les mineures doivent aller dans les centres de planification, souvent inaccessibles aux jeunes, en raison de leurs heures d'ouverture ou de leur localisation. Elle se rendent donc souvent en pharmacie, munies de la carte Vitale de leurs parents assurés sociaux, de façon à être remboursées, ce qui exclut donc tout anonymat et toute discrétion.
La secrétaire d'Etat préconisait en février l'accès anonyme et gratuit : c'est pour cette raison qu'un rapport récent a plaidé pour un véritable accès gratuit et anonyme à la contraception pour les mineures. Il y a deux mois, Jeannette Bougrab, secrétaire d'Etat à la Jeunesse, écrivait en préface de ce rapport, comme l'indiquait Le Monde en février : "Nous devons rendre gratuits et anonymes tous les modes de contraceptions et pas uniquement la pilule. Les laboratoires pharmaceutiques doivent s'engager aux côtés de l'Etat pour aider ces jeunes filles". Car derrière ces propositions, l'enjeu est aussi de réduire le nombre d'IVG chez les adolescentes.  

Le conseil constitutionnel abroge la loi sur le harcèlement sexuel
Saisi par Gérard Ducret, ancien élu du Rhône, condamné en appel en 2011 pour harcèlement sexuel à trois mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende, le conseil constitutionnel vient d’abroger l’article du code pénal qui caractérise et punit le harcèlement sexuel.

Un article de loi, voté par la gauche il y a 20 ans, et qui protégeait les droits des femmes est donc supprimé. Si cette loi était encore perfectible  – comme l’ont régulièrement rappelé les associations féministes à la droite depuis 10 ans – elle n’en demeurait pas moins indispensable puisqu’elle était le seul outil au service des femmes pour porter plainte contre harcèlement. En 2009, la mission d’information sur les violences faites aux femmes, présidée par Danielle Bousquet, députée socialiste, recommandait d’harmoniser les définitions du harcèlement sexuel prévues dans le code du travail et dans le code pénal, en les alignant sur la définition issue du droit communautaire. La décision prise par le conseil est la responsabilité directe de la droite qui a fait la sourde oreille pendant toutes ces années.C’est une décision lourde de conséquence toutes celles et ceux qui attendent depuis parfois plusieurs années que justice soit rendue. Cela enterre toutes les affaires en cours. Même si le législateur intervient en urgence dès juillet pour créer un nouveau délit (probablement sur la base de la définition européenne), la loi pénale n’est pas rétroactive et ne pourra donc s’appliquer aux affaires en cours à la date d’aujourd’hui. François Hollande a écrit le 10 avril dernier à l’Association contre les Violences faites aux Femmes au Travail (AVFT). Dans son courrier, il s’engage à continuer la lutte contre les violences faites aux femmes, impulsée par le travail des député-es de gauche à l’Assemblée Nationale. Le législateur devra intervenir très rapidement pour combler le vide juridique qui s’ouvre aujourd’hui. François Hollande souligne dans son courrier à l’AVFT qu’il est favorable à ce que la qualification du harcèlement sexuel s’appuie sur la définition issue du droit communautaire**, plus précise que celle qui existait jusqu’alors dans le code pénal.

** Il s’agit de la directive 2002/73/CE qui contient (art. 2) une définition du harcèlement sexuel : « La situation dans laquelle un comportement non désiré à connotation sexuelle, s’exprimant physiquement, verbalement ou non verbalement, survient avec pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité d’une personne et, en particulier de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ».


31 mars 2012

Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
620. Et aujourd'hui, je ne peux plus me taire. Cet homme dénonce le développement des maltraitance sexuelles dans la pornographie...
619. Je voudrais l'aider. Les démarches d'une mère pour sauver sa fille du mal être...
618. J'aimerais dire à toutes les victimes qu'il ne faut surtout pas hésiter à aller jusqu'au bout. Après avoir subi une agression sexuelle, elle a trouvé le courage de déposer plainte, la justice lui a été rendue...

Lancement d’une campagne contre le viol
"Chaque année en France, 70.000 femmes ne portent pas plainte pour le viol qu’elles ont subi". Un manifeste, une pétition, un site dédié, une campagne à suivre au jour le jour, Sandrine GOLDSCHMIDT, journaliste et militante féministe, et Muriel SALMONA, psychiatre, présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie, lance "pas de justice pas de paix" et demandent "l’ouverture d’une vaste réflexion sur le fonctionnement de notre système judiciaire pour qu’il commence, enfin, à tous les niveaux, à abandonner ses réflexes patriarcaux, et à envisager tous les moyens nécessaires pour protéger les victimes de violences sexuelles, enfants, femmes et hommes qui subissent l’enfer au quotidien."

Les femmes prêtres trouvent leur place dans l'Eglise anglicane
A l’heure où l’Église anglicane est traversée par des tensions autour de la nomination de femmes évêques, trois femmes témoignent de leur expérience de prêtres. La Croix du 8 mars se penche sur trois de ces femmes prêtres (parfois mariées et mère) qui, selon le quotidien "ont rencontré un accueil chaleureux de leurs paroissiens". Le journal se demande également si l’on ne verra pas des femmes évêques en 2014. En effet le synode général de l’Eglise d’Angleterre s’est prononcé en février en faveur de l’ordination épiscopale de femmes.

Lutte contre les violences
"Elle était une fois", le conte d’une fée brisée : à l’occasion du 8 mars, Journée internationale des femmes, la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF) a choisi de lancer un film percutant qui décrit l’enfer vécu par des femmes au domicile. Alors qu’elles vivent dans l’emprise et la peur, elles tentent de dissimuler les violences à leurs enfants en espérant les protéger. Ce film met aussi un grand coup de projecteur sur les conséquences néfastes de ces violences sur les enfants. Dans un traitement subtil et faussement joyeux, "La Meilleure Maman du Monde", film réalisé par Jérôme GENEVRAY et Camille HEDOUIN, aborde deux sujets : le cycle et l’aggravation des violences au fil du temps lorsque les femmes ne s’autorisent pas à parler, tétanisées par le peur, la honte et la culpabilité, avec pour fin tragique un fémicide ; les conséquences sur les enfants à la fois témoins et victimes. Pourtant la question des conséquences sur les enfants reste encore peu abordée en France, alors qu’elle a émergé depuis plusieurs années au niveau européen et international.

Développement des postes de « référents » pour les femmes victimes de violences
Une circulaire n°DGCS/SDFEFH‐B2/2012/112 du 9 mars 2012 relative à la mise en place de "référents" pour les femmes victimes de violences au sein du couple dans chaque département a été diffusé et mise en ligne. L’objet de la circulaire est de poursuivre et renforcer le développement des postes de "référents" pour les femmes victimes de violences au sein du couple mis en place par la circulaire du 14 mai 2008. Roselyne BACHELOT‐NARQUIN, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale souhaite que l’installation de ce dispositif dans tous les départements soit effective à l’échéance 2013. En conséquence, le dispositif sera maintenu dans les 43 départements où il existe déjà, et développé dans 26 départements en 2012, et enfin 32 départements en 2013. Un premier bilan sera effectué à la fin de l’année 2012.

Le Nouvel Observateur dénonce les « Coups bas »
Sous le titre "Coups bas", Le supplément télévision du Nouvel Observateur du 22 mars consacre son éditorial à l’émission de France 2 "Envoyé spécial, la suite". L’hebdomadaire indique qu’en France "une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son compagnon" et dénonce "l’indifférence" et "le manque de moyen". Pour Le Nouvel Observateur, "la lutte contre les violences conjugales reste insuffisante".

Belgique : Afflelou contre les violences conjugales
"Trop de femmes portent des lunettes" est le titre de la campagne lancée par Amnesty International contre les violences conjugales. L’opticien Alain AFFLELOU s’associe momentanément avec l’association pour dénoncer les violences conjugales. Cette campagne, conçue par l'agence de publicité Air, utilise les premiers jours du printemps pour communiquer avec ce message inattendu pendant plusieurs jours, dans toutes les boutiques AFFLELOU de Belgique, un petit autocollant Amnesty sera collé sur chaque paire de lunettes de soleil portant la griffe AFFLELOU.

 

28 février 2012

617. Je suis victime de violence morale (suite). Elle subit des violences morales de la part de son mari...
616. Comment lui faire payer les dommages morales qu'il a engendrés? Elle essaie de se reconstruire après un abus d'un proche... 
615. Ses actes qu'il a fait subir à mon corps (suite). Elle raconte 3 ans de sa vie, aujourd'hui elle s'en sort (suite)...
614. Je ne supporte pas que mon conjoint regarde d'autres filles. Manque de confiance en elle ou conséquences de ses dernières relations, elle ne supporte pas que son conjoint regarde une autre femme...
613. Je suis dans l'impossibilité d'avoir une relation amoureuse. Victime de plusieurs attouchements sexuelles, elle n'arrive pas à entretenir une relation amoureuse...
612. J'ai le sentiment d'avoir été abusée. Sa première relation a changé sa vie affective...

Charge contre l'avortement.
Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, s'est prononcé en faveur d'un déremboursement de l'IVG de "confort" lundi 30 janvier dans l'émission "Mots croisés" sur France 2. Louis Aliot souhaite "le non remboursement de l'IVG non thérapeutique", qu'il qualifie d'"IVG de confort". Selon le conjoint de Marine Le Pen, "tout est fait pour qu'elles le laissent, cet enfant. Tout est fait pour inciter à l'avortement et rien n'est fait pour préserver la vie." Daniel Cohn-Bendit (Europe Écologie Les Verts), aussi invité de l'émission, réagit promptement : "c'est aux femmes de décider, pas à vous". Pour le directeur opérationnel de campagne de Marine Le Pen, il suffit de visiter les plannings familiaux "et vous verrez la détresse des jeunes filles qui voudraient garder leurs enfants. Mais elles ne le peuvent pas." Dans un entretien accordé en février 2011 au quotidien "La Croix", Marine Le Pen affirmait : "je pense également qu'il faut cesser de rembourser l'avortement". Pourtant, sur ce thème, le programme présidentiel de la candidate du Front national reste flou. Il n'est plus question du non-remboursement de l'IVG : "Le libre choix pour les femmes doit pouvoir être aussi celui de ne pas avorter", est-il écrit dans le projet de la présidente du Front national. Marine Le Pen propose "une meilleure prévention", une "responsabilisation des parents", la possibilité d'une "adoption prénatale" et une amélioration des "prestations familiales pour les familles nombreuses".
(voir vidéo)
http://www.dailymotion.com/video/xo7isj_louis-aliot-no-2-du-fn-veut-derembourser-les-ivg-de-confort_news

Un concours "mini-miss" devant la justice
L'organisatrice déboutée en justice : Mireille Meignan réclamait 9.600 euros de dommages et intérêts pour ne pas avoir pu organiser son concours. Elle devra payer les frais d'avocat des parties adverses. On est loin, très loin des 9.600 euros de dommages et intérêts qu'elle réclamait pour réparer le préjudicie qu'elle estimait avoir subi en étant empêchée d'organiser le concours de mini-miss qui devait se tenir à Auch il y a un an. Mireille Meignan a été déboutée de ses demandes lundi 20 février, jugées non fondées par le tribunal d'instance. Cette directrice d'une école de coiffure et d'esthétique auscitaine avait vu sa manifestation amputée du concours en février dernier après que la mairie d'Auch avait reçu des courriers indignés du Planning familial et d'une psychologue à la retraite, estimant un tel défilé de petites filles « dégradant pour l'image des filles en particulier et des femmes en général ». C'est l'affiche de la soirée représentant une petite fille dans une pose suggestive qui avait à l'époque mis le feu aux poudres.

Payer l'IVG plutôt que la contraception ?
« Notre pays préfère-t-il payer l'IVG plutôt que la contraception ? » s'interroge Israël Nisand. Aujourd'hui, la réponse est malheureusement oui. Le gynécologue a travaillé avec deux consœurs, Brigitte Letombe et Sophie Marinopoulos sur la question des grossesses non prévues chez les jeunes filles. Leur rapport remis jeudi 16 février à Jeannette Bougrab, secrétaire d’État chargée de la jeunesse et de la vie associative, pointe du doigt ce « dérangeant paradoxe » : en France, les mineures peuvent avoir recours à des interruptions volontaires de grossesse de manière anonyme et gratuite mais la contraception est payante et non confidentielle. Si ce n'est dans les centres de planning familial. Mais quatre femmes sur 5 habitent à plus de 100 kilomètres d'un de ces centres, souligne Israël Nisand. Selon le gynécologue, les deux tiers des 60.000 IVG recensées en France chez les moins de 25 ans pourraient être évitées par un vrai choix de politique publique. « Je suis pour l'avortement, mais terminer sa première histoire d'amour par une IVG, c'est dur, » observe Israël Nisand. Les trois spécialistes apportent dans leur rapport « des solutions à court, moyen et long terme, » juge Jeannette Bougrab. La première d'entre elles, c'est de permettre aux mineures l'accès généralisé, anonyme et gratuit, à la contraception.
Problème : ce rapport n'est pas le premier à préconiser cette mesure. La députée UMP Bérengère Poletti a même déposé en novembre une proposition de loi sur le sujet (et dans un communiqué ce jeudi, « soutien[t] la démarche du Professeur Nisand »). En juillet dernier, le Centre d'Analyse stratégique rendait la même conclusion. Mais le ministère de la Santé ne veut pas entendre parler de la généralisation de la pilule pour les mineures. Jeannette Bougrab assure porter le sujet lors de réunions interministérielles. « Je vais continuer à me battre », lance la secrétaire d’État, soulignant que cette mesure ne nécessite pas une loi ou un décret, mais une convention. Plusieurs laboratoires sont prêts à « faire la moitié du chemin », à fournir à bas prix des contraceptifs innovants, souligne Israël Nisand. Certes, mais la balle reste dans le camp du ministère de la Santé. Israël Nisand, Brigitte Letombe et Sophie Marinopoulos réclament une réelle application de la loi de 2001 sur l'information à la sexualité en milieu scolaire. Et estiment que les enseignants devraient être formés pour pouvoir, dès la maternelle, dispenser des informations sur la vie affective, le rapport au corps.

La Marche mondiale des femmes dénonce Pôle Emploi
« Parce que les femmes sont les plus discriminées dans le monde du travail, elles se disent prêtes à accepter « toute offre de quelque nature que ce soit » mais s’attendaient‐elles à une telle proposition ?! Un communiqué de la Marche mondiale des femmes (MMF) diffusé le 3 février accuse Pôle Emploi d’avoir diffusé sur son site internet une offre de « strip-teaseuse topless » dans l’Hérault. « Des chômeuses de l’Hérault ont reçu cette proposition d’offre par courrier » souligne l’association qui dénonce également des offres d’emplois dans des domaines comme les « films érotiques, pornographiques, le téléphone rose, animatrices de chat porno sur internet, » etc. Des « offres d’emploi qui sont très largement, voire exclusivement proposés à des femmes » s’indigne la MMF qui se demande si « à l’heure de l’offre raisonnable d’emploi » le service public de l’emploi va « obliger les femmes à commercialiser leur corps et leur sexe sous peine d’être radiées » ?

Administrations : une circulaire du Premier ministre supprime le terme « Mademoiselle »
La mobilisation des chercheuses et des associations et la détermination de Roselyne Bachelot-Narquin ont porté leurs fruits : une circulaire (n° 5575/SG) relative à la suppression des termes « Mademoiselle », « nom de jeune fille », « nom patronymique », « nom d'épouse » et « nom d'époux » des formulaires et correspondances des administrations a été signée par le Premier ministre le 21 février et va être diffusée dans l’ensemble des services de l’État.

Protéger l’image de l’enfant dans les médias : signature d’une Charte
Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, s’est vue remettre, le 21 février, la Charte sur la « Protection de l’enfant dans les médias » par Jacques Hintzy, président de l’UNICEF France. Cette Charte rappelle l’ensemble des droits de l’enfant et définit les engagements des médias en matière de protection de l’enfant. Concernant l’utilisation de l’image des enfants dans les médias, la Charte énonce notamment des principes sur le mode de traitement médiatique des sujets liés à un enfant et la lutte contre le phénomène de l'hypersexualisation. Elle a pour vocation à être signée par des responsables des médias de la presse écrite et de la presse audiovisuelle.
Charte : http://www.solidarite.gouv.fr/actualite-presse,42/communiques,95/signature-d-une-charte-pour,14521.html

Allemagne : 300 euros contre une promesse de ne pas avorter
Une caisse d’assurance maladie allemande, BKK IHV, encourage ses membres à renoncer à l’IVG. Une prime de 300 euros est accordée à la naissance d'un enfant, en échange d'une promesse solennelle de ne jamais avorter et d’une adhésion à l’association ProLife, partenaire de la BKK IHV. Cette initiative est largement saluée dans les milieux catholiques conservateurs. Ainsi la branche allemande de la controversée confrérie sacerdotale de Saint Pie X fait son éloge sur son site internet.

Italie : être payée pour ne pas avorter
Pour qui renonce à avorter, 250 euros par mois pendant un an et demi, une contribution financière qui crée déjà la polémique, avant même son approbation définitive par le Conseil Régional. La commission Bilancio de la Région Piémont a donné son accord à la création d’un fond destiné à soutenir toutes les femmes qui renonceront à avorter si leur décision a été prise à cause de problèmes économiques.
Ce fond, durement critiqué par les associations laïques et féminines de tout le pays et particulièrement par la « Casa delle Donne » qui travaille depuis des années sur le terrain et offre des aides dans les domaines de la santé, des violences faites aux femmes et de la maternité, sera distribué sous la forme d’un chèque mensuel.

Bilan du programme Daphné : « une violence qui fait mâle »
« Combattre les violences reste une priorité de l'Union », a affirmé Regina BASTOS, euro‐députée portugaise, membre du Parti populaire européen et rapporteure au Parlement européen sur le programme Daphné. En Europe, un quart des femmes, des enfants et des jeunes auraient déjà été victimes de violences physiques. Des coups qui ont un coût très élevé pour la société : les agressions conjugales représentent à elles seules près de 16 milliards d'euros par an, sans compter les dramatiques conséquences psychologiques. Le rapport sur le programme Daphnée a été adopté le 2 février.Interview
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31 janvier 2012

Les nouveaux témoignages retenus ce mois :
611. Je souffre d'injustice. Un enfant victime de violences sexuelles et de maltraitances a toujours besoin d'aide pour devenir un adulte résilient...
610. J'ai un besoin immense d'extérioriser, de me confier. 12 ans après avoir été victime d'un viol, elle a besoin d'en parler, de se confier et de soutenir d'autres victimes...
609. Ses actes qu'il a fait subir à mon corps. Elle raconte 3 ans de sa vie, aujourd'hui elle s'en sort...
608. Immunité entre époux. L'immunité entre époux ne la protège pas suffisamment...
607. Dois-je signaler les faits au procureur? Esmeralda a subit un viol de de la part d'un ami, elle se demande si elle doit signaler les faits...
606. Dois-je en parler à ma mère? Elle subit des attouchements par un proche...
605. Je faisais partie de ces femmes battues. Elle raconte son combat et dénonce l'attitude de son ex-conjoint..

Comment avorter à domicile: la photo qui fâche Facebook
Une militante pour le droit des femmes néerlandaises, directrice de l'association Women on Waves, a posté comme photo de profil Facebook les instructions nécessaires pour avorter à domicile. Une photo que Facebook a décidé d'ôter avant de se rétracter. Accusé de censure, le réseau a présenté ses excuses et la militante a pu reposter sa photo. Rebecca Gomperts fait, avec cette photo, la promotion du médicament Cytotec. La photo a probablement été enlevée parce qu'elle donnait des conseils médicaux qui pourraient avoir des conséquences dangereuses pour la santé des femmes. Dans les pays qui autorisent l'avortement, on conseille impérativement de voir un médecin si on désire avorter et de ne surtout pas prendre pour argent comptant les conseils médicaux trouvés sur Internet. C'est justement là que Gomperts intervient : elle milite pour l'avortement dans les pays qui ne l'autorisent pas encore. Voir un médecin n'est alors pas une option et avorter toute seule à domicile est peut-être la seule manière de faire pour les femmes qui vivent dans ces pays. Les instructions postées sur Facebook font état des risques encourus : fièvre, douleur, saignement excessif. Dans ces cas-là, la militante précise qu'il faut alors aller consulter un médecin. Si c'est possible en tout cas.
La page en question : http://www.facebook.com/rebecca.gomperts

Le salaire des hommes est supérieur de 25% à celui des femmes
Le salaire mensuel net moyen des hommes est de 2.221 euros pour un équivalent temps plein, celui des femmes de 1.777 euros (données 2009). Les hommes perçoivent donc, en moyenne, un salaire supérieur de 25% (en équivalent temps plein) à celui des femmes. Ou, ce qui revient au même, les femmes touchent un salaire équivalent à 80% de celui des hommes, donc inférieur de 20%. L’écart mensuel moyen est de 445 euros, soit presque un demi Smic.

Proposition de loi relative à l'égalité salariale entre les hommes et les femmes
Claire‐Lise CAMPION, sénatrice de l'Essonne, et plusieurs de ses collègues ont déposé au Sénat le 23 décembre 2011  une proposition de loi relative à l'égalité salariale entre les hommes et les femmes. L’exposé  des motifs de ce nouveau texte présente un historique des nombreuses dispositions juridiques en matière d’égalité professionnelle et salariale.
Lire ici sur son site : http://www.clairelisecampion.fr/article/articleview/14688/1/414/

Comment le rose vient aux filles ?
Enfin une initiative qui s’attaque aux stéréotypes sexistes à l’école. Trente mille écoliers de primaire parisiennes s’apprêtent à recevoir un petit livret concocté par la Ligue de l’Enseignement de Paris et l’association "Mixcité". A l’intérieur, des jeux et des histoires qui poussent à se poser des questions sur les stéréotypes de genre. Dès la deuxième page, des images d’ours parfaitement identiques, qui repassent, cuisinent, bricolent, pouponnent. Ensuite vient le moment fatidique de répondre à cette question : Monsieur Ours ou Madame Ours ? L’idée est en fait assez brillante, et permet de montrer aux enfants que leur esprit associe systématiquement certaines tâches à un genre puis de leur prouver avec pédagogie qu’en réalité les activités dépendent des goûts de chacun et non du fait d’être fille ou garçon. Les enseignants recevront eux aussi un livret, proposant des idées pour animer un débat et accompagner les enfants dans leur réflexion. Quant aux parents, la ligue de l’Enseignement de Paris ne les a pas oubliés. Un livret spécialement conçu pour eux explique, avec presque autant de pédagogie que pour les enfants, le rôle des jouets ou des livres jeunesse dans la construction des stéréotypes sexués. En espérant que ces brochures susciteront le débat à l’école, mais aussi dans les familles.
http://www.mix-cite.org/communique/index.php3?RefArticle=493

Violences conjugales : résultats "encourageants" pour une loi "mal connue"
Dans leur bilan, les députés Danielle Bousquet (PS) et Guy Geoffroy (UMP) rapportent que la loi contre les violences faites aux femmes, adoptée en juillet 2010, reste  "mal connue", malgré des premiers résultats "encourageants". Les députés à l’origine du texte se félicitent notamment de la mise en œuvre de l’ordonnance de protection, une mesure-phare qui vise à mettre hors danger, le plus vite possible, les femmes victimes de leur conjoint violent. Concrètement, un juge saisi par une plaignante statue en urgence et peut décider d’évincer du domicile familial l’auteur des violences. Si la victime souhaite quitter le domicile conjugal, le juge peut décider d'organiser son relogement pour la mettre hors de portée de son conjoint tout en statuant provisoirement sur la garde des enfants. Le bilan stipule que, sur la période allant du 1er octobre 2010 au 1er mai 2011, 854 ordonnances de protection ont été sollicitées, et 584 délivrées par les 122 tribunaux de grande instance qui ont répondu à un questionnaire du ministère de la Justice.
La principale difficulté pour la délivrance de cette ordonnance de protection réside dans l'administration de la preuve. Les parlementaires soulignent que le taux relativement important de refus de délivrance est généralement dû au 
désistement de la requérante. En cause également, le délai moyen séparant la saisine du juge aux affaires familiales de la décision : il est de 26 jours, "un délai bien supérieur à celui envisagé par le législateur", selon le bilan. La pratique diffère beaucoup selon les tribunaux de grande instance (TGI). Les rapporteurs saluent la "bonne pratique" du TGI de Bobigny où le délai n'est "que" de 9 jours. Le manque de locaux prévus pour autoriser des rencontres médiatisées entre parents et enfants constitue aussi souvent un obstacle. Les professionnels concernés estiment que la durée de protection des victimes – quatre mois au plus – est largement insuffisante et devrait être élevée à six mois. 
Parmi les autres mesures innovantes de la loi figurent la création d'un délit de "violence psychologique", l'expérimentation pour trois ans du bracelet électronique destiné à maintenir à distance le conjoint violent ainsi que celle d'un "téléphone de grand danger" à l'usage des femmes menacées. Le port du bracelet électronique est en expérimentation depuis le 1er janvier 2012 seulement dans les TGI d'Aix-en-Provence, Strasbourg et Amiens. Quant au téléphone de grand danger, il est expérimenté en Seine-Saint-Denis, à Strasbourg et le sera bientôt dans le Val d'Oise et à Dijon.


Appel à projet :  "Maisons pour les familles"
Dans le cadre des dix propositions de la politique nationale de soutien à la parentalité, présentées le 17 novembre dernier, la secrétaire d’Etat à la Famille, Claude GREFF, porte un projet central : la Maison pour les familles, lieu de proximité unique et visible au service de chaque famille. La secrétaire d’Etat rappelle qu’un récent sondage de l’institut TNS SOFRES "a mis en évidence une demande nouvelle de soutien à la parentalité : pour 74 % des français, il est devenu plus difficile d’éduquer des enfants et d’exercer l’autorité parentale. Cette action répond surtout au souhait des familles, exprimé à travers le sondage, d’une meilleure coordination des acteurs". Un appel à candidature est lancé pour l’attribution de l’appellation "Maison pour les familles", une appellation qui sera décernée aux structures existantes qui feront preuve d’innovation sociale.
http://www.solidarite.gouv.fr/

Belgique : et si les enfants portaient (aussi) le nom de maman ?

"Et si les enfants portaient (aussi) le nom de maman ?" se demande Le Soir du 20 janvier dans son  cahier "Polémiques" rappelant qu’en Belgique, l’enfant porte le nom de son père. "Néantisation de la femme ?" se questionne le quotidien qui annonce que la ministre de l’Egalité des chances  "réfléchit à une modification de la législation". Le quotidien de Bruxelles donne la parole à la  ministre, qui explique que  "le double nom serait le système le plus égalitaire", et à la militante féministe, Anne HERSCOVICI, qui se félicite de cette initiative et indique que pour elle "ce serait important que les parents puissent choisir".

Pas de QPC sur la question du viol par l’ex‐concubin
Virginie LARRIBEAU‐TERNEYRE, professeure des universités, signe une note dans Droit de la famille sur le refus par la chambre criminelle de la Cour de cassation de renvoyer au Conseil constitutionnelle la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur l’article 132‐80 du Code pénal qu’elle "considère comme dépourvue de caractère sérieux". Ce texte qui permet d’aggraver les peines encourues lorsqu’une infraction est commise par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un Pacs ou par l’ex‐conjoint, concubin ou partenaire, "en raison des relations ayant existé entre l’auteur des faits et la victime". La Cour de cassation a considéré que le texte "est rédigé dans des termes suffisamment clairs et précis et que son application relève de l’appréciation par les juges du fond des éléments constitutifs de la circonstance aggravante".

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